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Full text of "Chroniques de Perceval de Cagny: publiée pour la première fois pour la Société de l'histoire de ..."

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EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 

ÂAT. 44. — Le Conseil désigne les ourrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller l'exécution. 

Le nom de Téditeur sera placé en tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Is Commissaire responsable soussigné déclare que les 
Chroniques de Pergbval de Cagnt, préparées par M. Henri 
Morânvill^^ lui ont paru dignes d'hêtre publiées par la Soci^t^ 

DE L^HlSTOIRB DE FrINGE. 

Fait à Paris, le 4^ janvier 4902. 

Signé : Germain LEFÈVRE-PONTALIS. 



Certifié : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISUSLE. 



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NOTICE. 



Les chroniqueurs du xv^ siècle n'ont pas donné en géné- 
ral des renseignements bien étendus sur Jeanne d'Arc. Il 
est difScile de donner les raisons de leur ignorance, involon- 
taire ou voulue. Tous, ou à peu près tous, signalent du 
moins son rôle miraculeux; un petit nombre seulement 
s'étendent sur les particularités de sa mission. Aussi, a-t-on 
signalé déjà une chronique d'une importance capitale pour 
l'histoire de Jeanne d'Arc, la chronique de Perceval de 
Cagny. M. Quicherat, dans la Bibliothèque de VÉoole 
des chartes^ y et plus tard dans la publication qu'il a faite 
du procès de la Pucelle*, n'a eu garde de négliger une 
source si intéressante; et, mieux que Bry de la Clergerie, 
le vieil historien du Perche^, dont les emprunts ne visaient 
guère que l'histoire de ses anciens seigneurs, M. Quicherat 
a montré toute la valeur de l'œuvre de Perceval de Cagny 
et les conséquences de son récit pour la mémoire de 
Charles VIL 

Puis MM. Servois et Vallet de Viriv^lle eurent la pensée 
de publier intégralement un texte si important, et ils offrirent 
à la Société de l'histoire de France d'en exécuter la publica- 
tion^. Mais ce projet, accueilli favorablement parle Conseil 

1. Année 1845-1846, t. VU, p. 143 à 171. 

2. T. IV, p. 1 à 37. 

3. Voir ci-dessous, p. xiii. 

4. Annuaire-Bulletin de la Société de VHistoire de France, année 

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IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



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CHRONIQUES 



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PERCEVAL DE CAGNY 



PUBLIÉES POUR LA PREMIERE FOIS 
POUR LA SOCIÉTÉ DB L'HISTOIRE DE FRANGE 



PAR 

H. MORANVILLÉ 




A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAUBHNB, STICCBSSBtIR 

LIBRAIRB DB hà. BOOIÉTË DB l'hI8T0IRB DB FRANCB 

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IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



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PERCEVAL DE CAGNY 



PUBLIÉES POUR LA PREMIERE FOIS 

POUR LA SOCIÉTÉ DE l'HISTOIRE DE FRANGE 

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PAR 

H. MORANVILLÉ 




A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. lAiniENB, STICCEaSBim 
LIBRAIRE DB hà. SOGIÉTÉ DE l'hISTOIRB DE FRANGE 

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EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 



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ÂAT. 44. — Le Conseil désigne les ourrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 
r-^ Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 

^ responsable, chargé d'en surveiller Fexécution. 

À Le nom de l'éditeur sera placé en .tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable somsigné déclare que les 
Chroniques de Pbrgbval de Cagnt, préparées par M. Henri 
Morânvill^^ lui ont paru dignes d^être publiées par la Soci^^ 

DE L^HlSTOIRB DE FrINGE. 

Fait à Paris, le 4^ janvier 4902. 

Signé : Germain LEPÈVRE-PONTALIS. 



Certifié : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISUSLE. 



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EXTRAIT DU RÈGLEMENT. 

ÂAT. iÂ, — Le Conseil désigne les ouyrages à publier, et 
choisit les personnes les plus capables d'en préparer et d'en 
suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire 
responsable, chargé d'en surveiller Fexécution. 

Le nom de l'éditeur sera placé en .tête de chaque volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société 
sans l'autorisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une 
déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail 
lui a paru mériter d'être publié. 



Le Commissaire responsable soussigné déclare que les 
Chroniques de Pergbval de Cignt, préparées par M. Henri 
Morânvill^^ lui ont paru dignes d^être publiées par la Soci^^ 

DE L^HlSTOIRB DE FrINGE. 

Fait à Paris, le 4^ janvier 4902. 

Signé : Germain LEPÈVRE-PONTALIS. 



Certifié : 

Le Secrétaire de la Société de l'Histoire de France, 

A. DE BOISUSLE. 



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NOTICE. 



Les chroniqueurs du xv^ siècle n'ont pas donné en géné- 
ral des renseignements bien étendus sur Jeanne d'Arc. Il 
est difficile de donner les raisons de leur ignorance, involon- 
taire ou voulue. Tous, ou à peu près tous, signalent du 
moins son rôle miraculeux; un petit nombre seulement 
s'étendent sur les particularités de sa mission. Aussi, a-t-on 
signalé déjà une chronique d'une importance capitale pour 
l'histoire de Jeanne d'Arc, la chronique de Perceval de 
Cagny. M. Quicherat, dans la Bibliothèque de VÉoole 
des chartes^, et plus tard dans la publication qu'il a Caite 
du procès de la Pucelle*, n'a eu garde de négliger une 
source si intéressante; et, mieux que Bry de la Clergerie, 
le vieil historien du Perche', dont les emprunts ne visaient 
guère que l'histoire de ses anciens seigneurs, M. Quicherat 
a montré toute la valeur de l'œuvre de Perceval de Cagny 
et les conséquences de son récit pour la mémoire de 
Charles VIL 

Puis MM. Servois et Vallet de Viriv^e eurent la pensée 
de publier intégralement un texte si important, et ils offrirent 
à la Société de l'histoire de France d'en exécuter la publica- 
tion^. Mais ce projet, accueilli favorablement parle Conseil 

1. Année 1845-1846, t. VII, p. 143 à 171. 

2. T. IV, p. 1 à 37. 

3. Voir ci-dessous, p. xiii. 

4. Annuaire-Bulletin de la Société de l'Histoire de France, année 

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NOTICE. 



Les chroniqueurs du xv^ siècle n'ont pas donné en géné- 
ral des renseignements bien étendus sur Jeanne d'Arc. Il 
est difScile de donner les raisons de leur ignorance, involon- 
taire ou voulue. Tous, ou à peu près tous, signalent du 
moins son rôle miraculeux; un petit nombre seulement 
s'étendent sur les particularités de sa mission. Aussi, a-t-on 
signalé déjà une chronique d'une importance capitale pour 
l'histoire de Jeanne d'Arc, la chronique de Perceval de 
Cagny. M. Quicherat, dans la Bibliothèque de V École 
des chartes^ ^ et plus tard dans la publication qu'il a faite 
du procès de la Pucelle^, n'a eu garde de négliger une 
source si intéressante; et, mieux que Bry de la Clergerie, 
le vieil historien du Perche', dont les emprunts ne visaient 
guère que l'histoire de ses anciens seigneurs, M. Quicherat 
a montré toute la valeur de l'œuvre de Perceval de Cagny 
et les conséquences de son récit pour la mémoire de 
Charles VIL 

Puis MM. Servois et Vallet de Viri^gille eurent la pensée 
de publier intégralement un texte si important, et ils offrirent 
à la Société de l'histoire de France d'en exécuter la publica- 
tion^. Mais ce projet, accueilli favorablement parle Conseil 

i,* 1. Année 1845-1846, t. VU, p. 143 à 171. 

2. T. IV, p. 1 à 37. 

3. Voir ci-dessous, p. xiii. 

4. Annuaire-Bulletin de la Société de V Histoire de France, année 

1 



n NOTICE. 

de la Société, n'eut pas de suite, M. Vallet de Viriville étant 
mort avant d'avoir commencé l'édition. Longtemps après, 
j'eus l'occasion d'en parler à mon camarade feu Achille 
Le Vavasseur, qui abordait l'étude de la chronique de Gruel, 
édition parue sous les auspices de la Société de l'histoire de 
France et dont la valeur reconnue a rendu sensible au public 
la perte prématurée que les amis de ce savant ont Caite. Sa 
fin rapide l'empêcha seule d'étudier sérieusement la ques- 
tion, et surtout d'exécuter à son tour une copie du manus- 
crit que nous ne connaissons que grâce à la plume laborieuse 
de Duchesne/ 

C'est alors que j'ai eu, il y a quelques années, le projet de 
reprendre pour mon compte ce projet de publication tant de 
fois avorté, et je l'aurais réalisé plus tôt avec le bienveil- 
lant appui de la Société de l'histoire de France, à qui la 
chronique de Perceval de Gagny appartient à tant de titres, 
si de douloureuses circonstances ne m'en avaient empêché. 

L'ouvrage de Perceval de Gagny, tel que le donne le 
manuscrit, comprend deux parties d'inégale valeur. La pre- 
mière est à proprement parler une suite de notices généalo- 
giques des comtes puis ducs d'Alençon ; elle commence à 
saint Louis et s'arrête à l'année 1436. Enfin, elle n'a pu 
être rédigée après avril 1437, car elle ne mentionne pas le 
second mariage de Jean II, duc d'Alençon, qui se fit le 
30 avril 1437. La seconde est la véritable chronique, la 
seule intéressante; elle commence à l'année 1239, à l'arri- 
vée de la Gouronne d'épines à Paris, et se termine en 1438 ; 
mais on peut considérer que la partie originale commence 
seulement à l'année 1393. 



1866, l"» partie, p. 182; année 1867, 1" partie, p. 6, 22, 95; 
année 1868, l'« partie, p. 111. 



NOTICE. m 

Ces explications données, il importe de rechercher ce 
qu'était Perceval de Cagny . S'il ne donne pas de longs détails 
sur son origine, il apprend à ses lecteurs que ses fonctions 
l'attachaient à la maison des comtes, puis ducs d'Alençon, 
au service desquels il était demeuré depuis quarante-six ans, 
dit-il en 1436 ; ceci reporte à 1390 la date de son entrée au 
service de la maison d'Alençon. Il débuta par l'oflSce de 
panetier du comte Pierre, devint écuyer d'écurie de Jean P"^, 
duc d'Alençon, servit enfin son successeur comme écuyer 
d'écurie et comme maître d'hôtel. 

On peut admettre qu'en 1390 il pouvait avoir à peu près 
quinze ans, d'où il est permis de conclure qu'en 1436, alors 
qu'il écrivait, Perceval de Cagny avait environ soixante 
ans. En effet, il dit, d'une manière assez touchante, qu'il 
espère continuer encore les services dus à une maison qui 
lui a fait tant de bien : « Et encore servira tant comme il 
« pourra et sçaira et que il leur vendra à plaisir. » C'est 
bien la pensée d'un vieux serviteur que les années ont 
épargné. 

Il était, dil^il, originaire du Beauvaisis. Mais la terre de 
Cagny a perdu son nom, qu'au xvn® siècle on lui a enlevé, 
pour lui donner successivement ceux de Boufflers, de Saisse- 
val, puis de Crillon. Seul aujourd'hui un lieudit en a con- 
servé la mémoire : un petit bois sur le territoire de la com- 
mune de Crillon* s'appelle encore le bois de Cagny. Il ne 
faut pas croire qu'il soit aisé de trouver une mention de notre 
auteur ailleurs que dans sa chronique : les comptes de l'hôtel 
de ses maîtres n'existent plus, et c'est en vain que j'ai 
cherché son nom autre part que dans son livre'. 

1. Oise, arr. de Beauvais, cant. de Songeons. 

2. Ces lignes étaient écrites quand M. de Beaucourt a bien 



IV NOTICE. 

Il ne nous renseigne guère sur son existence au cours de 
ses deux œuvres, et sa personnalité ne perce pas à travers 
son récit. Tout au plus est-il possible de faire quelques obser- 
vations à cet égard. Faut-il voir dans la relation de la récep- 
tion faite à Charles YI en 1393 à Argentan un souvenir de 
jeunesse personnel à l'auteur? C'est ce que je n'oserais affir- 
mer. Du moins, il semble bien qu'en 1416, au mois de juin, 
Perceval de Cagnj ait séjourné dans le pays d'Alençon, 
quand il raconte les effets de la tempête du 14 et du 15 juin. 
Plus tard, en octobre 1433, il était sans doute à Angers, 
où il note une violente perturbation atmosphérique. C'est 
encore une crue extraordinaire du Maine qu'il constate le 
28 novembre 1436 à Cbâteau-Gontier, et presque un an 
après, le 10 novembre 1437, il était probablement à Angers, 
où il vérifiait les terribles dégâts causés par la foudre à 
divers édifices de la ville. 

Ce n'est donc qu'à l'occasion de ces menus incidents qu'il 
est possible de saisir la présence de l'humble écuyer d'écurie 
du duc d'Alençon. 

D'ailleurs, son mémoire généalogique une fois terminé, 
Perceval de Cagny a su résister à la tentation de faire de 
sa chronique une manière de panégyrique de son maître, au 



voulu signaler à M. Delisle, pour moi, une procuration donnée 
par le duc d'Alençon (8 avril 1439), où Perceval de Gagny, dont 
le nom est écrit Caigni ou Caignyf est mentionné comme témoin 
de l'acte. Enfin, le 14 avril 1439, à Pouancé, il signa une lettre 
du duc d'Alençon (Bibl. nat., coll. Doat217, fol. 54 et suiv.). 
J'exprime ici toute ma reconnaissance à M. de Beaucourt pour 
la communication de ces deux textes, qui, confirmant pleine- 
ment la situation que Perceval se donne dans Thôtel d'Alen- 
çon, précisent sa personnalité. J'ai adopté pour son nom la 
forme Cagny et non Caigny, puisque le lieudit de la commune 
de Grillon s'écrit actuellement Cagny, 



NOTICE. V 

point même que souvent il ne le nomme pas, alors que la 
chose se justifierait aisément par le souci d'être un historien 
complet et hien informé. S'il mentionne en effet la libération 
du duc d'Alençon en 1427, il a négligé d'apprendre à ses 
lecteurs que son maître était du nombre des prisonniers de 
Verneuil. En sorte que le titre de « Chronique d'Alençon, » 
que j'ai vu donner à la seconde œuvre de Perceval de Cagny , 
est absolument erronée C'est une chronique générale. 

Il n'en faudrait pas conclure pourtant que Perceval s'y est 
complètement désintéressé du rôle d'une famille à laquelle 
des liens de reconnaissance l'enchaînaient d'étroite façon. Il 
a épousé les querelles de son maître, et le duc de Bretagne, 
le connétable de Richemont expient leurs torts vis-à-vis du 
duc d'Alençon : le duc de Bretagne particulièrement, dont 
l'attitude incertaine et ambiguë ne force pas l'ei^ime. Il n'est 
pas jusqu'à Charles VII, dont le duc d'Alençon avait déjà 
à se plaindre en 1436, et qui ne soit fortement malmené par 
Perceval de Cagny. Le pis est qu'on doit admettre que Per- 
ceval n'avait pas tout à fait tort. 

Que Perceval de Cagny ait tiré son livre de son propre fonds , 
c'est-à-dire qu'il n'ait mis en œuvre que des renseignements 
oraux recueillis par lui, c'est ce que personne ne songera à 
soutenir. Assurément, il a emprunté la première partie de sa 
chronique, celle qui s'arrête par exemple à l'année 1381 , à 
des sources écrites ; mais son récit est si bref, disons-le, si 
dépourvu d'un intérêt quelconque, que leur détermination, 

1. On objecterait en vain que la copie de Duchesne débute par 
ces mots : a La Chronique d'Alençon escripte par Perceval de 
< Gaigny ; » en effet, ce titre est placé non en tête de la chro- 
nique, mais en tête du mémoire généalogique relatif à la maison 
d'Alençon, et, de plus, il n'est pas prouvé qu'il figurât dans le 
manuscrit original. 



VI NOTICB. 

à peu près impossible à mon sens, n'ofirirait aucun intérêt. 

La même question posée pour le reste de la chronique, si 
elle est d'une solution aisée, ne laisse pas que d'avoir de 
Timportance. Assurément, on ne saurait rencontrer, dans 
l'état de nos consiaissances historiographiques, une source 
évidente des renseignements dictés à son secrétaire par Per- 
ceval de Cagny : la lecture de son œuvre ne laisse aucun 
doute à cet égard. Mais il reste à rechercher s'il est pos- 
sible de déterminer l'origine orale de sa chronique. Il est 
hors de discussion qu'employé aussi longtemps qu'il l'a été 
dans la maison d'Alençon, il ait été parfaitement placé 
pour recueillir les nouvelles de son temps : cependant, je le 
répète, on ne trouve la marque d'un témoin oculaire que 
dans de très rares passades que j'ai sis^nalés et relatifs à 
des événements sans impo^nce. 

J'aurais été forcé d'avouer que je n'avais aucune hypo- 
thèse à formuler sur ce point, si le hasard ne m'avait pas 
fait remarquer que Cousinot de Montreuil donnait presque 
exactement les mêmes chifires que Perceval de Cagny pour 
les pertes subies par les Anglais à la bataille de la Bressinière 
(26 septembre 1423). Or^ Cousinot n'a pas caché la source 
à laquelle il avait puisé ce renseignement, et il l'a nommée : 
c'est le héraut Alençon. Est-il donc téméraire de supposer 
que le héraut Alençon ait sur plusieurs points, peut-être 
même pour l'histoire de la mission de Jeanne d'Arc, inspiré 
Perceval de Cagny ? 

Reste à savoir si ce dernier a dicté sa chronique en plu- 
sieurs fois, un peu à la manière d'un journal, ou bien si 
c'est au contraire une œuvre sortie tout d'un jet de sa pensée. 
La chose est assez délicate à déterminer et je n'oserais, bien 
entendu, que formuler une hypothèse. Mais l'examen de la 
chronique me porte à croire assez fermement, d abord qu'elle 



NOTICE. VII 

a été dictée après 1421, parce qu'en 1420 Perceval donne 
à Richard, frère de Jean VI, duc de Bretagne, le titre de 
comte d'Étampes, dont il ne fut gratifié que le 8 mai 1421 . 
n y a plus : dans la biographie que, dans son mémoire 
généalogique, Perceval consacre au duc Jean II d'Alen- 
çon, il parle du « conte de Cleremont, qui, depuis, a 
« esté duc de Bourbon. » Or, Charles, comte de Clermont, 
ne devint duc de Bourbon qu'en 1434, à la mort de son père. 
Donc, le mémoire généalogique n'a pu être dicté qu'après 
1434, et il ne faut pas oublier que Perceval de Cagny a 
composé son mémoire généalogique avant de dicter sa chro- 
nique. 

Dans ces conditions, plus précisément, je crois que Per- 
ceval de Cagny mérite toute créance lorsqu'il raconte qu'il 
dicta sa chronique en 1436, puisqu'il est probable, d'autre 
part, qu'il a fait écrire avant 1437, avant d'avoir appris 
le projet de seconde union du duc Jean d'Alençon. 

Deux motifs l'ont poussé à entreprendre son travail. Le 
premier a été son désir de contribuer à la gloire de ses 
maîtres; le second, afin « que les successeurs de luy 
« puissent veoir, sçavoir et congnoistre comment et avecques 
« quels seigneurs il a vescu la pluz part de son temps, il a fait 
« faire cest présent mémoire, et avecques ce a voulu faire 
« mètre par escript aucun pou des mechiés, guerres et pesti- 
4c lences avenues en ce royaume de France avant son temps 
« et de ce dont il a eu congnoissance, en l'an M CCCC 
< XXXVP. > 

1. M. QaicYiQTdXXBibliolhèque de VÉcoledes chartes, t. VII, année 
1845-1846, p. 143) paraît attribuer à une erreur de Perceval de 
Gagay la désignation de cette date de 1436, puisque, dit-il, c le 
c récit est poursuivi jusqu'à la fin de 1438. » Je ne vois pas du 
tout qu'il faille corriger cette date. C'est en 1436 que Perceval 



vin NOTICE. 

De là, sans doute, il semblera téméraire de conclure 
qae Perceval de Cagny a eu peut-être une postérité? 
Du moins, et c'est le point le plus important, cette 
manière de préface montre à Tévidence que Perceval de 
Cagny est bien l'auteur et de la généalogie des comtes 
puis ducs d'Âlençon et aussi de la chronique dont le terme 
n'est pas seulement 1436, mais plus exactement 1438. Il 
ajoute lui-même que s'il n'a pas tenu la plume, du moins 
tout a été composé sous sa direction, sous ses yeux, sans 
aucun doute aussi sous sa dictée. 

M. Quicherat n'a pas émis le doute d'attribution formulé 
par M. de Beaucourt dans la préface de son histoire de 
Charles y II; M. Quicherat a simplement admis l'exactitude 
des termes de la préface de Perceval de Cagny . Au contraire, 
M. de Beaucourt a un soupçon, et il écrit : « M. Yallet de 
« Viriville avait projeté la publication d'une chronique des 
€ ducs d'Alençon cUtribtiée à Perceval de Cagny*... » Pré- 
cisons d'abord : il ne faut pas nommer « chronique des ducs 
« d'Alençon » la partie vraiment historique de l'œuvre de 
Perceval de Cagny : c'est une chronique générale. 

Cependant, il semble bien que l'explication et les détails don- 
nés par Perceval de Cagny ne prêtent en aucun point, soit à 
confusion, soit à discussion. Il annonce en efiet deux œuvres : 

de Gagny a dicté sa préface, aussitôt après avoir terminé la généa- 
logie de ses maîtres ; puis, à mesure qu'il faisait mettre par écrit 
la chronique proprement dite, le temps s'écoulait et le goût lui 
vint de continuer son œuvre jusqu'en 1438. Il me paraît donc 
certain que la partie de la chronique comprise entre 1436 et l'an- 
née 1438, qui est son terme, a été dictée en quelque sorte au jour 
le jour. On lit en effet, à la date de septembre 1438, ces mots 
significatifs : < Tout le temps de l'esté présent... » Or, je le 
répète, la chronique ne s'arrête qu'à la fin de décembre 1438. 
i. Histoire de Charles Vil, t. I, p. lxix. 



NOTICE. IZ 

d'abord le mémoire généalogique, ensuite une chronique; et, 
de fait, sa préface, telle que la fournit le manuscrit, est bien 
placée : elle est le lien nécessaire entre la généalogie des 
comtes et ducs d'Alençon, qu'elle suit, et la chronique géné- 
rale, qu'elle précède. Bref, les mots « cest présent mémoire » 
désignent le mémoire généalogique, et par « avecques ce a 
« voulu faire mètre par escript aucun pou des mechiés. . . , » 
l'auteur a entendu désigner sa chronique. Jusqu'à nouvel 
ordre, je ne conçois donc pas qu'il soit possible de contester 
l'attribution des deux œuvres à Perceval de Gagny. 

Ce n'est pas seulement le souci de rendre à un auteur un 
juste tribut de reconnaissance qui oblige à vérifier si la chro- 
nique placée parla tradition sous son nom lui est bien due; 
c'est surtout Tobligation de déterminer l'authenticité^ la 
valeur des témoignages nouveaux qu'elle produit. Et la 
chose est d'importance quand il s'agit de la réputation d'un 
souverain qui, comme Charles VU, a eu la rare fortune d'un 
appui surhumain. 

Or, M. Quicherat n'hésite pas à invoquer souveraine- 
ment le témoignage de Perceval de Cagny, qui simple- 
ment, sans parti pris, d'un accent sincère, relate les amer- 
tumes que Charles VU et son entourage ne ménagèrent pas 
à Jeanne d'Arc. Et, comme pour prouver au lecteur quelle 
foi s'attachera à tout ce qu'il écrit relativement à Jeanne 
d'Arc, Perceval raconte une entrevue, jusque-là à peine 
connue, de la Pucelle avec la duchesse d'Alençon douai- 
rière et sa bru ; c'est assez montrer que par ses relations 
d'affection avec la maison d'Alençon et avec celui qu'elle 
appelait son beau duc, Jeanne d'Arc avait trouvé un histo- 
rien fidèle. 

D'abord, Perceval de Cagny montre à quel degré de désar- 
roi se trouvait le conseil du roi à Tarrivée de Jeanne, en 



X NOTICE. 

mars 1429 : « Et avant sa venue, le roy, ne les seigneurs de 
« son sang, ne savoient quel conseil prendre. Et, depuis, 
« par son aide et conseil, vint tousjours de bien en mieulx. » 

Orléans délivré et la victoire de Patay remportée, au mo- 
ment de son départ pour Reims, à la fin de juin, Charles VU 
hésite et fait long séjour à Gien ; Jeanne en est « marrie, » 
et « par despit se deslogea et ala logier aux champs. » 

Après le sacre, dans la seconde quinzaine d'août, 
Charles VII, qui vient de recevoir les clefs de Compiègne, 
veut y séjourner et ne déguise pas que, satisfait de ses succès 
inespérés, il se propose d'en rester là « sans autre chose 
4c entreprendre. » 

Jeanne en est encore « moult marrie, » et, accompagnée 
du duc d'Alençon, elle se porte sur Paris. Son exemple 
entraîne cependant le roi, qui « vint à grant regret jusquez 
« en la ville de Senliz ; et sembloit que il fust conseillé au 
4c contraire du voulloir de la Pucelle, du duc d'Alençon et 
« de ceulx de leur compaignie. » Le roi s'entête à ne plus 
bouger; alors, le duc d'Alençon va tenter de l'amener, 
réussit à le pousser jusqu'à Saint-Denis, et on dit : « Elle 
4c metra le roy dedens Paris, se à lui ne tient. » Malheu- 
reusement, à Tattaque de la porte Saint-Honoré, le jeudi 
8 septembre, Jeanne est blessée, la nuit arrive, on l'éloigné, 
et le lendemain, 9 septembre, alors qu'elle voulait recom- 
mencer l'attaque, Charles VII la fait rappeler et ordonne à 
ses capitaines de la lui amener à Saint-Denis : « La Pucelle 
« et le plus de ceux de la compaignie en furent très marriz. » 
Tous obéissent, espérant le jour suivant, 10 septembre, atta- 
quer Paris sur un autre point et « passer Saine à ung pont que 
« le duc d'Alençon a voit fait faire au travers de la rivière, 
« en droit Saint Denis..., mais ilz ne pourent pour ce que le 
« roy, qui avoit sceu l'intencion de la Pucelle , du duc 



NOTICE. XI 

« d'ÂlençoD et des autres de bon vouloir, toute la nuit fist 
« dépecer ledit pont. » Enfin, non content d'arrêter ainsi 
rélan des troupes, Charles VU reste immobile jusqu'au 
13 septembre, perdant son temps en conseils < tousjours 
« tendant aflSn de retourner sur la rivière de Loire, au grant 
« desplaisir de la Pucelle. » 

C'est alors que commence la période la plus douloureuse 
de la vie de Jeanne d'Arc; immobilisée par le mauvais vou- 
loir de Charles YII et celui de son conseil jusqu'au mois 
d'avril 1430, elle n'entreprend qu'une campagne d'hiver, 
mal préparée, sur les bords de la Loire, terminée par 
l'infructueux siège de la Charité; et enfin, abreuvée de 
dégoûts, ayant « veu et entendu tout le fait et la manière 
« que le roy et son conseil tenoient pour le recouvrement de 
« son royaulme, elle, très mal contente de ce, trouva manière 
« de soy départir d'avecques eulx; et sans le sceu du roy 
« ne prendre congié de lui > elle s'échappa et entama la 
fatale expédition qui à Compiègne lui coûta la liberté, puis 
la vie. 

Si bien que Perceval de Cagny remarque que tous les 
sujets du roi s'étonnaient de son apathie, du « petit vouloir » 
qu'il montrait « pour conquérir son royaume. » Ses conseil- 
lers étaient « assez de son vouloir et leur sufisoit de passer 
« temps et vivre, et par especial depuis la prinse de la 
« Pucelle! » 

M. Quicherat, le premier*, je le répète, a mis en lumière 

i. M. Quicherat, dans les Procès de condamnation et de réhabi" 
litation de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 1, n'a pas manqué d'écrire qu'il 
mettait c Perceval de Gagny en tête des chroniqueurs qui ont 
« piirlé de la Pucelle. Cet honneur lui revient comme au mieux 
« instruit, au plus complet, au plus sincère, à celui qui, le premier 
c en date, a témoigné pour elle, et d'une manière digne d'elle, dans 
« un écrit destiné à la postérité. » 



XII NOTICE. 

cette pitoyable attitudes et Perceval de Cagny, en la lui 
révélant, lui a permis de justifier Jeanne d'Arc et la seconde 
partie de sa mission. Sauver toute la France, &ire régner 
le roi sur toute la France, tel a été le but que Jeanne a cher- 
ché, que le roi et ses conseillers Font empêchée d'atteindre. 
En sorte que c'est malgré lui et malgré les siens que la mis- 
sion de Jeanne d*Ârc a pu s'accomplir. 

Charles VU, et ses conseillers, c'est-à-dire lui encore, ont 
paralysé Jeanne d'Arc au cours de sa mission ; aucun motif 
avouable ne paraît justifier cette attitude. Personne aujour- 
d'hui, je pense, ne conteste qu'il fut très difScile à Charles VU 
d'intervenir après la capture de Jeanne d'Arc. Mais personne 
n'osera, je crois, décharger la mémoire de Charles YII de la 
responsabilité dont elle est encore accablée, parles entraves 
dont U a laissé embarrasser sa mission. 

A cet égard, la chronique de Perceval de Cagny met les 
choses au point sans violence, sans partialité. J'ai à justifier 
l'emploi de ce dernier terme, et la chose me sera facile. En 
efiet, l'un des actes les plus remarqués de Charles YII, après 
la mort de Jeanne d'Arc, a été le siège de Montereau, en 

1437. Le rôle du roi y a été digne de louanges. Il a brave- 
ment payé de sa personne, et un registre du Parlement 
porte la trace des éloges que méritait sa valeur ; Perceval 
n'a pas été moins juste, et il a su dépouiller ses rancunes 
et rendre justice à la bravoure d'un prince qu'en d'autres 
temps il n'avait pas prisé. 

1. M. Quicherat {Bibliothèque de V École des chartes, t. Vil, 
année 1845-1846, p. 146), en publiant pour la première fois le 
témoignage de Perceval de Gagny, a cru pouvoir ajouter que « la 
a Pucelle eut à combattre la résistance continuelle de Tabsurde et 
< odieux gouvernement en faveur duquel elle vint accomplir des 
« miracles. » 



NOTICE. xm 

Ce n'est pas seulement pour Thistoire de Jeanne d'Arc 
que la chronique de Perceval de Cagny est importante, elle 
l'est autant pour l'histoire du premier tiers du xv® siècle; 
mais le nom de son auteur restera toujours connu pour celui 
du meilleur chroniqueur de Jeanne d'Arc, et cette partie de 
son œuvre en constituera toujours la portion essentielle. 

J'ai eu l'occasion de dire que la chronique de Perceval de 
Cagny ne nous était connue que par une copie de Duchesne. 
Gilles Bry, sieur de la Clergerie, dans son Histoire des pays 
et comté du Perche et diiché d'Alençon, publiée en 1620, 
en ât un bref usage, ou, pour parler plus exactement, il se 
servit de la généalogie des ducs d'Alençon rédigée par Per- 
ceval de Cagny ^; mais il semble qu'il n'ait pas utilisé la 
chronique proprement dite. Sans doute, il devait la connais- 
sance de cet ouvrage à Duchesne, « Tourangeau, géographe 
« du Roy, homme plein de recommendation pour les services 
« qu'il rend au public en ses curieuses et pénibles recherches 
« et son érudition singulière^... » En sorte qu'assurément 
Bry de la Clergerie n'a pas consulté le manuscrit sur lequel 
Duchesne a fait sa copie; comme nous, il n'a eu entre les 
mains que cette copie même ; et c'est de cette communica- 
tion qu'il remercie Duchesne dans les termes que je viens 
de citer. 

La copie, certes, est bien faite; mais on y regrette 
quelques lacunes qui, à n'en pas douter, déparaient l'origi- 
nal. Ces lacunes portent surtout sur des dates, comme si l'au- 
teur les avait laissées en blanc lors de sa dictée, en se réser- 
vant de les faire ajouter ultérieurement, quand ses souvenirs 
se seraient précisés. Peut-être cependant quelques lacunes, 

1. Notamment p. 287, 304, 305, 3ii, 344. 

2. Page 31. 



XIV NOTICE. 

plus importantes, sont-elles dues au mauvais état du manus- 
crit original. Aucune note de Duchesne ne nous éclaire sur 
ce point, et nous en sommes réduits aux conjectures. 

Je m'en voudrais, en signant ces courtes pages, de ne 
pas exprimer tous mes remercîments à ceux de mes amis 
qui m'ont libéralement communiqué des renseignements. 
M. Germain Lefèvre-Pontalis, à qui sa vieille affection pour 
moi a fait accepter la charge de commissaire responsable, et 
M. Henri LacaiUe m'ont fait profiter l'un et l'autre de leurs 
recherches et de leurs travaux, et M. de la Roncière a eu 
la bonne grâce de me prêter quelques pages manuscrites 
de son excellent livre sur la marine française. Je saisis 
avec joie l'occasion qui m'est fournie de leur répéter toute 
ma gratitude. 

J'ai encore une dette à acquitter vis-à-vis de la Société 
de l'histoire de France, qui accueille pour la seconde fois 
une publication que je lui présente. Il m'est agréable de 
reconnaître, dans la bienveillance que les membres de son 
Conseil me témoignent, comme un souvenir donné à une 
mémoire qui m'est chère. Je leur en exprime ici toute ma 
reconnaissance. 



H. M. 



NOTICE. XV 

Ce volume était en cours d'impression lorsque M. Noël 
Valois, poursuivant un dépouillement méthodique des 
registres de plaidoiries du Parlement, a mis la main sur 
une affaire où Perceval de Cagny était partie contre Jean 
de Hangest, seigneur de Genlis, dont l'attachement au 
parti de Jean Sans-Peur est avéré*. M. Valois a eu l'obli- 
geance de m'indiquer sa découverte et je lui en exprime mes 
biens vifs remercîments. J'imprime à la suite de ces lignes 
les extraits de plaidoiries qui présentent de l'intérêt. 

Si on ajoute les renseignements que donne Perceval de 
Cagny lui-même dans sa préface à ceux que fournissent ces 
plaidoiries, on peut dire que l'on connaît maintenant beau- 
coup de ce qu'il est essentiel de savoir sur cet auteur. Je vais 
résumer ici les particularités que ces textes révèlent. 

Robert de Cagny, dit Perceval, avant janvier 1412 (n. st.), 
était écuyer d'écurie du comte d'Alençon, ce qu'on savait 
d'ailleurs. Â cette époque déjà, il était marié, et c'est à bon 
droit sans doute que j'ai pu présumer, d'après une phrase 
de lui, qu'il laissa postérité. Aux environs du mois d'août 
1408, il acquit en Picardie, dans les environs de Montdidier, 
le fief de « Deffors^, » ou plutôt, en réalité, de < DeflFois, » 
dont M. Germain Lefèvre-Pontalis me signale l'existence sous 
le nom actuel de « Defoy , » ferme située à mi-chemin entre les 
communes d' AssainviUers et d'Ayencourt 3. Mais, se prévalant 

1. Sur ce personnage, voir P. Anselme, Histoire généalogique et 
chronologique de la maison royale de France, t. VI, p. 746 A. 

2. Plaidoirie en date du 3 février 1423, ci-après, p. xvi. C'est 
évidemment la terre de a Defforts, » située exactement dans la 
môme région, que le P. Anselme (op. cit., t. VI, p. 54 A) men- 
tionne comme appartenant à Robert de Bologne, dit le Tirant, à 
cette même époque. Mais cela ne contredit pas l'afQrmation que 
Perceval de Cagny y possédait un fief. On remarquera qa*il n'est 
pas dit qu'il en possédât la seigneurie; celle-ci appartenait à 
Robert de Bologne. 

3. Somme, arr. et canton de Montdidier. 

1* 



XVI NOTICE. 

du droit de retrait, Jean de Hangest, seigneur de Genlis, fit 
ajourner le vendeur de la terre devant le prévôt de Montdi- 
dier au mois d'août 1408 et consigna le prix deux mois après. 
D'où procès entre Perceval de Cagny et Jean de Hangest, 
tous deux prétendant à la jouissance de ce fief. 

Par malheur pour Perceval de Cagny, les lenteurs de la 
procédure qui, en 1411, avaient amené la cause devant le 
bailli de Senlis, firent venir son appel devant le Parlement 
de Paris en février 1413 (n. st.), à une époque où les pas- 
sions bourguignonnes, surexcitées à Paris, laissaient peu 
d'espoir aux partisans de la maison d'Orléans et à leurs 
domestiques d'obtenir justice de magistrats inféodés à la fac- 
tion de Jean Sans-Peur. 

Aussi, après trois audiences, le 3 février, le 27 février et 
le 18 mai 1413, on ne trouve plus trace du procès, et quand 
on considère qu'à ce moment la faction cabochienne détenait 
le pouvoir et en abusait de si odieuse manière, on comprend 
pourquoi Perceval de Cagny dut renoncer à faire préva- 
loir ce qu'il pensait être son droit. Il y a quelque honneur 
pour lui à avoir soufiert dans ses biens, pour la cause à 
laquelle ses maîtres s'étaient dévoués. 

■ 

3 février 4443 (n. st.). 

Entre Perceval de Gaigny et sa femme appellans du bailly 
de Senliz d'une part et Jehan de Hangest intimé d^autfe part; 
dit Tappellans qu'il ont un fief appelle de Deffors, à cause de 
quoy furent appeliez devant le bailli et hommes jugans à Mont- 
dîdier et furent appoinctés contraires et démenèrent devant le 
bailli de Senliz; tandem et fu donnée sentence contre lui dont 
appella céans et releva ou dut relever aux jours de Senliz qui 
furent en janvier ggggxi; mais son message fu prins et perdit 
et pose qu'il fust venu, attendu le temps et qu'il estoit escuier 
d'escuierie du conte d'Alençon, nul n'eust volu pour lui occu- 
per-, si obtint congié sa partie adverse et sub hujus pretextu 
s^est bouté oudit fief. Or, a esté paix faicte entre les seigneurs 
du sanc du roy et si a relievement du roy, sur quoy a esté 



NOTICE. XVU 

Hangest adjorné; si conclut à renterinement de ses lettres par 
vertu de quoy demeurrent les choses en estât et soit conclu ou 
procès s^il est par escript, alias se Hangest ne le vuelt, conclut 
à dammages interests et despens. 

Hangest dit que des aoust ccccviti, qu'il fit adjorner devant 
le prevost de Montdidier le vendeur de ladicte terre et consigna 
aussy le priz en main de justice en octobre après, et pour ce 
que les appellans ne faisoient que faire empêtrer lettres de vielx 
et valitudinaire et fit venir après plusieurs impetrations la cause 
devant le bailli de Senliz, duquel appella d'une sentence donnée 
à son profit; sur quoy obtint congié aux jours de Senliz cccc xi, 
par vertu de quoy fu renvoiée la cause devant ledit bailli,, qui, 
selon sa sentence, devoit estre renvoie devant le prevost de 
Mondidier, devant qui arguoit de suspeçon Caigny les hommes 
jugans, et pour ce obtint lettres que le bailli de Yermendois 
procedast au jugement de la cause, et appelle le procureur du 
roy, ledit bailli sentencia à son profit; et quant au priz déposé, 
fu prins de par le roy par le conestable et présent maistre Eus- 
tace de Laitre; et depuiz, le roy conferma ladicte sentence par 
vertu de quoy a joy de ladicte terre et a fait foy et hommage. 
Ce nonobstant, les appellans ont obtenu lettres qui ne s^ex- 
tendent pas aux biens ou terres tenues par autre que par le roy, 
qui aussy sont surreptices par plusieurs moiens dessusdis; par 
vertu desquelles a esté céans adjorné; aussy au regart de plu- 
sieurs excès qu'a faiz Perceval l'a fait adjorner. Si dit in quan-- 
tum defensor qu'il n^est tenu de procéder, attendu ce que dit 
est et que les lettres de Perceval sont du tout surreptices alias 
inciviles : car aussy se Perceval estoit relevé ne sauroit il où 
pranre son argent par ce que dit est. In quantum actor conclut 
qu'il soit maintenu et gardé en la possession de ladicte terre et 
soient condampner (sic) à oster empeschement ledit Perceval et 
aux fraiz et dammages et inlerests, et à amendes honorables et 
profitables de v<^ livres au regart des excès qu'il a faiz de bouter 
hors le hocherons et autrement, et soit creu de fructibus et 
despens. Les appellans requièrent delay et pour ce Hangest 
requiert par provision joir intérim attendu ce qu'a proposé. 

Si a appoincté la court pour ce que les appellans sur celle 
provision requièrent estre oiz qu'il verront les lettres de Han- 
gest et aussy les verra la court, se mestier est, et revendront à 
XV® les appellans. 

(Arch. nat., XU 4789, fol. 392 y.) 



xvm NOTICE. 

27 février U4 3 (n. «t.). 

Entre Robert de Gaigay dit Perseval d'une part et Jehan de 
Hangest sur la cause autre foiz proposée, Gaigny réplique en 
soustenant son appel par les causes dessusdictes, et considéré 
le temps qui a esté qui donnoit cause au relievement et que il 
avoit esté ordonné que lui et les paraulx recouverroîent leurs 

héritages nonobstant appeaulx, procès et sentences, etc 

Car le bailli de Yermendois le het et si estoit 

absent Si conclut à son estât et à despens quanio 

majores au regart mesme de ceulx qui ont esté adjornez à com- 
paroir en personne et ut supra. 

Hangest revendra à viij* et à ce jour a garant et pourra 
adjorner sans lettre Tuissier les garans. 

(Arch. nat., XU 4789, fol. 406 ▼•.) 

48 mai 4443. 

En la cause de Perceval de Gaigny d'une part et Jehan de 

Hangest d^aulre part qui duplique 

dit oultre qu'il a tiltre onéreux par ce qu^il a baillié son argent 
et si a esté la maison arse par le fait Perceval ou abatue par 

quoy il auroit recours contre icellui Perceval Oultre dit 

que le roy a volu de nouvel par ordonnance^ que toutes terres 
que le roy a donné ou aliéné soient à ceulx à qui les a baillées 
et supposé que avec Âlençon ledit Perceval, toutevoie par ledict 
[restitution] gênerai et abandonnement a esté banni ; quant à 
Testât l'aura attendu ce que dit est et par especial au regart de 
la sentence en conclut k CQet ut supra. 

Perceval triplique et dit que veu Tempeschement du roy et 
que Teritage est sien et Hangest demandeur en cas de retrait 

et lui défendeur, il ne fait à recevoir Quant au 

derrien edict, il n^est point entériné ne ne sera^ 

Appoinctié est au conseil et verra la court les lettres et si 
considérera les raisons proposées. 

(Arch. nat., Xia 4789, fol. 451 V.) 

1. L'ordonnance est du 13 nov. 1442 (Ordonnances, t. X, p. 34). 

2. Ces lettres furent déchirées le 5 septembre 4443 (A. Tuetey, 
Journal de Nicolas de Baye, t. U, p. 142). Elles n'avaient pas en 
effet été passées au grand conseil; il est bien curieux de voir que 
Gagny savait d'avance qu'elles ne seraient pas entérinées. 



LA CHRONIQUE D'ALENÇON* 

ESGRIPTE PAR PERGËYAL DE GAIGNT 
ESGUTEE d'eSGUERIE DU DOC d'aLBNÇON. 



La lignie descendue du roy Saint Louys . 

Cy après est desclairé comment la lignie de France 
est descendue du roy Saint Louys à la lignie du roy 
Phellipe de Valois et dudil Phellipe à la lignie 
d'Alençon. 

Saint Louys fut sacré et couronné roy de France en 
l'an M ce XXVII et régna jusques en l'an MCCLXxque il 
ala ou pais de Thunes^, et là trespassa environ les 
rivages de la mer de Quartage^. Il out cinq filz : le 
premier out nom Louys, qui trespassa jeune ^; le 
second Phellipe, qui fut roy après lui; le tiers Jehan, 
conte de Nevers; le quart Pierre, conte d'Alençon; 
le quint Robert, conte de Glermont. Et si ot quatre 
filles : Ysabel, raigne de Navarre^; Marie (sicy^ qui fut 
mariée à l'ainsné filz du roy de Castelle'^; Marguerite, 

1. C'est-à-dire le Mémoire généalogique de la maison 
d'Alençon. 

2. Tunis. 

3. Garthage. 

4. En 1260. 

5. Elle épousa Thibaud II dit le Jeune. 

6. Blanche épousa Ferdinand de la Gerda. 

7. En marge; Duchesne a inscrit la note suivante : « Blanche 
plus tost; elle gist aux Gordeliers de Paris. » 



à 



2 CHRONIQUES 

duchesse de Brebant^ ; et Agnes, duchesse de Bour- 
goigne ^. 

Âpres ledit Saint Louys^ régna en roy Phellipe son 
filz, qui fut couronné en l'an mgglxxi et régna xv ans 
et trespassa à Parpignen^. Gestui Phellipe out deulx 
femmes. 

La première fut Ysabel, fille du roy d'Arragon^, 
et en eut troys filz : le premier, Louys, qui fut roy 
après son père et ne régna que ung an et out ung 
filz nommé Jehan, qui fut roy après luy, et ne régna 
que jour et demy en roy. Et vint le royaume à Phel- 
lipe le Bel^, son oncle le second; Phellipe le Bel fut 
couronné en l'an mgglxxxyi après le roy Jehan, son 
nep veu et régna jousques en l'an m ggg xmi, et tres- 
passa à Fontainebliaut en Gastinois^ et gist à Saint 
Denys en France; le tiers Gharles, conte de Valoys. 

La seconde femme du roy Phellipe, filz Saint Louys, 
fui Marie, fille du duc de Brebanl'', et en out trois 
enffans : Louys, qui fut conte d'Evreux ; Marguerite, 
raigne d'Angleterre®; et Marie, duchesse d'Osteriche®. 

1. Première femme de Jean P', duc de Brabant. 

2. Elle épousa, en efiPet; Robert 11^ duc de Bourgogne. 

3. Perpignan. 

4. Jacques I". 

5. Perceval de Gagny a confondu Louis, fils aîné de Philippe 
le Hardi, avec Louis Hutin, et Philippe IV le Bel avec son fils 
Philippe V le Long ; de là, une succession d'erreurs qu'il suffît 
de signaler. 

6. Sur sa mort, voir, Bibliothèque de V École des chartes 
(t. LVIII, année 1897, p. 5), Tarticle de mon confrère et ami 
M. Baudon de Mony, la Mort et les funérailles de Philippe le Bel. 

7. Henri HI, duc de Brabant. 

8. Marguerite, femme d!£douard P'. 

9. Blanche, mariée à Rodolphe, duc d'Autriche. 



DE PERGEVAL DE GAGNY. 3 

Le roy Phellipe le Bel fut marié à Jehenne de 
Navarre et ourent cinq enfans, iiij filz et une fille. 
Louys Hutin^, son premier filz, fut couronné en roy 
en Tan M CGC xv et ne régna que ung an et trespassa 
au Bois de Yicennes et gist à Saint Denys. Il out ung 
filz appelle Jehan et ne vesquit gaires^. 

Phellipe le Long^, ii conte de Poitiers, fut sacré en 
* roy après Louys Hutin son frère, en l'an mggcxvi, et 
régna roy v ans, Robert son frère, tiers filz, ne vesquit 
.gaires*. 

Apres le roy Phellipe le Long, fut couronné en 
roy Charles le BeP, conte de la Marche et quart filz 
du roy Phellipe le Bel en Tan mgggxxi et régna jusques 
en l'an M CGC xxvm et ne demoura ne filz, ne fille de 
nul des mi filz du roy Phellipe le Bel. Et Ysabel, sa 
fille, fut mariée à Edouart^, roy d'Engleterre. De 
laquelle Ysabel et dudit roy Edouart sont yssus les 
enfans qui ont tousjours fait les guerres en France, à 
cause et pour ce qu'ils ont tousjours maintenu que le 
royaume de France leur devoit et doit appartenir, 
parce qu'elle estoit seur seuUe des iiij filz du roy 
Phellipe le Bel, qui sont aies de vie à trespas, sans ce 
qu'il soit demouré nul héritier de leurs corps. 

Ainsi que dessus est dit, les iiij filz du roy Phellipe 

1. Monté sur le trône le 29 novembre 1314, Louis X fut 
sacré le 24 août 1315 et mourut le 5 juin 1316. 

2. Né le 15 novembre, Jean P' mourut le 19 novembre 1316. 

3. Philippe V le Long fut sacré le 9 janvier 1317 (n. st.) et 
mourut le 3 janvier 1322 (n. st.). 

4. Robert mourut jeune. 

5. Charles IV le Bel fut couronné le 21 février 1322 (n. st.) 
et mourut le 1®' février 1328 (n. st.). 

6. Edouard IL 






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4 CHRONIQUES 

le Bel, c'est asçavoir Louys Hutin, Phellipe le Long, 
copte de Poitiers, Caries le Bel, conte de la Marche, 
tous trois furent roys Tun après l'autre ; et Robert leur 
frère ne le fut point, pour ce qu'il mourut jeune. Et 
ne eurent nulz des dessusdis aucun héritier issant 
d'eulx : par quoy la lignie du roy Saint Louys faillit à 
venir de hoir en hoir en ligne directement ; et par ce 
est venue la couronne de France par ligne collatéral 
aux enfans maies de Caries, conte de Valoys, filz du 
roy Phellipe, filz de Saint Louys et de Ysabeau, fille 
du roy d'Arragon. 

Comment la lignie d'Alençon est descendus du roy 

Saint Louys. 

Charles de Valoys, filz du roy Phellipe et frère du 
roy Phellipe le Bel, eut ij filz et une fille. La couronne 
de France vint et eschait à Phellipe de Valoys, son 
ainsné filz, nepveu du roy Phellipe le 3el, en 
Tan M CGC XXIX. Et après ce, ledit roy Phellipe de Val- 
loys bailla à Charles, son frère, en provision de vivre 
et pour son estât, les contez d' Alençon et du Perche * 
et la seigneurie de Fougieres^. 

De la bataille de Crecy. 

En l'an m gggxlvi fut la bataille mortelle à Crecy en 
Picardie^ entre le roy Phellipe de Valoys et le roy 

1. C'est avant son avènement, le 3 avril 1326, que Phi- 
lippe VI, alors comte de Valois, en vertu d'un accord qu'il 
conclut avec son frère Charles, lui céda les comtés d'Alençon 
et du Peréhe. 

2. Fougères, lUe-et-Vilaine, chef-lieu d'arrondissement. 

3. 26 août 1346. 



Hi 



DE PBRCEYAL DE GAGNY. 5 

d'ËDgleterre ; à laquelle bataille ledict Charles, conte 
d' Alençon, fut navré et mis à mort. Et par avant ii'avoit 
point demandé ne prins son partaige tel ne si grant 
comme il lui devoit appartenir par l'eschaite de la cou- 
ronne qui estoit eschaite et venue au roy Phellipe de 
Valoys, son frère, et à lui. Et est le partage qui lui 
devoit venir et appartenir, demouré en tel estât, 
parcequ'il ne demanda en temps ne en lieu. Il fut 
moult pompeux homme et désira tousjours estre gran- 
dement acompaigné de seigneurs, chevaliers et 
escuiers, et tant, qu'il en avoit devers luy plus que le 
roy, son frère. Et quant aucune foiz se dementoit 
d'a,voir son partage, la raigne Tapesoit aucunes foiz, 
en lui faisant bailler argent pour soustenir son estât; 
autrefoiz lui donnoit ung lévrier ou chiens courans, 
autres foiz ung oysel. Et luy mort, ses enfans perdirent 
le droit de poursuire ledit partage. 

Cy ensuit la lignie de Charles^ conte de Valoys^ frère 
du beau roy Phellipe^ fih du roy Phellipe, fih du 
roy Saint Louys. 

Charles, conte d'Âlençon et du Perche, seigneur de 
Fougieres, filz de Charles, conte de Valoys, et frère 
du roy Phellipe de Valoys, iiit marié ^ à madame 
Marie d'Ëspaingne, à laquelle vint par succession 
la conté de Biscoye. De eulx deulx yssirent quatre 
enfans : Charles, leur ainsné filz; Philipe le second; 
Pierre le tiers, et Robert le quart. Ledict Charles 

1. Il avait épousé en premières noces Jeanne, comtesse de 
Joigny, morte en 1336 sans enfants. La même année, il épousa 
Marie de la Cerda. 






6 GHKONIQUES 

finit ses derreniers jours à la bataille de Grecy, 
comme dessus est dît, en Tan mgggxlyi, et futaporté 
son corps en la ville de Paris et mis et ensepulturé 
en Teglise du colege des Frères Mendians^ dudict Heu. 
En laquelle église gisl pareillement le corps de ladite 
madame Marie, comme il peult apparoir par leurs 
sépultures, laquelle Marie trespassa en ladite ville de 
Paris en Tan mggg ^. 

Charles l'ainsné filz desdiz Charles et Marie fut 
homme de gracieuse devocion et desprisa tant tout 
estât mondain, que de son vouloir renuncia à estre 
conte d'Alençon et à toutes les honneurs mondaines 
de cest siècle mortel et de son très humble vouloir se 
mist et print Testât de Tordre des Frères Prescheurs ; 
et de ce n'eust pas esté comptent se il n*eust servi et 
fait en Tordre autant comme le plus petit de touz 
ceulx du couvent de Paris duquel il estoit. 

Et ont plusieurs supposé que il print celui estât et 
dévotion à cause et pour ce que sesdiz père et mère 
y estoient ensepulturez. Et tout le temps que il fut 
oudit couvent, voult et fist à son tour la queste parmy 
la ville de Paris et porta la besace au coul comme les 
aut^es dudit ordre, touz les jours en sepmaioes qui 
luy escherent. Et demandoit les aumosnes aussi hum- 
blement comme les plus petiz de Tordre Tavoient 
acoustumé faire, et portoit oudit coUiege tout ce qui 
luy avoit esté donné en sa queste par la ville. 

Le roy Charles, filz du roy Jehan, le voyant en tel 
estât, par plusieurs foiz luy pria qu'il lui pleust prendre 



1. « Ou plus tost Prescheurs » (Note de Duchesne], 

2. Le 19 novembre 1379. 



DE PERGEYAL DE GAGNY. 7 

autre manière de vivre ; et tousjours trouvoit excusa- 
cion de demourer et parfaire sa devocion. Et après ce, 
ledit roy Charles luy fist delessier ledit ordre des 
Frères Prescheurs et le fis! estre archevesque de 
Teglise de Lyon sur le Rosne ^ ; auquel lieu il vesquit 
très saintement et là finit ses jours et y fut ensepulturé 

en Tan mggg 

Phellipe second filz et frère dudit Charles fut homme 
de très grant devocion à l'Eglise, et comme son frère 
ainsné renoncia à touz les héritages de ses feux père 
et mère et print Testât de l'Eglise. Il fut evesque de 
Beauvays en Beauvoisin^ et puis après fut archevesque 
de Rouan ; et luy estant en la dinité et estât d'arche- 
vesque, ledit roy Charles lui requist, par plusieurs foiz, 
par ses letresetde bouche, que il donnast une prébende, 
laquelle vacquoit en l'église de Nostre Dame de Rouan, 
à ung clerc qu'il avoit pour bien fort recommandé, 
duquel ledit archevesque congnoissoit tant la vie et la 
science que il le sçavoit non estre digne de venir à 
Testât de chenoigne ; et du tout en escondit le roy qui 
en fut moult marry^. Et à l'occasion de ce fist prendre 

i. Charles d'Alençon fut promu au siège de Lyon le 13 juil- 
let 1365 et mourut le 5 juillet 1375, après avoir vigoureuse- 
ment tenu tête à Charles Y. 

2. Philippe d'Alençon devint évêque de Beauvais le 24 avril 
1357 et fut transféré en 1359 au siège de Rouen qu'il garda 
jusqu'en 1374. Il devint, de 1375 à 1376, patriarche de Jéru- 
salem, cardinal en 1378 et patriarche d'Aquilée en 1381. Il 
mourut en 1397 et fut enterré dans la basilique de Sainte- 
Marie-in-Trastevere, où aujourd'hui encore on voit son tombeau. 

3. La cause officielle de la brouille survenue entre Charles Y 
et Philippe d'Alençon n'est pas celle que dit Perceval de Cagny. 
Il est possible que Philippe d'Alençon ait eu l'occasion de 



J 



inoBaBBam 



g CHRONIQUKS 

et mettre en sa main tout le temporel de Tegliae de 
Rouan : de quoy ledit archevesqae en demanda et fiât 
demanda* la délivrance, laquelle il ne poeult obtenir; 
et lui fiât le roy de grans rigueurs pour la cause des- 
susdicte et ne luy voult délivrer le temporel de 
Teglise. 

Et quant ledit archevesque vit qu'il ne povoit jouir 
des droictures de relise que le Pape lui avoit données, 
luy qui estoit de grant courage et très fervent de gar^ 
der les droiz de TËglise, eust autant ou mieulx aimé 
mourir en gardant les droiz de TËglise, que vivre et 
les lessier perdre. Il fist les sommacions au roy telles 
comme le cas le requeroit; et après ce, quant il vit 
qu'il ne povoit mettre le temporel de l'église au délivre 
et que sa diligence n'y povoit rien valoir, il geta ou 
fist geter une sentence sur le roy, qui tellement fut 
exécutée, que par ung espace de temps on ne chanta 
messe, ne ne furent faiz nulz autres services apparte- 
nans à l'Eglise en toute la viconté de Paris. Pour quoy 
et de ce le roy fut moult indigné. 

répondre par un refus à une recommandation du roi; mais il 
est plus croyable que la cause du conflit est ailleurs. Dans un 
récent article inséré dans le Moyen Age (juillet-août 1897, 
Un Conflit de Juridiction sous Charles V), MM. Mirot et Deprez 
n'ont pas hésité à mettre les torts sur le caractère orgueilleux 
et altier du prélat. Quant à raffaire, cause du conflit, la voici, 
d'après MM. Mirot et Deprez : En 1370, le bailli de Rouen, 
Guillaume Anseau, vers le 1^' mai, saisit un clerc marié, Nico- 
las Aurichier, accusé de plusieurs crimes, et le fit pendre. 
L'archevêque excommunia le bailli, d'où procès au Parlement. 
Le pape parait n'avoir pas donné raison à Philippe d'Alençon. 
Est-ce à un sentiment de rancune que ce dernier obéit en sou- 
tenant plus tard la cause urbaniste ? Charles V agit mieux en 
recommandant Philippe d'Alençon pour le patriarcat d'Aquilée. 



DE PERGEYAL DE GAGNT. 9 

Et quant ledit archevesque vit que la chose aloit 
tousjours en empirant, il se absenta du pays et s'«n 
ala devers le Pape à Romme, et là fut très grandement 
recueilli du Pape, des cardinaulx et de touz ceulx de 
Teglise de Romme. Et là ne demoura gaires de temps 
que le Pape le fist patriarche d*Âcquilée et puis après 
cardinal, et out la plus grant voix et plus grant gou- 
vernement, en tout le fait de l'Eglise que touz ceulx 
qui y estoient devers le Pape. 

Et là vesquit et se gouverna si honnestement et sain- 
tement que le Pape, les cardinaux et tout le colege le 
reputoient touz homme de très sainte vie, et aussi 
tout le peuple qui avoit congnoissance de lui. Et avant 
son trespassement et après. Dieu fist et a fait de moult 
beaulx miracles pour lui, et prie et requis en l'église 
de Romme, où son corps gist, à donner secours et aide 
à plusieurs. Il trespassa audit lieu de Romme en 

Tan M CGC ^, et gist et repose son corps en l'église 

de Nostre Dame de Ronde à Romme. 

La lignie descendue du conte Pierre d'Alençon. 

Pierre, tiers filz dudit Charles, par le vouloh* de ses 
deulx frères ainsnez, succéda et vint à la seignourie 
des contez d'Alençon et du Perche et seignourie de 
Fougieres en l'an m CGC XLvi. Et furent ses frères et 
lui moult grandement gouvernez par madame Marie 
d'Espaigne, leur mère, laquelle les out en bail et gou- 
vernement par long temps. Ledit Pierre fut marié à 

1. En 1397. 



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10 CHRONIQUES 

llarieS vicontesse de Beaumont^, et ourent vj enfans, 
ij filz et iiij filles. L'ainsné des filz out nom Pierre et le 
second Jehan. L'ainsnée des filles out nom Jehanne, la 
seconde Marie, la tierce Katherine, la quarte Margarite^. 

Quant icelui Pierre se trouva conte et seigneur des 
seignouries de feu son père, il commença à seignourir 
et soy gouverner par le bon conseil et avis de ses 
frères ainsnés et print avecque lui gens de très bon 
estât et renommée, telz que par sesdiz frères lui 
furent bailliés et conseilliés à prendre. Il fut moult 
sages et se gouverna tant honnorablement et mena si 
grande et large despence en son hostel et ailleurs où 
il estoit, que en son temps n'out seigneur en France 
mieulx ne si bien renommé de largesse; et estoit 
tousjours sa despence poyée sans rien acroyre. 

Il tint tousjours son hostel et ses gens en paix et 
bien reliez chacun selon son estât; il n'y avoit cheva- 
lier, escuier, gens de conseil, officiers, ne nul autre 
de quelque estât qu'il fust, qui n'eust gaiges et pencion 
de lui par an, bonne et convenable à chacun d'eulx, 
et ne deffailloient point de leur poyement. Il gouverna 

1. Pierre épousa Marie Chamaillart, vicomtesse de Beau- 
mont-en-Maine, le 20 octobre 1371. Comme on le verra plus 
loin, Pierre II eut trois fils; les deux aînés moururent en 
bas âge. 

2. Beaumont-le-Vicomte^ Sarthe, arr. de Mamers, chef-lieu 
de canton. 

3. Pierre II eut cinq filles : Marie, morte en 1377; Jeanne, 
morte en 1403 ; Marie, mariée à Jean, comte d'Harcourt, morte 
vers 1417 ; Catherine, mariée à Pierre de Navarre, comte de 
Mortain, et en deuxièmes noces à Louis de Bavière, frère d*Isa- 
beau, elle mourut en 1462 ; Marguerite, qui mourut à THôtel- 
Dieu d'Argentan, où elle s'était retirée. Voir ci-dessous, p. 32 
et 33. 



DE PERCE VAL DE CAGNY. 11 

son peuple, ses seigneuries et terres en si bonne paix 
et justice, que l'un n'osast entreprendre à faire tort 
à l'autre. Il fut obey et aimé de ses subgietz et voisins 
et craint de ses adversaires. 

Il acheta les chastel, ville et chastellerie d'Ârgen- 
then, les chastel, maison et seignourie d'Aunou^, de 
Saint Lehier*, du Goullet^ et de Quingné*, touz en 
l'aviron dudit lieu d'Argenten. Il fîst faire ou chastel 
d'Argenten une très notable maison à trois estages et 
galatas, et pareilles galleries portans du bout de celle 
maison, et d'autres belles chambres oudit chastel et 
maisons à logier toutes ses offices. Il (ist faire oudit 
chastel d'Aunou une belle et bonne maison pour soy 
logier et bonne cuisine, et audit lieu du GouUet, ung 
beau corps de maison. 

Le chastel d'Essayé qui est très bel et bien logé, il 
le fist tout faire, sinon ij tours et la porte. Il fîst lever 
la grosse tour du donjon d'Alençon d'un estage et faire 
iiij tourelles es iiij coings et machicoler tout autour. 
Il fîst faire en son chastel de Bellesme^ ung beau 
corps de maison ; il fîst faire es chasteaulx de Exmes"^ 
et Yerneuil^ et Fougieres moult de grans ouvrages. 
Il fîst faire ou chastel de Pouencé^ une belle tour, et 

1. Aunou-le-Faucon, Orne, arr. et cant. d^Argentani 

2. Saint-Loyer-des-Champs, Orne^ arr. d'Argentan, cant. 
de Mortrée. 

3. Goulet, Orne, arr. d'Argentan, cant. d'Écouché. 

4. Cuigny, Orne, arr. et comm. d'Argentan. 

5. Essai, Orne, arr. d'Alençon, cant. du Mesle-sur-Sarthe. 

6. Bellême, arr. de Mortagne, chef-lieu de cant. 

7. Exmes, Orne, arr. d'Argentan, chef-lieu de cant. 

8. Verneuil-sur-Avre, Eure, arr. d'Évreux, chef-lieu de cant. 

9. Pouancé, Maine-et-Loire, arr. de Segré, chef-lieu de cant. 



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12 CHRONIQUES 

toutes les autres lever chascune d'un estage et machi- 
coler tout autour, et en touz ses chasteaux et places, 
moult de belles reparacions. 

Luy estant en Testât de mariage fut homme de 
très grant devocion, craignant Dieu, la Vierge Marie, 
en soy recommandant par chacun jour à eulx et aux 
benoiz saincts et sainctes de Paradis, luy souvenant 
de la belle et sainte vie et de Testât que ses ij frères 
ainsnez avoient prins et esleu. Pour prier Dieu, la 
Vierge Marie et benoistz saincts et sainctes de Paradis 
pour les âmes de ses seur, père et mère et de ses 
prédécesseurs et lui, sa femme et leurs lignies succe- 
dans après eulx, il fist faire en son vivant en ses chas- 
teaux d'Alençon, d'Ëssay et d'Argenthen en chacun 
d'iceulx, une très belle et très notable chapelle et les 
doua très grandement afin que le divin service y fust 
fait par chacun jour pour ceulx dessusnommez et touz 
autres. 

En son vivant fist et acomplit son testament et 
donna à touz ses serviteurs, de quelque estât qui 
fussent, bien largement de son or et argent, à chacun 
en droit soy selon son estât. Et quant il pleut à 
Nostre Seigneur qu'il venist à la fin de ses jours, ses 
hoirs et exécuteurs ne demourerent chargiez sinon 
seuUement de le faire mettre en terre et faire son 
service. 

Il posséda les seignouries d'Alençon et autres terres, 
par Tespace de Iviij ans, et quant il vint à la fin de 
ses jours, il ne devoit à ses serviteurs, ne pour sa des- 
pence ne pour tous les ouvrages que oncques il eust 
fait faire à homme ne à femme, qui vausist denier ne 
maille qui venist à la congnoissance à nul de ses exe- 



DE PERCE VAL DE CAGNT. 43 

cuteurs. 11 trespassa en son chastel d'Argenthen en la 
Ghalhbre à la raigne le xx jour de septembre en 
l'an M cccc mi. Nostre Seigneur luy face vray pardon 
et à tous ses amis trespassés. Amen. 

Son corps gist et est ensepulturé en l'église des 
Chartreux au Yaudieu^ Il fut très grant aumosnier 
et piteux de povres gens; et quelque part qu'il fust, 
soustenoit grant peuple de ses aumosnes. Il fut en tout 
son temps lieutenant pour le roy Charles le v de ce 
non, ou duché et pays de Normendie, et le tint autant 
ou plus privé et prouchain de soy que nul des autres 
seigneurs de son sang. Il servit bien et loyaument en 
ses conseulx et affaires, et ou fait des guerres qui 
entrevindrent en son temps se porta tant grandement 
et haultement comme il devoit; il fut moult griève- 
ment navré et blecié au siège que il tenoit devant les 
Ënglois à la ville de Hanebon en Bretaigne^. Et le 
plus souvent estoit en sa compaignie le bon conestable 
Bertran de Gueascin. 

Robert, le quart filz de Charles, eut en partage la 

conté du Perche et fut marié à fille du viconte 

de Rohan^; et ourent ung filz nommé Charles, qui ne 
vesquit gaires*. Ledit Robert fut très fort et puissant 
de corps et de si grant courage ou fait des armes et 
de la guerre, que corps de chevalier povoit estre. Et 

1. Valdieu, Orne, arr. et cant. de Mortagne, comm. de Feings. 

2. M. Siméon Luce a proposé de placer le siège d'Hennebont 
dans la seconde moitié du mois de mai 1373 (Chroniques de 
Jean Froissart, t. VIII, p. lxxiv). 

3. Robert épousa en efiPet Jeanne de Rohan le 5 avril 1374. 

4. En outre, ils eurent une fille, Isabelle, qui mourut reli- 
gieuse. 



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14 CHRONIQUES 

tant se abandonnoit que moult de foiz en fut reprins 
des chevaliers et escuiers de son hostel et de sa com- 
paignie. 

Et quant il se trouvoit sans guerre et ennemis, il 
ne peust longuement estre que il ne s'asemblast che- 
valiers et escuiers, dames et damoiselles, et faisoit de 
moult belles joustes de paix, ne autrement ne sceust 
ne ne poeult estre oyseulx. Or, luy advint une foiz que 
il y ont unes grans joustes criés en Bretaigne pour le 
mariage du seigneur de Rohan^ et de une fille de 
Navarre, seur de la duchesse de Bretaigne. Et en 
celuy temps, il estoit «malade de flux de ventre, et 
quant il vit le jour des joustes aprocher, il fist venir 
son médecin et autres, et leur pria et commanda et 
charga, si chier comme il se amoient et le crain- 
gnoient à courcier, que ilz advisassent et trouvassent 
des remèdes et tant feissent que il fust refraint; et 
tant en furent par lui pressés que il leur convint faire 
à son VouUoir. Et ce fait, il monta à cheval et ala 
jusques ^. 

Pierres, Tainsné filz de Pierre, conte d'Alençon, fut 
né ou chastel d'Alençon. Il ne vesquit gaires^ et fut 
mal gouverné des femmes qui l'avoient en garde et 
de sa nourrice. Son corps gist à Tabbaye de Persaigne*. 
Il trespassa 

1. Ce seigneur de Rohan, Jean P', vicomte de Rohan^ était le 
beau-père de Robert; il se remaria et épousa en effet, en 1377, 
Jeanne de Navarre. 

2. <c Icy manquent quelques lignes » [Note de Duchesne), — 
Robert mourut en 1377. 

3. Pierre mourut en 1375, soit quatre ans après le mariage 
de son père. 

4. Perseigne-en-Saonnois, Sarthe, arr. de Mamers, cant. de 



■ 



DE PERCE VAL DE CAGNY. i5 

Jehany premier duc d'Alençon. 

Jehan, second filz de Pierre et de Marie, vicontesse 
de Beaumont, fut né ou chasteau d'Ëssay, le jour 
Saint Nicolas, ix jour du mois de may en Tan 
MCCCLXXXV*. Il succéda et vint aux seigneuries de 
son père en Tan m gggg et un et de son eage envi- 
ron xviij ; et de son propre mouvement retint à soy 
et de son hostel touz les chevaliers et escuiers, gens 
de conseil et officiers quelconques, touz en autel 
estât et service et gaiges comme ils avoient esté 
avecques son père; lesquels chacun en droit soy se 
efiforcerent de le servir au mieux qu'il peurent et 
sceurent.^ Et tant en firent que son corps, son hostel, 
ses terres et seigneuries et touz ses subgetz furent si 
bien rieuUez et gouvernez en bonne police et justice, 
que nul n'avoit cause de s'en plaindre. 

Et quant il se trouva environ Feage de xx ans que 
le corps et le sens luy fut creu et multiplié, il fut 
moult joyeux de se trouver et veoir ou et bon estât 
de son corps, ses seurs et de son hostel voir aussi 
bien gouverné^, il apercent bien que c'estoit par le 
bon gouvernement de ses loyaux serviteurs. Et tous- 

Fresnay-sur-Chédouet , comm. de Neufchâtel-en-Saonnois. 
Cette abbaye était le lieu de sépulture des comtes d'Alençon. 
Le Cartulaire de l'abbaye cistercienne de Perseigne a été publié 
en 1875, au Mans, par M. G. Fleury. 

1. Avant d'avoir Jean, qui fut son successeur, Pierre avait 
eu un second fils, Jean, qui mourut en bas âge en 1376. 
Jean P', duc d'Alençon, fut donc le troisième fils de Pierre IL 

2. La phrase n'est pas compréhensible, mais je la reproduis 
telle que Duchesne Ta copiée. 



;gggq | i i'ij j j i i iiii^ijiljjiiijl. _ i i ii sacs î irîajg^S SS 



16 CHRONIQUES 

jours et depuis, se gouverna et voult gouverner de 
par eulx et par leur conseil et jamais ne fist riens sans 
eulx de chose où conseil appartenist. Et si bien lui 
print de soy conduire par bon conseil et excecuter 
ce que estoit avisé, que tousjours ala en acroissant de 
bien en mieulx, et tant, que en France n'avoit point 
seigneur mieux renommé de luy; et tousjours en 
entretenant le bon nom de son père et de ses prede^ 
cesseurs, paiet tousjours bien sa despence et toutes 
autres choses qu'il prenoit. 

Il achata les chasteaux et chastellenies de Saint Ghris- 
tofle^ et Saint Blançay^; il fist faire le paveillon sur 
la mote ou cbastel de Yerneuil et faire et commencer 
ou dehors par le chastel, une très notable tour et esle- 
ver de deux estages : et elle achevée, eust esté une 
des belles tours de France. Il fist faire la porte et la 
basse court de son chastel d'Alençon, fortiffiée de 
grosses tours, et avoit intencion de faire de grans 
œuvres. Il fist faire une belle et grosse tour en son 
chastel de Fougieres et moult de grans œuvres en ses 
autres places. 

En son temps, Jehan, duc de Bourgongne, filz du 
duc Phellipe, fist tuer Louis, duc d'Orleens, frère du 
roy Charles, dont moult grans guerres sourdirent 
entre Charles, duc d'Orleens, filz dudit duc Louis, et 
ledit duc de Bourgoigne ; lequel fist tant par ses faus- 
setés et baraz que il print le roy et lui fist mener sa 
guerre encontre ledit Charles d'Orleens. 

i. Saint-Christophe-sur-le-Nais, Indre-et-Loire, arr. de 
Tours, cant. de Neuvy-le-Roi. 

2. Semblançay, Indre-et-Loire, arr. de Tours, cant. de 
Neuillé-Pont-Pierre . 



DE PERGEYÂL DE CÂGNY. 17 

Il fut très déplaisant du très grant tort qu'il veoit estre 
fait au roy, de son frère ainsi meurtry, et faire guerre 
à son filz et se mist avecques les autres seigneurs de 
France du costé dudit d'Orleens et lui aida à soustenir 
sa guerre. Il y employa son corps et ses finances, il en 
print plus de diligences que nul des autres et sans son 
aide, la querelle dudit d'Orleens qui estoit bonne et 
sainte n'eust peu estre conduite. Mais par son sen$ et 
diligence, il retira Louis, roy de Gecille, et plusieurs 
autres, et tant en fist que ledit de Bourgoigne fut 
débouté d'avecques le roy et mis hors de Paris et que 
le roy congneut le grant tort et desloyauté que ledit 
de Bourgoigne lui a voit fait. 

Il fut fort et puissant de corps et de si haut courage 
contre ses ennemis, que nul de quelque estât qu'il 
feust povoit estre et si très ardant de servir le roy 
en touz ses affaires et par especial en la guerre contre 
ses adversaires; et bien le monstra par plusieurs foiz. 

La prinse de Harfleu. 

En l'an m cccc xv, quant le roy Henry d'Engleterre 
eut print par siège la ville de Harfleu S il print son 
chemin pour recouvrer Calais et cuida passer la 
rivière de Somme, auprès d'Abbeville. Ledit duc 
d'Alençon assembla moult grant gent et se ala mètre 
en ladite ville d'Abbeville^ et rompit le passage audit 

1. Harfleur, Seine-Inférieure, arr. du Havre, cant. de Mon- 
tivilliers. Harfleur fut pris le 22 septembre 1415. Le roi d'An- 
gleterre se mit en route environ quinze jours après. 

2. Monstrelet (t. III, p. 96) cite en efiPet le duc d'Alençon 
parmi les défenseurs d'Abbeville qui étaient commandés, à la 



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18 CHRONIQUES 

roy d'Engleterre ; et tant le costoia de place en place, 
qu'il convint audit d'Ëngleterre aler contremont la 
rivière jusques auprès de Saint Quentin, sans ce qu'il 
peust avoir ne trouver passage pour puissance qu'il 
eust. Et neantmains, il la passa ^ et reprint son che- 
min pour recouvrer ledit lieu de Calais. 

Quant ledit duc d'Alençon vit qu'il estoit passé, il le 
fist sçavoir à touz noz autres seigneurs de France et que 
touz se hâtassent de venir pour donner la bataille ; ainsi 
le firent nosdits seigneurs et poursuirent ledit d'Ëngle- 
terre jusques au lieu nommé Agincourt^, auquel lieu 
fut la bataille très cruelle contre le roy; et là furent 
mis à mort moult de seigneurs, chevaliers, escuiers 
et plusieurs autres et ledit duc d'Alençon, le xxiiij jour 
d'octobre mcgcgxv^. Son corps en fut raporté et 
amené en l'église et abbaye de Saint Martin de Sées. 

Jehanne, première fille du conte Pierre et seur 
dudit Jehan, fut née ou chastel d'Ëssay; elle fut très 
humble et de son povoir grant aumosniere et piteuse 
de povre gent, et ne voult oncques estre mariée. Elle 
trespassa ou chastel d'Argenthen, en l'an MGGGCm, 

vérité, par le connétable de France, Waleran de Luxembourg, 
comte de Saint-Pol. 

1. Le roi d'Angleterre passa la Somme entre Voyennes et 
Béthencourt, les gens de Saint-Quentin n'ayant pas « rompu » 
les passages. Il convient de ramener à de plus modestes' pro- 
portions le rôle du duc d'Alençon. 

2. Azincourt, Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. du Parcq. 

3. La bataille fut livrée le 25 octobre. Perce val de Gagny 
aurait dû ajouter que le duc d'Alençon se comporta avec vail- 
lance : il blessa à mort le duc d'York et fut tué par les gardes 
du roi d'Angleterre au moment où il venait de le frapper 
(Monstrelet, t. m, p. 119). 



DE PERGEYAL DE GÂGNY. 49 

le vj jour d'aoust et est ensepulturée auprès dudit 
conte Pierre, son père, en l'église du Vault Dieu. 

Marie, seconde fille, fut née au chastel d'Essay, le 
xxj jour de mars M gggg xiii ^ ; elle fut mariée à 
Jehan, conte de Harecourt et fut de moult belle vie 
en son mariage. Son corps gist à Ghasteauleraust * en 
Teglise des Gordeliers; elle trespassa audit lieu, en 
l'an M GGGG 

Katherine, tierce fille, fut née ou chastel de Ver- 
nueil. Elle fut mariée à messire Pierre de Navarre, 
conte de Mortain, ou chastel d'Alençon, enlanMGGGGXi 
en avril ^. Apres ledit Pierre, elle fut mariée au 
duc de Bavière et frère de la raigne Ysabel, en 
Tan mil GGGG *. 

Marguerite, quarte fille dudit conte Pierre, fut née 
ou chastel d'Argenten. Des son jeune eage, elle eslut 
de son vouloir à vivre de la vie contemplative. Elle 
lessa rhostel de son frère et la compaignie de ses 
seurs pour vivre en plus grant devocion, et eslut son 
hostel et son demeure en l'Hostel Dieu d' Argenthen ; 
et là servit Dieu et les povres, tout le sourplus de sa 
vie très humblement ; et en les servant, finit ses jours 
audit lieu et y fut ensepulturée. 

Marie, femme dudit conte Pierre, fut de très belle 

1. Le P. Anselme [Histoire généalogique et chronologique de 
la maison royale de France, t. I, p. 271) donne la date du 
21 mars 1373, fixe son mariage en mars 1389 et la fait mourir 
avant 1418. 

2. Ghàtellerault, Vienne, chef-lieu d'arrondissement. 

3. Au mois d'août de la même année, suivant d'autres 
(P. Anselme, op, cit. y t. I, p. 271). 

4. Le 1" octobre 1413. 

. 3 



«■»»»i ig i l 




20 CHRONIQUES 

et dévote vie en mariage et grànt aumosniere et 
piteuse de toute povre gent et en especial des prison- 
niers, femmes gisans et des povres de l'Hostel Dieu. 
Elle finit ses jours ou chastel d'Argenthen, ou mois 
de novembre xviîj jour m gccg et xv ^ Son corps gist 
en l'église de l'Hostel Dieu de Saint Thomas d'Âr- 
genthen. 

Jehan, second filz de Pierre et de Marie, vicontesse 
de Beaumont, fut né ou chasteau d'Essay le jour 
Saint Nicolas ix jour du mois de may^. De luy et de 
Marie de Bretaine sa femme^, issirent cinq enfans, 
trois filz et deux filles. L'ainsné filz out non Pierre, 
le second Jehan et le tiers Jehan ; l'ainsné fille out non 
Marie et la seconde Gharlote. 

Pierres, premier filz de Jehan, premier duc d'Alen- 
çon et de Marie de Bretaigne, fut né ou chastel d'Ar- 
genthen le iiij jour du mois de octobre l'an M gcgg vn. 
Il trespassa jeune enfant audit lieu d'Argenten 
l'an MOGCCVii le vendredi xvj jour de mars. 11 fut 
enterré en l'église de Fabbaie de Nostre Dame de Gilli^, 
près dudit lieu d'Argenten. 

Jehan, second filz et second duc d'Alençon, fut né 
ou chastel dudit lieu d'Argenthen le samedi ij jour 
du mois de mars, en l'an M GGGG vi^ ; il vint et succéda 

1. En 1425^ d'après le P. Anselme [op, cit., t. I, p. 271). 

2. En 1385. 

3. Jean P' d*Alençon épousa Marie, fille de Jean V^ duc de 
Bretagne, en 1396. 

4. Silli-en-Gouffem, Orne, arr. d'Argentan, cant. d'Exmes. 

5. M GCGG XI, selon Duchesne, mais plutôt 1409 (n. st.), 
puisque plus loin Perceval de Gagny dit que son maître avait six 
ans en 1415, date de la bataille d'Azincourt. Il est bon de remar- 



DE PERCBVAL DE CAGNY. 21 

aux seigneuries des duché d'Atençon, conté du 
Perche, seigneuries de Fougieres, de Saint Christofle, 
de Samblauçay et viconté de Beaumout, en Tan 
uccccxv ou mois d'octobre. 

Luy, son fÈ-ero Jelian et sa seur Charlole furent 
mouli grandement gouvernez par madame Marie de 
Bretaigne leur mère, laquelle eu eut le gouvernement 
par bien long temps. Il a este autant fortuné en très 
grant adversité que nul jeune seigneur pourroit eslre : 
luy estant en l'eagc de vj ans, son père fut mis à mort 
en la bataille à Gincourt ; sa mère demeura veufve et 
chargié de lui et de sesdiz frères et seurs et en guerre 
contre les Ânglois, lesquelz, deux ans après la mort 
de sondit père, conquesterent lesdiz duché d'Alençon 

^er qu'en 1409 (n. st.)le2 mars tomba ud samedi, ce qui répond 
i la date du jour donnée par Perceval de Gagny . Il est vrai que 
deux pages plus loin le même auteur écrit qu'en 1424 le duc 
d'Aiençou avait environ dix-huit ans, alors que dans la précé- 
dente hypothèse il n'aurait eu, en 1424, que quinze ans. Mais 
plus loin encore on ht, à propos du même personnage, le passage 
suivant: «... et tant que en son eage de xïvj ans ou environ que 
a il avoit quant ceu cy dessus fut escript. » Oi', il semble bien 
que Perceval de Cagny ait data son mémoire généalogique, de 
même que sa chronique qui le suit, de l'année 143C. Ceci 
reporterait la naissance du prince à 1410 environ, et par con- 
séquent on peut admettre la correction que je propose et lire : 
u Le samedi ij jour du mois de mars, en l'an u cccc vin. n Je 
dois ajouter que M. Guibert, dans les positions de sa thèse, 
Jean II, duc d'Alençoa {Positions des t/ièses soutenues par les 
élèves de la promotion de IS93 pour obtenir le diplôme d'ar- 
ekivisie-paléogrophe, p. 43), pense que Jean II est né a proba- 
blement dans les premiers mois de 1405 ; peut-être le samedi 
2 mai. n Mais j'ignore sur quels textes il appuie son hypothèse. 
M. G. Lefèvre-Pontalis, dans sa Chronique d'Antonio Morosini 
(t. Il, p. 169, note 5j, paraît se ranger à l'opinion de M. Guibert. 



r' 



22 CHRONIQUES 

et conté du Perche, et convint que sadite mère les 
menast en bien grant haste hors du pays de Norman- 
die : qui fut à elle et à sesdiz enfans dommage inre- 
parable. 

De monseigneur d'Alençon à Vemueil. 

En l'an m GGGG xxun, il fut marié à Jehenne, fille du 
duc d'Orleens et de madame Ysabel de France, ainsnée 
fille du roy^ Et plus tost que faire se pout, se mist 
aux armes et à cheval, et environ son eage de 
xviij ans, luy grandement encouragié et désirant ser- 
vir le roy de tout son povair. Et en ce faisant, avoit 
entencion et volonté de recouvrer ses terres et sei- 
gneuries, comme il monstra par effaict. Il donna la 
journée et entreprint la bataille contre lesdiz Anglois 
devant sa ville de Yernueil^; à laquelle journée il y 
eut moult des seigneurs de France et d'Escoce mors 
et grans nombre d'aultres chevaliers et escuiers et de 
gens de guerre. 

A ladicte journée il fut prins et détenu prisonnier 
au duc de Bethford^, lequel le tint en prison par l'es- 
pace de trois ans et plus ou chastel du Grotay^; et 
pour sa ranson et soy délivrer, ledit de Bethford le 
mist à la somme de deux cens mille saluz^ en oultre 

1. Le mariage eut lieu le 29 août 1423^ d'après un rensei- 
gnement que Perceval de Gagny a inséré dans sa Chronique 
générale à l'année 1423. 

2. 17 août 1424. 

3. Le duc de Bedford. 

4. Le Crotoy, Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Rue. 

5. Le salut d'or eut cours pour vingt-cinq sous tournois. Le 
duc, libéré, rentra à Fougères le 3 octobre 1427, d'après Per- 



DE PERCEVAL DE CAGNY. 23 

ses despens qui se montèrent très grant somme de 
deniers : qui l'ut plus grant somme qu'il ne debvoit 
paier par raison de bonne guerre, veu son estât et la 
perte de ses terres et seigneuries. 

Et pour soy acquiter et poyer ledit de Bethford et 
sadite despence, luy furent vendues et baillées très 
grant nombre de très nobles joyaux d'or, d'argent et 
de pierres précieuses mises en plusieurs et diverses 
espèces de ouvrages. Et avecques ce lui furent bail- 
liés de très nobles et riches chambres et autres pare- 
mens; lesquelz joyaulx et paremens dessusdiz avoient 
esté aux prédécesseurs de l'hostel d'Alençon ; lesquelles 
choses dessusdittes ledit de Betheford par sa puissance 
desordonnée et sans raison, mist et tist aprisaiger à 
très vil pris et à moins qu'il ne valloient. 

Et pour parfournir au nombre du paiement de 
sadite finance, lui escoovînf vendre toute sa terre et 
seigneurie de Fougieres à son oncle te duc de Bre- 
taigne', qui, pour la nécessité où il le veoit, lui en 
donna mendre pris la moitié et plus qu'elle ne valoit; 
et combien ()ue alors il devoit à lui et à sadite mère, 
passé la somme de xl mille escuz et miculx, tant en 
or et argent comptant, que en assiete de rente, en 
quoi il estoit tenu à eulx. Et lui convint baillier sadicte 
terre et demeurer à soi faire paier une autre foiz. Et 
nota, tel est parent qui n'est amis. 

Et avecques ce vendit en autres lieux de ses rentes 
et revenues et tout à maindre pris qu'ils ne valoient. 

teval de Cagnj. Bryde la Clergerie, dans son Histoire des paya 
cl comté du Perche (p. 321), donne l'analyse de diverses pièces 
relatives à cette rançon. 

1. Jean V, frère de la duchesse douairière d'Alençon. 



24 CHRONIQUES 

Et, quant en sa prison il luy souvenoit des très grans 
griefs, dommages et extorcions que les anciens enne- 
mis de ce royaulme ont fait longtemps a, et par plu- 
sieurs foiz à Tostel d'Alençon, dont il est le chief et 
seigneur : comme en avoir mis à mort son beseel à la 
bataille de Crecy en Picardie, et moult grièvement 
navré et blecié son ayl qui tenoit le siège devant eux 
en la ville d'Hanebon en Bretaigne, et mis à mort son 
père à la journée de Gincourt et luy déshérité, il ne 
lui chaloit à quel pris on vendist ne mesvendist ses 
meubles ne ses héritages, affin que il peult yssir et 
eschapper des mains de ses ennemis. Et ainsi le fist 
à ce que venu pardeça, à Taide de Dieu, il se peult 
monstrer et employer au service du roy et au recou- 
vrement de sa seigneurie. Et ainsi Ta fait, comme cha- 
cun le peult veoir et sçavoir*. 

Et luy revenu de sa prison, en continuant le bon 
vouloir qu'il avoit avant qu'il feust prisonnier et a eu 
tousjours depuis, le plus tost que faire le peult, il ala 
devers le Roy et devers sondit oncle pour leur remons- 
trer son estât et sa povreté, telle que eulx et aultres 
povoient assez sçavoir, veu sa ranson que il avoit 
poiée en partie et l'autre demourée à paier et sa terre 
demourée es mains des Anglois; en leur requérant 
aide, ainsi que par raison le debvoit faire ^. Et pour 



1. Cf. les considérants de lettres de Charles VII en date de 
mai 1450 (Beaucourt, Histoire de Charles VII y t. VI, p. 43, 
note 2). 

2. Le 10 novembre 1427, Charles VII donna au duc d'Alen- 
çon 10,000 écus du a profit et droit seig^euriage de For fin 
« qui seroit ouvré es monnoyes de ce royaume » (Bry de la 
Clergerie, Histoire des pays et comté du Perche ^ p. 322). Il 



DE PBRCEVAL DE CAGNY. 25 

ce que par eulx ne de par aulx De peult avoir ae 
recouvrer finances de quoi il se peust aider à remetre 
en estât, pour servir le roy et essaier à recouvrer son 
pais, il vendit et engaiga partie de si peu de héritage 
qui luy estoit demeuré. Et tant en fîst, que il se mist 
sus et l)ieii en point. Il assembla une belle coni- 
paignée de gens de guerre, lesquelz il employa et lui 
au recouvrement de la ville de Bourges, laqucle tenoit 
le conte de Cleremont, qui depuis a esté duc de Bour- 
bon, contre le roy'. 

Et depuis, en soy monstrant tel comme il devoit 
et vouUoit eslre, quant le roy enlreprint le voyage de 
son couronnement à Rains-, il le servit tout le chemin 
très grandement et bien acompaignié et conduis! 
presque lousjours le fait de la Pucelle. Et entretant 
que le roy apresta ses abillemens pour ce faire, luy et 
la Pucelle acompaignieez du conte de Vendosme, du 
bastard d'Orleens, du mareschal de Rays^ et d'aultres 

convient de faire remarquer encore que le duc d'Aleoçon reçut 
de Charles VU, par leUrcs du 5 mai 1428, un nouveau don de 
14,000 écus à prendre sur le produit du premier aide qui serait 
oclroyé par les États convoqués à Tours [Beaucourl, Histoire 
de Charles VU, t. II, p. 163). 

1. Charles 1", comte de Clermont, puis duc de Bourbon en 
1434, et Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac, avaient 
occupé Bourges au commencement de juillet 1428. Le roi, 
accompagné de forces nombreuses, n'eut pas de peine l'i négo- 
cier avec eux un traité et leur délivra, le 17 juillet 1428, des 
lettres d'abolition (Beaucourt, Histoire de Charles VU, t. Il, 
p. 167). Le 10 septembre, Charles VII, par un acte public, 
constatait que le duc d'Alençon, les comtes de Clermont et de 
Pardiac l'assistaient de leurs conseils [Ibid., p. ili9). 

2. 17 juillet 1429. 

3. Gilles de Laval, sire de Retz. 



r 



26 CHRONIQUES 

allèrent devant la ville de 6ergeau^en laquelle estoient 
le conte de Suffort, deux de ses frères^ et plusieurs 
autres Englois : et fut ladite ville prinse d'assault sur 
eulx; auquel assault et prinse moururent plusieurs 
Englois. 

Et ce fait, iiij ou v jours après, luy ainssi acom- 
paignié fist venir le conte de Richemont, connestable 
de France, lequel estoit pour lors en la malle grâce 
du roy par le moien du sire de la Trimoille ; et eux 
assemblez tout en ung jour, il print sur les Englois 
la ville de Meun^, la ville et chasteau de Beaugency 
sur Laire^ et la ville de Yenville^; et gaigna la journée 
de la bataille de Patay en Beauce^, à laquelle mourut 
moult grand nombre d'Englois. 

Et icelle journée passée, le connestable ne osa aler 
plus avant et s'en retourna en sa ville de Partenay*^. 
Et le duc d'Alençon, à toute sa compaignie s'en ala à 
Gien devers le roy qui là Tattendoit : et là ne fut 

1. Jargeau (Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de cant.) fiit pris 
le 12 juin 1429. 

2. L'un des frères du comte de Suffolk, Alexandre, fut tué, 
Tautre, Jean, fut pris. 

3. Le pont de Meung-sur-Loire (Loiret, arr. d'Orléans, chef- 
lieu de cant.) fut emporté le 15 juin et la ville évacuée le 18 au 
matin. 

4. Beaugency (Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de cant.), 
fut occupé le 18 juin au matin. 

5. Janville (Eure-et-Loir, arr. de Chartres, chef-lieu de cant.) 
se rendit le 18 juin au soir, après Patay. 

6. La bataille de Patay (Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de 
cant.) eut lieu le 18 juin 1429, dans l'après-midi (Vallet de 
Viriville, Chronique de la Pucelle ou Chronique de Cousinot, 
p. 306). 

7. Parthenay, Deux-Sèvres, chef-lieu d'arrondissement. 



DE PERCEVAL DE CAGNT. 27 

gaires que le roy priât son voyage audit lieu de Rains * . 
Auquel lieu ledit d'Alençon le servit, le jour de sou 
couroaoement, eu Testât et office de per de France 
ou lieu du duc de Bourgoigne, qui, en ce temps, fai- 
soit guerre au roy et tenoit le party desdiz Englois. 
LeJit d'Alençori servit le roy tout le clietiiiii en alant 
audit lieu de Rains, et de là en s'en retournant devant 
Paris. En tout ce voyage se gouverna si grandement 
ou fait de la guerre et en tous les autres services du 
roy, que en ce il avoit plus de voix et de bruit que 
tous ceulx de la compaignic. 

Il leva les bastilles qui estoient devant le Mont Saint 
Michel* et iist moult d'autres belles enlreprinses; et 
tant, que en son eage de xxv] ans ou environ que il 
avoit quant ceu cy dessus fut escript^, il n'estoit 
mémoire de homme, de quelque estât qu'il eusl esté, 
mieulx renommé de luy, Nostre Seigneur, par son 
saint plaisir, lui doint parfaire et finer ses jours hon- 
nourablement. 

Sa mère et lui ont tousjours servi et obéi au roy, 
en ce que possible leur a esté ; et eulz fuitiz et boutez 
hors de leur pays aidèrent au roy en sa nécessité, en 
joiaulx d'or et d'argent estimez et prisiez à la somme 
de xxv mille escuz ; pour quoi et de ce le roy ne leur 
bailla en senreté que la chastellenie de Mort*, qui ne 
vault en tout pour le seigneur, les officiers payez, que 
de V à vj'' livres. Lui estant en cest eage de si graot 

1. AiTivé à Gien le 24 juin, Charles VII en partit le 29 
pour ïteims. 

2. En 1435. 

3. Sans doute 1436. 

4. Ducliesne a iScrit en marge : « Peut-estre Moret. n 



r" 



28 CHRONIQUES 

renommée en Tan m gggg xxxii, Nostre Seigneur, qui 
de toutes choses fait à son plaisir après touz les mes- 
chiefs de prison, des pertes de son pays et autres 
choses, luy envoia derechief plus grant dommage et 
courroux que devant, du trespassement de feue ladite 
Jehanne d'Orleens, sa femme, qui estoit en Teage de 
xxiij ans et tant humble et doulce envers toutes gens, 
que dame pourroit estre ; laquelle trespassa le xix jour 
de may l'an dessusdit en Tostel de Tabbaye de Saint 
Aubin de Angiers. Son corps est ensepulturé ou 
chueur de Feglise dudit lieu. Nostre Seigneur, par 
son saint plaisir, luy doint la paix et le repos de son 
benoist Paradis^. 

Jehan, tiers fîlz desdiz Jehan et Marie de Bretaigne, 
fut né ou chastel dudit lieu d'Argenten le xvij jour 
du mois de septembre, en Tan m gggg et xii. Il estoit 
bel enfant et doulx, et par le commencement de ses 
manières se monstroit que il eust esté homme de grant 
et hault courage. En l'eage de dix ans, il trespassa 
en Tostel d'Ussé^, près Ghinon, ouquel madame sa 
mère estoit aie demeurer pour la mortalité qui estoit 
tant fort es pays de Biais, de Touraine et d'Anjou 
que nul ne sçavoit quel part aler ne tourner^. Son 

1. Ce passage prouve jusqu'à l'évidence que Perceval de 
Cagny a écrit ceci avant le 30 avril 1437, date du contrat du 
second mariage du duc d'Alençon, peut-être même avant le 
26 janvier 1437 (n. st.], époque à laquelle le mariage était 
officiellement convenu (Bibl. nat., coll. Brienne, vol. 309, 
p. 251 à 252). 

2. Ussé, Indre-et-Loire, arr. de Ghinon, cant. d'Azay-le- 
Rideau, comm. de Rigny. 

3. Mon confrère et ami M. Louis de Grandmaison a eu l'obli- 
geance de me signaler un passage relatif à cette épidémie dans 



DE PBRCBVAL DE CAGNT. 29 

corps gist et fut ensepulturé ou cueur de l'abbaye de 
Boui^ueil en Valée*, le xvij jour du mois d'octobre, 
en l'an hccccxk...^. 

Marie, première fille, fut née ou chastel dudit lieu 
d'Àrgenthen. Elle vesquiL deux ans et son corps gist 
et fut ensepulturé en ladite église de l'obbaye de 
Noatre Dame de Cilly, 

Charlote, seconde fille, fut née oudil chastel d'Ar- 
genthen le XV jour de décembre, en l'an Mccccxil^. 
Apres la ppînse de monseigneur son frère, à la 
bataille dudit lieu de Vernueil, madame leur mère se 
trouva moult marrie cl desplaisant et non sans cause; 
et ne sçavoit où aler ne quoi part tourner pour trou- 
ver les remèdes de rachater et ravoir sondit fîlz. Pour 
cuider mieulx faire, pou de temps après, elle ala 
demeurer au chastel du Gavre en Bretaigne*; et elle 
venue audit lieu pour déporter la despence de son 
hostel et aflfin qui peust de plus aydcr à payer la 
ranson de sondit filz, elle mist demourer ladite Charlote 
avcc(|ues la ducesse de Bretaigne, sa seur. 

Ladite Charlote vesquit très dévotement jusques en 
l'eage de xxiij ans, sans vouloir estre mariée ; et esloit 

Y Histoire de Tours du VV Giraudel {t. I, p. 208 et 209) : En 
janvier 1420, il y eut à Tours une grande diselte, suivie d'une 
épidémie de peste qui décima les habitants en juillet et août. 
Pour conjurer le fléau, on fit une procession extraordinaire, 
maÎB la peste n'en dura pas moins jusqu'au rigoureux tiiver 
de 1422. 

1. Bourgueil, Indre-et-Loire, arr, de Chinon, chef-lieu de 
canton. 

2. Lire : rc En l'an m cccc ixii. » 

3. Lire 1413. 

4. Gâvre, Morbihan, arr. de Lorienl, caut. de Porl-I^uis. 



r 



30 CHRONIQUES 

tant humble et amiable et grant aumosniere et piteuse 
de povre gent, que nulle femme, de quelque estât 
qu'elle fust, peust estre. Elle ala de vie à trespasse- 
ment le xxiiij jour du mois de mars en la ville de 
Lamballe en Bretaigne^ Son corps fut mis en sépul- 
ture en Tegtise de Nostre Dame dudit lieu le xxv jour 
dudit mois de mars en l'an m cggg xxxv avant Pasques. 
Nostre Seigneur vueille recepvoir Famé d'elle en son 
benoist Paradis^. 

1. Lamballe, Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc, chef-lieu 
de canton. 

2. Ici s'arrête le mémoire généalogique, comme en fait foi 
r épilogue-pré face (si j*ose dire) qui suit. 



DE PERCEVAL DE CAGNT. 31 

Affin qu'il soit sceu et congneu ou temps prescrit 
et advenir à toux ceulx qui liront ou orront lire tout 
ce dessus escript, ilz pourront veoir et sçavoir coid- 
ment et de quel lieu sont descenduz et venuz les très 
nobles seigneurs de ce très reiiomnié liostel d'Alençon 
et comment îlz ont tous estez très obeissans et loyaulx 
à la couronne de France, Perceval de Caigny, natif du 
pays de Beauvoisin a servy et demouré audit hostel 
d'Alençon par l'espace de xlvj ans continuellement : 
c'est à savoir feu le conte Pierre en estât et office de 
pennetier; Jehan, son filz, premier duc d'Alençon, 
d'escuier d'escuirie ; et monseigneur qui à présent est, 
d'escuier d'escurie et de mestre d'oslel. Touz lesquelz 
et chacun d'eulx lui ont fait trop plus de biens, hon- 
neurs et prouffit, que jamais ne leur eust peu desser- 
vir et encore servira tant comme il pourra et sçaira 
et (jue il leur vendra à plaisir. 

Et combien qu'il n'ait le sens, mémoire, ne l'abillité 
de savoir faire mètre par escript ce, ne autre chose 
mendre de plus de la moitié, pour Tardant désir que 
il a que par tous pais fussent dictes très honnorables et 
bonnes parolles à la louenge et recommendalion de 
leur dit hostel, et aussi que les successeurs de luy 
puissent veoir, sçavoir et congnoistre comment et 
avecques quels seigneurs il a vescu la pluzpart de sou 
temps, il a fait faire cest présent mémoire, et avecques 
ce a voulu faire mètre par escript aucun pou des 
mechiés, guerres et pestilences avenues en ce royaume 
de France avant son temps et de ce dont il a eu con- 
gnoissancc en l'an mccCCxxxvi. 



r 



1 



32 CHRONIQUES [1239-1346 

Comment^ les Saintes Reliques furent aportés au 

Palais à Paris. 

En Tan M GG xxxix le roy Saint Louis fist aporter en 
France la Sainte Couronne dont Dieu fut couronné^. Et 
en celui temps il achata la Sainte Croix, le Fer de la 
Lance et TEsponce à quoy on donna à boire à Nostre 
Seigneur en l'arbre de la Croix, de la main des Véni- 
tiens ausquels Jehan le Bègue ^ empereur de Costenti- 
noble les avoit engaigiez ; et fist tout aporter et mètre 
en la Sainte Chapelle du Palais à Paris. 

D'une bataille en Flandres. 

En Tan m CGC et mi le roy Phellipe, filz Saint Louis 
desconfit les Flamencs à Mons en Pere^; et à la jour- 
née moururent passé vingt mille Flamencs ; et Gui, 
leur conte, fut amené prisonnier à Paris et mourut en 
la prison. 

La grant chierté des blés. 

En l'an m ggg xyi fut très grant chierté de blé par 
tout le royaume de France, et tant que septier de blé 
à la mesure de Paris estoit vendu Ix sols parisis de 
très forte monnoye^. Et en celui an fut très grant 

1. A ce point-ci commence la chronique générale de Perce- 
val de Gagny. 

2. Cf. Grandes Chroniques^ t. IV, p. 257. 

3. Jean III Ducas Vatace. 

4. La bataille de Mons-en-Pevèle est du 18 août 1304. 

5. Les Grandes Chroniques (t. V, p. 227), qui donnent le 
même chiffre pour le prix du blé, ne l'ont pas emprunté à la 
Continuation de Guillaume de Nangis (t. I, p. 426). 



4343-4382] DE PERCEVAL DE CAGNY. 33 

mortalité et si soudaine que les aucuns mouroient en 
alant au moustier, les autres en mengeant à la table et 
en plusieurs autres manières. 

Et en Tan mil CGC xviii fut couppée es Haies à Paris 
la teste à messire Olivier de Glisson ^ . 

La bataille de Crecy. 

En Tan m CGC xlyi fut la bataille mortelle de Grecy 
en Picardie entre Phelipe de Valoys, roy de France, 
et le roy d'Engleterre^; à laquelle bataille moururent 
plusieurs grans seigneurs et autres chevaliers et 
escuiers du party de France. Et fut la journée pour le 
roy englois, et se retrait le roy de France à Amiens. 

La bataille de Poitiers. 

En l'an M GGG LVi fut la bataille mortelle à Poitiers, 
le xxix jour de septembre, entre Jehan, roy de 
France, et le roy d'Engleterre ^ Et fut la journée 
moult cruelle et y moururent plusieurs seigneurs, 
chevaliers et escuiers de France; et fut la journée 
pour le roy englois, et le roy Jehan prins et mené 
prisonnier en Engleterre. 

La bataille de Flandres à Rosebech. 

En Tan M GGG Lxxxii, ou mois de novembre, 
Charles, vi de ce nom, roy de France, mena moult 
grant ost en la conté de Flandres, à l'aide du duc 

1. Olivier de Glisson fut exécuté aux Halles le 2 août 1343. 

2. 26 août 1346. 

3. 19 septembre 1356. 



34 CHRONIQUES [1356-1358 

Phellipe de Bourgoigne, contre les Flamans qui lui 
estoient desobeissans ; lesquels se assemblèrent très 
grant nombre en une place nommée Rosebec ^ , ouquel 
lieu le roy les combatit et gaigna la journée, à 
laquelle moururent xxxvj mille Flamans et plus^. 

Du roy de Navarre^ qtd fut rebelle au roy. 

En Tan mgggxlyi^, le roy Jehan print et mist en 
son obéissance la cité d'Ëvreux et toutes les autres 
villes et chasteaux que le roy de Navarre tenoit de 
lui ou duché de Normendie, pour la rébellion et déso- 
béissance qui luy a voit esté faite. 

La Jaquerie de Beauvoisins. 

Et en celui an M CGC xlvi, le peuple de Beauvoisins, 
par la monicion dudit roy de Navarre, se mist sus 
contre les nobles du pays^ et tuèrent plusieurs che- 
valiers et escuiers, dames, damoiselleset enfans jusques 
au bers. Et, en ce faisant, la ville de Paris fut esmeue 
pour ainsi faire. Et se appella ceste mocion la Jac- 
querie de Beauvoisis. 

Et fist ledit de Navarre en celui temps et en sa 
personne ung preschement es Halles de Paris pour 
induire le peuple à rébellion contre le roy Jehan ^. Et 
en sa présence, en sa chambre au Palais, tuèrent les 

1. Le 27 novembre 1382 fut livrée la bataille de Roosebeke. 

2. G'est sans doute au chiffre de 25,000 ou 26,000 morts 
qu*il faut s'arrêter [Chronographia regum Francorum, t. III, 
p. 45, note 2). 

3. Lire 1356. 

4. £n mai 1358. 

5. 15 juin 1358. 



1360-1369] DE PERCE VAL DE GÂGNY. 35 

mareschal de Ghampaigne et de Gleremont^ Et en 
celui an fut le roy d'Ëngleterre devant Rains^ pour 
soy faire couronner en roy de France. 

La bataille d'Auroy. 

En Tan M CGC LXim fut la bataille d'Aurroy en Bre- 
taingne entre Charles de Blois, qui en estoit vray 
héritier et duc, à l'encontre de Jehan, conte de Mon- 
fort, qui s'en disoit seigneur^; lequel ala en Engle- 
terre et se alia des Englois et les fîst venir et amena 
ou royaume de France, et oudit lieu donna la bataille, 
disant que le duché ne peult venir ne eschoir à fille. 
Et combien que ledit de Blois à la journée se trouva 
moult grandement acompaignié de plusieurs chevaliers 
et escuiers que le roy luy avoit baillé en son aide et 
de la plus part des barons de Bretaingne et d'autres, 
Dieu qui est juge des batailles et de toutes autres 
choses, souffrit ladite journée estre à l'honneur et 
prouffit dudict de Montfort et contre ledit Charles de 
Blois, lequel fut mis à mort à ladite journée. Et en ce 
temps fut France moult grevée des Englois. 

La bataille de Espaingne. 

En l'an m ggg lxxvi fut la bataille en Espaigne^ 
entre le roy Piètre, d'une part, et Henry, son frère, 
lequel, à l'aide qui lui fut envoie de France, sçavoir 

1. On sait que c'est en la présence du régent que Tattentat 
fut commis, le 22 février 1358. 

2. Le siège mis au commencement de décembre 1359 (ut 
levé le 11 janvier 1360 (n. st.). 

3. La bataille d'Auray fut livrée le 29 septembre 1364. 

4. C'est la bataille de Montiel, 14 mars 1369. Est-il utile de 

4 



36 CHRONIQUES [1380-1382 

est messire Bertran du GueaquiD, le Bègue de Villaines 
et plusieurs autres chevalliers et escuiers^ A laquelle 
journée fut mis à mort ledit roy Piètre, et par aiussi 
demeura ledit Henry, son frère, roy et héritier de son 
frère. 

Les Maillés de Paris. 

En Tan m CGC lxxxi, Charles, vi de ce nom, poy de 
temps après ce que il fut sacré et couronné roy à 
Rains en Teage de xiij ans^, il fut consillié par les 
ducs de Berri et de Bourgoigne, ses oncles, et plu- 
sieurs prelaz et autres de son conseil, de mètre les 
quars et imposicions sur toutes tes marchandises ven- 
dues en gros et en détail par tout son royaume'; et, 
pour les asseoir, cuillir et lever, furent ordonnez en 
chacun des diocèses, esluz et autres officiers. Ce fut 
moult desplaisant à toutes les bonnes villes et com- 
mun de France ; et, affin que tout y obeist, fut ordonné 
la chose estre criée et mise sus en la ville de Paris*. 

Le roy absent de la place, après le cry ainssi fait et 
les officiers nommez, la ville se esmeut contre iceulx 
officiers oudit an le jour du mois ^. Hz se 

rappeler que D. Pedre ne périt pas dans le combat, mais fiit 
tué sous les yeux de son frère Henri de Trastamare, dans la 
nuit du 23 mars 1369 ? 

1. La phrase n'est pas terminée. 

2. Charles VI fut sacré à Reims le 4 novembre 1380. 

3. Nul n'ignore que les aides n'ont pas été établies par 
Charles YI, mais seulement rétablies par lui, contrairement 
au vœu, d'ailleurs irréalisable, de Charles V. 

4. Le 17 janvier 1382 (n. st.), le rétablissement des aides fut 
proclamé (Chronograpkia regum Francorum, t. III, p. 8). 

5. Il faut remplir ces deux lacunes de la manière suivante : 
l*"^ mars 1382 (n. st.). 



1394] DE PERCEVAL DE CâGNY. 37 

armèrent tellement et alerent prendre et tuer tous les 

officiers à ce commis, et l'evesque de ^ et touz 

ceulx qui avoient esté du conseil. Hugues Âubnot, 
prevost de Paris, estoit en prison, acusé estre bougre. 
Pour aucun plaisir qui leur avoit fait, rompirent les 
prisons et le mirent dehors^. 

Quant le roy fut à Argenthen. 

En Fan m ggg xcm, le roy, nos seigneurs d'Orleens, 
de Berri, de Bourbon, messire Pierre de Navarre, le 
conte d'Eu, connestable de France, messire Charles 
d'Alebret avecques grant compaignie de chevaliers et 
escuiers, vindrent de Paris à Argenthen pour eulx fes- 
toyer et veoir monseigneur le conte Pierre avecques 
lequel ilz furent par deux jours ^ ; et Dieu sçait la joye 

i. J'ignore de quel évéque il est ici question. Il y a là sans 
doute une erreur. 

2. Le baron Pichon avait cité^ sans en indiquer la source 
(Le Ménagier de Paris, t. I, p. xx, note), un récit fort curieux 
de la fuite d'Hugues Aubriot. Le hasard m'a fait trouver qu'il 
était extrait d'une plaidoirie au Parlement (Arch. nat., X^^ 1472, 
fol. 42 V», 43 v°, 44 r«, 49 r% 51 v°). Il a sans doute été utilisé 
par M. E. Deprez dans son étude sur Hugues Aubriot, encore 
inédite [Positions des thèses soutenues à V École des chartes en 
1898, p. 50). 

3. D'après les Séjours de Charles VI (1380-1400), de M. Petit 
(p. 60), Charles VI passa à Argentan (et non Argenton) la jour- 
née du 9 février 1394 (n. st.). Il se rendait en pèlerinage 
au Mont-Saint-Michel. Je n'ai pas trouvé ailleurs de mention 
relative à ce séjour auprès du comte d'Alençon. La Chronique 
du Mont'-Saint'Michel (éd. Luce, t. I^ p. 18) se borne à relater 
la fondation par Charles VI en ce pèlerinage, d'une chapelle de 
cent livrées de rente. 



38 CHRONIQUES [1396-1406 

qu'il en out et la chère qu'il leur fîst, et comment itz 
furent très grandement servis de vins et de viandes 
en toutes les manières que on pout et sceut aviser. 
Et tant en fist que le roy et toute la compaignie dis- 
drent que oncques n'avoient esté plus honnourable- 
ment receuz. Et au départir donna au roy et aux sei- 
gneurs de grans dons et à de leurs gens. Et tant en fist 
que le roy et la compaignie furent tous très comptens. 

Uan que JehaUj premier duc d'Alençon^ fut marié. 

En Tan m CGC XGVI, Jehan, conte du Perche, filz 
dudit Pierre, espousa Marie, fille du duc de Bre- 
taigneS ou chastel de Saint Âulbin de Cormier*^ près 
Fougieres, le xiij jour de juillet oudit an, duquel 
mariage ledit de Bretaingne se trouva très joyeulx, 
pour ce que par avant n'avoit pas tousjours esté très 
bien à acort ledit Pierre et lui. 

Du siège de Bourc. 

En Tan m gggg yi, es mois d'octobre, novembre, 
décembre et de janvier, monseigneur le duc d'Or- 
leens, seul frère du roy, tint le siège devant Bourc en 
Guienne^; et, avant son partement de Paris, cuida 

1. Le contrat de mariage est du 26 juin 1396 (D. Morice^ 
Mémoires pour servir de preuves à V histoire,,, de Bretagne, 
X. II, p. 667). 

2. Saint-Aubin-du-Gormier, ïUe-et- Vilaine, arr. de Fougères, 
cheMieu de cant. Le duc de Bretagne data de Saint-Aubin du 
Gormier, 27 juillet 1396, un acte relatif à Texécution du con- 
trat de mariage [Ibid,y p. 674). 

3. Le duc d'Orléans, parti de Paris le 18 ou le 19 sep- 



1408] DE PERCEVAL DE CA6NY. 41 

périt diabolicque, rempli de fausseté et traïsoD, par 
mauvaise pencée longuement gardée en son cuéur, fist 
par nuit gaitier par mauvais traîtres afaictiez à ce 
faire le duc d'Orleens, seul frère du roy ; et environ 
l'eure de ix heures de nuit*^ en s'en revenant de sou- 
per, fut assailli, batu et navré si très cruellement que 
piteuse chose estoit à veoir à touz ceulx qui en tel 
estât le virent; et fut lessié tout mort en la place. 
Laquelle mort a esté cause de toutes les guerres et 
meschiefs venus en ce royaume depuis icelle. 

U année du grant y ver. 

Geluy an fut le grant yver qui commença la veille 
Saint Martin et dura jusques environ la Chandeleur^; 
il fut si très fort que, à Paris et ailleurs, partout on 
passoit sur les glaces, charioz, charretes chargées de 
toutes denrrées et toutes autres manières de gens et 
bestes. Par la force dudit yver, de toutes manières 
d'arbres fut partout si grant perdicion que merveilles 
fut à voir : les ungs furent fenduz, les autres destains 
et tant que oncques depuis ne portèrent fruit. Et de 
toutes manières d'oyseaulx en mourut tant que en Tan 
d'appres on n'en veoit comme nulz aux champs. Et 

i. a Environ huit heures, » d'après le Journal de Nicolas de 
Baye (t. I, p. 206), publié par M. Tuetey. 

2. On constate que tous les détails donnés ici concordent 
précisément avec ceux du récit fourni par la Chronique du 
Religieux de Saint^Denis, t. III, p. 744. C'est l'hiver de 1407- 
1408. Le dégel commença le 27 janvier 1408 et fut terminé la 
veille de la Chandeleur. Les détails fournis par le Journal de 
Nicolas de Baye (éd. Tuetey, t. I, p. 211 et suivantes) sont 
extrêmement curieux. 



40 CHRONIQUES [1406-1408 

Du prevost de Paris qui fist mourir deux clercs. 

En ranMGGGGYii, messire Guillaume de Thîgnon- 
ville, prevost de Paris, fist prendre et enprisonner 
ij clercs de l'Université de Paris, et poy de temps 
après les fist pendre au gibets De quoy et pour ce 
toute rUniversité fist de très grans plaintes et pour- 
suites devers le roy^. Et combien que ledit de Thi- 
gnonville trouvast de grans faveurs devers messei- 
gneurs d'Orleens, de Berry et les autres, neantmoins 
par la très âpre et grant poursuite que en firent ceulx 
de rUniversité, fut ledit Tignonville contraint de les 
aler despendre, et, iceulx despenduz, il les besa en la 
bûche et les fist remener, luy tousjours présent, 
parmy la ville de Paris à grant solennité de torches et 
autres choses convenables audit cas, et grant amende 
pour employer en messes^. 

De la mort monseigneur d'Orleens. 

En celui an m gggg vn , le xij jour du mois de 
novembre^, Jehan, duc de Bourgoigne, conduit d'es- 

xiiij 1. 1. » Total des hommes d'armes : a Somme iij™ v'ij hommes 
« d'armes^ et iiij« iiij" v arbalestriers et iijo xxxîx picquenaires. » 
(Arch. nat.^ 1919^ n® 24, cahier de cinq feuillets en papier.) 

1. L'un de ces écoliers s'appelait Léger du Moncel et l'autre 
Olivier Bourgeois; ils furent pendus le 26 octobre 1406. Il 
convient d'ajouter que tous deux étaient de vulgaires criminels, 
de l'aveu de tous les contemporains. 

2. Cf. Journal de Nicolas de Baye^ éd. Tuetey, t. I, p. 205. 

3. Cette cérémonie eut lieu le 17 mai 1408. 

4. Cette date est inexacte. L'assassinat fut commis le 
23 novembre 1407. 



1408] DE PERGEYAL DE GAGNY. 41 

périt diabolicque, rempli de fausseté et traïson, par 
mauvaise pencée longuement gardée en son cuéur, fist 
par nuit gaitier par mauvais traitres afaictiez à ce 
faire le duc d'Orleens, seul frère du roy ; et environ 
Teure de ix heures de nuit*, en s'en revenant de sou- 
per, fut assailli, batu et navré si très cruellement que 
piteuse chose estoit à veoir à touz ceulx qui en tel 
estât le virent; et fut lessié tout mort en la place. 
Laquelle mort a esté cause de toutes les guerres et 
meschiefs venus en ce royaume depuis icelle. 

Vannée du grant y ver. 

Geluy an fut le grant y ver qui commença la veille 
Saint Martin et dura jusques environ la Chandeleur^; 
il fut si très fort que, à Paris et ailleurs, partout on 
passoit sur les glaces, charioz, charretes chargées de 
toutes denrrées et toutes autres manières de gens et 
bestes. Par la force dudit yver, de toutes manières 
d'arbres fut partout si grant perdicion que merveilles 
fut à voir : les ungs furent fenduz, les autres destains 
et tant que oncques depuis ne portèrent fruit. Et de 
toutes manières d'oyseaulx en mourut tant que en Tan 
d'appres on n'en veoit comme nulz aux champs. £t 

1. « Environ huit heures, » d'après le Journal de Nicolas de 
Baye (t. I, p. 206), publié par M. Tuetey. 

2. On constate que tous les détails donnés ici concordent 
précisément avec ceux du récit fourni par la Chronique du 
Religieux de Saint^Denis, t. III, p. 744. Cest l'hiver de 1407- 
1408. Le dégel commença le 27 janvier 1408 et fut terminé la 
veille de la Chandeleur. Les détails fournis par le Journal de 
Nicolas de Baye (éd. Tuetey, t. I, p. 211 et suivantes} sont 
extrêmement curieux. 



42 CHRONIQUES [1408 

grant foison de congnins, lièvres et autres bestes en 
moururent. Et quant vint au desgeler, les grans 
glaces emportèrent la plus grant part des pons, mou- 
lins et mesons qui estoient sur les rivières. 

En Tan mcccc vni, iceluy Jehan, due de Bourgoine, 
gaingna la journée contre les Liegeoys le xvij de sep- 
tembre^. 

En celui an, Jehan, premier duc d'Alençon, le 
ij jour d'octobre, fut retenu de Tostel et avecques 
monseigneur de Guienne, et lui furent ordonnez pour 
son estât et pencion toute la revenue des aides de sa 

1. La date est fausse. Il faudrait lire 23 septembre ik08. Cf. 
A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 3, note 5; et 
la Bataille du Liège dans l'édition donnée par Buchon de la 
Chronique des ducs de Bourgogne, par Georges Chastellain, 
t. I, p. 373 à 377. Deux jours après, Jean Sans-Peur écrivit 
au duc de Brabant une relation du combat (D. Plancher, His- 
toire de Bourgogne, t. III, preuves, cclx). Cette victoire eut un 
grand retentissement. On en trouve la preuve dans ce fait 
qu'on la figura en tapisserie. £n efiPet, la grande salle du logis 
de l'abbé de Saint- Vaast d'Arras était tendue, lors du congrès 
d'Arras en 1435, « tout autour de draps de haulte lice, esquels 
« estoit figurée la bataille et déconfiture des Liégeois faicte 
a par monseigneur le duc Jean, père de monseigneur le duc 
« de Bourgongne, et par Guillaume, comte de Hollande, en 
a l'an mil quatre cent huict » [Journal de la paix d'Arras,,, 
par D,'A, de le Taverne, publié en 1651 par Jean Collart, p. 6). 
Il y a lieu de croire que Jean le Fèvre, seigneur de Saint-Remy, 
fait allusion à la Bataille du Liège que je viens de signaler 
plus haut, lorsqu'à propos de cet événement, il explique qu'il 
donnera les noms des morts, « ainsi que les ay trouvés par 
« escrit », et de même quand quelques lignes plus haut il écrit : 
« comme plus à plain est déclaré es croniques sur che faictes » 
(éd. Morand, 1. 1, p. 12). Il est bien douteux, qu'adoptant l'opi- 
nion de M. Morand, on puisse voir dans cette phrase une réfé- 
rence à Monstrelet (Ibid,, t. II, p. 385). 



1408] DE PERCEVAL DE CAGNY. 43 

terre S desquelles aides son pere, le conte Pierre, 
n'en print ne ne leva oncques le tiers. 

En celui an le roy, la raigne et monseigneur le dau- 
phin partirent de Paris et alerent demourer à Tours 
en Touraine*. Et estoient en leur compaignie les roys 

1. Le 6 octobre 1408, Jean d'Alemant, trésorier du comte 
d*Alençon, reçut de Michel de Rouvres, receveur des aides à 
Alençon, 644 livres tournois « sur ce qu'il puet devoir à mon- 
a dit seigneur à cause de la moittié desdictes aides ayans cours 
a en ses terres estans en ladicte recepte pour l'année fenie le 
« derrenier jour de septembre derrain passé » (Bibl. nat., 
Quittances, vol. 54, n° 4091). Le 2 nov. 1408, Charles VI avait 
alloué au comte d'Alençon 1125 livrer tournois, tant pour les 
hommes d'armes qu'il entretenait, que pour ses antres dépens 
durant le mois d'octobre (Bibl. nat.. Titres scellés de Clairam- 
bault, vol. 4, fol. 89). 

2. Le Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 4) se 
trompe quand il dit que Charles VI quitta Paris le 16 novembre 
1408, un samedi. £n e£Pet, le 16 est un vendredi. D'après la 
Chronique de Çousinot[p. 124), la cour partit de Paris le 2 nov. 
1408, se rendit d'abord à Melun, puis à Tours. Le chancelier 
dut demeurer à Paris avec le Parlement pour expédier les 
affaires en l'absence du roi (lettres du 26 novembre 1408. 
— Bibl. nat., coll. Dupuy, vol. 31, p. 18). Le 12 novembre 
1408, on disait au Parlement que le roi était parti de Paris 
depuis quinze jours et qu'il était sans doute à Gien (Tuetey, 
Journal de Nicolas de Baye, t. I, p. 245). £n e£fet, il alla de 
Melun à Gien et de Gien à Tours (Histoire de Charles VI, par 
J. Jouvenel, éd. Denys Godefroy 1653, p. 197). Jean Jouvenel, 
qui donne là-dessus bien des détails, fait partir le roi le 
3 novembre 1408. Or, le 3 novembre 1408 est un samedi et, 
le Journal d'un bourgeois de Paris fixant à un samedi le jour 
du départ de Charles VI, il est fort possible qu'il faille adopter 
la date du 3 novembre 1408. En tout cas, il faut sans doute 
rejeter la date du 10 novembre donnée par la Chronique du 
Religieux de Saint^Denis (t. IV, p. 182). M. Guessard a publié 
dans la Bibliothèque de l'École des chartes (année 1847-1848, 



44 CHRONIQUES [1408 

de Sicille et de Navarre, les ducs de Berri, de Bre- 
taingne et de Bourbon, les contes d'Alençon et de 
Gleremont et grant nombre de chevaliers et escuiers 
et autres gens de guerre, et vindrent audit lieu pour 
aviser de trouver manière comment le duc de Bour- 
goigne seroit amené et tenu à reparer la très grant 
extorcion que il avoit fait au roy, aux enfans d'Or- 
leens et à tout le royaume. Et entreprint le roy ledit 
voyage ou mois d'octobre. 

Assemblée de gens par le duc de Bourgoigne. 

En celui an M GGGG Yiii, ou mois de novembre, le 
duc de Bourgoigne vint à Paris, acompaignié de grant 
nombre de signeurs de hault païs, plusieurs chevaliers 
et escuiers et grant nombre d'autres gens de guerre, 
estimez jusques au nombre de xx mille et plus^ Et on 
disoit que il avoit fait ceste armée pour vouloir faire le 
conte de Paintievre, qui avoit espousé sa seur, duc 
de Bretaigne^. 

t. IX, p. 469) une pièce, sans doute non classée alors, et qui 
aujourd'hui est reliée dans le volume 45 de la série des 
Quittances et Pièces diverses au départ, des mss. de la Biblio- 
thèque nationale (pièce n° 4115). Ce document fort curieux, 
qui prouve le passage du roi et de la cour par Orléans lors de 
leur voyage à Tours, donne l'indication des différents logis 
occupés à Orléans par plusieurs personnages de la cour. 

1. Jean Sans-Peur arriva à Paris pour souper le 28 novembre 
1408. Il n'en partit que le 1*' février 1409 (n. st.) pour aller 
à Arras (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean 
Sans-Peur y ducs de Bourgogne^ p. 368). Jean Jouvenel (éd. 
Denys Godefroy, 1653, p. 197) dit par erreur que le duc fit son 
entrée à Paris le 28 décembre. 

2. Le comte de Penthièvre^ Olivier de Blois, avait épousé 



1409] DE PERGSYAL DE GAGNY. 45 

Comme le roy fut à Chartres pour le duc 

de Bourgoigne. 

En celui an mgggg vni, le samedy ix jour de mars, 
le roy, la raigne et monseigneur ^ eulx estans en la 
ville de Chartres, acompaigniez des roys et seigneurs 
qui les avoient conduiz audit lieu de Tours, en Teglise 
de Nostre Dame dudit lieu de Chartres*, firent venir 
devant eulx nos seigneurs les enfans d'Orleens et ledit 
duc de Bourgoigne, chacun d'eux acompaignié de tel 
nombre de gens non armez que le roy leur ordonna ; 
et en ladite église et en la ville fut le conte de Henau si 
acompaignié de chevaliers et escuiers armez à tel 
nombre comme par le roy et les seigneurs dessusdiz 
luy fut ordonné*. » 

en 1406 Isabelle, fille de Jean Sans-Peur. Je n'ai pas vu ail- 
leurs mention de cette opinion du public. Gf. Vallet de Viri- 
ville, Histoire de Charles VII, t. I, p. 196. Monstrelet (t. II, 
p. 79) mentionne, en 1410, Tintervention de Jean Sans-Peur 
pour décider ces deux seigneurs à un accord. 

1. Sans doute le dauphin. 

2. La date est exacte. Gf. E. Petit, Itinéraires de Philippe 
le Hardi et de Jean Sans^Peur, ducs de Bourgogne, p. 369. 
Le 2 mars 1409 (n. st.], le roi avait mandé auprès de lui deux 
des présidents, six conseillers clercs et six lais, le procureur 
général et les deux avocats du roi au Parlement, pour assister 
à la conclusion de Taccord entre les deux partis (A. Tuetey, 
Journal de Nicolas de Baye, t. I, p. 259). 

3. Le duc de Bourgogne entra à Ghartres à la tête de « cent 
« chevaucheurs ; » le duc d'Orléans et son frère, le comte de 
Vertus, étaient accompagnés de « cinquante chevaucheurs. » 
Quant au comte de Hainaut, Guillaume IV, qui avait négocié 
cet accord au nom de Jean Sans-Peur, il avait 400 bassinets 
en sa compagnie [Chronique d'Enguerran de Monstrelet, t. I, 



46 CHRONIQUES [1409-1410 

La chose aplicquié ainsi comme le cas le requérait, 
lesdiz enfans d'Orleens et duc de Bourgoigne entrèrent 
devers le roy ou cueur de ladite église, et là furent 
les parolles du traictié d'entre eulx dites devant le 
roy en leur présence, et acorderent d'un costé et 
d'autre de tenir et nourrir paix entr'eulx, et jamais 
pour les choses dessusdites et mort dudit d'Orleens 
ne faire assemblée ne guerre les ungs aux autres ^ . Et 
de ce le roy fut comptent et ledit de Bourgoigne. 
Mais lesdiz enfans et la pluspart des chevaliers et 
escuiers et le bon peuple françois n'en furent mie 
bien apaisiez en leurs consciences^. 

Une assemblée à Gien. 

« 

L'an MGGGGix^, ou mois d'avril, furent assemblez 
à Gien sur Laire le roy de Cecille, les ducs de Berri, 
d'Orleens et de Bretaigne, les contes d'Alençon^ et de 
Gleremont. Audit lieu fut fait le mariage du filz ainsné 

p. 397). Cf. Chronique du Religieux de Saint^DerUs, t. IV, 
p. 200. 

1. Cf. Histoire de Charles VI par Jean Jouvenel (éd. Denys 
Godefroy 1653, p. 198 et 727), et Chronique de Jean le Fèvre, 
seigneur de Saint-Remy (éd. Morand, t. I, p. 13 à 16). 

2. Monstrelet dît à peu près la même chose lorsqu'il écrit 
qu \ aucuns desdiz seigneurs furent d'icelle paix moult des- 
a plaisans et fort murmurans en secret, disans que doresena- 
« vant on auroit bon marché de murdrir les seigneurs puisqu'on 
« en estoit quitte sans faire autre reparacion » (t. I, p. 400). 

3. Lisez 1410. 

4. La Geste des Nobles (Vallet de Viriville, Chronique de la 
Pucelle, p. 130) mentionne, en efiTet, la présence du comte 
d'Alençon. 



1409-1410] DE PERCEVAL DE CAGNY. 47 

dudit de Cécile et de la fille du duc de Bourgoigne * ; 
avecques ce fut fait ung appoinctement entre ledit de 
Bretaigne et le conte de Paintievre jusques à aucun 
temps*. Ladite fille de Bourgoigne fut en l'ostel d'An- 
jou l'espace de trois ou quatre ans ; et, après ce, fut 
renvoyée à son père en partie pour le débat des enfans 
d'Orleens et autres choses^. 

La mort de Montagu^ grant maistre d'ostel. 

L'an M cccc ix, le xvij jour du mois d'octobre, fut 
la teste coupée à messire Jehan de Montagu, grant 
maistre d'ostel de l'ostel du roy^, lequel, en exersant 
son office, entreprint en oultre, et tant fist que il avoit 

1. Catherine de Bourgogne partit le 19 mars 1410 (n. st.) 
pour Gien (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean 
Sans-Peur, ducs de Bourgogne, p. 595). 

2. C'est-à-dire que le duc de Bretagne refusa d'accepter 
les conditions du traité [Chronique du Religieux de Saint" 
Denis, t. IV, p. 314). 

3. Louis II d'Anjou fit reconduire Catherine de Bourgogne à 
Beauvais en novembre 1413. Le 15 novembre, il lui fut donné 
quittance du trousseau de la jeune princesse (A. Lecoy de la 
Marche, Le Roi René, t. I, p. 27). Monstrelet (t. II, p. 414) dit 
que la jeune princesse fut remise aux gens de son père le 
20 novembre : elle l'avait rejoint le 29 novembre à Eecloo 
dans la Flandre orientale (E. Petit, Itinéraires de Philippe le 
Hardi et de Jean Sans^Peur, ducs de Bourgogne, p. 404). 

4. Montagu fut décapité le 17 octobre 1409, comme le dit 
Perceval de Cagny; mais il avait été arrêté le 7 octobre [His~ 
toire de Charles F/ par Jean Jouvenel, éd. Denys Godefroy 1653, 
p. 669). Le Journal d'un bourgeois de Paris (éd. A. Tuetey, 
p. 6) ajoute cette remarque à propos de l'exécution : « dont la 
« rumeur dura à aucun des seigneurs de France, comme Berry, 
« Bourbon, Alençon et plusieurs autres. » 



c 



48 CHRONIQUES [1410 

le gouvernement du corps du roy, de ses demaines et 
de toutes ses finances, et tellement qu'il n'y avoit ne 
monseigneur d'Orleens, de Berri, ne nulz de nos 
autres seigneurs à qui aucune foiz il ne lui tenist la 
bride. £t tenoit son hostel, lui, sa femme et ses 
enfans en aussi hault et grant estât que aucuns de 
nosdits seigneurs, et cuida jouer du placebo à touz, 
qui est trop fort à faire en tel cas. Et cuide que par 
les grans finances qui prenoit et avoit prinses du 
royS il fut envié et mis à mort. 

V assemblée de Gien. 
L'an Mccccx, ou mois d'avril ensuivant*, nos sei- 

1. Cf. le Songe Véritable^ Extrait des Mémoires de la Société 
de V Histoire de Paris , t. XVII, et l'article de M. Merlet dans 
la Bibliothèque de l'École des chartes, t. XIII, p. 248. 

2. La seconde « assemblée » de Gien eut lieu, d'après le 
Religieux de Saint-Denis (t. IV, p. 317], un mois après celle 
dont il vient d'être question quelques lignes plus haut. Mons- 
trelet fixe le lieu de la réunion à Mehun (t. II, p. 65); et sûre- 
ment il se trompe. Cf. Guessard [Gauluet ou le sire de Gaules, 
Bibliothèque de V École des chartes, année 1847-1848, t. IX, 
p. 455) qui prouve que la date donnée par Perce val de Cagny 
est exacte. S'il était nécessaire, la date d'avril 1410 serait 
encore confirmée par un document émané du duc d'Orléans 
lui-même : a Comme à nostre partement de Gyen ou mois 
« d'avril dernièrement passé, nostre très chier et très amé 
« cousin, le duc de Bourbonnois, nous eust requis de lui près- 
« ter la somme de deux cens livres tournois pour ses afiaires, » 
ordre de rendre son reçu au duc de Bourbon; a car nostre 
« entencion n'est point que nostredit cousin nous en face 
« jamais aucune restitucion ne paiement » (16 janvier 1411, 
n. st. — Bibl. nat.. Cabinet des Titres, Pièces originales, 
vol. 2157, pièce 461). Le 17 février suivant, ordre de considé- 



1410] DE PERGEVAL DE GAGNY. 49 

gneurs les ducs de Berri, d'Orleens, de Bretaigne et 
de Bourbon, les contes d'Âlençon et d'Armignac, le 
connestable d'Allebret, les (sic) archevesque de Sens et 
l'evesque de Paris ^ grandement acompaigniez d'autres 
gens, telz que bon leur sembla, se assemblèrent en la 
ville de Gien pour avoir advis et conseil ensembles 
comment ilz pourroient acquiter leurs loyautez envers 
le roy et le service ainssi comme chacun d'eulx y 
estoient et sont obligiez à mètre et tenir le roy en sa 
pure loyauté et franchise, affin qu'il peust gouverner 
lui, son royaume et son peuple en bonne justice, paix 
et transquillité. Auquel lieu les dessusdiz firent leur 
aliance de commun accort^, et touz ensemble et cha- 
cun par soy jurèrent et promisdrent les ungs aux 
autres, par leurs foiz et seremens et sur le corps de 
Nostre Seigneur sacré en leur présence, que touz et 
chacun d'eulx employroient corps et biens à servir le 
roy et le mètre en Testât dessusdit; et pour et de ce 
passèrent et firent letres sur ce et se obligèrent à 
faire et entretenir bien et loiaument tout ce que juré 
et promis avoient, et audit lieu prindrent temps et 
jour d'eux assembler à Poitiers au xij jour de juing 
ensuivant et chacun d'eulx admener audit lieu la plus 
grant puissance de gens que faire pourroient. 

Et ainssi se départirent touz les seigneurs dudit 
lieu de Gien, et chacun d'eulx s'en ala en son païs 

rer comme don un autre prêt de 100 écus d'or au même [Ibid,y 
pièce 467). 

1. Ce sont les deux frères de Jean de Montagn : Gérard 
était l'évoque de Paris et Jean archevêque de Sens. Le Songe 
Véritable, p. 190. 

2. 15 avril 1410. 



50 CHRONIQUES [1410 

pour assembler et quérir, chacun à par soy, tout le plus 
grant nojnbre de chevaliers, de escuiers et d'aultres 
gens de guerre et de deffence que finer en pour- 
roientS et ainssi le firent. Et retornerent audit lieu de 
Poitiers^ au jour dessusdit, chacun d'eulx très gran- 
dement acompaigniés, ainssi que promis l'avoient, 
sinon le duc de Bretaigne qui n'y fut, ne n'envoya 
soy excuser. 

Les seigneurs estans audit lieu, le roy et le duc 
de Bourgoigne envoyèrent plusieurs fois devers eulx 
en tenant manière de vouloir traictier par embas- 
sadeurs, grans et notables ad ce faire. Mais oncques 
ledit de Bourgoigne ne se voult mètre ne couchier en 
Tobeissance, telle que les seigneurs en deussent par 
raison estre contens. 

Et quant ils eurent tout ce veu et ouy, combien 
que par plusieurs foiz, ce temps pendant, ils eussent 
envoie devers ledit de Bretaigne, le sommer de venir 
devers eulx pour acquitter sa promesse, ilz y envoie- 
rent derechief devers luy le conte d'Armignac pour 
savoir sa volenté ; auquel il fist response que il pleroit 

l.'Il n'y a aucnn doute que, pendant ce même temps, le duc 
de Bourgogne cherchât un appui en Angleterre. Il faisait 
ordonner le 14 juillet 1410 par Charles VI de verser 55 livres 
tournois à « Robin Robert, escuier, demourant à Bolongne 
« sur la Mer..., pour sa peine et salaire d'avoir amené par 
a devers nous ou noz officiers de Calais, jusques en la ville de 
a Saint D«nis en France, Jehan Delhi, herault d'Angleterre, 
a pour aucunes besongnes touchans nous et nostre royaume... » 
(Bibl. nat., Titres scellés de Clairambault, vol. 218, pièce 33). 

2. Le Religieux de Saint-Denis mentionne (t. IV, p. 342} 
l'ambassade qui joignit le duc de Berry à Poitiers le 17 août 
1410. Le comte d'Alençon y était aussi. 



U\0] DE PERCE VAL DE CAGNY. 51 

à son conseil. Et, ce ouy, ledit d'Ârmignac retourna 
aux seigneurs et leur dist que oudit de Bretaigne ne 
se congnoissoit et que il avoit plati la coue^ 

Quant les seigneurs eurent ouy et sceu ce que ledit 
de Bourgoigne leur avoit fait sçavoir et la responce 
dudit de Bretaigne, et qu'ils se trouvoient grande- 
ment acompaigniez de très grant nombre de chevaliers 
et escuiers et autres gens de guerre, avecques le très 
grant courage que chacun d'eux avoit à mètre et 
mener leur entreprinse à bonne fin, ilz prindrent jour 
bien brief, auquel ilz se trouvèrent ensemble au lieu 
de Tours ^. 

Ëulx assemblez audit lieu de Tours ^, ilz tindrent 
conseil pour aviser ce que ils a voient à faire et 
quelle manière ils avoient à tenir devers le roy et 
les bonnes villes obéissantes au duc de Bourgoigne, 

1. Ces trois mots sont écrits de cette manière parDuchesne. 
Je ne doute pas qu'ils signifient : qu'il avait serré la queue. 
D'ailleurs, Jean V ne parait pas avoir eu l'âme bien haute. 
Lorsqu'il fut pris par Olivier de Blois ou de Penthièvre, il 
répétait qu'il « ne lui chailloit de déposition, pourvu qu'il fût 
« assuré de la vie » (Vallet de Viri ville, Histoire de Charles VII, 
t. 1, p. 200). De plus, à l'époque qui nous occupe, il toucl^ît 
une pension de 12,000 fr. d'or assignée par le roi sur la recette 
d'Evreux et devait craindre de la perdre (Bibl. nat.. Quit- 
tances, volume 46, pièce 4333). La Geste des Nobles (Vallet de 
Viriville, Chronique de la Pucelle, p. 131) signale l'absence du 
duc de Bretagne « qui ses gens y envoya. » 

2. Le duc de Berry avait répondu le 18 août aux envoyés du 
roi et du duc de Bourgogne qu'il se rendrait à Tours « regiis 
« obtemperando mandatis » [Religieux de Saint^Denis, t. IV, 
p. 350). 

3. Suivant la Geste des Nobles (Vallet de Viriville, Chronique 
de la Pucelle, p. 131), les princes se réunirent à Tours à la fin 
du mois d'août 1410. 

ô 



52 CHRONIQUES [1410 

auquel ilz conclurent de rescripre et envoyer divers 
le roy pour lui montrer et faire congnoistre toute leur 
bonne intencion et ce en quoy ils le vouloient et 
dévoient servir. Et ainssi le firent. 

Hz rescriprent au roy, à touz les archevesques et 
evesques et à toutes les bonnes villes obéissantes au 
duc de Bourgoigne ^ ; et, ce fait, se partirent dudit lieu 
de Tours et s'en vindrent devant la ville de Chartres, 
en laquelle estoient messieurs (sic) Morellet de Beten- 
court^, le Galois de Villers^ et avecques eulx de iiij à 
v^ autres Bourgoignons, lesquelz ne vouldrent oncques 
faire ouverture de ladite place aux gens envoyez par 
monseigneur de Berri et les autres seigneurs, affin 
qu'ilz se peussent loger dedens. 

Et quant ilz sceurent la responce de la désobéis- 
sance ainssi faicte, ilz partirent présentement de 

1. Jean Jouvenel, dans son Histoire de Charles F/ (éd. Denys 
Godefroy 1653, p. 203), donne le texte de ces lettres. L'exem- 
plaire qu'il reproduit est adressé à l'évêque de Beauvais et 
daté de Gien, 2 septembre 1410. Cf. la mention qui en est faite 
dans le Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI 
de Douët d'Arcq, 1. 1, p. 327 et le Journal de Nicolas de Baye y 
t. I, p. 332, note. 

2. Cf. la Geste des Nobles (Vallet de Viriville, Chronique de 
la PucellCy p. 131). Ce Morelet de Béthencourt se distingua en 
1412 au dire de Monstrelet (t. II, p. 245) par sa complicité 
dans le pillage du trésor de Louis, duc en Bavière, frère de la 
reine. Il était maître d'hôtel du duc de Bourgogne et chambel- 
lan du roi [Inventaire des Sceaux de la collection Clair ambault, 
par G. Demay, t. 1, n° 976). M. A. Tuetey, dans le Journal 
d!un bourgeois de Paris (p. 8, note 2), a consacré une intéres- 
sante notice à ce personnage. 

3. Il y avait à ce moment Jacques de Villers, maître d'hôtel 
du duc de Bourgogne et Antoine de Villers, écuyer tranchant 
du même prince. 



i410] DE PERGEVAL DE CAGNY. 53 

BonoevaP et vindrent en la bataille devant ladicte 
ville, qui en leur présence leur fut refusée. Et, ce fait, 
firent crier Tassault. Et quant les Bourgoignons de 
dedens virent la très noble et grant compaignie qui 
estoit devant eulx, et preste de leur bailler l'assault, 
ilz se rendirent et mirent eulx et la place ou vouloir 
de nosdis seigneurs, en laquelle ilz firent leur demeure 



par iiij jours ^, 



Nos seigneurs à Vicetre. 



Nos seigneurs estans audit lieu de Chartres, ren* 
voierent devers le duc de Bretaigne, lequel leur avoit 
fait sçavoir que audit lieu se trouveroit en leur com- 
paignie. Et, pour ce, luy firent sçavoir que ilz parfe- 
roient leur entreprinse tout ainssi que luy et eulx 
Tavoient advisé et conseillé, et que il ne vousist point 
demourer ne tarder à emplir et parfaire ce que il 
leur avoit promis, et que, en faisant leur chemin, le 
contreattendroient ; et ainssi le firent. Ilz ordonnèrent 
leur avant garde et la baillèrent au conte d'Armignac, 
en sa compaignie ung nommé Bourdon^, acompai- 
gniez de iiij mil combatans et mieulx. 

Et, en prenant le chemin droit à Paris^, les sei- 
gneurs vindrent logier à Ghantelou soubz Montleheri ^ 

1. Bonneval, Eure-et-Loir, arr. de Ghâteaudun^ chef-lieu 
de canton. 

2. Chronique du Religieux de Saint^Denis, t. IV, p. 356. 

3. C'est Louis deBosredon qu'il faut lire. Sur ce personnage 
et sa fin tragique, voir Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII y 
t. I, p. 37 à 39. 

4. De Chartres, le duc de Berry vint à Étampes (Chronique 
du Religieux de Saint-Denis y t. IV, p. 358). 

5. Chanteioup, Seine-et-Oise, arr. de Corbeil, cant. d'Arpajon, 



54 CHRONIQUES [UfO 

et es villages d'entour, et audit lieu séjournèrent par 
l'espace de xv jours en attendant ledit de Bretaigne ; 
et, quant ilz virent qu'il ne venoit point, ilz ne voul- 
drent pas pour ce delessier leur entreprinse et 
d'ilecques se partirent et s'en vindrent les seigneurs 
logier en la place de Vissetre* près Paris ettouz leurs 
gens es avirons d'entour, ainssi par la manière comme 
chacun des seigneurs avoient prins par ordonnance. 

comm. de Saint-Germaîn-les-Arpajon. Cependant, la reine 
négociait avec les princes ; elle s'était logée à cet effet à Mar- 
coussis (Monstrelet, t. II, p. 91), d'où elle partit le 23 sep- 
tembre, après avoir constaté l'inutilité de ses efforts (Ibid., 
p. 92). 

1. Bicétre. Le duc de Berry y arriva chez lui le 6 octobre 
[Chronique du Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 376). Le duc 
d'Orléans occupa à Gentilly l'hôtel de l'évêque de Paris, et le 
comte d'Armagnac s'installa à Vitry (Monstrelet, t. II, p. 94). 
Puis le duc d'Orléans s'installa définitivement . à Bicêtre, auprès 
de son oncle, pendant environ un mois. C'est à cette occasion 
qu'il donna 50 livres tournois « aux menuz officiers de l'ostel 
« de nostre très chier et très amé oncle monseigneur le duc de 
« Berry, pour consideracion des services qu'il nous ont faiz en 
a l'ostel de nostredit oncle à Vixcestre, où nous avons esté en sa 
« compaignie par l'espace d'un mois ou environ...; aux menes- 
« terelz de nostredit oncle xxij livres x sols tournois » (Bibl. 
nat.. Cabinet des Titres, Pièces originales, vpl. 2157, pièce 456). 
Cette installation coûta cher aux habitants des environs; le 
duc d'Orléans dut indemniser un de ces malheureux : « A l'oste 
a de la Roze, du Bourc la Royne, en recompensacion d'une 
« sienne maison qui a esté arse audit lieu par aucuns de la 
« compaignie de nostredit oncle et de nous, xxij livres x sols 
tf tournois » (Ibid.). Pendant ce temps, le duc d'Orléans envoya 
un émissaire à Paris ; c'était Jean, seigneur de Fontaines, son 
chambellan. Le document qui donne ces détails apprend aussi 
que le duc était encore à Bicêtre le 30 octobre (Bibl. nat., 
Quittances, vol. 48, pièce 4801). 



1410] DE PERCEVAL DE CAGNY. 55 

Ëulx estans audit lieu, le conte de Richemont vint 
devers eulx à ij mille combatansS excusant le duc 
son frère tellement quellement ; et estoit la compaignie 
nombrée à passé Ix mille combatans et plus. Et furent 
ainssi logiés les seigneurs devant Paris en la fin du 
mois de septembre et jusques à la Toussains ensuivant^. 

1. Guillaume . Gruel ne donne pas le chifiFre du contingent 
breton (A. Le Vavasseur, Chronique dC Arthur de Richemont, 
p. 7. — M. Cosneau a publié en 1886 Le connétable de Riche- 
mont). Monstrelet (t. II, p. 95), qui fixe la venue de Richemont 
au second jour après l'arrivée du duc de Berry, soit au 8 oc- 
tobre d'après mon calcul, l'estime à 6,000 chevaux et men- 
tionne le dépit de Jean Sans-Peur. 

2. Nicolas de Baye, dans son Journal (t. I, p. 335), raconte 
à la date du 16 septembre 1410 l'envahissement des logis des 
bourgeois de Paris par les gens de guerre; et, plus tard, le 
12 novembre, il signale que les portes de Paris, sauf une ou 
deux, étaient longtemps restées fermées par crainte des troupes 
amenées par les ducs de Berry, d'Orléans, de Bourbon, les 
comtes d'Alençon, d'Armagnac, le sire d'Albret, qui logeaient 
tant à Bicêtre qu'à Vanves, à Issy ou à Vitry [Ibid,, p. 340). 
Paris fut affolé, ses défenseurs eux-mêmes faisaient de terribles 
dégâts. Mais la province ne fut pas moins éprouvée. C'est au 
point que, par exemple, les fermiers de l'aide de xij deniers 
pour livre des draps vendus en gros à Evreux demandèrent 
et obtinrent décharge de 200 livres tournois sur le montant 
dû par eux de leur ferme : « Et combien que tous les ans eust 
« acoustumé de venir et affluer en ladicte ville environ l'esté 
a très grant quantité de marchans des pays de Lymosin, d'Au- 
« vergne, de Languedoc, de Bourgongne et d'ailleurs du hault 
« pais, qui avoient acoustumé d'acheter et lever en icelle ville 
« d'Evreux très grant quantité de draps » (la période rémuné- 
ratrice aurait dû être juillet, août et septembre 1410, et pen- 
dant ce trimestre la peur des gens d'armes écarta tous les 
marchands. — Bibl. nat.. Quittances, vol. 47, pièce 4490). La 
crise fut donc absolument générale. 



56 CHRONIQUES [1410 

Appoinctement avec le duc de Bourgoigne. 

Le duc de Bourgoigne tenoit le roy dedens Paris. 
Et doit chacun sçavoir que il se estoit efforcié de tout 
son sens et puissance de avoir assemblé touz ceulx de 
quoy il se povoit et vouloit aider tant en conseil que 
en gens de guerre, et n'estoit sa puissance estimée 
que de quinze à seize mille combatans. 

Chacun poeult sçavoir que en icelle espace de temps 
il y out, tant d'un costé que d'autre, plusieurs escar- 
mouches et saillies, et moult de gens mors et bleciez 
de chacun costé ^ . Ce temps pendant, par la monicion 
dudit de Bourgoigne, le roy envoya par plusieurs foiz 
grans embassades devers nosdiz seigneurs, en tenant 
tousjours paroUes et manières de vouloir traictier et 
venir à paix ; et, ad ce faire, s'emplairent très fort le 
cardinal de Bar^, le duc de Brebanl, le conte de Saint 
Pol, le grant prieur de Rodes^ et touz les meilleurs 
amis dudit de Bourgoigne, tant pour complaire à raison 

1. Guillaume Gruel raconte que le duc de Berry plaça les 
Bretons au pont de Saint-Cloud (A. Le Vavasseur, Chronique 
cT Arthur de Richemont, p. 7). Jean de Châteaugiron y fut pris 
« et pluseurs mors et prins » (Ibid., P* ^)* 

2. Cependant, à Paris, le cardinal de Bar passait pour être 
Armagnac, puisqu'il était l'ambassadeur du duc de Berry, au 
dire du Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 9). 
Dans son Histoire de Charles VI, Jean Jouvenel attribue aux 
efforts du comte de Savoie la conclusion du traité (éd. D. Go- 
defroy 1653, p. 207). 

3. Philibert de Naillac était en effet l'homme du duc de 
Bourgogne (Monstrelet, t. II, p. 90). Il était grand maître 
de Rhodes; il intervint aussi dans les négociations de 1412, 
pendant le siège de Bourges. 



i410] DE PERCEVAL DE CAGNY. 57 

que pour la double et crainte que ilz avoient de nos- 
diz seigneurs et de leur compaignie. 

Et en la parfin fut appoincté que ledict de Bour- 
goigne retourneroit en son pais * ; lequel jura et pro- 
mist de jamais ne faire armée pour les causes encom- 
mencées, et avecques ce de ne retourner ne venir 
devers le roy, que ce ne feust au sçeu de nosdiz sei- 
gneurs ou par le grant conseil du roy, ouquel dévoient 
estre et résider, pour ung chacun de nosdiz seigneurs, 
ung des gens de leur maison^, et pareillement le 
vouldrent et consentirent nosdiz seigneurs le faire. Et 
ainssi retournèrent tous chacun en son pais^. 

1. Voir les termes de Taccord dans le Choix de pièces iné^ 
dites relatives au règne de Charles VI, de Douët d*Arcq, t. I, 
p. 329. Il est du 2 novembre 1410. 

2. Le Religieux de Saint-Denis donne (t. IV, p. 384), comme 
Monstrelet (t. II, p. 101), les noms des principaux membres 
de ce conseil. 

3. Les princes se séparèrent le 10 novembre d'après la Geste 
des Nobles (p. 132), « environ le vj® jour de novembre » selon 
le Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 10). On a vu 
plus haut que Nicolas de Baye parle des dévastations, à la date 
du 12 novembre, comme si c'était le premier jour où les popu- 
lations des environs de Paris pussent respirer. En tout cas, le 
duc de Berry et le duc de Bourgogne s'éloignèrent, le premier 
à Dourdan, le second à Meaux, le 8 novembre [Chronique du 
Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 384). Le 10 nov., le duc d'Or- 
léans était à Ëtampes (Bibl. nat., Cabinet des Titres, Pièces 
orig., vol. 2157, pièce 456) ; le 29 nov., il était àBlois (Bibl. nat., 
Quittances, vol. 48, pièce 4801). De son côté, le Religieux de 
Saint-Denis accuse le comte d'Alençon notamment de réunir 
des troupes pour inquiéter Paris (février 1411, n. st. Chro^- 
nique du Religieux de Saint^Denis, t. IV, p. 386). — Le duc 
d'Orléans se tint pendant tout le mois de janvier 1411 (n. st.) 
en constante communication avec ses alliés. De Blois, où il 
séjournait alors, il avait envoyé le 28 décembre 1410 à Bourges 



58 CHRONIQUES [1411 

Comme le duc d'Alençon se remist sm. 

En l'an MGGGGXI, le duc de Bourgoigne, en entre- 
tenant tousjours à mal faire, comme pieça a voit encom- 
mencé, cuida secrètement faire une armée et venir 
devers le roy à Paris et faulcer les sermens d'entre 
nos seigneurs tenans le parti de monseigneur d'Or- 
leens et lui. Nosdiz seigneurs le sçeurent et le firent 
sçavoir l'un à l'autre, et que chacun s'aprestast le 
plus tost que faire se pourroit, à tel nombre de gens 
de guerre qu'ilz pourroient finer pour aler passer la 
rivière de Sayne, affin d'empescher la venue dudit de 
Bourgoigne devers le roy ; et ainssi le firent*. 

En icelui an, le premier jour du mois de jullet, le 
duc d'Alençon qui, pour honneur du roy, faisoit de 
la querelle du duc d'Orleens comment se ce fust son 
propre fait, se trouva en sa ville de Fougieres ; auquel 
lieu il assembla grant nombre de chevaliers, escuiers 
et autres gens de guerre, et les contenta touz telle- 
ment qu'il lui promisdrent de le servir bien et loiaul- 

et en Bourbonnais son conseiller, « maistre Nicole le Dur, » 
par devers les ducs de Berry et de Bourbon (Bibl. nat., Cabinet 
des Titres, Pièces originales, vol. 2157, pièce 460). Même mis- 
sion fut confiée le 4 janvier à Jean Chomery, chargé aussi de 
porter ses étrennes au duc de Bourbon (Ibid.). Enfin, le 12 jan- 
vier 1411 (n. st.), Louis de Villars, prieur de Saintes, partait 
« de Bloiz à Argenten paV devers nostre très chier et amé coû- 
te sin le conte d*Alençon. » 

1. Le désordre dans les transactions commerciales, causé 
par les pillages des gens de guerre et augmenté par l'effroi 
des Anglais, fut à un tel point, que plusieurs fermiers des aides 
durent solliciter la décharge de tout ou partie du montant de 
leurs engagements (Bibl. nat., Quittances, vol. 47, pièce 4489). 



1411] DE PERGEVAL DE GAGNY. 59 

ment; et trouva que ce qu'il avoit assemblé audit lieu 
de FougiereSy et ceulx qui trouverait du pais de Nor- 
mendie, povoient bien estre nombrez mil et v° com- 
batans. Et ainssi le fist sçavoir au duc de Berry et aux 
autres seigneurs, et que chacun d'eulx s'avansast d'al- 
ler passer ladicte rivière de Saine où mieulx le pour- 
roit faire S et que ainssi le feroit. 

Comme y passa Sayne. 

En icelui an, le ij jour d'aoust, ledit duc d'Alençon 
passa la rivière de Saine au port de Gloton soubz la 
Roche ^ en telz bateaux comme il pout recouvrer et à 

1. Le comte de Vertus fut chargé, en juin 1411, de défendre 
le château de Coucy. Les noms des chevaliers et des écuyers 
qui étaient en sa compagnie nous ont été conservés (Bibl. nat.. 
Cabinet des Titres, Pièces originales, vol. 2157, pièce 471). 
Les lettres de défi du duc d'Orléans au duc de Bourgogne sont 
datées de Jargeau, 18 juillet 1411. Le duc de Bourgogne eut 
en conséquence des besoins d'argent pressants, en sorte que 
le 31 août 1411 il fit remettre comme gage par le roi, simple 
instrument entre ses mains, à Gauvain Trente, marchand de 
Lucques établi à Paris, quantité de joyaux dont l'énumération 
est curieuse, en échange d'un prêt de 18,030 livres tournois 
(Bibl. nat.. Quittances, vol. 47, pièce 4501). 

2. Gloton, Seine-et-Oise, arr. de Mantes, cant. de Bonnières, 
comm. de Bennecourt. En juillet 1411, on publia à Rouen, de 
par le roi, « que tous les vesseaulx et navire estant en la rivière 
« de Saine fussent enfondrez ou amenez en ports seurs...; et 
« fu le navire de ladicte rivière de Saine tellement fermée que, 
« durant les mois de septembre, octobre et novembre oudit 
« an, il n'arriva audit lieu de Rouen en montant ne en dévalant 
« quelconques marchandises, ou aus moins que bien poy par 
« ladicte rivière... Car des pais qui ont esté empeschés par 
« lesdis gens d'armes* et des pais voisins et marchissans à 
« yceulx, si comme Poitou, Galardon, Bretaigne, Alençonnois 



60 CHRONIQUES [1411 

très grant paine, et traversa tout le pais de Veuques- 
siD, de Beauvoysin et de Picardie jusques en la ville 
de Neelle*, qui est près d'Arraz à une petite journée, 
sans aultres gens que ceulx de sa compaignie ; auquel 
lieu il séjourna ix ou x jours sans autre chose sçavoir 
dudit de Bourgoigne. 

Et après ce s'en ala d'illecques à Ghauny sur Ayse 
devers le conte de Vertus, pour joindre eulx et leurs 
gens ensemble, et ne furent gaires audit lieu de 
Ghauny*, [ledit de Bourgoigne] vint à grant compai- 

a et plusieurs autres, il n'est arrivé audit lieu de Rouen que 
« poy de marchandise..., » tandis qu'auparavant a venoit et 
« arrivoit audit lieu de Rouen toute marchandise tant des païs 
« de Flandres, de Bretaigne, de Bourgongne, de Poitou, d'Or- 
« leans, de Galardon, d'Anjou et du Maine comme de plusieurs 
a autres pais » (Bibl. nat., Quittances, vol. 47, pièce 4489). 
L'ordre d'enlever les bateaux fut apporté par Mathieu Boudart, 
huissier d'armes du roi, qui signifia à Etienne Le Peletier, ser- 
gent du roi en la sergenterie de Pont-de-l' Arche, et à Amaury 
Goupil, sergent du roi en la sergenterie de Preneuse, d'aller 
<c par tous les pors et passages de la rivière de Saine, depuis 
« le port de Muys [Muids^sur^Seine], qui n'est pas de la viconté 
« de Pont-de-l' Arche, jusques à Rouen, arrester et faire adme- 
« ner aux fossez d'empres le chastel dudit lieu du Pont-de- 
a l'Arche tous les vesseaulx estans en ladicte rivière, tant 
<c grans que petis, pour illeq estre enfondrez afin que en iceulx 
et ne passast aucunes gens d'armes ou autres par ladicte 
« rivière. » Les deux sergents donnèrent quittance pour leurs 
gages le 7 octobre 1411 (Bibl. nat.. Quittances, vol. 47, 
pièce 4516. — Cf. la pièce 4520). Ces textes montrent l'em- 
barras réel que dut éprouver le comte d'Alençon pour opérer 
son passage. 

1. Nesle, Somme, arr. de Péronne, chef-lieu de canton. 

2. Chauny, Aisne, arr. de Laon, chef-lieu de canton. Est-ce 
à cette date qu'il faut rapporter le passage du duc d'Orléans à 
Ham, où il donna à damoiselle Nicole de Granvillier six écus 



141 IJ DE PERCE VAL DE GAGNY. 61 

gnie mètre le siège devant la ville de HaD ^ sur la 
rivière de Somme et la print sans estre deffendue 2. 
Quant nos seigneurs d'Alençon et de Vertus virent 
que ladite ville de Han avoit ainssi esté prinse sans 
resistence et arse et pillée, sans grant raison veu la 
compaignie que ilz avoient, ilz abandonnèrent ladite 
ville de Ghauni, qui fut grant pitié, et s'en alerent 
logier ou chastel et ville de Goussi^ ou mois de sep- 
tembre ensuivant, et ledit de Bourgoigne retourna en 
sa ville d'Arras^. 

d'or « pour Dieu et en aumosne et pour lui aidier à avoir sa 
a vie » (Bibl. nat., Quittances, vol. 48, pièce 4657)? 

1. Chronique du Religieux de Saint-Denis ^ t. IV, p. 466. Le 
siège de Ham (Somme, arr. de Péronne, chef-lieu de canton) 
commença le 10 septembre 1411 ; il dura quatre jours (E. Petit, 
Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans-Peur^ ducs de 
Bourgogne, p. 382. — Cf. Mémoires de Pierre de Fenin, éd. de 
M"« Dupont, p. 19). 

2. Ceci n*est pas tout à fait exact. Bien que la ville fût 
ouverte, Bernard d*Albret essaya de la défendre; voyant que 
la tâche était impossible, il fit une sortie et s'échappa [Histoire 
de Charles VI, par Jean Jouvenel, éd. Denys Godefroy, p. 225 
et 226). 

3. Coucy-le-Château, Aisne, arr. de Laon, chef-lieu de can- 
ton. Cf. Chronique du Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 455. 

4. Le duc de Bourgogne, de Ham, se dirigea avec ses troupes 
a empres » Nesle, Roye, Montdidier, revint près de Nesle, 
près de Ham, de là à Péronne, à Bapaume, et gîta enfin à 
Arr as le 2 octobre 1411 (E. Petit, Itinéraires de Philippe le 
Hardi et de Jean Sans- Peur, p. 382 et 383). Les Mémoires de 
Pierre de Fenin (éd. de M"® Dupont, p. 19) donnent assez 
exactement le détail de ces marches. La Chronique de Jean le 
Fèvre, seigneur de Saint-Remy (éd. Morand, 1. 1, p. 34), relate 
aussi les embarras causés à Jean Sans-Peur par Tindiscipline 
des Flamands. 



62 CHRONIQUES [1411 

Les seigneurs logiés à Saint Ouyn. 

Ou mois d'octobre ensuivant, nozdiz seigneurs 
ouirent nouvelles que le duc d'Orleens et le conte 
d'Armignac estoient environ Paris. Si se misdrent à 
chemin pour aler devers eulx et passèrent la rivière 
de Aisne auprès du chastel d'Athchi ^ et les trouvèrent 
près Senliz^. Et, quant ilz furent ensemble, ce fut une 
très belle compaignie. 

Ils avisèrent que le prince d'Orenge estoit logié 
dedens la ville de Saint Denys^; si alerent nozdiz sei- 
gneurs logier leurs corps en la maison de Saint Ouyn^ 
et leurs gens à Montmartre^, à la Chapelle et autres 
villages et es faulxbours de Saint Denys^. Et ainssi fut 
ledit d'Orenge assiegié viij ou xv jours, et puis ren- 
dirent la place, sauf leurs corps et leurs bernois. 

Apres deux ou trois jours que Saint Denis fut ainssi 

i. Attichy, Oise, arr. de Compiègne, chef-lieu de canton. 

2. D'après le Religieux de Saint-Denis (t. IV, p. 480), le 
capitaine de Senlis, Ënguerrand de Bournonville, fit une sortie 
qui fit tomber entre ses mains a véhicula eorum sarcinis one- 
rata. » 

3. Jean de Châlon, prince d*Orange, entré le 3 octobre, ren- 
dit la place le 11 octobre (Chronique du Religieux de Sainte 
Denis y t. IV, p. 501). 

4. C'est là, en efiFet, que se logea le duc d'Orléans (Monstre- 
let, t. II, p. 191). 

5. A Aubervilliers selon Jean Jouvenel (p. 228) et à Clignan- 
court d'après le Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, 
p. 11). 

6. Suivant le même texte, les Orléanais, dans la nuit du 
samedi 2 au dimanche 3 octobre 1411, arrivèrent devant Saint- 
Denis. 



141 i] DE PERCEVAL DE CAGNY. 63 

prins, il fut raporté à noz seigneurs que le duc de 
Bourgoigne estoit parti de sadicte ville d'Arraz à 
grant nombre de gens d'armes et s'en venoît à Paris*. 
Nosdiz seigneurs, pour lui vouloir estre au devant, 
vindrent passer la rivière de Oyse au pont de Beau- 
mont^ et alerent jusques à Gathenoy^, auquel lieu ilz 
sceurent que, quant ledit de Bourgoigne ouyt parler 
de leur venue à l'encontre de luy, en très grant des- 
roy il reprint le chemin à retourner hâtivement en 
son pais^. 

Nos seigneurs acertenez de son retour, combien 
que par monseigneur de Hangest^ et autres capitaines 
de leur compaignie ilz fussent conseilliez porsuir ledit 
de Bourgoigne, ilz firent le contraire. Et pour ce que 
les Bourgoignons , après ce qu'ilz furent passez, 

1. Jean Sans-Peur partit d'Arras le 9 octobre, passa par 
Péronne, Roye, Breteuil, Beauvais, Gisors et arriva à Pontoîse 
le 16 octobre (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de 
Jean Sans-Peur, ducs de Bourgogne, p. 383). 

2. Beaumont-sur-Oise, Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. 
de risle-Adam. La Chronique normande de Pierre Cochon (éd. 
Robillard de Beaurepaire, p. 257) leur fait passer TOise le 
jeudi 1®' octobre 1411. L'arrière-garde était sous les ordres du 
comté d*Alençon [Chronique du Religieux de Saint-Denis, t. IV, 
p. 482). 

3. Catenoy, Oise, arr. de Clermont, cant. de Liancourt. 

4. Perceval de Gagny signale là une véritable feinte du duc 
de Bourgogne. 

5. On venait de lui retirer sa charge de maître des arbalé- 
triers de France. Cf. le Songe Véritable (extrait des Mémoires 
de la Société de l'Histoire de Paris, t. XVII), p. 140, et Chro^ 
nique du Religieux de Saint^Denis, t. IV, p. 464. Ce dernier 
chroniqueur insiste en efiPet sur ce fait que, si le conseil du 
seigneur de Hangest avait été suivi par les princes, la guerre 
eût été terminée. 



64 CHRONIQUES [14il 

gardoient ledit pont de Beauoiont^, ilz firent faire sur 
ladite rivière d'Oyse, en droit la ville de Berberie^, 
ung pont sur bateaulx ; et là passèrent touz à grant 
paine et revindrent logier dedens la ville de Saint 
Denis, cuidans incontinent estre devers le roy en la 
ville de Paris. 

La prinse du pont de Saint Cloust. 

En Tan M GGGC xi, le x jour du mois de novembre, 
nos seigneurs ainssi logiez à Saint Denys et leurs gens 
es autres places cuiderent que ledit de Boui^oigne ne 
osast entreprendre ne vouloir recouvrer la ville de 
Paris, veu ce qu'il s*en estoit fouy et retourné en 
Flandres de Montdidier, où il estoit venu à grant 
compaignie de gens^; mais il fist autrement, et secrè- 
tement se apresta et, à petit nombre de gens bien 
empoint, entreprint son chemin et à grans journées 
vint passer Saine au pont de Meullent, et fut dedens 
Paris avant que nozdiz seigneurs seucent rien de sa 
venue*. 

1. Le prévôt de Paris avait envoyé, pour garder le passage 
et détruire la grande arche du pont, la garnison de Saint-Denis, 
formée de milices parisiennes (Chronique du Religieux de Saint- 
Denis, t. IV, p. 482). 

2. Verberie, Seine-et-Oise, arr. de Senlis, cant. de Pont- 
Saint-Maxence. Cf. Chronique du Religieux de Saint^Denis, 
t. IV, p. 488. 

3. On a vu, en effet, plus haut, qu'une première fois le duc 
de Bourgogne avait reculé rapidement, après s'être avancé 
jusqu'à Montdidier. Cf. Chronique tle Jean le Fèvre, seigneur 
de Saint^Remy, t. I, p. 35; Chronique normande de Pierre 
Cochon, éd. Robillard de Beaurepaire, p. 256, et Chronique 
du Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 486. 

4. Le 22 octobre, Jean Sans-Peur dina à Pon toise, où il était 



i4ii] DE PERCEVAL DE CAGNT. 65 

Poy de jours après, lui et oeulx de la ville de Paris 
avisèrent que les gens de noz seigneurs logiez au pont 
de Saint Gloust leurs donnoient de grans chaînez et 
que le village n*estoit pas moult fortiffié pour souste- 
nir grant feiz^ : ledit de Boui^oigne fist armer grant 
nombre de gens de ladite ville de Paris avecques 
Anglois^ et autres qui fist venir après luy, et ledit 

depuis le 16 octobre, et « chevancha tonte la nujt en armes 
« ponr aler par Meulan à Paris, » où il entra le 23 (E. Petit, 
Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans^Peur, p. 383 
et 384. — Cf. Vallet de Viriville, Geste des Nobles, p. 138). 
Pierre de Fenin (p. 20-21) donne tout cela ayec précision. 

1. Le pont de Saint-Cloud avait été livré par Colinet de 
Puisenx, le 13 octobre précédent [TuetC}', Journal d'un bour» 
geois de Paris, p. 12), an sire de Gaucourt (Vallet de Viriville, 
Geste des Nobles, p. 137). Il est constaté que Colin de Puiseux 
était en effet capitaine du pont de Saipt-Cloud dès avant le 
3 septembre 1410 (Bibl. nat., coll. Clairambault, vol. 57, 
fol. 4375). 

2. C'est-à-dire le comte d'Anmdel. Thomas, comte d'Anm- 
del, était aux gages du duc de Bourgogne, quoi qu'en dise la 
Chronique du Religieux de Saint^Denis (t. IV, p. 522 et 524y ; 
une quittance du 7 octobre 1411 ne laisse aucun doute à cet 
égard .'Bibl. nat., coll. Clairambault, vol. 6, p. 273). Mons- 
trelet, d'ailleurs, le dit sans embarras (t. II, p. 199). U y a 
mieux. Charles VI, par lettres du 18 janvier 1412 (n. st.), fit 
verser 2,300 francs à son argentier, Charles Poupart, « pour 
« paier certains fermanlx, anneaux et autres joyaux d'or gar- 
« niz de pierreries et perles, que ledit seigneur a fait acheter 
« et fait présenter de par lui en la présence de monseigneur 
« le duc de Bourgongne à plusieurs seigneurs, chevaliers et 
« antres capitaines du pais d*Angleter|p, qui ont esté en la 
« compaignie de monseigneur le duc de Guienne, daulphin de 
« Vienne, à la prise des chasteanx d'Estampes et de Dourdain, 
« que tenoient et occupoient Lovs du Bosredont et autres capi- 
« taines et gens de guerre, ooltre et contre la vonlenté et 
« ordenance du roj et dudit seigneur > (18 mars 1412, n. st. 



66 CHRONIQUES [i411 

jour vint en belle et grant ordonnance de avangarde, 
bataille et arrieregarde * . Et furent ceulx dedens le 
village assailliz^, lesquelz se deffendirent très grande- 
ment et neantmoins ne peurent soustenir le feis et 
furent presque touz mors ou prins^ : qui fut très 
grant pitié et dommages pour nos seigneurs*. 

Ce fait, le duc de Bourgoigne retourna à Paris et 
noz seigneurs, qui à celle heure estoient en bataille de 
l'autre costé du pont, retournèrent audit lieu de Saint 
Denys, très marris et en grant doubte dudit de Bour- 
goigne et de la ville de Paris, et tindrent conseil 
ensemble, ouquel fut avisé que audit lieu ne povoient 
plus demourer, et environ l'eure de mienuit mon- 
tèrent à cheval et toute la compaignie et vindrent 

L. Pannier, Les joyaux du duc de Guyenne ^ Extrait de la 
Revue archéologique y 1873, p. 47). D'autre part, le duc d'Or- 
léans eut au même moment et pendant quelque temps « le sei- 
gneur de Cliffort » dans ses rangs (Monstrelet, t. II, p. 202). 

1. Le 9 novembre 1411. Le duc de Bourgogne sortit de Paris 
par la porte Saint-Jacques le 8 novembre, vers dix heures du 
soir (A. Tuetey, Journal d!un bourgeois de Paris, p. 15). 

2. Jean Sans-Peur fit dire des messes du Saint-Esprit et de 
la sainte Vierge pendant le temps de « l'assaut du pont de 
« Saint-Cloud » [Annuaire~Bulletin de la Société de f histoire 
de France, année 1868, p. 169). Jean le Fèvre, seigneur de 
Saint-Remy, donne dans sa Chronique des détails assez précis 
(t. I, p. 38 et 39). Mais rien n'approche des récits que l'on doit 
à la Chronique du Religieux de Saint-Denis (t. IV, p. 558) et à 
Monstrelet (t. II, p. 203). 

3. Au nombre de si§ ou huit cents, paraît-il (Tuetey, Journal 
de Nicolas de Baye, t. II, p. 30, et Monstrelet, t. II, p. 208, 
note 1), ou même de neuf cents [Chronique du Religieux de 
Saint-'Denis, t. IV, p. 560). 

4. Les princes partirent de Saint-Denis le mardi 10 no- 
vembre. 



1411] DE PERGEVAL DE CAGNY. 67 

passer 9 partie à ung pont^ fait au travers de Sayne^ 
en droit Saint Denis et l'autre partie audit pont de 
Saint Clout^, et en pou d'ordonnance s'en vindrent à 
Boudent*, à Galardon^, à Estampes et à Orleens^. Et 

1. Ce pont est mentionné par le Journal dCun bourgeois de 
Paris (p. 16) et par la Chronique du Religieux de Saint^Denis 
(t. IV, p. 562). 

2. Duchesne, par inadvertance sans doute, a écrit Somme au 
lieu de Sayne. 

3. II. faut donc que Jean Sans-Peur, heureux de les voir 
s'éloigner, ait favorisé leur passage. 

4. Houdan, Seine-et-Oise, arr. de Mantes, chef-lieu de 
canton. 

5. Gallardon, Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Main- 
tenon. 

6. La vérité est que le 20 novembre le duc de Bourgogne 
partit pour Corbeil avec le duc de Guyenne et suivit ses enne- 
mis jusqu'à Etampes, qu'il quitta le 14 décembre pour rentrer 
à Paris (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans* 
Peur, p. 384 et 385). Là encore on constate la présence d'An- 
glais au service du duc de Bourgogne et Jean « de Gray, » écuyer, 
resta auprès de Jean Sans-Peur avec 21 écuyers et 100 archers 
du pays d'Angleterre, « qui estoient demourez par deçà depuis 
« le département du conte d'Arondel, desserviz et à desservir 
« pour aler avec monseigneur le duc de Bourgongne, en la 
(( compaignie de monseigneur le duc de Guienne, en la conté 
« d'Estampes, pour aidier à débouter les ennemis du roy en 
a icelle » (21 décembre 1411. — Bibl. nat., coll. Clairambault, 
vol. 55, n° 75). Il est bien curieux de constater que selon Jean 
Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653, p. 237), lorsque le duc de 
Bourgogne paya leur solde aux Anglais, il fallut le cacher à 
Charles VI : « Car tout malade qu'il estoit, qui luy eust parlé 
« d'Anglois, il eust fait manière de les combatre, plus que de 
« leur donner. » Monstrelet (t. II, p. 222) approche de la vérité, 
quand il marque au 23 novembre le départ des ducs de Guyenne 
et de Bourgogne. 

6 



68 CHRONIQUES [1411 

ledit de Boui^oigne demoura audit lieu de Paris en 
grans pompes et grant bruits 

La prinse du conte de la Marche. 

En ioelui an mggcgxi, le jour du mois de 

décembre, le conte de la Marche tenant le parti des 
Bourguignons fut desconfit et prins et grant compai- 
gnie de chevaliers et escuiers normans à la journée du 
Pttiset^, près Yan ville en Beausse ; à laquelle journée 

1. PerceTal de Cagny passe sous silence le siège d'Etampes, 
défendu par Louis de Bosredon, qu'il a appelé Bourdon. On 
vient de voir que le siège d*£tampes se termina le 14 décembre 
par la prise de cette place. Cf. Chronique de Jean le Fèvre^ 
seigneur de Saint-Remy, éd. Morand, t. I, p. 44, et Chronique 
du Religieux de Saint^DeniSy t. IV, p. 572. 

2. Le Puiset, Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Jan- 
yille. Cf. V Histoire de Charles VI de Jean Jouvenel, éd. Denys 
Godefroy, p. 235. Quoique la Chronique normande de Pierre 
Cochon fixe au 9 décembre 1411 la date de cette rencontre 
(éd. Robillard de Beaurepaire, p. 260) et au lundi 7 décembre 
la reddition du château d'Étampes, il y a lieu de croire que ces 
deux dates sont inexactes. Le Religieux de Saint-Denis (t. lY, 
p. 576] fixe au 15 décembre la prise d'Etampes, date tout à fait 
voisine de celle que donne l'itinéraire du duc de Bourgogne 
(14 décembre). Je suis donc porté à croire que Taffaire duPui- 
set eut lieu entre le 14 décembre et le 21 décembre 1411, c'est- 
à-dire pendant la trêve dont parle le Religieux de Saint-Denis 
(t. lY, p. 578). Cependant, je dois ajouter que la C^ste des 
Nobles (Vallet de Yiriville, Chronique de la Pucelle^ p. 139) 
place le combat du Puiset pendant le siège d'Etampes et que 
je n'ai pas trouvé de quittance de gages d'hommes d'armes 
datée d'Etampes après le 6 décembre 1411. M. Tuetey [Jour^ 
nal d'un bourgeois de Paris, p. 17, note 3) cite une lettre de 
rémission, d'après laquelle le duc de Guyenne et le duc de 



i411] DE PERCE VAL DE CAGNT. 69 

moururent plusieurs chevaliers et escuiers et autres, 
et y furent prins le sire de Tournebu et d' Auvillers *, 
le sire de Veuville^, le sire de Montejan^ et moult 
d'autres Mansseaux et Normans et ung bouchier de 
Paris qui se fist chevalier, nommé Guillaume le 
Gouoys*, et autres d*icelle ville; ledit conte de la 
Marche et les autres prisonniers furent amenez devers 
monseigneur d'Orleens en sa ville dudit lieu. 

Et fut Fentreprinse faicte et menée à fin par mon- 
seigneur de Barbasen^, monseigneur de Gaucourt^, 
messire Lionnet de Braquemont^, capitaine de la 
place d'Yenville, Ponsson de la Tour® et autres en très 

Bourgogne n* « entreprindrent le voyage d'aler à Estampes » 
que le 5 ou le 6 décembre. Monstrelet (t. 11^ p. 228) ne donne 
pas de date, mais entre dans difiPérents détails de la rencontre 
du Puiset. 

1. Il était à la fois seigneur de Tournebu et d'Auvillars. 

2. Jean de la Vieuville. 

3. Jean, sire de Montjean. 

4. Fils aîné de Tbomas Le Goix/ il s'appelait Guiot d'après 
Monstrelet (t. II, p. 230). Son corps fut ramené à Paris et on 
l'enterra à Sainte-Geneviève (Jean Jouvenel, éd. D. Godefroy 
1653, p. 236). a On luy fit une tombe dessus sa sépulture, où 
« avoit un epitaphe qu'on peut voir. » Est-ce cette* épi taphe 
que M. Germain Lefèvre-Pontalis me signale? (Bibl. nat. 
lat. 5703, dernier fol. recto.) 

5. Arnaud Guilhem, seigneur de Barbazan. 

6. Raoul de Gaucourt. Cf. Histoire de Charles VI y par Jean 
Jouvenel, éd. Denys Godefroy 1653, p. 777 à 779. 

7. Lionnet de Bracquemont était chambellan du duc d'Or- 
léans. 

8. Poinçon de la Tour et plusieurs seigneurs reçurent en 
1410 des lettres patentes du roi; elles leur furent portées hâti- 
vement par Guillaume Cliquet, chevaucheur, qui le 7 août 1410 
donna quittance de son salaire (Bibl. nat., Titres scellés de 



70 CHRONIQUES [1412 

petit nombre envers leurs ennemis. Geste journée 
conforta moult le parti de monseigneur d'OIeens, qui 
en avoit moult grant besoiog, et abaissa moult le parti 
des Bourgoignons ^ . 

Le siège de Bourges. 

L'an MGGGGxn, ou mois de jullet, le duc de Bour- 
goigne mena le roy mètre le siège devant le duc de 
Berry en sa ville de Bourges*, le duc de Bourbon, le 
conestable d'AUebret, plusieurs barons banerez, che- 
valiers, escuiers et autres gens de guerre en sa com- 
paignie. Et combien que ledit de Bourgoigne eust 
grant assemblée de gens avecques le roy^, les portes, 
de ladite ville n'en furent oncques fermées, de jour et 
de nuit, et firent ceulx de la ville plusieurs saillies et 
escarmouches sur Tost du roy et luy portèrent de 
grans dommages et tuèrent moult de ses gens et 

Clairambault, vol. 218, pièce 35). Il périt à Azincourt (Mons- 
trelet, t. III, p. 119, note). 

1. Le Religieux de Saint-Denis, dans sa Chronique (t. IV, 
p. 580), se fait Técho du même sentiment. 

2. Charles VI et le duc de Bourgogne quittèrent Melun le 
14 mai 1412 et arrivèrent le 11 juin devant Bourges par Joi- 
gny, Auxerre, Druyes-les-Belles-Fontaines, Donzy, la Charité- 
sur-Loire, le Berry et Dun-le-Roi (E. Petit, Itinéraires de Phi- 
lippe le Hardi et de Jean Sans^Peur, ducs de Bourgogne^ 
p. 388 et 389). 

3. Il convient de signaler la montre du duc de Bar, chevalier 
banneret, suivi de sept chevaliers bannerets, de douze cheva- 
liers bacheliers, trois cent cinquante-six écuyers, trente-six 
archers, quatre ménestrels, trois queux et des trompettes de 
sa compagnie reçus devant Bourges le 15 juin 1412 (Bibl. nat., 
coll. Clairambault, vol. 9, fol. 536). 



1412] DE PERCEVAL DE GA6NY. 71 

prindrent prisonniers; messire Pierre de Navarre, 
coote de Mortaîng, messire Gilles, frère du duc de 
BretaigneS et d'aultres grans seigneurs moururent 
audict siège ^. 

En celui an, ou mois de septembre^, par appoinc- 
tement fait entre monseigneur de Berry et ledit de 
Bourgoigne audit lieu de Bourges, le roy leva son 
siège et de là s'en vint en la ville d'Ausseurre^, auquel 
lieu le duc de Berry et touz noz autres seigneurs 
tenans le parti du roy en la compaignie de monsei- 
gneur d'Orleens, furent touz, excepté le duc d'Alen- 
çon, qui demoura en son pais par le conseil et acort 
de nozdiz seigneurs, lesquelz Tavoîent lessé pour 
ce, et afBn que il trouvast les moyens de faire ve- 
nir le duc de Qerence en leur aide^ pour obvier 

1. Tous deux, d'après Monstrelet (t. II, p. 290], moururent 
en chemin vers Auxerre, au retour de l'expédition. Mais il se 
trompe au moins pour Gilles de Bretagne, qui mourut dès le 
19 juillet. Pierre de Navarre mourut à Nevers (Tuetey, Jour" 
nal de Nicolas de Baye y t. II, p. 80). Cf. le Songe Véritable y 
p. 191. 

2. Le 18 juillet, Charles VI et le duc de Bourgogne partirent 
de Bourges (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de 
Jean Sanê~Peur, p. 390). 

3. Lisez juillet y et plus précisément le 15 juillet [Chronique 
du Religieux de Saint^Denis, t. IV, p. 692 à 700). 

4. Jean Sans-Peur arriva à Auxerre le 28 juillet (E. Petit, 
op. cit,, p. 390). Suivant Monstrelet, Charles VI ne quitta la 
plaine de B^^urges que le 20 juillet (t. II, p. 289). 

5. Le baîlU de Caen mit la main sur les papiers de Témis- 
saire des princes, Jacques Le Grand, Augustin. Ils furent exa- 
minés en conseil à Thôtel Saint-Pol le 6 avril 1412 (Monstrelet, 
t. II, p. 2'i6. — Chronique du Religieux de Saint^Denis, t. IV, 
p. 658). Il est facile de prouver qu'en effet Jacques Le Grand 



72 CHRONIQUES [i412 

aux mauvaises malices des entreprinses^ du duc 

était ragent du duc d'Orléans; le 6 janvier 1411 (n. st.), ce 
prince lui faisait remettre trente livres tournois « pour faire et 
« faire faire voyages en certains lieux » (Bibl. nat.. Cabinet des 
Titres, Pièces originales, vol. 2157, pièce 460). Est-il téméraire 
de penser que ces a voyages en certains lieux » désignent des 
missions en Angleterre ? Sur cette question, voir une note de 
M. Morand dans son édition de la Chronique de Jean le Fèvre, 
seigneur de Saint-Remy y t. Il, p. 389. 

1. Le traité des princes avec TAngleterre est du 18 mai 1412 
(Monstrelet, t. Il, p. 339, et Mémoires de Pierre de Fenin, éd. 
de M"" Dupont, p. 32, note 1). Comme Ta fait remarquer Douët 
d'Arcq (Monstrelet, t. II, p. 241, note 1), Walsingham montre 
que Thomas, comte de Dorset, fut chargé par le roi d'Angle- 
terre de négocier cet accord, mais qu'il ne se fit pas faute de 
ravager les terres de ses nouveaux alliés ; il finit par consentir 
à prendre ses quartiers d'hiver en Guyenne. Voici une lettre 
du sire de Heilly, personnage que Jean Jouvenel (éd. D. Gode- 
froy 1653, p. 237) indique comme chargé en 1411 de la défense 
du Poitou. Cette lettre, datée du 27 juillet [1412], soit sept 
jours après que Charles VI eut quitté les champs devant 
Bourges, montre l'embarras du parti Orléanais qui ne pouvait 
poursjiivre les Anglais, et la duplicité de ceux-ci, qui, avec le 
comte de Dorset, appuyaient les Orléanais, et avec le comte 
d'Arundel combattaient pour le compte du duc de Bourgogne. 
a Mes très chîers et honnorés seigneurs, jfe me recomande à 
a vous tant come je puis ; et vous plaise à savoir que quant je 
« suy arivé en Guienne, j'ay ouy nouvelles que les Angloys 
« estoient passés la rivière de la Charante et les conduîsoit 
a Jehan des Hayes, cappitaine de Chasteauneuf pour monsei- 
« gneur d'Orliens, lequel leur a donné passage audit lieu; et 
a incontinent que je oy les nouvelles, j'escrips à Barbazan et 
« à Thorssay qu'ilz se voulsissent mètre sus ou tout le plus de 
« gens d'armes et de trait qu'ilz porroyent finer, en leur offrant 
« de les paier et contenter come il est raison ; et que mon enten- 
« cion eatoit ou l'aide d'eulx et des bons, vrays et loyaulx sub- 
« gés du roy, de ruer jus lesdiz Angloys et les cassier hors du 
a pais. A quoy ilz me firent une responce très obscure; et pour 



1412] DE PERCEYAL DE CAGNT. 73 

de Bourgoigne. 

a ce je renvoyay par devers eulx pour savoyr oultreement leur 
a Youlenté et s'ilz me donroyent retrait es forteresses de mon- 
« seigneur de Berry, se mestier en avoye. Sur quoy ledit Bar- 
a basan me fist responce à deux visaiges, disant qu'il servoit 
« tousdiz le roy, sans moy declairer autrement sa youlenté, 
a come appert plus à plain par ses lettres qu'il m'envoya, les- 
« quelles j' envoyé au roy et la coppie à monseigneur de Guienne. 
a Et ont passé lesdiz Angloys à ung des bouts de Poitou sans 
« avoir trouvé qui leur ait fait aucun empeschement; ainçoys 
a ont eu des vivres et autres choses à eulx neccessaires pour 
« leur argent; et se j'eusse peu avoir retrait es plasses de 
« mondit seigneur de Berry, je leur eusse pourté domage à 
« mon povoyr et ne feussent pas ainssi passés. Et pour ce me 
« suis tenus jusques à ores en ceste ville de Parthenay, en 
« atendant mes gens ; et aussi que ilz c'estoient vantés de des- 
«c truyre la terre de monseigneur de Parthenay, car ilz ne font 
a guerre que à ceulx qui, l'année passée, ont tenu le parti du 
« roy. Si m'en pars au jour de huy pour m'en aler audevant du 
« conte Dorsset, lequel a fait charger très grant quantité de 
« habillemens de guerre, en entencion de venir mètre le siège 
« devant Montandre ; et si Dieu plaist, en brieff orrés bonnes 
« nouvelles. Mes très chiers et honnorés seigneurs, je vous ay 
« autrefoys escript qu'il vous pleust expédier ce que messire 
« Jehan Harpedenne, seigneur de Belleville, a à faire par devers 
« vous. Si vous prie, tant que je puis, que vous plaise l'avoyr 
« pour recommendé en ce qu'il aura à faire; car c'est ung 
« homme, entre les autres du pays de part deçà, de qui le roy a 
« bien à faire pour le présent, et qui l'année passé et tousjours, 
a c'est fort expletté au fait du roy, et de bon voloyr. Et vous 
« plaise moy mander tousdiz ce que par vous vouldrés que je 
a face et je le acompliray de bon vouloyr en priant le benoist 
<c Filz de Dieu qu'il vous ait en sa saincte garde et vous doint 
« bonne vie et longue, et tout ce que vostre cuer désire. Escript 
« à Parthenay, le xxvij* jour de juillet. 

a Le sire de Heilly, mareschal de Guienne et gouverneur de 
« la Rochelle. » 

a A mes très chiers et honnorés seigneurs, messeigneurs de 



74 CHRONIQUES [1412 

Le département du siège de Bourges. 

Le roy, monseigneur de Guienne, le roy Louys*, 
messire Pierre de Navarre, conte de Mortaing, mes- 
sire Gilles de Bretaigne, les duc de Bourgoigoe, de 
Bant (sic) ^ et contes de Nevers et de Saint Poi furent 
audit siège de Bourges, et après le trespas des des- 
susdiz de Navarre et de Bretaigne vindrent, comme 
dit est, audit lieu d'Ausseurre ; auquel lieu vindrent 
devers le roy noz seigneurs les ducs de Berri, d'Or- 
leens^, de Bourbon, les contes de Vertus, d'Angou- 
lesme, d'Armignac, le conestable d'AUebret et plu- 
sieurs autres seigneurs, tant d'église que d'autres. 

Et la convencion et assemblée faite^, chacun poeult 
sçavoir que touz les bons François desiroient, comme 

« la chambre des Comptes » (Bibl. nat. fr. 20437, fol. bl, papier). 
Jean Jouvenel (éd. Godefroy 1653, p. 246) mentionne l'expé- 
dition au. cours de laquelle le sire de Heilly écrivit ce que 
l'on vient de lire, et explique qu'elle échoua faute d'argent. La 
proposition que le sire de Heilly faisait à Barbazan de lui payer 
une solde peut donc être considérée comme une plaisanterie 
d'assez mauvais goût. 

1. C'est-à-dire Louis II, roi de Sicile. 

2. C'est Bar qu'il faut lire. Voir ci-dessus, p. 84, note 3. 

3. Pendant son séjour à Auxerre, le duc d'Orléans fit remettre 
« aux variés de porte de Tostel de monseigneur le roy estant à 
« Auxerre x escus, et au héraut de nostre très chier et très amé 
a cousin le conte de Richemont, qui audit lieu d'Aucerre nous 
« apporta lettres de par lui, x escuz, que nous leur donnasmes 
a lors » (Bibl. nat., Pièces originales, vol. 2157, pièce 484). 

4. Jean Sans -Peur demeura à Auxerre du 28 juillet au 
23 août 1412 (E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de 
Jean Sans-Peur, p. 390 à 392). 



1412] DE PERGEVAL DE CAGNY. 75 

fere le dévoient, que le roy fust osté mis de la sub- 
jectioD et contraincte en quoy le tenoit ledit de Bour- 
goigne ; et après plusieurs parolles, tant d'un costé 
que d'autre, le roy print touz les debaz et guerres 
devantdites en sa main et aux parties fist jurer et pro- 
mettre paix et acort ensemble et à touz les seigneurs, 
tant d'un costé que d'autre ^ 

Et audit lieu fut apointié que touz les chevaliers et 
escuiers et touz autres de quelque estât et condicion 
qu'ilz fussent revendroient et pourroient prendre la 
saisine et possession de tous leurs héritages quel- 
conques que eulx ou leur prédécesseurs estoient ou 
avoient esté avant les debaz et guerres menés par la 
mort du duc d'Orleens, tant d'un costé que d'autre ; 
et avecques ce ung et chacun d'iceulx pourroit 
reprendre et avoir touz et chacuns ses meubles qui 
seroient en estre : et ou surplus, qui a perdu, si ait 
perdu*. 

1. Nicolas de Baye, dans son Journal (éd. Tuetey, t. II, p. 79), 
donne le texte des lettres de Charles VI, datées du 3 août 1412 
à Auxerre, par lesquelles le roi priait le Parlement d'envoyer 
« vj notables personnes et un président s> en même temps que 
le premier président. Ils devaient représenter le Parlement à 
une sorte d'assemblée convoquée à Auxerre le 10 août suivant 
et qui devait se prononcer sur les mesures proposées par le 
conseil royal pour la pacification générale. L'assemblée eut 
lieu le 22 août [Ibid,, p. 83. — Chronique du Religieux de 
Saint'Denis, t. IV, p. 706). Le même jour, Charles VI ordon- 
nait au duc d'Orléans de renoncer à l'alliance anglaise (Douët 
d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles F/, 
t. I, p. 352). 

2. Cf. Monstrelet, t. II, p. 289-290, 292-296. Sur ces lettres 
de restitution, voir le Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 87 
à 92, et Chronique du Religieux de Saint^Denis^ t. IV, p. 722. 



76 CHRONIQUES [1412 

La venue du due de Clerence. 

En Tan m gggg xu, oudit mois de septembre, le duc 
de Glerence, en sa compaignie de x à xij mille 

Englois, vint descendre ^ Monseigneur d'Alen- 

çon en tout le fait monseigneur d'Orleens fut plus 
fervent et en print plus paines et travaulx à ses des- 
pens que nul des autres seigneurs; il ala jusques à 
Fougieres^ audevant dudit de Clerence et le recuellit 
très grandement et tant que il en fut très content et 
ceulx de sa compaignie; il le amena par le pais du 

G*est en invoqaant ces dispositions que Perceval de Cagny, 
comme on Ta vu à la fin de la Notice, disait le 27 février 1413 
(n. st.) qu' « il avoit esté ordonné que lui et les paranlx recoa- 
« yerroient leurs héritages nonobstant appeaulx, procès et 
« sentences, etc. » On voit qu'il avait des raisons bien person- 
nelles d'insister, comme il Ta fait ici. 

1. D'après le Religieux de Saint-Denis (t. lY, p. 704), le roi 
apprit devant Bourges le débarquement des Anglais. Douét 
d'Arcq, dans son Choir de pièces inédites relatives au règne de 
Chartes VI (t. I, p. 359), a publié l'engagement de service du 
duc de Ûarence. Monstrelet (t. Il, p. 291) dit que la nouvelle 
du débarquement des Anglais vint au roi alors qu'il était k 
Auxerre; il évalue le nombre des ennemis à 8,000, dont 
2,000 bassinets, et les fait débarquer à la Hougue. En effet, les 
Anglais descendirent à Saint- Vaast-de-la-Hougue le 10 août 
1412 (S. Luce, Chronique élu Mont-Saint^Michely t. I, p. 19). 
Gruel, dans sa Chronique d^ Arthur de Richemont, estime qu'ils 
étaient 10,000 (éd. Le Vavasseur, p. 10) et signale le service 
que son héros rendit an duc d'Alençon, son bean-firère, en 
Taidant à réduire plusieurs places appartenant au duc et qui 
« s'estoyent rebellés contre luy. • 

2. Fougères, lUe- et -Vilaine, chef- lieu d'arrondissement. 
Monstrelet ^t. O, p. 291) fait accompagner le comte d'Alençon 
par le comte de Richemont. 



1412] DE PERCEYÂL DE CA6NT. 77 

Maine, et en venant droit à Gilli le Guillaume ^ bou- 
tèrent des feux, prindrent des prisonniers et firent 
moult d'aultres maulx : ils prindrent le chasteau de 
Gilli le Guillaume d'assault. 

Audit lieu, le duc d'Alençon eut nouvelles et sceut 
certainement que le traictié et appointement estoit fait 
en la ville d'Auxeurre par le roy, entre les ducs d'Or- 
leens et de Bourgoigne^. Le duc d'Alençon print 
congié du duc de Glerence et s'en vint en son chastel 
d'Alençon. Ledit de Glerence print son chemin droit 
au Mans et ardit les faulxbours qui estoient moult 
beaulx et notables, et d'illecques droit à Yendosme et 
auprès de Blois ^ ; et faisoit bien sça voir et congnoistre 
le chemin par où il estoit passé, en boutant les feux 
en moult de lieux. 

Le siège de Bellesme. 

Le roy de Gecille, tenant le parti des Bourgoignons, 
ouparavant de ce avoit mis et tenu le siège devant la 
ville et chasteau de Bellesme^ ou Perche; ceulx de la 

1. Gruel attribue la prise de Sillé-le-Guillaume (Sarthe, arr. 
du Mans] au comte de Richemont (p. 10). 

2. Au mois de novembre 1412, le roi licencia tous ses auxi- 
liaires anglais, <c ausquelz icellui seigneur donne de présent 
a congié pour eulx en aler en leur pais » (Bibl. nat., coll. Clai- 
rambault, vol. 13, fol. 855; vol. 46, fol. 3405 r» et v<>; vol. 49, 
fol. 3715; vol. 53, fol. 3987 v° et 3988; vol. 85, fol. 6709; 
vol. 62, fol. 4823; vol. 97, fol. 7567; vol. 98, fol. 7639; 
vol. 100, n» 30; vol. 102, n<> 37 ; vol. 104, n» 162). 

3. Blois était en effet marqué comme Fendroit où les Anglais 
recevraient des princes leurs gages (Rymer, Fœderay t. IV, 
2* partie, p. 12 et 22). Ce paragraphe a été publié par D. Gode- 
froy, Hist. de Charles VI.., par J, J. des Ursins, éd. 1653, p. 660, 

4. Suivant Monstrelet (t. II, p. 248), le roi de Sicile quitta 



«B 



78 CHRONIQUES [1412 

place se reDdirent à lui^ Lui et ses gens firent de 
moult grans maulx et dommages ou pais ; pour quoi 
moult gens ont supposé et dit que le duc d'Alençon 
lui fist d'autel pain souppes^. 

Quant le duc de Glerence fut passé la rivière de 
Laire^, nosseigneurs du party d'Orleens envoierent 
devers lui pour le mercier des grans services et plai- 
sir que il leur avoit fait à touz, en venant pardeça 
pour leur aide ; et pour ce que ils n'avoient mie argent 
prest pour le contenter, luy fut baillé le conté d'An- 
goulesme en ostage et plege de cent mille frans, dont 
ilz furent bien contemps, et d'illecques s'en partit et 
s'en ala droit ou pais de Bordelais^. 

Paris le 20 avril 1412. Saint-Rémy-du-Plain, puis Domfront 
furent pris ; Bellême (Orne, arr. de Mortagne) subit le même 
sort [Chronique du Religieux de Saint-^DeniSy t. FV, p. 674). 
Le roi de Sicile avait obtenu de la faiblesse de Charles VI la 
concession de ce qu'il enlèverait au comte d'Alençon [Ibid., 
p. 634. Cf. Chronique de Jean le Fèvre, seigneur de Saint" 
Remy, éd. Morand, t. I, p. 54 à 57). 

1. Monstrelet (t. II, p. 254). Cette campagne est antérieure 
au siège de Bourges et par conséquent à la venue du duc de 
Clarence. 

2. En faisant ravager ses terres par les Anglais (Monstrelet, 
t. n, p. 300). 

3. Chronique du Religieux de Saint^Denis, t. IV, p. 720. 

4. D'après Monstrelet (t. II, p. 300), la somme totale due 
aux Anglais par les seigneurs du parti Orléanais était de 
200,000 écus. Dans l'impossibilité où il sentait ses débiteurs 
de le satisfaire, le duc de Clarence accepta comme otages de 
110,000 francs d'or le comte d'Angoulême et plusieurs sei- 
gneurs (Ibid., p. 303 et 304). Comme le dit Perceval de Cagny, 
les Anglais se retirèrent en Bordelais (Ibid., p. 300 et 305). 
Les chiffres donnés par la Geste des Nobles (Vallet de Viriville, 
Chronique de la Pucelle, p. 144) sont à peu près les mêmes. 



1412] DE PERCEVAL DE CAGNY. 79 

La prinse de Laigle et de Saint Remy. 

Ed celui an et mois, le coDte de RichemoDt amena 
une belle compaignie de Bretons ou pays du duc 
d'AIençon et print sur les Bourgoignons le chastel de 
Saint Remy du Plain^ et la tour de Laigle^ d'assault 
et Saint Remy par composition. 

Le Borgne de la Heuse vint devant Argenthen. 

En l'an m gggg xu, le Borgne de la Heuse ^ 
et messire Richart de Tournebu^, logiés à Fa- 

L*accord entre le duc d'Orléans et le duc de Glarence porte le 
nom de traité de Buzançais (14 novembre 1412. — Dupont- 
Ferrîer, Jean d'Orléans , comte d' Angouléme , dans Positions 
des thèses soutenues à V Ecole des chartes en 1888, p. 34). Il 
convient de signaler aussi l'état des sommes envoyées à Jean, 
comte d'Angoulême, en Angleterre, pendant sa captivité, de 
1413 à 1436, publié par M. Vallet de Viriville dans la Biblio- 
thèque de l'École des chartes, année 1854-1855, t. XVI, p. 556. 

1. Saint-Remy-du-Plain, Sarthe^ arr. et cant. de Mamers 
(Histoire de Charles VI, par Jean Jouvenel, éd. D. Godefroy 
1653, p. 236). 

2. La prise de Laigle (Orne, arr. de Mortagne, chef-lieu de 
canton) est mentionnée par Gruel (p. 10), mais non celle de 
Saint-Remy. 

3. Robert dit Le Borgne de la Heuse avait assisté, le 10 mai 
précédent, à l'affaire de Saint-Remy-du-Plain (Histoire de 
Charles VI, par Jean Jouvenel, éd. D. Godefroy 1653, p. 240, 
et Mémoires -dé Pierre de Fenin, éd. de M"® Dupont, p. 30). 
Sur Robert de la Heuse, il y a une notice dans le Songe Véri- 
table (extrait des Mémoires de la Société de V Histoire de Paris, 
t. XVn, p. 156). 

4. Le 29 juin 1413, Richard de Tournebu, seigneur de Grim- 
bosc et d'Auvillars, donnait quittance pour paiement de ses 



80 CHRONIQUES [1413 

loiseS partirent dudit lieu à mille BourgoigDons, ou 
plus, eu leur compaignie, pour venir faire une eschar^ 
mouche. Mais, quant vint à l'aproucher, ilz regardèrent 
la place de loing et puis s'en alerent. En celui [an] fut 
très grant mortalité en tout le royaume. 

U assemblée de Vemueil. 

En Tan m gggg xni, x jours en juillet, touz noz sei- 
gneurs tenans le parti de monseigneur d'Orleens 
furent assemblez en la ville de Vernueil * pour aviser 
par quelle forme et manière le duc de Bourgoigne 
pourroit estre mis hors de la ville de Paris et de la 
compaignie du roy^. Monseigneur d'Alençon, qui 
tousjours faisoit les grans diligences de ce qui fesoit à 
entreprendre, procura et fist tant que le roy de Cécile 

gages de lui, chevalier banneret, onze écuyers et treize archers^ 
« au pais de Basse Normandie pour la défense desdis pais, en 
« la compaignie et sous le gouvernement de messire Robert de 
« la Heuse^ dit le Borgne, chevalier banneret, capitaine gênerai 
« dudit pais de Basse Normandie » (Bibl. nat., Pièces originales, 
« vol. 2866, dossier 63621, pièces 44 et 45). La veille, Robert 
de la Heuse avait fait montre à Carentan (Bibl. nat., coll. Glai- 
rambault, vol. 59, fol. 4557 v<>). 

1. Falaise, Calvados, chef-lieu d'arrondissement. 

2. Vemeuil, Eure, arr. d'Evreux. La présence du duc d'Or- 
léans à Verneuil est constatée le 15 juillet (Bibl. nat.. Quit- 
tances, vol. 48, pièce 4770). Monstrelet ne donne pas la date 
précise de cette réunion des princes. Elle avait été précédée 
de négociations à Ivry (A. Tuetey, Journal de Nicolas de Baye y 
t. II, p. 118) et à Sablé (Vallet de Viriville, Chronique de la 
Pucelle, p. 148). 

3. Le duc de Bourgogne s'était mis en possession de la Bas- 
tille, qui le rendait vraiment maître de Paris. (Bibl. de Rouen, 
coll. Leber. Extraits de la Chambre des comptes, vol. 11^ 
fol. 60 V». — 9 mai 1413.) 



I 



1443] DE FERCEYAL DE CAGNY. 8i 

et d'autres gens de bien lesserent le parti des Bour- 
goigDODS^ et vindrent et furent avecques nozdiz sei- 
gneurs audit lieu de Yernueil par Tespaoe de viij ou 
X jours que le conseil fut par chacun jour tenu entre 
eulx. Si peult chacun sçavoir que l'assemblée fut 
moult somptueuse et à la charge dudit d'AIençon. 

Et le temps pendant que ilz furent audit lieu de 
Vernueil, par plusieurs foiz fut envoyé devers le roy, et 
monseigneur de Guienne ^ print leurs parolles et leurs 
faiz en grant amitié et congneut le très grant honneur 
et prouffit que ung chacun d'eulx vouloit faire au roy 
et à lui, et le grant péril où ilz se estoient mis pour 
acquiter leurs loyautez devers le roy et lui. Et pour en 
sçavoir plus clerement par leurs bouches que faire ne 
povoit par escript, leur bailla journée à laquelle eulx 
touz seroient en la ville de Yernon sur Saine ; à laquelle 
journée ilz furent touz^. 

1. Le traité entre le roi de Sicile et le duc d'Orléans est daté 
d'Angers 16 février 1413, n. st. (Douët d'Arcq, Choix de pièces 
inédites relatives au règne de Charles VI, 1. 1, p. 359. Cf. Chro^ 
nique du Religieux de Saint^DeniSy t. IV, p. 768). Le duc d'Or- 
léans écrivit de Verneuil une lettre pressante, le 15 juillet, au 
comte d'Harcourt (Bibl. nat., Quittances, vol. 48, pièce 4770). 
'' 2. Monstrelet (t. II, p. 376) fixe au mercredi 12 juillet 1413 
le retour des ambassadeurs envoyés par le roi à Verneuil auprès 
des princes. Les détails donnés par le Journal de Nicolas de 
Baye (t. Il, p. 117 à 122) sont curieux. Cf. la Chronique du 
Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 80; la Geste des Nobles, Vallet 
de Viriville, dans Chronique de la Pucelle, p. 147 ; et la Chro" 
nique de Jean le Fèvre, seigneur de Saint-Remy, t. I, p. 87. Le 
comte de Vertus ne paraît pas avoir assisté à cette sorte de 
congrès ; le 22 juillet 1413, il était à Blois, d'où il écrivait au 
seigneur de Gaules à la Ferté-Hubert et à Clignet de Brabant 
à Courcelles (Bibl. nat., Quittances, vol. 48, pièce 4772). 

3. Les conférences de Vernon (Eure, arr. d'Ëvreux) com- 



82 CHRONIQUES [1413 

Vassemblée à Vernon. 

Oudit ao et en la fin dudit mois de jullet, nozdiz 
seigneurs furent audit lieu de Vernon^, comme dit 
est, chacun d'eulx moult grandement acompaignié, et 
cuiderent là passer Saine et venir devant Paris pour 
eulx mètre entre ledit de Bourgoigne qui estoit dedens, 
et son pais de Picardie et de Flandres^. Mais audit 

mencèrent sans doute le 22 juillet 1413 [Chronique du Reli- 
gieux de Saint'Denis, t. V, p. 96). Cependant, dès le 21 juil- 
let, le duc d'Orléans était à Vernon, d'où il envoya Aleaume 
de la Mote, son maître d'hôtel, « à Clermont, devers madame 
« de Bourbon, et de là à Beaumont sur Oize, où mondit seigneur 
« d'Orléans m'envoya pour certaines choses à moy enchar- 
« gées par mondit seigneur et son conseil » (Bibl. nat., Quit- 
tances, vol. 48, pièce 4771). Le 24 juillet, le comte d'Arma- 
gnac expédiait une lettre à Vernon, à l'adresse du duc (Ibid., 
pièce 4773). D'après le Beligieux de Saint-Denis (t. V, p. 120), 
la réunion de Vernon prit fin dans les derniers jours de juil- 
let, et il raconte que le duc de Berry, parti de Vernon, arriva 
à Saint-Denis le 31 juillet. Mais il semble que le duc d'Orléans 
était parti avant le 27 juillet, puisque, des termes d'un docu- 
ment contemporain, il paraît possible de conclure que le 27 juil- 
let le duc était à Avrilly-au-Perche (Orne, arr. et cant. de 
Domfront). Voici l'analyse de ce texte : Laurens du Jars, écuyer 
d'écurie du duc d'Orléans, donne quittance de 11 livres 5 sous 
tournois a pour aler présentement et hastivement d'Avrilly 
a ou Perche, par devers messire Clignet de Breban ou pays 
« de Gastinoys, pour lui dire certaines choses à luy enchar- 
«c gées par mondit seigneur le duc et rapporter response » 
(27 juillet 1413. — Bibl. nat.. Quittances, vol. 48, pièce 4776). 

1. Vernon devait être remis « en la main du roy de Sicile, 
« par bonne seureté de le rendre, l'assemblée passée » (A. Tue- 
tey. Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 120-124). 

2. Ce projet n'est pas indiqué par Monstrelet, qui dit sim- 
plement que Clignet de Brabant, à la tête de 16,000 hommes. 



1413] DE PERCEVAL DE CAGNY. 83 

lieu de YernoD leur fut fait asçavoir par monseigneur 
de Guienne et le duc de Berri, lequel duc de Berri 
estoit devers le roy pour trouver aucuns appoincte- 
mens, que ilz retournassent et que ilz entreroient 
dedens Paris par le costé de devers Chartres ^ . 

entra en Gâtinais pour guerroyer contre les Parisiens (Cf. Bibl. 
nat., Quittances, vol. 48, pièce 4776). Hélion de Jacqueville 
s'avança contre lui jusqu'à Montereau, mais ne sut pas le 
joindre (t. II, p. 391). Quant à Jean Sans-Peur, parti de Paris 
le 21 juillet après dîner, il gîta à Pontoise et y séjourna jus- 
qu'après dîner, le 31 du même mois (E. Petit, Itinéraires de 
Philippe le Hardi et de Jean S ans- Peur y ducs de Bourgogne y 
p. 400). Sur les négociations qui précédèrent la fuite du duc 
de Bourgogne, voir Monstrelet, t. II, p. 373 et 376. Le séjour 
de Jean Sans-Peur à Pontoise permet de vérifier l'exactitude 
du récit de Monstrelet (t. II, p. 376 et 377). Cf. le Journal £un 
bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 34, qui fixe au 20 juillet la 
venue du duc de Berry à Pontoise. 

1. Le duc d'Orléans était à Blois le 5 août 1413 et envoya 
Guillaume de Puivinant, écuyer, son échanson, en Limousin 
« porter lettres closes de mondit seigneur adressans à plu- 
« sieurs chevaliers et escuiers et prelaz dudit pais » (Bibl. 
nat., Quittances, vol. 48, pièce 4780). P'Orléans, où il était le 
9 août, le duc d'Orléans suivit de près les pourparlers avec 
Paris ; ce jour-là, il expédia aux ducs de Guyenne et de Berry 
son écuyer, Pierre du Saillant, leur porter des lettres closes 
(Bibl. nat., Quittances, vol. 48, pièce 4781). Le même jour, 
départ du chambellan François de Orignaux avec une mission 
auprès du roi et du duc de Guyenne (Ibid., pièce 4782). Les 11, 
13, 14, 16 août, on constate de même la présence du duc à 
Orléans. Notamment le 14 août, il envoya son échanson, Guil- 
laume de Mareuil, en Anjou, « pardevers le roy Loys » (Bibl. 
nat., Quittances, vol. 48, pièces 4*^83 à 4786 et 4790). Le 
résultat des pourparlers fut que le roi lança le 10 août des 
lettres consacrant « la paix nagaires faicte et acordée par le 
c( roy nostre sire en son royaume » et ordonnant « que l'en 
« feist vuydier et départir hors du royaume de France toutes 

7 



84 CHRONIQUES [14i3 

Si prindrent nozdiz seigneurs et leur oompaignie 
leur chemin à Dreulx^ à Galardon^, à Lonjumeau^, 
auquel lieu leur fut fait asçavoir par nozdiz seigneurs 
de Guienne et de Berri, que quant ledit de Bour- 
goigne sçeut leur venue ^, il fist seoiblant et demanda 
congié à nozdiz seigneurs de Guienne et de Berry de 
aler chassier es bois de Bondiz^ ; et si tost que il fut 

« gens d'armes, archiers, arbalestiers, gens de compaîgne, 
« routiers et autres gens de guerre » (BibL nat., Quittances, 
vol. 48, pièce 4793). Peut-être, ce jour-là même, le duc 
d'Orléans était-il à Blois (Bibl. nat.. Quittances, vol. 48, 
pièces 4797). 

1. Dreux, Eure-et-Loir, chef-lieu d'arrondissement. 

2. Gallardon, Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Main- 
tenon. 

3. Lonjumeau, Seine-et-Oise, arr. de Corbeil. Robert de 
Tuillieres, conseiller du duc d'Orléans, donna quittance de 
ses gages (fixés par lettres du 10 août) durant quarante jours, 
<x pour avoir esté par l'ordonnance et commandement de mon- 
« dit seigneur, de Bloys à Yvry, pour parler et traictier 
« avecques aucuns des conseillers du roy nostre sire d'au- 
« cunes matières touchans grandement le bien, honneur et 
« prouffît du roy nostredit seigneur et de son royaume ; et aussi 
« pour estre demouré avecques mondit seigneur le duc et en 
« sa compagnie et par son ordonnance, ou pays et mettes de 
« Normendie, ouquel mondit seigneur, pour les causes dessus- 
« dictes s'estoit traiz en la compaignie du roy de Secille, 
« messeigneurs les duc de Bourbon et conte d'Alençon et 
« d'autres seigneurs, prelas et barons tant dudit pays comme 
« d'autres, pour icelles causes assemblez oudit pays » (31 août 
1413. — Bibl. nat.. Quittances, vol. 48, pièce 4797). 

4. Le 20 août 1413, le duc de Bourgogne traita les ambassa- 
deurs du roi de Sicile et du duc d'Orléans (E. Petit, Itinéraires 
de Philippe le Hardi et de Jean Sans^Peur, p. 400). Le 6 août 
précédent, il avait donné à dîner au duc de Berry et au con- 
seil du roi (Ibid.y p. 400). 

5. Suivant Monstrelet (t. II, p. 400 et 401), Jean Sans-Peur 



4413-1414] DE PERCEVAL DE GAGNT. 85 

hors de Paris, il se mist ea abit dissimulé et en Testât 
d*un simple gentilhomme, et, le plus hâtivement que 
faire le pout, recouvra sa ville d'Ârraz^ Et noz 
seigneurs alerent devers le roy et monseigneur de 
Guienne^. 

Comment le duc de Bourgoigne vint devant Paris. 

En celui an, poy de temps après ce que ledit de 
fiourgoigne se fut ainssi emblé de la présence du roy 
et de noz seigneurs de Guienne et duc de Berri, il 
assembla très grant compaignie de Bourguignons, 

« trouva manière » que le roi allât chasser en la forêt de Ville- 
neuve-Saint-Georges ; puis il le quitta subitement sous un pré- 
texte quelconque, gagna la forêt de Bondy, alla coucher à Pont- 
Sainte-Maxence et gagna TArtois, puis la Flandre (23 août 
1413). C*est bien conforme au récit de Jean Jouvenel [Histoire 
de Charles F/, éd. D. Godefroy 1653, p. 263). En effet, les 
Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans-Peur y ducs de 
Bourgogne^ publiés par M. Petit, mentionnent, le 23 août 1413, 
que le duc de Bourgogne, parti de Paris, dîna à Noisy-le-Sec, 
soupa à Pont-Sainte-Maxence; le 24 août, il dîna et gîta à 
Roye ; le lendemain, il dîna encore à Roye, mais soupa et gîta 
à Péronne; enfin, le 26 août, il atteignait Bapaume (p. 400). 
Ceci confirme le récit des chroniqueurs, qui s*accordent à 
noter la hâte que Jean Sans-Peur mit à s*enfuir. 

1. Lisez Douai et Lille (E. Petit, Itinéraires de*Philippe le 
Hardi et de Jean Sans^Peur, p. 400 et 401). 

2. Le 31 août, suivant le Religieux de Saint-Denis (cf. Yallet 
de Viri ville, Geste des nobles , Chronique de la Pucelle, p. 150), 
et non le 1®' août, comme le dit à tort le Bourgeois de Paris 
dans son Journal, p. 35. La Chronique de Pierre Cochon con- 
firme la date du 31 août (éd. Robillard de Beaurepaire, p. 268). 
— Le 30 novembre 1413, le comte d'Alençon fut créé gouver- 
neur de Normandie [Chronique de Pierre Cochon, éd. Robil- 
lard de Beaurepaire, p. 268). 



86 CHRONIQUES [1414 

Picquars, Flamaas et autres^ et s'en vint logier en la 
ville de Saint Denis, touz noz seigneurs du party du 
roy et de monseigneur d'Orieens estans en la ville de 
Paris ^. Et vint à estendart desployé et en bataille 
jusques au noiarché aulx Pourceaulx, et là fut par l'es- 
pace de iij heures et mieulx ; et quant il vit que nulz 
ne venoient à lui, retourna audit lieu de Saint Denis' 
et d'illecques en son pais^. 

1. La lettre reproduite par Monstrelet (t. II, p. 421), par 
laquelle le duc de Bourgogne notifie aux bonnes villes de 
Picardie son intention de soustraire le roi et le duc de 
Guyenne au parti Orléanais, est datée du 23 janvier 1414 
(n. st.). Le même jour, le duc de Guyenne, par une lettre 
adressée au bailli d'Amiens, protestait contre l'intervention de 
Jean Sans-Peur (Ibid., p. 425). Celui-ci se mit en marche à la 
fin de janvier 1414 (n. st.] et réunit son ost à Bapaumes, d'où il 
entra en campagne le 30 janvier (E. Petit, Itinéraires de Phi" 
lippe le Hardi et de Jean Sans^Peur, p. 406). 

2. Le bomte d'Alençon fut spécialement chargé de la garde 
de l'hôtel de Bohême (A. Tuetey, Journal cTun bourgeois de 
Paris y p. 47), les autres princes se chargeant des diverses 
positions dans Paris. 

3. D'après Monstrelet (t. II, p. 431), Jean Sans-Peur se logea 
à Saint-Denis, à l'hôtel de l'Épée (7 février 1714, n. st. — 
E. Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans^Peur^ 
p. 407). Cf. Chronique du Religieux de Saint-Denis ^ t. V, 
p. 242. « Et dîsoit l'en que les coureux de son ost avoîent couru 
a jusques ou marchié des Pourceaux » (A. Tuetey, Journal de 
Nicolas de Baye^ t. II, p. 167. — 10 février 1414, n. st.). Le 
même jour, Nicolas de Baye raconte que, monté « au plus hault 
« de la tour criminelle, » il vît les gens d'armes du duc de 
Bourgogne entre le Roule et Montmartre. Enfin, le 13 février 
est le dernier jour où Nicolas de Baye parle d'un projet du duc 
de Bourgogne (Ibid., p. 168) contre Paris. 

4. Le 16 février 1414 (n. st.), au point du jour, le duc de 
Bourgogne partit de Saint-Denis, « où il a esté environ 



1414] DE PERCEVAL DE CAGNY. 87 

L'an MGGGGxni, ou mois de décembre, le baron 
d'Ivry^ fut envoyé par les seigneurs parler aux Bour- 
guignons qui estoient dedens le chastel de Gaen et leur 
porta leur remission, cuidant que ilz luy rendissent 
la place ; mais ilz dissimulèrent et prindrent terme de 
rendicion jusques au mois de mars ensuivant. Et de 
ce baillèrent ostages et le rendirent au jour qui fut mis. 

Des sièges de Compiegne et Soissons. 

L'an MGGGGxmi, le xv jour d'avril*, le roy, mon- 
seigneur de Guienne et nozdiz seigneurs partirent 
de Paris et alerent mètre le siège devant la ville 
de Compiegne^, en laquelle estoit pour le duc de 

« XV jours » (A. Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, t. II, 
p. 169). Il dîna et gîta à Dammartin-en-Gohelle (E. Petit, Iti- 
néraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans-Peur, p. 407) le 
même jour. 

1. Il y a une notice sur Gharles, baron dlvry, dans le Songe 
Véritable (Extrait des Mémoires de la Société de V Histoire de 
Paris y t. XVII, p. 148). 

2. D'après Monstrelet (t. 111, p. 1), Gharles VI s'était mis en 
route plus tôt, et il ajoute que le duc de Guyennte le rejoignit 
à Senlis le 9 avril 1414. La Chronique de Jean le Fèvre, sei- 
gneur de Saint'Remy (t. I, p. 158), fait partir Gharles VI de 
Paris le 4 avril 1414, alors que son fils, selon le même auteur, 
ne sortit de Paris que le 9 avril. Gharles VI songeait à cette 
petite expédition dès avant le 21 mars 1414, jour où il priait 
le Parlement de désigner deux de ses membres pour l'accom- 
pagner (A. Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 175). 

3. Gompiègne se rendit le 7 mai 1414 (Monstrelet, t. 111, 
p. 4), Il paraît que Gharles VI, la reine et le duc de Guyenne 
dînèrent le lendemain dans la ville [Chronique normande de 
Pierre Gochon, éd. Robillard de Beaurepaire, p. 271). Le Reli- 
gieux de Saint-Denis (t. V, p. 302) indique le poste qu'occu- 
pait devant la ville le comte d'Alençon. 



88 CHRONIQUES [1414 

Bourgoigne le sire de Fore ^ et messire Hue de 

Lannay ^ ; ilz tindrent la place xij jours et se rendirent 
leurs corps, chevaulx et bernais saufs. 

En celui an, le xij jour de may, s'en ala le roy à 
tout son ost mètre le siège devant Enguerrant de 
Brenonville, en la cité et ville de Soissons^. Ledit de 
Brenonville, qui estoit ung des plus renommez de 

1. Il est probable qu'au lieu de Fore.., il faut lire Sorel ei 
reconnaître Guillaume de Sorel ainsi prénommé par la Chro^ 
nique du Religieux de Saint-Denis (t. V, p. 294) comme Tun 
des défenseurs de Gompiègne. Le nom du même personnage 
figure dans la Chronique anonyme du règne de Charles VI, 
publiée par Douët d'Arcq dans le t. VI de son édition de la 
Chronique d'Enguerran de Monstrelet, parmi ceux de plusieurs 
gentilshommes picards de l'entourage du duc de Bourgogne 
(p. 237). Mais un document contemporain permet de corriger 
le prénom que lui donne le Religieux de Saint-Denis. Le 
l'^' octobre 1414, à G and, Jean Sans- Peur donna à son amé et 
féal chevalier, conseiller et chambellan Pierre de Sorel, les 
château, terre et seigneurie de Remy, sauf la haute justice, en 
récompense des services qu'il lui a faits dans ses voyages, ses 
armées et autrement, et notamment dans la dernière guerre 
entamée par le roi et les seigneurs ennemis du duc de Bour- 
gogne, pendant laquelle tous les biens dudit Pierre de Sorel 
ont été saisis, en sorte qu'il n'avait plus de quoi vivre (Bibl. 
nat.. Trésor généalogique de D. Ville vieille. Cabinet des Titres, 
vol. reliés n** 151 bis, fol. 121 v*). Pierre de Sorel avait épousé 
Marie de Belloy. 

2. Hue de Lannoy (Monstrelet, t. II, p. 439, et Mémoires de 
Pierre de Fenin, éd. Dupont, p. 37). 

3. Le 10 mai, d'après Monstrelet (t. III, p. 5). Lisez Enguer- 
rand de Bournonville, l'un des partisans les plus déterminés 
du duc de Bourgogne. Il s'était donné comme commissaire du 
roi à Soissons et en cette qualité s'était avisé d'y faire toute 
sorte de dégâts. Le 20 mars 1413 (n. st.), le duc d'Orléans 
avait réclamé au Parlement contre ces abus (A. Tuetey, Jour^ 
nal de Nicolas de Baye, t. II, p. 105). 



1414] D£ PERCEVAL DE GA6NY. 89 

guerre du parti des Bourguignons, voult et cuida 
résister contre la puissance du roy ; mais rien ne lui 
valut, la ville fut prinse d'assault et ledit de firenon- 
ville prins; il ot la teste couppée et d'autres avec- 
ques lui^ 

Touz ceulx qui ne furent mors furent prins à pri- 
sonniers; toute la ville fut pillée et les notables 
églises, et tant qu'il n'y demoura que pou ou nyent^. 
Et par deffault de ce que les églises ne furent autre- 
ment révérées ne déportées pour l'onneur, révérence 
et obéissance que chacun chrestien doit faire à la pré- 
sence du Corps Nostre Seigneur qui y reposoit, 
maintes gens ont eu et ont imaginacions que le fait 
du roy en vaudroit pis. En conséquence dudit lieu, 
le roy s'en ala à tout son ost en sa ville de Lan en 
Lannays, et, après pou dé temps, s'en ala dudit lieu 
à Saint Quentin en Vermendois^. 

1. Cf. Monstrelet, t. III, p. 10 et 11, et la Chronique d'Arthur 
de Richemonty par Gruel (éd. Le Vavasseur), p. 14. Soissons 
fut rendu le 21 mai entre trois et quatre heures [Chronique du 
Religieux de Saint-Denis , t. Y, p. 322). Enguerrand de Bour- 
nonville fut décapité le 28 mai (Ibid., p. 328). 

2. Le pillage fut en effet effroyable (Monstrelet, t. III, p. 11, 
et Chronique du Religieux de Saint^Denis, t. Y, p. 326) . Senlis 
avait envoyé du matériel de siège devant Soissons (Flammer- 
mont, Senlis pendant la seconde partie de la guerre de Cent 
ans. Mémoires de la Société de V Histoire de Paris, t. Y, p. 195). 
C'est devant Soissons, le 18 mai 1414, que Charles YI réitéra 
Tordre de délivrer à son neveu, le comte de Vertus, les biens 
meubles et immeubles confisqués sur Guillaume Barrault (Bibl. 
nat., Titres scellés de Clairambault, vol. 218, pièce 96). 

3. Charles YI quitta Laon le 10 juin et alla à Saint-Quentin 
en passant par Rîbemont (Monstrelet, t. III, p. 13). Ensuite, il 
arriva le 29 juin à Péronne, qu'il quitta le 9 juillet. C'est à ce 



90 CHRONIQUES [1414 

Le siège de Bapaumes. 

En celui an, ou moy de jullet, le roy mist le siège 
devant la ville de Bapaumes et y fut par ix jours^ Et 
là fut fait le duc d'Alençon chevalier par le duc de 
Bourbon, et, après ce, eulx deux en firent plusieurs 
autres*. La ville fut rendue au roy^. 

Le siège de Arras. 

En Tan MGGGGxrv, le xx jour du mois de jullet, 
mist le roy le siège devant la ville et cité d'Arraz et le 
tint jusques au v jour de septembre ensuivant^; en sa 

séjour que se rapporte la pièce dont voici un extrait : Charles, 
duc d'Orléans, ordonne à ses gens des comptes de rabattre de 
la recette de Pierre Sauvage, garde de ses coffres, neuf livres 
tournois que « nous avons fait bailler et délivrer en ceste ville 
o de Peronne, le vij® jour de ce présent mois de juillet..., à 
a maistre Henrry Mauloue le jeune, commis à l'audience de 
« monseigneur le roy pour le saufconduit de Richart de Oete- 
a ville du pays d'Angleterre, lui xvj®, pour venir du dit pays 
a d'Angleterre en ce pays. » (Péronne, 8 juillet 1414. — Bibl. 
nat., Cab. des Titres, Pièces originales, vol. 2157, pièce 489.) 

1. Le 12 juillet, le roi s'établit à Miraumont (Somme, arr. de 
Péronne, cant. d'Albert), qui est à neuf kilomètres à vol d'oi- 
seau de Bapaume (Pas-de-Calais, arr. d' Arras). La Chronique 
de Jean le Fèvre, seigneur de Saint^Remy (éd. Morand, t. 1, 
p. 169), fait partir Charles VI de Péronne le 20 juillet, et le fait 
loger le même jour à Miraumont; mais c'est évidemment une 
erreur. 

2. D'après Monstrelet (t. III, p. 18 et 19), le comte d'Auxerre 
y aurait été fait chevalier par le duc de Bourbon, et le duc 
d'Alençon de la main du roi. 

' 3. Sans doute le 17 juillet (Monstrelet, t. III, p. 20). Charles VI 
en partit le 19 juillet (Ibid., p. 23). 

4. Charles VI se logea d'abord à Wailly (Pas-de-Calais, arr. 



1414] DE PERGEVAL DE GAGNT. 91 

compaignie monseigneur de Guienne, nosseigneurs 
les ducs d'Orleens, d'Alençon, de Bourbon et de Bar, 
les contes de Vertuz, d'Armignac et de Richemont, 
monseigneur d'Allebret, connestable de France, et 
plusieurs autres grans seigneurs, barons banerez et 
autres^. Ce fut grant pitié et dommage inreparable 
de la destruction des faulxbourcs en très notables 
églises et belles maisons qui furent destruites et par 
tout les avirons ou pais^. 

Et ont plusieurs imaginé que se ledit de Bour- 
goigne n'eust eu de très grans supposts en Tost du 
roy et ailleurs, ladicte ville eust esté prinse et luy par- 
suy en son pais de Flandres, où il se estoit retraict^. 
Et estoient alors le roy et nozdiz seigneurs en très 
grant désir et vouloir de le chassier et mener jusques 

et cant. d'Arras], puis plus près de la place, en la maison du 
Temple (Monstrelet, t. III, p. 25). Le Religieux de Saint-Denis 
(t. V, p. 370) place au 28 juillet l'arrivée de l'avant-garde sous 
les ordres du duc de Bourbon. 

1. Les négociations de paix commencèrent le 30 août, à l'ar- 
rivée au camp du duc de Brabant, de la comtesse de Hainault 
et des représentants des trois Etats de Flandre. Le 4 septembre, 
la paix fut publiée (Monstrelet, t. III, p. 31 et 32, et Chronique 
du Religieux de Saint-Denis, t. V, p. 378). 

2. Cf. Monstrelet, t. III, p. 23. Ce fut la garnison bourgui- 
gnonne qui elle-même mit le feu aux faubourgs [Chronique du 
Religieux de Saint^Denis, t. V, p. 369). 

3., Cependant, Monstrelet (t. III, p. 32) donne, de la facilité 
avec laquelle la paix fut acceptée, une explication très plau- 
sible : la dysenterie sévissait dans l'armée royale. Au contraire, 
le Religieux de Saint-Denis (t. V, p. 372) signale qu'il y avait 
dans l'armée royale des chevaliers favorables au parti contraire, 
et il donne plusieurs preuves des trahisons commises; ce qui 
ne Tempêche pas de reconnaître les pernicieux effets de la 
température (Ibid., p. 380). 



92 CHRONIQUES [1414 

à desconfiture et execucion de son corps et forfaic- 
ture (Je touz et chacunes ses seigneuries^ ; mais il fut 
avisé par lui et aucuns des meilleurs de ses amis, 
pour adoulcir et atremper l'ire du roy, de faire venir 
la duchesse de Rolande; laquelle vint devers le roy, 
monseigneur de Guienne et nozdiz seigneurs très 
grandement acompaignié de chevaliers, escuiers, 
dames et damoiselles; et avecques elle vint le duc 
de Brebant, lequel ne porta ne ne aida oncques audit 
de Bourgoigne, son frère, à soustenir la mauvestié 
qu'il avoit entreprinse et faicle; mais il s'employa à 
tout son povoir, comme par raison le debvoit faire, 
de le apaisier devers le roy et lesdiz seigneurs. 

Et tant firent et pourchassèrent ladite duchesse et 
lui que le roy fut content et apaisié à icelle eure, par 
ainssi que ladicte ville et cité furent mis et rendue en 
la main du roy, et ses banieres et panons mis sur les 
portes et tours de ladite ville. Et ce fait, le roy et son 
ost se départirent, et s'en revint et print son chemin 
par sa ville de Peronne^. 

La paix du duc de Bourgoigne. 
En celui an, ou mois de décembre, fut criée la paix 

1. Perceval de Gagny passe sous silence un épisode qu'il 
n*eût pas dû omettre. Le 5 septembre, à minuit (le Journal cTun 
bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 55, propose la date du 11 sep- 
tembre, à tort selon moi), un inconnu mit le feu au quartier du 
comte d*Alençon, qui ne put échapper qu'à grand'peine (Mons- 
trelet, t. III, p. 33). La Chronique de Jean le Fèvre, seigneur 
de Saint-Remy, t. I, p. 183, place cet incendie au lendemain 
du jour où la paix avait été publiée : ce qui revient à dire que 
le feu fut mis le 5 septembre. 

2. Le roi arriva à Saint-Denis le 14 septembre 1414 (Mons- 
trelet, t. III, p. 47). 



1414-1415] DE PERCE VAL DE CAGNY. ' 93 

du duc de Bourgoigne avecques le roy, monseigneur 
de Guienne et touz nos autres seigneurs en la ville de 
Paris, et après par toutes les villes du royaume de 
France^. 

Le premier duc d'Alençon. 

En icelui an mggggxiui, le premier jour dudit mois 
de janvier, Jehan, conte d'Alençon, fut fait premier 
duc de ladite conté d'Alençon, à Paris, par le roy*, 
presens ad ce touz nosdiz seigneurs ; auquel jour fut 
très notable chose de les veoir chacun en son estât et 
tous les autres chevaliers et escuiers, qui touz 
menèrent grant joye et firent grant feste ledit jour et 
toute la sepmaine. 

En icelui an et mois, le roy fist faire unes notables 
joustes grandement parés des seigneurs, chevaliers, 
escuiers, dames et damoiselles, de laquelle ledit duc 
d'Alençon emporta le prix^. 

1. Monstrelet, t. III, p. 36. Le même chroniqueur (Ibid., 
p. 60) raconte qUe la paix d*Arras fut criée le 24 février 1415 
(n. st.). L'ordonnance royale qui la promulgue est du 2 février 
1415 [Mémoires de Pierre de Fenin, éd. Dupont, p. 49, note 5). 
Le 16 mars 1415, les gens du Parlement jurèrent d'observer 
cette paix, et Nicolas de Baye, dans son Journal (t. II, p. 211), 
constate avec mélancolie que c'est la « cinquiesme paix. » 

2. M. A. Tuetey [Journal dun bourgeois de Paris, p. 58, 
note 2) donne la cote sous laquelle les lettres royales de cette 
érection sont conservées. Quelques jours plus tard, le 
16 février, le roi lui faisait verser un acompte en rembourse- 
ment d'un prêt que le nouveau duc lui avait fait [Bibliothèque 
de V École des chartes , Extraits de Journaux du Trésor y 
t. XLIX, année 1888, p. 421, n*> 495). 

3. Cette joute eut lieu le 10 février selon Monstrelet (t. III, 



94 CHRONIQUES [1415 

Le siège de Harefleu^. 

En Tan mggggxy, la veille de la Nostre Dame, mi 
aoust*, le roy d'Engleterre descendit en Normendie, 
en ung lieu nommé Quié de Gaux^, à tout une très 
grosse armée et plus grant, ce disoient les anciens 
chevaliers et escuiers, que passé avoit cent ans 
n'avoit esté amenée en France ; et estoit la compaignie 
nombrée de iiij^'' à cent mille combatans. Eulx et 
leurs abillemens de guerre descenduz, ledit d'Engle- 
terre vint mètre le siège devant la ville de Harefleu, 
et, pour la prendre, applica et assist devant la place 
V ou vj des plus grosses bombardes qui oncques 
eussent esté veues par deçà, et avecques ce très grant 
artillerie*. 

p. 60), et le roi y jouta contre le duc d'Alençon. Suivant le 
Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 58), le duc de 
Brabant, qui jouta avec le duc d'Orléans, « gai^a le prix. » 
Le duc d'Orléans fit faire « douze heuques qui ont esté semées 
a de coupeaux, argentez de fin argent, que nous donnasmes 
« lors à douze gentilzhommes qui nous servirent de lances es 
a joustes, qui furent derrenierement oudit mois de février en 
a Tostel de Saint Pol à Paris » (Bibl. nat., Cabinet des Titres, 
Pièces originales, vol. 2157, pièce 498). 

1. Seine-Inférieure, arr. du Havre, cant. de Montivilliers. 

2. La date donnée par Perceval de Gagny est bien exacte. 

3. Pour ce nom, voir notes de la Chronique cT Antonio Moro- 
siniy éd. G. Lefèvre-Pontalis et L. Dorez, t. II, p. 52, note 5. — 
Sur le siège d'Harfleur, il faut consulter l'excellent ouvrage 
de M. de la Roncière, Histoire de la marine française y t. II, 
p. 214-216; il n'y a rien à ajouter à son récit. Cf., pour le dé- 
barquement des Anglais, Chronique d'A. Morosini, t. II, p. 46 
à 54, notes. 

4. Monstrelet (t. III, p. 82) estime que la flotte se composait 
de 1,600 vaisseaux. Quant aux troupes, il les décompose 



1415] DE PERCEVAL DE CAGNY. 95 

Monseigneur de Ëstouteville, monseigneur de Gau- 
court, messire Lionnet de Bracquemont et autres capi- 
taines avecques plusieurs chevaliers et escuiers^ et les 
bons bourgeois de la ville, se gouvernèrent très gran- 
dement à la venue desdiz Ënglois devant leurdite 
ville^, et, ledit siège durant, firent mainte saillie sur 
eulx. Lequel siège leur dura depuis la mi aoust jusques 

au jour du mois de ^, que oncques ne pourent 

avoir secours; et en la parfin, les esconvint rendre. 
Et combien que ilz rendirent la place sauf leurs 
corps, le roy d'Engleterre ne leur tint pas ce que pro- 
mis leur avoit esté en rendant ladite place, ensois 
prindrent à prisonniers lesdiz seigneurs d'Estouteville, 
de Gaucourt et plus autres chevaliers et escuiers^. Et 

ainsi : 6,000 bassinets, 24,000 archers, sans compter le per- 
sonnel de l'artillerie (Ibid., p. 83 j. M. de la Roncière établit 
que la flotte comptait 1,400 navires; il estime le nombre des 
troupes de débarquement à 30,000 hommes [Histoire de la 
marine française^ t. II, p. 213 et 214). Cf. Chronique d'A, Moro^ 
sini, t. II, p. 44, note 3, et p. 58, note 5. 

1. 400 hommes d'armes les accompagnèrent (Monstrelet, 
t. III, p. 83) dans les murs d'Harfleur. Sur ces personnages, 
voir Chronique cTA. Morosini, t. II, p. 62, note 6. 

2. La dysenterie aussi fit périr beaucoup d'assiégeants 
(Monstrelet, t. III, p. 85). 

3. Suppléez par 22 septembre (Hellot, Récit du siège de 
Har fleur en ikl5y p. 21 à 30, et Ch. de la Roncière, Histoire 
de la marine française, t. II, p. 216), comme le dit Mons- 
trelet (t. III, p. 85), car la copie de Duchesne ne mentionne 
ni le quantième, ni le mois. La Chronique de Pierre Cochon 
(p. 274) fait durer le siège du 16 août au 19 septembre. 

4. Il y a sur ce siège un document bien important qui trouve 
sa place ici : « Charles, sire de Lebret, connestable de France, 
a à noz très chiers et especiaulx amis les gens des comptes de 
« monseigneur le roy à Paris, salut et dileccion. Savoir vous 
« faisons que par l'ordonnance et exprès commandement de 



96 CHRONIQUES [1415 

ladite place garnie de telz gens et abillemens de guerre 

a nous et de nostre frère le mareschal Bouciquaut, Robert des 
a Marquez, receveur des aides pour la guerre à Rouen, a 
« paie, baillé et délivré des deniers de sadicte recepte aux 
« personnes qui s'ensuient, la somme de cent trois livres dix 
a solz tournois par les parties et pour les causes cy après des- 
a clairées. C'est assavoir à maistre Antboine Blogier, cbarpen- 
a tier, pour la vendue et délivrance d'une sienne petite galiotte 
« neufve que nous avons fait prendre et achatter de lui 
« XXV livres tournois, pour y celle envoyer à Harefleu, affin que 
« ceulx de ladicte ville qui de présent sont assegiez par la 
a terre, s'en puissent aidier par la mer à recouvrer vivres et 
a autres leurs neccessitez, laquelle ilz avoient escript et prié 
« qu'on leur envoyast le plus hastivement que faire se pour- 
« roit pour eulx en aydier à l'envoier à Honnefleu et environ 
« pour leur advitaillement et pour mettre gens hors pour, faire 
a sçavoir de leurs nouvelles, laquelle chose bonnement ne se 
« pourroit faire par la terre. A Jehan La Guette, dit Lescot, 
« marinier, demourant à Rouen, pour son sallaire d'avoir prins 
« à mener, rendre et conduire ladicte galiotte à ses perilz et 
« fortunes audit lieu de Harefleu, par marchié fait avecques lui 
« pour tout sallaire et des compaignons pour ce neccessaires 
« XXX livres tournois. A Raoulin Langlois pour avoir fait, 
c( baillié et livré une baniere aux armes de monseigneur le roy 
« pour mettre et asseoir en ladicte galiotte x sols tournois. Et 
« à messire Robert de Hellande, chevalier, bailli de Rouen, 
« que nous lui avons tauxé et ordonné pour son voyage de huit 
(( jours commençans le jour d'uy pour aller de Rouen à Paris 
a par devers mondit seigneur le roy, monseigneur de Guyenne 
« et leur conseil, leur dire et exposer certaines choses que 
a nous lui avons dit de bouche et baillé par instruction tou- 
« chant la descente et venue des Anglois et la provision qu'il 
« sembloit estre à faire sur ce, pour la salvacion de ladicte ville 
« de Harrefleu et du pais de par deçà, xlviij livres tournois au 
« feur de vj frans... » (23 août 1415. — Bibl. nat., Quittances, 
vol. 49, pièce 4971. Ce document a été mentionné par M. de 
la Roncière, Histoire de la Marine française, t. II, p. 215, 
note 2). De son côté, Rouen chercha à se mettre à l'abri d'un 
coup de main (ibid., pièces 4989 à 4991). 



1415] DE PERCKVAL DB CAGNY. 97 

que boa sembla audit roy d*Ëngleterre ^ il se mist à 
chemin et tout son ost, pour vouloir recouvrer sa place 
de Galays. 

La bataille de Gincourt. 

En Tan mggggxv, la première sepmaine du mois 
d'octobre, le roy d'Engleterre en s*en revenant dudit 
lieu de Harefleu, cuida venir passer la rivière de 
Somme à gué par ung lieu nommé la Blanchetacque^. 
Le duc d'Alençon^, estant devers le roy à Rouan *, sceut 
que ainsi devoit estre, et par sa diligence fist tant que 
il se trouva en la ville d'Âbville ouparavant que ledit 
d'Engleterre peust estre audit passage, et lui rompit 

1. M. de la Roncière cite un texte d* après lequel il établit 
que le 25 novembre Henri V s'occupait d'envoyer des muni- 
tions à Harfleur (Histoire de la Marine française, t. II, p. 216, 
note 7). 

2. Pour cet itinéraire, voir notes de la Chronique d'Antonio 
Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis etL. Dorez, t. II, p. 68, note 5. 

3. Un document mutilé, daté incomplètement de Harfleur, 
1415, fait connaître que Guillaume François, écuyer, donna 
quittance de son prêt pour services de guerre sous le duc 
d'Alençon (Bibl. nat., Titres scellés de Clairambault, vol. 50, 
fol. 3753). 

4. Monstrelet, t. III, p. 96. C'est à ce séjour du roi à Rouen 
que se rapporte un curieux extrait d'un Journal du Trésor [Bi^ 
hliothèque de V École des chartes, t. XLIX, année 1888, p. 426, 
n® 517), où l'on voit à quelles chimères d'art militaire se com- 

* plaisait l'infortuné souverain en ces tragiques circonstances. Il 
se faisait en effet apporter par le garde de sa bibliothèque le 
Thexaurus Régis Francie acquisicionis Terre Sancte, de Gui 
de Vigevano (Bibl. nat., fonds latin 11015, fol. 32) : a Et y sont 
« les engins figurés tels que il les fault pour assaillir villes..., 
a passer rivières » (L. Delisle, le Cabinet des manuscrits de la 
Bibliothèque nationale, t. III, p. 162). 



98 CHRONIQUES [1415 

son chemin^. Et tant en fist que il esconvint audit 
d'Engleterre monter contremont ladite rivière pour 
trouver aucun passage, et, en ce faisant, lui et ses 
gens eurent moult grant deffaulte de vivres, parceque 
le duc d'Alençon fist venir à Amiens, à Gorbie, à 
Peronne, à Saint Quentin en Yermendois les ducs de 
Bourbon et de Bar^, le conestable d'Allebret et autres 
seigneurs, chevaliers et escuiers, lesquelz donnèrent 
de grant paines et travaux auxdiz Ënglois et portèrent 
de grans dommages^. 

Et, neantmoins, quelque diligence que noz sei- 
gneurs feiscent, en une nuit^ lesdiz Englois trou- 
vèrent passage sur ladite rivière, entre Peronne 
et ledit lieu de Saint Quentin; lequel lieu le duc 
d'Alençon avoit commandé au baillif de Yerman- 
dois et autres les officiers du roy audit pais, lesquelx 
officiers estoient avecques lui audit lieu de Peronne, 
que celui passage et autres sur ladicte rivière fussent 
rompuz et empeschez, et pençoit que ainssi fust. 

Et quant le duc d'Alençon et nozdiz seigneurs 
virent que les Englois estoient ainssi passez, ilz le 
firent savoir à Rouan au roy^, monseigneur de 
Guienne et au duc de Berri et partout ailleurs où ilz 
cuidoient recouvrer gens pour combatre lesdiz Englois, 

1. Cf. Chronique (VA, Morosini, t. II, p. 68, note 5. 

2. Cf. les Cronicques de Normendie, éd. Hellot, p. 18. 

3. Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653, p. 310) montre 
rimportance du rôle des milices communales dans cette 
poursuite. 

4. Le 19 octobre. 

5. Le 20 octobre, un conseil fut tenu par le roi et le duc de 
Guyenne à Rouen. Le duc de Berry y assista (Monstrelet, 
t. m, p. 97 et 98). 



4415] DE PERGEVAL DE CAGNY. 99 

et se misdrent entre eulx et la ville de Galays^ et tant 
les hardoierent que ilz se trouvèrent prez une place 
nommée Gincourt^. Auquel lieu, le xxv jour dudit 
mois d'octobre, fut la journée de la bataille donnée 
au roy d'Engleterre et toute sa compaignie, laquelle 
fut très piteuse et de très grant dommage inrecupe- 
rable, pour le roy principalement et pour touz ceulx 
de son royaume, grans, moyenz et petiz, car elle fut 
à Tonneur et prouflit du roy d'Engleterre. Et à icelle 
journée finirent leurs jours les ducs d'Alençon^, de 
Brebant^ et de Bar^ et les contes de Nevers^, de 
Marie''', de Dreux*, conestable de France, de Vaude- 
mont^ et de Brainne*^, le seigneur de Preaulx^* et 
Jehan monsieur de Bar^^ et plusieurs autres grans 
barons, chevaliers, escuiers et autres gens de guerre, 

1. Cf. Chronique d^ Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Ponta- 
lis et L. Dorez, t. II, p. 70 et 72, notes. 

2. Azincourt, Pas-de-Calais, arr. de Saint-Pol, cant. du 
Parcq. Sur la bataille, voir le livre de M. H.-N. Nicolas, His" 
tory ofthe hattle of Agincourt. 

3. Monstrelet (t. III, p. 119), en faisant Téloge de la valeur 
du duc d'Alençon, raconte qu'il blessa mortellement le duc 
d'York. Cf. Chronique cT Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre- 
Pontalis et L. Dorez, t. II, p. 76, note 3. 

4. Antoine de Bourgogne. 

5. Edouard. 

6. Philippe de Bourgogne. 

7. Robert de Bar, comte de Soissons et de Marie. 

8. Charles d'Albret. 

9. Ferry de Lorraine, seigneur de Rumigny. 

10. Jean VI, comte de Roucy et de Braine. 

11. Louis de Bourbon. 

12. Frère du duc de Bar. Je pense qu'il faut lire Jean Mon- 
sieur, de même qu'on avait dit Antoine Monsieur pour dési- 
gner le comte de Rethel. 

8 



400 CHRONIQUES [1415 

estimez jasqaes au nombre de v à vj mille ^. Et, à ladite 
journée, furent prins et detenuz à prisonniers les ducs 
d'Orleens et de Bourbon, les contes de Eu^, de Riche- 
mont et de Venddsme^ et de Beaufort^, mareschal de 
France, et plusieurs autres barons, chevaliers et escuiers. 

En celui an, le jour du mois de décembre^, 

trespassa le duc de Guienne. 

La prinse de Harfleu. 

Chacun peult sçavoir que quant il fut venu à la 
congnoissance du roy que le roy de Ëngleterre estoit 
descendu, comme dit est, en son pais de Gaux et mis 
le siège devant sa ville de Harefleu, luy et son conseil 
se efforcèrent de tout leur povoir de trouver manière 
de assembler gens pour résister et obvier à la malice 
et entreprinse dudit d'Engleterre^. 

i. Monstrelet (t. III, p. 119) propose le chiffre de 10,000. 

2. Charles d'Artois. 

3. Louis de Bourbon. 

4. Jean le Meingre II, dit Boucicaut, comte de Beaufort. 

5. Lire ici le 18 décembre. La date du mois manque dans 
la copie de Duchesne. Cf. A. Tuetey, Journal de Nicolas de 
Baye, t. II, p. 231. Ses obsèques furent célébrées à Notre- 
Dame de Paris le 23 décembre, et il y fut inhumé [Ibid., p. 233). 
Cf. Notes sur VÉtat civil des princes et princesses nés de 
Charles VI et dUsaheau de Bavière, par Vallet de Viriville, 
Bibliothèque de V École des chartes, t. XIX, p. 473, et Les 
joyaux du duc de Guyenne, par L. Pannier (extrait de la Revue 
archéologique, année 1873). 

6. Ce chapitre contient une sortie assez violente contre le 
duc de Bretagne. Monstrelet (t. III^ p. 132) raconte son inter- 
vention vaine en faveur du duc de Bourgogne, et Jean Jouve- 
nel (éd. D. Godefroy 1653, p. 313) ajoute que, désigné pour 
faire partie de « la bataille, » c'est-à-dire du centre, « il s'ex- 
« cusa, disant qu'il n'y mettroit ja le pied si le duc de Bour^^ 



!4i5] DE PERGEVAL DE GAGNY. !Ûi 

Et tant firent que touz les seignears dessusnommez 
vindrent à son service, chacun endroit soy, le mieux 
acompaigné de gens de guerre que faire le pourent ; 
ce que chacun d'iceulx fist volentiers, ainssi que faire 
le dévoient et que le fait s'en est montré. Le duc de 
Bretaigne fut mandé comme les autres seigneurs et 
mist longuement à estre prest, et, luy apresté, vint 
jusques en la ville de Faloyse; auquel lieu le roy, 
monseigneur de Guienne et le duc de Berri, estans en 
la ville de Rouan, luy firent asçavoir que ledit d'Engle- 
terre avoit prins la ville de Harefleu et prins son che- 
min à retourner à Calais, et que ledit de Bretaigne se 
vousist avancier pour soi trouver en la compaignie 
des autres seigneurs. 

Quelque haste et besoing que le roy eust dudit de 
Bretaigne, il séjourna audit lieu de Faloyse par Tes^ 
pace de xiiij jours; et après ce, vint devers le roy 
audit lieu de Rouan, et, combien que il veist et con- 
gneust bien la nécessité du roy, il ne voult oncques 
passer oultre, jusques ad ce que le roy luy eust fait 
passer en son grant conseil le letres du don de 
Saint Malo de l'Ule et de toutes les choses apparte- 
nantes à la ville \ de laquelle oncques nulz de ses prédé- 
cesseurs n'avoyent eu possession ne la seigneurie. 

« gongne, son cousin, n'y estoit. » Il pensait en effet que Tar- 
mée royale ne serait jamais assez forte (Ibid., p. 314). Malgré 
ces explications, le rôle du duc de Bretagne est assez louche. 
1. M. de la Roncière (Hist, de la marine française^ t. II, 
p. 228 et note 6) mentionne une déclaration de Tévèque de 
Saint-Malo à la Chambre des comptes, le 21 octobre 1415, 
dans laquelle ce prélat proteste de l'attachement des Malouins 
à la couronne de France et ajoutent qu'ils ne veulent pas voir 
livrer leur ville au duc de Bretagne. 



102 CHRONIQUES [1415-1416 

Et après ce partit et ala jusques en la ville d'Amiens, 
et combien que nozdiz seigneurs estans en la pour- 
suite desdiz Englois luy feissent à sçavoir que leur 
intencion et vouloir estoit de combatre lesdiz Englois 
et que il se vousist avancier et joindre avecques eulx, 
il séjourna audit lieu d'Amiens par iij jours et n'en 
partit jusques au jour de ladicte bataille ^ . 

Le conte d'Armignac fut fait conestable. 

Ou mois de janvier ensuivant mggggxv, le conte 
d'Armignac fut envoyé quérir en son pais à venir 
devers le roy et noz seigneurs à Paris ^. Et, luy venu 
oudit mois, fut fait conestable de France à grant sol- 
lennité, comme le cas le requeroit. 

Oudit an, ou mois de mars, vint Tempereur à 
Paris ^, et avecques lui le grant conte de Hongue- 

1. Thomas Basin^ dans son Histoire des règnes de Charles VII 
et de Louis XI (éd. Quicherat^ t. I^ p. 24], n'est pas moins 
sévère pour le duc de Bretagne. 

2. Bernard d'Armagnac entra à Paris, selon Monstrelet 
(t. m, p. 131), huit jours après les obsèques du duc de 
Guyenne. La date précise est le 29 décembre 1415 [Histoire de 
Charles F/, par Jean Jouvenel, éd. D. Godefroy 1653, p. 325). 
Sa nomination est du 30 décembre 1415. 

3. L'empereur Sigismond entra à Paris, le 1®*^ mars 1416 
(n. st.), par la porte Saint- Jacques (A. Tuetey, Journal de 
Nicolas de Baye, t. Il, p. 241; Jean Jouvenel, éd. D. Gode- 
froy, p. 329). Monstrelet (t. III, p. 136) fixe le départ de l'em- 
pereur au 20 mars et donne de son voyage les mêmes motifs 
qu'ici. Ces motifs, d'ailleurs, sont exposés avec de grands 
détails par le Religieux de Saint-Denis (t. V, p. 700 à 742). 
Plus tard, on apprécia sévèrement l'attitude de Sigismond, 
qui, passant ensuite en Angleterre, « s'est allié, joinct et uny 
« avec ledit adversaire d'Angleterre et en faveur d'icellui, 



1416] DE PERCEVÀL DE GAGNY. 103 

rie S avecques eulx plusieurs seigneurs et autres gens 
de leur pais. Et estoit la voix commune qu'ilz estoient 
venuz devers le roy pour le fait de FEglise et autres 
choses de leurs aflTaires. 

La destrousse de Valemont. 

En Tan MGGGGXV, le jour du mois ^, le 

conestable d'Armignac et le mareschal de Loingny^ 
eurent une rencontre contre les Englois de la garnison 
de Harefleu près une place nommée Vallemont ^, envi- 
ron Teure de soUeil couchant ; et convint que la nuit 

« sans quelconque cause, a deffié et fait deffier en son nom 
« le roy^ qui oncques ne lui mesfit » (communication de 
M. Lacaille. Arch. nat., X«^ 1480, fol. 123 v^ à la date du 
16 mars 1418, n. st.). M. G. Lefèvre-Pontalis {Chronique 
d'Antonio Morosini, t. II, p. 93, note 5) fait rester l'empereur, 
tant à Paris qu'à Saint-Denis, jusqu'au 20 avril, et corrige 
ainsi l'erreur de Monstrelet. 

1. Sans doute, il faut reconnaître sous ce titre « Nicolaus de 
« Gara, regni Hungarie palatinus » mentionné par la Chro~ 
nique du Religieux de Saint-Denis (t. V, p. 674). Cf. VHiS" 
toire de Charles VI, de Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653), 
p. 329. 

2. En janvier 1416 (n. st.), d'après la Geste des Nobles (éd. 
Vallet de Viriville, p. 157). Mais les Cronicques de Normendie 
(éd. Hellot, notes 59 et 60) donnent la date précise du 14 mars 
1416 (n. st.). Cf. cependant Jean Raoulet, qui date l'épisode 
du 1®' décembre (Vallet de Viriville, Chronique de Charles VIL . ., 
par Jean Ghartier, t. III, p. 156). 

3. Louis de Loigny, maréchal de France. 

4. Valmont, Seine-Inférieure, arr. d'Yvetot, chef-lieu de 
canton. La version donnée ici ne se trouve ni dans Monstrelet 
(t. III, p. 171), ni dans la Chronique du Religieux de Saint- 
Denis (t. V, p. 752); ni dans la si brève relation de la Geste 
des Nobles y éditée par Vallet de Viriville, p. 157. 



104 CHRONIQUES [1416 

les despartist, et se logèrent les ungs devant les 
autres; nos gens cuidans les combatre Tendemain, 
les Ënglois^ se fortiffierent en ung grant jardin^, 
comme acoustumé ont, et firent grans feuz^ ; et envi- 
ron mienuit, sans le sceu de nos gens, par emblée 
prindrent leur chemin pour recouvrer Harefleu *. 

Et, quant la congnoissance fut venue audit cones- 
table et mareschal, ilz se misdrent après lesdiz Englois 
qui s'en aloient à pié par les grèves de la mer ; et, à 
l'endroit où noz gens les aconsuirent, avoit de grans 
roches et très maie descente ; nozdiz gens se misdrent 
à pié, cuidans aler combatre lesdiz Englois et parceque 
ilz n'avoient place ne chemin aysié à eulx mètre en 
ordonnance^, en aprochant lesdiz Englois, furent mis 
à mort le sire de Villequier ^ et d'autres gens de bien 
jusques au nombre de iiij" à cenf^. Et par ainssi se 
départirent noz gens, et lesserent les Englois mors 
jusques au nombre de v à vj'^. 

1. Sous les ordres du comte de Dorset. 

2. a Se retrairent en ung jardin qui estoit environné de 
fortes haies d'espines » écrit Monstrelet (t. III, p. 171). 

3. M. Hellot^ dans ses notes (note n^ 59) aux Cronicques de 
Normendie, paraît avoir ignoré la présente relation. 

4. Cf. Chronique d'Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Ponta- 
lis et L. Dorez, t. Il, p. 102, note 6. 

5. Cf. les Cronicques de Normendie, éd. Hellot, p. 24. 

6. Colart, sire de Villequier, était capitaine de Montivilliers. 

7. Monstrelet (t. III, p. 172) et Jean le Fèvre, seigneur de 
Saint-Remy (éd. Morand, t. I, p. 286), estiment que les Fran- 
çais perdirent 1,200 hommes. C'est plutôt 200 hommes qu'il 
faut lire. Pierre Cochon, dans sa Chronique normande (éd. Ro- 
billard de Beaurepaire^ p. 276), se borne à dire que le conné- 
table « perdi grant quantité de sez genz. » 



1416] DE PERGEVAL DE GAGNY. 105 

Justice faicte es Halles de Paris. 

En Tan MGGGGXVi, ung nommé le Boeteux d'Or- 
gemontS Guillemin Sanguin^ et plusieurs des grans 
bourgeois de Paris et autres avoient induit es notables 
villes de ce royaume plusieurs [à mettre le roy] et 
touz noz seigneurs à mort et leurs lignies, sinon le 
duc de Bourgoigne, lequel ils vouloient eslire leur 
roy et faire le roy de Engleterre duc de Normendie 
et de Guienne, en prenant la fille du duc de Bour- 
goigne, comme on disoit. 

Et quoy que fust, quelque traison y avoit contre le 
roy, laquelle fut descouverte par la grâce de Dieu, et 
tant que par missire Teneguy du ChasteP, prevost 
de Paris, furent prins et mis en prison en la Bas- 
tille, le d'Orgemont, ung secrétaire nommé maistre 
Regnault^, ung drappier de grant renom nommé 

1. Nicolas d'Orgemont, fils du célèbre Pierre d'Orgemont. 
Il était maître des comptes {Bibliothèque de l'École des chartes, 
année 1888, t. XLIX, n*>« 466, 499, 500, 510). Cf. une courte 
et substantielle notice sur ce personnage dans le Journal d'un 
bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 70, note 4. 

2. Ce personnage n*est cité ni par le Journal d'un bourgeois 
de Paris, ni dans le Journal de Nicolas de Baye. C'était un des 
plus considérables bourgeois de Paris. Il fut banni du royaume 
par lettres du 6 mai. Le Roux de Lincy, dans Paris et ses his- 
toriens aux XIV^ et XV^ siècles, lui a consacré une importante 
notice (p. 340). 

3. Accompagné de 50 hommes d'armes (Monstrelet, t. III, 
p. 141). Les coupables furent pris le 21 avril 1416. 

4. Regnault Maillet (A. Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, 
t. II, p. 249, et Journal d'un bourgeois de Paris, p. 71). 



!06 CHRONIQUES [1416 

Robert de Bellay ^ et plusieurs autres de Paris. 

Et eu la sepmaine d'après ladite prinse ^, en la pré- 
sence du roy de Gecille et de monseigneur de ^, 

acompaigniés de grant quantité de gens d'armes, 
furent menez es Halles de Paris lesdiz secrétaire et 
drappier, lesquels eurent les testes couppées, et fut 
ledit d'Orgemont mené en ung banel pour en veoir 
faire la justice, et puis fut gardé en prison pour plus 
enquerre et sçavoir de lui la vérité de la traison 
encommenchée. 

Et poy de temps après ces choses faites, le cones- 
table d'Armignac vint à Paris et par Tordonnance du 
roy et de noz seigneurs il fist coupper les testes^ au 
seigneur de Tostelerie de l'Ours ^ et à viij autres grans 
bourgois de la ville, et fist oster toutes les chaines de 
toutes les rues de ladicte ville et fist prendre toutes 
les armures de ceulx du quartier des Halles et le tout 
fist charier et aporter en la bastille Saint Antoine^. 
Et, ce fait, le roy demoura en sa seigneurie à Paris et 
fut obéi. 

En celui an, le xiiij jour de juing, fist plus grans 
tonnerres ou pais d'Alençonais que nulz des vivans 

1. Robert de Belloy. 

2. Le 24 avril 1416. — Nicolas d'Orgemont, d'abord 
enfermé à la Bastille, où il resta jusqu'au 18 juillet, fut trans- 
féré à Meung-sur-Loire, dans la prison de l'évêque d'Orléans, 
où il mourut (A. Tuetey, Journal éHun bourgeois de Paris, 
p. 70, note 4). 

3. Il s'agit sûrement du duc de Berry. Cf. A. Tuetey, Journal 
de Nicolas de Baye, t. Il, p. 250. 

4. Le 2 mai 1416. 

5. Jean Roche^ sergent d'armes du roi. 

6. Le 8 mai 1416. 



1417] DE PERGEVAL DE CAGNY. 107 

n'avoit ODcques ouy ; en celui jour et celui de rende- 
main plut tant que les eaues furent plus grans qu'il 
n'ont acoustumé estre en temps d'iver et tant que il 
ne demoura gaires chaucée à rompre. 

Comme le duc d'Alençon ala devers le dauphin. 

En celuy an mggggxvi, le iiij jour du mois de 
frevier, le duc d'Alençon partit d'Argenthen à très 
belle compaignie de chevaliers et escuiers, ses officiers 
et autres gens touz vestuz bien richement de sa livrée ; 
et estoient bien iiij^ chevaulx en sa compaignie. Et en 
tel estât ala devers le roy, qui le receut très grande- 
ment : et lui sembla très bel enfant. Et après trois ou 
quatre jours l'envoya devers monseigneur le dauphin \ 
marié en Henaust, à Gompiengne, et luy ordonna 
demourer avecques luy en belle et grande retenue de 
gens ovecques lui. 

La mort du bailli de Rouan. 

En l'an M GGGG xvii, les Bourguignons de la ville de 
Rouan^ et la garnison des gens d'armes qui estoient 

1. G'est-à-dire Jean, duc de Touraine, qui avait épousé 
Jacqueline de Hainaut. Peu de jours après, ce prince mourut 
d'une fistule à l'oreille, d'après le Religieux de Saint-Denis 
(t. V, p. 60). Il mourut en efifet à Gompiègne vers le 4 ou le 
5 avril 1417, où son beau-père, le comte de Hainaut, l'avait 
amené au mois de janvier précédent. (A. Tuetey, Journal d'un 
bourgeois de Paris ^ p. 76, note 2.) 

2. Le 24 mai 1417, le gre£Ber Clément de Fauquembergue 
signale qu'on montra au Parlement « certaines lettres patentes 
a envoyées de Rouen et trouvées atachées aux portes d'au- 



108 CHRONIQUES [1417 

en ladicte ville avecques eulx, le xxiiij jour de juUet, 
taereDt par nuit le bailli de ladicte ville en son lit^, 
et Tendemain au matin tuèrent son lieutenant emmy 
la ville et prindrent iiij des bourgois, lesquelx ilz 
noyèrent ledit jour en la rivière*. 

Et tout ce firent pour ce que ilz ^ vouloient remetre 
ladicte ville en la main et obéissance de monseigneur 
le dauphin^, lequel, en espérance de ce, fut l'endemain 
logié à Saincte Katherine près la ville ^, bien acompai* 
gnié des seigneurs de son sang et grant nombre de 
chevaliers et escuiers et autres gens de guerre. Et le 
logis fait, incontinent se fist grant escarmouche devant 
les portes de ladicte ville, et Tendemain tout le jour. 
Et au tiers jour fut parlé de traictié ^ ; mondit seigneur 

« cunes églises d'ilec, seellées du petit seel du duc de Bour- 
« gogne et signées de sa maiu^ comme Teu dist^ contenans 
« menasses de feu et de sang contre ceulx qui gouvernent à 
c( présent par deçà et entour du roy, qu41 appelle rapineurs, 
« dissipeurs, crians traistres, empoisonneurs et murtriers, et 
a leurs adherans » (communication de M. Lacaille. Arch. nat., 
X*^ 1480, fol. 92 yo). 

i. Ce bailli était Raoul de Gaucourt; son lieutenant se nom- 
mait Jean Léger. Il est curieux de constater que Pierre Cochon, 
dans sa Chronique normande (éd. Robillard de Beaurepaire, 
p. 277 et 278), ne fait qu'une allusion vague à cet incident. 

2. Monstrelet donne de l'événement une version un peu dif- 
férente dans ses détails (t. III, p. 176). 

3. Hz désigne le bailli, son lieutenant et les quatre bourgeois. 

4. La version de Perceval de Cagny est sans doute inexacte. 

5. Dix jours après, selon Monstrelet (t. III, p. 178). En fait, 
voici la date de ces événements : la nuit du 23 au 24 juillet 
1417, assassinat des agents royaux; le 22 ou le 23, le dauphin 
avait paru à Pont-de-l' Arche; le 25, il se logea à l'abbaye de 
Sainte-Catherine. 

6. En effet, trois jours après que le dauphin eut introduit 



1417] DE PERGEYAL DE CAGNT. 109 

le dauphin leur donna rémission de la mort dudit 
bailli et des autres, et le xxix jour dudit mois entra 
mondit seigneur le dauphin en ladicte ville. 

La prinse de Caen et (TArgenthen. 

En Tan meismes le jour Saint Germain, desrenier 
jour dudit mois de jullet*, le roy d*Engleterre des- 
cendit à Touque^, en sa compaignie le duc de Gle- 
rence son frère, le duc de Glossetre, Cornouaille et 
bien de iij à iiij mille chevaliers et escuiers et de xxv 
à XXX mille archiers, comme on disoit. Incontinent 
lui descendu, la place de Touque lui fut rendue^. 

Et, ce fait, se en ala mètre le siège devant la ville 
de Gaen, laquelle ne tint que viij ou x jours, et fut 
prinse d'assault let veille de la my aoust ce dit an^. 

des troupes dans le château de Rouen, ce prince, a par traic- 
« tié, entra à Rouen » (Monstrelet, t. HI, p. 179). Perceval de 
Cagny aurait dû signaler que le duc d'Alençon était dans Tar- 
mée du dauphin [les Cronicques de NormencUe, éd. Hellot, p. 28). 
i. 31 juillet 1417. Mais c'est une erreur, le débarquement 
est du 1®' août. Le 15 mai 1417, le grefBer du Parlement, Clé- 
ment de Fauquembergue, signale que le chancelier « a exposé 
« la nécessité d'avoir argent prompt pour pourveoir à résister 
a aux adversaires d'Angleterre qui se mettent ou sont desja 
« mis sus pour grever ce royaume... » (communication de 
M. Lacaille. Arch. nat., X*^ 1480, fol. 91). 

2. Touques, Calvados, arr. et cant. de Pont-rÉvéque. 

3. Elle était commandée par Jean d'Angennes (Monstrelet, 
t. ni, p. 188), qui résista du 2 au 3 août (S. Luce, Chronique 
du Mont^Saint^Michel, t. I, p. 20, note 4), date de la capitula- 
tion; la ville fut rendue le 9 août (Hellot, les Cronicques de 
Normendiey note 82, et Morand, Chronique de Jean le Fèvre, 
seigneur de Saint-Remy, Appendices, t. II, p. 412). 

4. Le siège commença le 18 août. Cf. Léon Puiseux, Siège et 
prise de Caen par les Anglais en i4i7, p. 30-34. 



iiO CHRONIQUES [1417 

Le chastel se tint mauvaisement ; le sire de Montenay ^ 
en estoit capitaine : et sans estre assailli ne batu d'en- 
gins, ne de bombardes que pou, le xviij jour de sep- 
tembre ensuivant, se rendirent au roy d'Engleterre^, 

leurs corps* 

Oudit an M GGGG xvn, le iiij jour d'octobre, le roy 
d'Engleterre vint devant Argenthen*. Trousseauville^, 
le sire de Fouille^, Guillaume TArçonneur'^, capitaines, 
rendirent l'endemain*. Les bourgois de ladicte ville, 

1. Guillaume, sire de Montenay. Avec lui, on comptait le 
seigneur de la Ferté et Jean Bigot (Monstrelet, t. III, p. 242). 
Gaen fut pris le 4 septembre, et les Anglais n'entrèrent dans 
le château que le 20 septembre (L. Puiseux, op, cit., p. 50-69. 
— Hellot, les Cronicques de Normendiey note 83). Cf. Chro^ 
nique d^ Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis et L. Dorez, 
t. Il, p. 144-148, notes. 

2. Au contraire, le Religieux de Saint-Denis (t. VI, p. 106 
et 108) donne à entendre que la place et le château n'étaient 
plus tenables. Pierre Cochon (p. 278) parle de a malvese garde 
ou traison » et Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy, p. 338) dit à 
peu près la même chose. 

3. On peut suppléer ainsi cette lacune : « Et leurs biens 
« saufs » (Monstrelet, t. m, p. 242). 

4. Argentan, Orne, chef-lieu d'arrondissement. Cette date 
correspond très exactement avec celle de la reddition, qui est 
le 12 octobre, huit jours après le commencement du siège (les 
Cronicques de Nor mendie, éd. Hellot, note 85). 

5. Sans doute Guillaume de Trousseauville, écuyer, seigneur 
de Mesnil-Guillaume (20 novembre 1438. — Bibl. nat.. Cabi- 
net des Titres, Pièces originales, vol. 2889, dossier 64213, 
pièce 4). En 1439, on constate le décès d'Henri de Trousseau- 
ville (Ibid., pièce 5) de la vicomte de Verneuil. 

6. Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653, p. 338) donne ce 
nom sans y joindre de prénom. 

7. Je n'ai rien trouvé sur ce nom. 

8. Il est fort possible que la capitulation ait été conclue le 
5 octobre et que l'entrée des Anglais ait été fixée au 12 octobre^ 



1417] DE PERCEVAL DE CAGNY- 111 

qui tant doulcement avoient esté nourriz soubs la sei- 
gneurie d'Alençon en très bonne justice, furent des- 
plaisans qu'ilz deussent demourer soubz autre seigneur. 
Combien que en rendant la place touz avoient leurs 
corps, leurs biens saufs et leurs héritages à ceulx qui 
vouloient demourer, et sinon chacun emporteroit 
avecques soy tout ce que pourroit et vouldroit porter 
de ses biens, iceulx bourgois abandonnèrent touz 
leurs héritages et maisons et leurs meubles, sinon ce 
que ilz peurent aporter qui ne fut que pou au regart 
des grans biens qu'ilz avoient. Et s'en vindrent 
demourer soubs ladicte seigneurie d'Alençon en leurs 
autres terres de Bretaigne, d'Anjou et du Maine. 

La prinse (TAlençon. 

En celui an et mois, le x jour, le roy d'Engleterre 
mena son ost devant la ville d'Alençon, laquelle et le 
chastel estoient grandement garnies et de tout ce qu'il 
esconvenoit à forteresse, de gens, vivres et abille- 
mens^ Le Galois d'Âché estoit capitaine dudit lieu 

dans le cas où, suivant l'usage d'alors, la place n'aurait pas été 
secourue dans ce délai. Mais Jean Jouvenel (p. 338] ne manque 
pas de faire remarquer que la défense fut très molle. 

1. Les Cronicques de Normendie (éd. Hellot, p. 31), suivant 
les versions, écrivent qu'Alençon, ville et château, fut rendu 
au roi d'Angleterre, soit le 12, soit le 22 octobre. M. Hellot, 
dans ses notes (note 87], établit qu'Alençon fut rendu entre le 
22 et le 27 octobre 1417. Gomme Perceval de Cagny fixe d'une 
part au 10 octobre le début du siège et d'autre part ajoute 
qu'il ne dura que trois jours, peut-être faut-il en conclure que 
la a composition » fut signée le 13 octobre et devait avoir son 
effet le 22 octobre. 



412 CHRONIQUES [1418 

d'AlençoD, et sans assault ne giet de canons, en 
iij jours rendit la placée Toutes les autres places du 
pais du duc d'Alençon, sinon Danfront^ et Bellesme, 
se mirent en composicion ouparavant que Alençon 
feust rendu, de faire autel comme ladicte place d' Alen- 
çon; et par ainssi, sans faire nulle deffence, fut 
presque tout le pais d'Alençon conquesté en moins de 
quinze jours. 

La mort du eonestable et chancelier. 



8 



En l'an MGGGGxym, le jour du mois de may 

les bourgois de la ville de Paris tuèrent en ladicte 
ville le conte d'Armignac, eonestable de France, mis- 
sire Henry de Marne*, chancelier, l'evesque de Cons- 
tances^, Remonnet de la Guerre^, après soupper, en 

1. Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653, p. 338] juge aussi 
mal le défenseur d'Alençon. 

2. Encore faut-il ajouter qu'au mois de mai 1418 les Anglais 
assiégèrent Domfront (Orne, chef-lieu d'arrondissement] et s'en 
emparèrent le 22 juillet [les Cronicques de Normendie, éd. 
Hellot, p. 35, 45 et note 126]. 

3. La date manque dans le manuscrit. Mais on sait que 
Paris fut livré aux Bourguignons dans la nuit du 28 au 29 mai 
1418. Le comte d'Armagnac se réfugia chez un pauvre homme, 
son voisin; celui-ci le livra le 30 mai. Les massacres eurent 
lieu le 12 juin; c'est ce jour-là, et non le 29 mai, que périrent 
le comte d'Armagnac et le chancelier. De nouveaux massacres 
eurent lieu dans la nuit du 20 au 21 août. 

4. Lisez Henri de Marie, père du suivant. 

5. Jean de Marie. Sur ces deux personnages, voir A. Tuetey, 
Journal d!un bourgeois de PariSy à la table. 

6. M. A. Tuetey [Journal d!un bourgeois de Paris, p. 67, 
note 2) donne quelques renseignements sur ce capitaine gascon. 



1448] DE PERGEYAL DE GAGNT. 143 

la chambre du roy au Palais ; et, après les avoir ainsi 
meurtriz, les atrainerent et les misdrent touz nuz sur 
la table de marbre, et là furent trois jours pour estre 
veuz, et après ce les firent porter hors de la ville et 
enterrer ou marchié aux Pourceaux ^ . 

Et ce jour maisme tuèrent audit Palais et en la ville 
des gens du roy, chevaliers et escuiers, gens de la 
Chambre des comptes, bourgois et autres, passé v 
ou vj^ ; et ij ou iij jours après esconvint que monsei- 
gneur le dauphin s'en alast de la Bastille où il se estoit 
retraict^ et s'en ala à Melun, et fut pour lors dit que 
se n'eussent missire Tennegui du Ghastel, prevost de 
Paris, et autres ses chambelens, que il eust esté en 
grant péril de sa vie. 

Apres ce les meurtres fais à Paris. 

Et ce fait, xv jours après, lesdiz bourgois, acom- 
paigniez du seigneur de l'Ile Adam et d'autres des 
gens du duc de Bourgoigne, firent ung très grant 
meurtre en ladicte ville de Paris, sur touz les gens et 
officiers du roy, de quelque estât qu'ilz fussent, tant 

1. A la Louvière (Monstrelet, t. III, p. 271). Clément de 
Fauquembergue écrit qu'ils furent « mis en terre prophane es 
« champs de la cousture Saint Martin dedens Paris, si comme 
« on disoit » (communication de M. Lacaille. Arch. nat., 
X*^ 1480, fol. 139, à la date du 12 juin 1418). 

2. Le dauphin fut enlevé, « enveloppé d'un linseul tant seu- 
lement, » par Tanguy du Ghâtel et mis en sûreté à la Bastille 
(Monstrelet, t. III, p. 262) et de là à Melun (Beaucourt, 
Histoire de Charles VII y t. I, p. 87). M. de Beaucourt pense 
que le jeune prince ne séjourna pas à la Bastille. 



114 CHRONIQUES [1418 

de Parlement que autres, et furent nombrez les mors 
à iij ou iiij mille ou plus, que ungs que autres. Et du 
meudre fait en l'autre jour et cestuy furent avouez 
ceulx qui a voient ce fait par le duc de Bourgongne^ 
En celui an, le viij jour du mois de jullet, le roy 
d'Engleterre mist le siège devant la ville de Rouan^, 
et se tindrent ceulx de la place jusques au iiij jour de 
février ensuivant et ne pourent oncques estre secou- 
ruz du roy et souffrirent moult de mechief, de famine 
et de mortalité ; et furent nombrez les mors en toutes 
gens à passé Ix mille. Et ainssi rendirent la place en 
poiant grans finances^. 

1. Cette seconde tuerie est du 12 juin 1418 (Beaucourt^ 
Histoire de Charles VII, t. I, p. 32 et 33). Clément de 
Fauquembergue essaie de dégager de ces horreurs la res- 
ponsabilité de Jean Sans-Peur^ a lesquelles avoient esté 
« faictes sans le sceu, adveu ou consentement de monseigneur 
a de Bourgogne ne dez bourgois et gens notables de la ville de 
a Paris; mais estoient faictez par le fait et entreprinse de plu- 
« sieurs gens du menu peuple de Paris et de petit état, si 
a comme on disoit » qu'on dépêcha au siège de Montlhéry 
(communication de M. Lacaille. Arch. nat., X^^ 1480, fol. 144). 

2. Monstrelet donne de longs détails sur le siège de Rouen 
(t. m, p. 283 à 286 et 294 à 308). Le blocus complet de Rouen 
eut lieu le 29 juillet; le 19 janvier 1419, la ville ouvrit ses 
portes. Cf. Léon Puiseux, Siège et prise de Rouen par les Anglais 
(1418-1419). 

3. Clément de Fauquembergue raconte que le 17 janvier 
1419 (n. st.) on apprit à Paris que le roi d'Angleterre a devoit 
« prochainement entrer dedens la ville de Rouen par traictié 
a fait entre luy et les habitans de la ville par defaulte de 
« vivre. Car autrement, par force d'armes ou par assaultz, la 
a ville n'estoit pas mie prenable » (communication de M. La- 
caille. Arch. nat., X*^ 1480, fol. 165 v«). 



1418] DB PERGEYAL DB GAGNY. Il5 

Uassemblée à Corbeuil. 

En cel an, le x jour du mois d'aoust, furent envoyez^ 
par monseigneur le daulphin, les ducs de Bretaigne 
et d'Alençou devers ledit de Bourgoigne en la ville de 
Corbeuil^, pour trouver et faire aucun appoinctement^. 
Mais quant ilz furent retournez devers mondit seigneur 
le daulphin et il out ouy ce qu'ilz avoient appoinctié, 
il se marrit et troubla, et dist que il ne vouloit point 
d'appoinctement, que par justice, à celui qui avoit 
mauvaisement meurtry ou fait faire, son oncle, son 
conestable, son chancelier et les aultres bons et loyaulx 
serviteurs de son père et de lui^. 

1. Ils partirent de Chinon. Le duc d'Alençon n'avait que 
neuf ans, si Ton admet mon hjrpothèse (voir supra, p. 20, 
note 5). 

2. Monstrelet (t. III, p. 288) mentionne Tentrevue du duc de 
Bourgogne et du duc de Bretagne, au pont de Charenton, le 
13 septembre 1418 (A. Tuetey, Journal ePun bourgeois de 
Paris, p. 114, note 1). Le duc de Bretagne était en effet venu 
d*abord à Ck)rbeil. « Ce jour, » écrit à la date du 13 septembre 
1418 Clément de Fauquembergue, « le duc de Bretaigne, qui 
« estoit venu à Corbueil avec les ducs d'Anjou et d'Alençon 
a pour traîctier de l'apaisement..., vint au pont de Charenton 
« pour parler au duc de Bourgogne, et furent ensemble ce jour 
« au disner en l'ostel de Conflans. Et après disner se départi 
a le duc de Bretaigne pour retourner à Brye Conte Robert, 
« pour ce qu'il y avoit mortalité à Corbueil » (communication 
de M. Lacaille. Arch. nat., X*^ 1480, fol. 146 v«). 

3. Ce traité, connu sous le nom de traité de Saint-Maur-des- 
Fossés, du lieu où eurent lieu les négociations, fut conclu à 
Vincennes le 16 septembre 1418 (A. Tuetey, Journal â!un 
bourgeois de Paris, p. 114) et crié à Paris le 19 septembre. 
Cf. Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. I, p. 106 à 109. 

4. Perceval de Cagny donne bien exactement l'état d'esprit 

9 



116 CHRONIQUES [1418 

Du siège de Tours. 

En celui an m gggg xyiu, ou xxvj jour du mois de 
novembre, monseigneur le daulphin mist le siège 
devant la ville de Tours S laquelle tenoit contre luy 
un Bourguignon nommé Charles Labbé, lequel rendit 
la place ou mois de janvier ensuivant. 

En celui an, aucuns des gens de monseigneur le 
dauphin prindrent le chancelier de Bretaigne, lequel 
leur poia x mille francs avant s'en aler^. 

du dauphin, que révèle d'une manière si précise et si nette sa 
protestation du 29 septembre suivant (Mémoires de Pierre de 
FerUn, éd. de M"* Dupont, p. 271; Beaucourt, Histoire de 
Charles VII^ t. I, p. 111). 

1. Le siège fut mis devant Tours le 26 novembre 1418. La 
place fiit rendue le 30 décembre. On donna à Charles Labbé 
la châtellenie de Montreuil-Bonnin et depuis il devint un fer- 
vent partisan du dauphin (Jean Jouvenel, éd. D. Godefroy 1653, 
p. 355; cf. J. Delaville le Roulx, la Domination bourguignonne 
à Tours). 

2. Je n'ai pas trouvé ailleurs trace de cet événement. Feu 
M. de La Borderie, à la mémoire duquel je suis heureux de rendre 
hommage, a bien voulu m'avertir qu'il ne connaissait rien de 
pareil. En outre, le fait ne parait pas très vraisemblable, car à 
ce moment Jean de Malestroit, évèque de Saint-Brieuc, chance- 
lier de Bretagne, avait au contraire rendu divers services impor- 
tants au dauphin et à ses partisans (Jean Jouvenel, éd. D. Gode- 
froy 1653, p. 356). En 1418, je ne vois qu'une prise d'évéque : 
celle de Martin Gouge, évèque de Clermont, partisan du dau- 
phin, qui, capturé par le seigneur de la Trémoille et enfermé 
à Sully, fut relâché par son geôlier quand celui-ci vit appro- 
cher les troupes du dauphin (Ibid., p. 355). Enfin, il faut noter 
que jusqu'à sa capture par Olivier de Blois, lé duc de Bretagne 
semblait assez favorable au dauphin. Cependant, il ne faut pas 
oublier qu'en 1426, peu après Pâques, Arthur de Richemont^ 



1420] DE PERGEVAL DE GA6NY. 117 

La prinse du duc de Bretaigne. 

En l'an mgggg xnc, le jour du mois de février S 

le conte de Paintievre^, lequel par raison devoit estre 
duc de Bretaingne, pensant recouvrer ledit duché ou 
y avoir telle porcion qu'il deust estre comptent, trouva 
manière que le duc^, qui à présent tient la dudbé, 
devoit aler diner, lui et son frère d'Estampes, 
avecques la mere^ dudit de Paintievre en son chaste! 
de Gantosseaulx sur Loire ^. Le jour venu et le disner 

devenu connétable, fit prendre Jean de Malestroit et le fit 
« mener à Ghinon i> (Chronique eP Arthur de Richemont,,,^ par 
Guillaume Gruel, éd. Le Vavasseur, p. 46). Faut-il voir, dans 
la mention que fait ici Perceval de Gagny, une interversion ? En 
tout cas, on doit noter l'influence, qu'au dire de Gruel, Jean 
de Malestroit avait à la cour de Bourgogne. J'ajouterai que 
ce malheureux chancelier de Bretagne paraît avoir été voué 
à tomber entre les mains de gens intéressés à le rançon- 
ner. On sait qu'en 1431, le 29 septembre, le duc d'Alençon 
le fit capturer à Quarquefou, près de Nantes. Faut-il voir 
ici une transposition de l'attentat de 1431 en 1418, et Perce- 
val de Gagny aurait-il relaté en 1418, et très sommairement, 
un événement auquel il consacre d'assez longs détails à Tan- 
née 1431? (Beaucourt, Histoire de Charles VU, t. I, p. 202). 

1. La copie de Duchesne ne donne pas la date du jour, 
quoique M. de Beaucourt, dans son Histoire de Charles VII 
(t. I, p. 202, note 4), imprime que Perceval de Gagny donne la 
date du 12 février. M. de Beaucourt adopte la date du 13 février 
1420 (n. st.). 

2. Il s'agit d'Olivier de Blois. On voit les préventions du 
chroniqueur en faveur de la maison de Blois. 

3. Jean VL Son frère Richard ne devint comte d'Etampes 
que le 8 mai 1421. 

4. Marguerite de Glisson. 

5. Ghamptoceaux, Maine-et-Loire, arr. de Gholet, chef-lieu 
de canton. 



ii6 CHRONIQUES [1420-1421 

apresté ainssi comme il appartenoit pour festoier ung 
tel seigneur, ledit de Paintievre ala audevant de lui et 
firent grant joie à eulx entre encontrer. Hz ne furent 
gaire ^ 

La mort du duc de Bourgoigne. 

Oudit an, le jour du mois de février^, fut une 

journée prinse en laquelle le duc de Bourgoigne devoit 
venir devers monseigneur le daulpbin en la ville de 
Montereul Fault Yonne^; auquel jour il vint à tel 
nombre de gens et en abillement tel, que par mondit 
seigneur lui fut ordonné ^. 

La bataille de Baugié. 

En l'an mggggxx, la veille des Grans Pasques^, le 
conte de Bocan, conestable de France^, le conte de 

1. <K Le reste manque » [Note de Duchesné), 

2. La mort de Jean Sans-Peur est du 11 septembre 1419; la 
date de l'entrevue de Montereau ne peut avoir été fixée avant 
août 1419 (Beaucourt, Histoire de Charles VU, 1. 1, p. 157 à 160). 

3. Montereau, Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, chef- 
lieu de canton. 

4. « Le reste manque » [Note de Duchesné). Il semble qu'on 
sente là un blâme formulé contre le dauphin. Le fait est d'au- 
tant plus notable que Perceval de Cagny est un évident 
ennemi du duc de Bourgogne. Il n'est pas moins curieux de 
constater le silence que garde Perceval de Cagny sur les opé- 
rations du duc d'Alençon en Normandie (Beaucourt, Histoire de 
Charles VII, 1. 1, p. 209). Il n'en faudrait pas conclure que Per- 
ceval de Cagny ne raconte que les événements auxquels il a 
assisté et ceux qui ont eu un grand retentissement. 

5. 22 mars 1421 (n. st.). Cf. G. Godefroy, Histoire de 
Charles F/..., par J. J. des Ursins, éd. 1653, p. 732. 

6. Ce n'est que quelques jours après que le comte de 



4421] DE PERCEVÀL DE CAGNY. 119 

VictoD^ acompaigniez de belle compaignie de cheva- 
liers et escuiers et de archiers de leur pais d'Escoce, 
le bastard d'Âlençon, les sires de Fontaines^, du Bel- 
lay^ et autres cappitaines, avoient sceu que le duc de 
Glerence^, grandement acompaigné de iiij contes, de 
V ou vj grans seigneurs^, de autres chevaliers et 
escuiers en grant nombre et autres archiers touz du 
pais d'Ëngleterre avecques eulx descenduz, le tout 
nombre de x à xij mille ou plus, estoient venuz ou 
duché d'Anjou et conté du Maine, espérant y faire une 
grant conqueste. 

Pour quoy mondit seigneur le conestable et les 
autres dessus nommez se assemblèrent ou village de 
Baugé^ ; ledit de Glerence estant à Beaufort'', devant le 
chastel, lessa son entreprinse et vint pour courir sur 
le logis dudit conestable, lequel par sa diligence sceut 
la venue dudit de Glerence et fist sçavoir, par les logis 
d'environ lui, la venue desdiz Ënglois et que hastive- 
ment vinssent à lui. Lesquelx ne sceurent oncques si 
tost venir que ilz trouvèrent le conestable et ses gens 
meslez et combatans avecques lesdiz Ânglois près une 

Buchan, Jean Stuart, reçut Tépée de connétable (5 avril 1421. 
— Beaucourt, Histoire de Charles VU, t. I, p. 222). 

1. C'est le comte de Wigton, Archibald Douglas, fils aîné 
d'Archibald, comte de Douglas [Histoire de Charles VII y par 
Vallet de Viriville, t. I, p. 250, note 2). 

2. Guérin de Fontaine. 

3. Jean du Bellay. 

4. Thomas de Lanças ter, duc de Glarence, frère d'Henri Y. 

5. Cf. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII y t. I, 
p. 248 et 249. 

6. Baugé, Maine-et-Loire, chef-lieu d'arrondissement. 

7. Beaufort-en- Vallée, Maine-et-Loire, arr. de Baugé, chef- 
lieu de canton. 



1^0 CHRONIQUES [1421 

église nommée le Yiel Baugé^; auquel lieu eut une 
très forte et cruelle bataille, laquelle fut pour les Fran- 
çois. Et y moururent ledit duc de Glerence, les contes 

de et de ^, les seigneurs de Reghs^, de Greis^ 

et iiij autres et plusieurs autres chevaliers et escuiers 
et gens de guerre d'Engleterre^. 

A ce jour, ledit de Glerence ne se voult point aider 
d'ung bien grant nombre d'archiers qui estoient près 
d^Uecques, et ne print sinon les archiers de son 
corps, disant que ceulx de France disoient que les 
Ënglois ne gaignoient les journées, sinon par les 
archiers et que à ceste fois verroit comme il luy en 
prendroit. Et ainsi fut mort et ceulx de sa compaignie 

1. Baugé-le-Vieil^ Maine-et-Loire, arr., cant. et comm. de 
Baugé. 

2. Les Henrici Quinti gesta (éd. Williams, p. 274 et 275) 
contiennent en appendice une liste des morts de Baugé. Elle 
cite les noms de deux comtes seulement : « Therle Humfrey- 
ville » et « Therle of Tankervel, » c'est-à-dire Gilbert Humphre- 
ville, comte de Kyme, et le comte de Tancarville, Jean Gray. 

3. Probablement lord Rooss, maréchal d'Angleterre. Sur 
cette dignité que lui attribuent plusieurs chroniques, voir 
Chronique cP Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis et L. 
Dorez, Annexes, t. IV, annexe viii. 

4. Sans doute Jean Gray, comte de Tancarville, à moins 
qu'on ne comble l'une des deux lacunes précédentes avec ce 
nom. Je dois ajouter que je n'ai pas trouvé de nom approchant 
de celui de Greis autre que celui de Gray, dans la liste publiée 
par Williams à la suite de son édition des Henrici Quinti gesta 
(p. 274). 

5. La nouvelle arriva à Paris le 4 avril 1421 (n. st.) d'après 
Clément de Fauquembergue (communication de M. Lacaille. 
Arch. nat., X^^ 1480, fol. 231). Cf. une lettre écrite de Paris ou 
des environs de Paris dans Chronique d'Antonio Morosini, 
éd. G. Lefèvre-Pontalis et L. Dorez, t. II, p. 198. 



1421] DE PBRCEVAL DE CAGNY. 121 

jusques au nombre de passé M et y^ de Tesliste ^ de 
ceulx de leur parti ; et le sourplus s'enfouyt en Nor- 
mendie. Geste journée fut moult honnourable et en 
fut le roy moult joyeulx et reconforté et touz ceulx 
de son parti ^. 

La prinse de Mommirail^ et de Galardan. 

En l'an M GGGG xxi, le x jour du mois de juing, 
monseigneur le régent, en sa compaignie le duc 
d'Âlençon^, le conte d'Âumale, de Bocan et de Victon, 
plusieurs grans seigneurs et autres cappitaines, cheva- 
liers, escuiers et gens de guerre, nombrez à passé 
XXX mille combatans, furent devant la place de Mom- 

mirail, en laquelle estoit ung nommé ^, lequel se 

rendit à la volenté du roy; et, ce fait, le roy mena 
son ost devant le chastel de Beaumont le Ghetif^, en 

laquelle place estoit ung nommé , lequel rendit la 

place au roy le dimanche xv jour dudii mois. 

i. Cependant^ Vallet de Viriville (Histoire de Charles VII y 
t. I; p. 252) fait monter son estimation à 2,000 morts. 

2. Sur Teffet moral causé par la victoire de Baugé, on con- 
sultera avec fruit la Chronique cP Antonio Morosiniy éd. G. Le- 
fèvre-Pontalis et L. Dorez, t. II, p. 202 et suivantes. 

3. Montmirail, Sarthe, arr. de Mamers. 

4. Alors âgé de onze ans si on adopte pour date de sa nais- 
sance le 2 mars 1409 (n. st.) (voir supra, p. 20, note 5). 

5. Il faut suppléer à cette lacune par Tun des deux noms 
suivants : ou bien Fouquet Pesas ou bien Jannequin, tous les 
deux chargés par le duc de Bourgogne de défendre Mont- 
mirail. ^ 

6. Beaumont-le-Chartif, aujourd'hui Beaumont-les-Autels, 
Eure-et-Loir, arr. de Nogent-le-Rotrou, cant. d'Authon. 



122 CHRONIQUES [1421 

Et, ce fait, le roy mena son ost devant la ville de 
Galardon^, en laquelle estoit ung nommé le Roussel- 
let^ et autres cappitaines bourguignons; le roy arriva 
audit lieu le xxiij jour dudit mois de juing, et le 
xxix jour ensuivant fut la place prinse d'assault et y 
furent plusieurs Bourguignons prins et mors et la 
ville pillié^. 

1. D*après la Chronique de Jean Raoulet (Vallet de Viri- 
ville, Chronique de Charles VII.,,, par Jean Chartier, t. III, 
p. 170), le siège de Gallardon avait précédé celui de Montmi- 
rail. L'éditeur place le siège de Gallardon au 7 juin et celui de 
Montmirail au 10 juin. Si Ton adopte ce récit, il semblerait 
que le dauphin n'ait pas eu l'intention d'assiéger Chartres 
avant de se porter sur Gallardon (Vallet de Viriville, Histoire 
de Charles VII, t. I, p. 268, note 2, et Beaucourt, Histoire de 
Charles VII, t. I, p. 229). 

2. La Geste des Nobles de Cousinot (éd. Vallet de Viriville, 
Chronique de la Pucelle, p. 182) dit que ce Rousselet était un 
batelier de Paris. Sur ce nom, voir G. Raynaud, Rondeaux et 
autres poésies du XV^ siècle, p. xxui. Mais il est à peu près 
certain que le personnage qui nous occupe n'est pas le poète 
dont M. G. Raynaud a eu à s'occuper. Etait-il même le père 
du poète ? Tout au contraire, je crois que c'est bien le même 
personnage qu' « Andry de Rousselet » dont Jean Jouvenel dit, 

en 1411, qu'il fut mis « sus comme un capitaine. Et luy 

bailla on le gouvernement des archers et arbalestriers de Paris » 
(éd. D. Godefroy 1653, p. 239). Le Roux de Lincy (Paris et ses 
historiens, p. 370) le cite sous le nom d' Andry Roussel parmi 
les membres de la faction cabochienne. 

3. Le 4 juillet, Clément de Fauquembergue écrit que les 
gens du dauphin tenaient, a si comme on disoit, siège contre la 
« ville de Chartres » et « nouvellement par siège et puissance 
a d'armes estoient entrez en la ville de Galardon et par traitié 
« en la ville Nogent le Roy » (communication de M. Lacaille. 
Arch. nat., X*^ 1480, fol. 236). M. de Reaucourt [Histoire de 
Charles VII, 1. 1, p. 227 et 228) prouve que la prise de Gallar- 
don doit être avancée au 25 juin. 



1422] DE PERGEVAL DE GAGNY. 123 

En celui an M GGGG xxiS xij jour d'octobre, monsei- 
gneur le daulphin estoit en la ville de la Rochelle et 
avoit assemblé touz ceux de ladicte *ville qui fesoient 
à apeller, pour avoir finance preste, en Tostel de 

l'evesque ^ audit lieu ; et par le grant peuple apellé 

devant le roy en la salle, pour la grant charge des 
gens, du costé où le daulphip estoit, les planchies fon- 
dirent^, tellement que lui et grant nombre de cheva- 
liers et escuiers fondirent et chairent en bas, et 

1. Corriger la date en lisant 1422. 

2. Il faut sans doute combler cette lacune en y ajoutant ces 
mots : de Maillezais, 

3. Il semble donc que, contrairement à Topinion reçue^ Tef- 
fondrement se soit produit dans la partie du plancher qui sup- 
portait précisément le siège du dauphin (Beaucourt, His- 
toire de Charles VII^ t. I, p. 240). C'est du reste ce que 
confirme un texte signalé par M. de Beaucourt [Ibid,, note 2 
in fine). Jusqu'au mois de mars 1423 (n. st.), on ignora à 
Paris, « es marces de Piccardie, » en plusieurs autres pays, 
si le dauphin n'avait pas péri des suites de l'accident (Bibl. 
nat., fonds franc. 23018, fol. 431 r°). Les gens de Tournai, ville 
demeurée fidèle au prince, envoyèrent aux nouvelles en Berry 
et en Orléanais; ils apprirent qu'il était vivant (Ibid., 
fol. 431 V®). En revanche, lors de la reddition du pont de Meu- 
lan aux Anglais (1*^' mars 1423, n. st.), l'un des négociateurs 
de la capitulation pour le compte de la garnison, Jean de Gra- 
ville, certifia, dit-on, que le dauphin a estoit vivant quant il 
« party de luy pour venir audit lieu de Melun (sic). Mais il 
« estoit moult malade et en adventure d'avoir perdu à tousjours 
« mais ung des lez de son corps par la blechure dont cy devant 
a est faicte mension de la maison fondue en la ville de la 
« Rocelle : en laquelle maison, il dauphin avoit esté si vilaine- 
a.ment blechîés et navrés qu'il estoit en aventure d'en demo- 
« rer affolé et perdu à tousjours. Et ce affermèrent les gentilz- 
a hommes de sa compaignie, chascun àpart, sur ce interroghiés, 
a par serment solempnel » (Ihid.y fol. 436 r^). 



124 CHRONIQUES [1422 

d'autres avecques; de laquelle cheste furent mors le 
sire de Preaulx ^ et le sire de Lingnac, frère du grant 
maistre d'Âcquitaine^. De quoi et de ce la ville et 
touz ceulx qui n'estoient en la place furent prests de 
eulx entretuer, cuidans que le daulphin et les sei- 
gneurs de sa compaignie fussent mors par traison et 
mal appencement. 

La bataille de Mortaigne. 

L'an MGGGGXxn, ou mois d'aoust^, le conte d'Au- 
male*, le viconte de Nerbonne^, plusieurs capitaines, 
chevaliers et escuiers et plusieurs autres gens de 
guerre en leur compaignie firent une course à la ville 
de Bernay^, laquelle estoit moult garnie de peuple et 
de grans marchandises de draps et autres denrrées, et 
fut la ville moult fort pillié. 

Et, en retournant droit à Mortaigne "^^ ung cappitaine 
Englois, nommé messire Phellipe Branche^, sceut la 

1. Pierre de Bourbon, seigneur de Préaux. 

2. C'est-à-dire frère de Philibert de Naillac, le grand maître 
de Rhodes. 

3. Au commencement d*août, écrivent le Religieux de Saint- 
Denis (t. VI, p. 474) et Jean Jouvenel (éd. D. Godefroy 1653, 
p. 394). La relation que ce dernier fait de cet événement est 
bien médiocre. Vers le 10 août, d'après Vallet de Viriville 
(Histoire de Charles VII, t. I, p. 334). 

4. Jean d'Harcourt. 

5. Guillaume, vicomte de Narbonne. 

6. Bemay, Eure, chef-lieu d'arrondissement. 

7. Mortagne, Orne, chef-lieu d'arrondissement. 

8. L'éditeur de la Chronique du Religieux de Saint-Denis 
(t. VI, p. 476) a imprimé ce nom : Branth. Il est certain qu'il 
faut lire Philippe Rranch. 



1422] DE PBRCEVAL DE CAGNY. 125 

compaignie sur le pais. Il assembla gens et se trouva 
acompaignié de ij à iij mille oombatans et se mist 
après les autres ; et, quant il vint audit lieu de Mor- 
taigne, ledit conte d'Âumalle, qui rien ne sçavoit de 
sa venue, se estoit deslogié, et ne fut pas demie lieue 
loings, que il sceut que ledit Branche le poursuivoit. 
Et si tost que ce fut venu à sa congnoissance, il fit 
arrêter toute sa compaignie et demourer tout son 
bagage à ung village près d'illec^ et se trouva bien de 
sa compaignie mil ou xij"" combatans bien empoint, 
et tentost se mist à chemin à retourner contre les 
Ënglois. 

Et ce jour, veille de la my aoust, trouva lesdiz 
Ënglois auprès dudit lieu de Mortaigne et sans dissi- 
mulacion se ferirent luy et ses gens dedens lesdiz 
Ënglois et à l'arrivée y out dure bataille ; ledit d' Au- 
malle eut ses gens ensemble et entrèrent dedens leurs 
ennemis et ainssi furent departiz. Et en pou d'eure 
tourna la desconfiture sur les Engloys : ledit Phelipe 
Branche s'enfouit et y demeura bien de ceulx de sa 
partie, tant sur la place que en la poursuite, de m à 
xij<^ Ënglois mors et de deux à iij° prisonniers^. Geste 
journée donna aux gens du roy grant courage sur les 
Ënglois, qui longtemps avoient esté sans estre gaire 
endommagiez^. 

1. Moulins-la-Marche, Orne, arr. de Mortagne, chef-lieu de 
canton (Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, 1. 1, p. 334, 
et Chronique du Religieux de Saint^Denis, t. VI, p. 476). 

2. Cousînot, dans la Geste des Nobles (Vallet de Viriville, 
Chronique de la Pucelle, p. 187), estime les pertes des Anglais 
à 800 morts. 

3. Il est intéressant de remarquer, ailleurs qu'ici, l'effet 



126 CHRONIQUES [1422 

La mort du roy d^Engleterre. 

En celui an, le jour du mois de septembres 

trespassa le roy d'Ëngleterre au Bois de Yincennes 
et fut sa mort celée xv jours ou plus. Et, après ce, fut 
mené par la rivière de Saine à^ouan, et là fut le corps 
sollempnellement receu et de là mené en Ëngleterre. 
Il estoit moult chevalereux et tant obey des ses gens, 
granz, moienz et petiz que homme de quelque estât 
qu'il peut estre; il estoit très fort justicier^. 

Plusieurs de ses adversaires François et de ceulx 
qui ont tenu son parti ont dit et en grant supposi- 
tion, que se il fust demouré vif et sain que il eust con- 
questé tout ce royaume, veu le roy dont il avoit le 
gouvernement, le duc de Bourgoigne qui estoit de son 
parti et le duc de Bretaigne qui se estoit mis en paix 
finalle avecques lui. 

moral de la course opérée par le vicomte de Narbonne 
(Chronique tT Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis et 
L. Dorez, t. II, p. 224, note 5, et p. 228, note 6). 

1. Le lundi 31 août 1422. L'erreur de Perceval de Gagny 
s'expliquerait naturellement parce qu'il dit, une ligne plus bas, 
si son affirmation était exacte. Clément de Fauquembergue 
montre ce qu'il faut en penser, puisqu'une première fois il 
écrit à la date du 8 juillet que l'Université de Paris fit une 
procession a pour le salut et reconvalescence du roy d'Angle- 
« terre, » et que plus loin, le 31 août, il note la mort de ce 
prince survenue ce même jour à deux heures du matin (com- 
munication de M. Lacaille. Arch. nat., X*^ 1480, fol. 254 et 
257 V). 

2. Cf. les Mémoires de Pierre de Fenin, éd. de M*^* Dupont, 
p. 187. « Magnus justiciarius , » dit le Religieux de Saint- 
Denis (t. VI, p. 480). 



1422J DE PERGEYAL DE CAGNY. 127 

Le trespassement du roy. 

Ou mois d'octobre, ledit an, le jour*, Nostre 

Seigneur, qui de toutes choses fait à son plaisir, print 
de\^rs lui le roy Charles VI. En son jeune eage, n'avoit 
en son royaume chevalier, escuier, ne homme de 
quelque estât qu'il feust, homme mieulx formé de 
beau corps gent, beaux bras et jambes de grant force 
et de grant ligierté; il se esbatoit aux gieux de 
paulme, de saillir, de dancer, de jouster et de touz 
autres gieux honnestes, autant doulcement et humble- 
ment que peust faire le filz d'un simple chevalier ; il 
estoit tant larges et courtois de donner, que grant mal 
lui feist de esconduire nulle honneste requeste qu'il 
luy feust faicte. Oncques homme ne feut plus amé de 
son peuple que il estoit. 

Touz ses voisins et aultres royaumes le prisoient, 
honnouroient et craingnoient touz; il tint par long 
temps son royaume si en paix que sa ville de Paris 
et les autres villes et chasteaulx ne fermoient ne nuit, 
ne jour, ne n'y failloit guet ne garde. Touz marchans 
de quelque marchandise que il se mellassent aloient 
et passoient par mer et par terre à tout leurs denrrées, 
comme ilz peussent faire enmy sa ville de Paris, ne 

• 

1. Le 21 octobre 1422. Le corps fut porté à Saint-Denis le 
10 novembre et enterré le lendemain. Cf. Vallet de Viri ville, 
Chronique de Charles VII, par Jean Chartier, t. III, p. 292, 
note 3. — La Chronique anonyme publiée partiellement par 
Douët d'Arcq dans son édition de la Chronique cTEnguerran de 
Monstrelet (t. VI, p. 324 à 327) entre à cet égard dans les plus 
grande détails. 



128 CHRONIQUES [1422-1423 

nul n'osast prendre denier ne maille, ne autre chose 
que le vausist, sur paîne de mort. 

Et après ces très grans biens de grâce et bieneurez 
renon. Dieu le souffrit cheoir et venir en l'inconvé- 
nient d'une très grande maladie et merveilleuse qui 
l'a tenu par l'espace de xx ans et plus; par quoy'et 
pour ce, ce royaume, qui tant abondoit en richesses 
et en paix, est venu et cheu en toute misère et deso- 
lacion, comme par ce de devant peult estre veu 
et sceu^. 

La chierté des blés. 

En l'an M GGGG xxni, depuis le temps de Pasques et 
le caresme passé jusques au mois d'aoust ensuivant, 
les blés furent si chiers que, depuis Paris jusques à la 
Rochelle et tout le long de la rivière de Laire, la charge 
de trois chevaux de froument coustoient la value de 
deux mars d'argent, et valoit la charge d'un cheval 
seul quatre escuz ou quatre royaulx qui couroient 
pour lors*. 

La nativité de monseigneur le daulphin. 

En l'an MGGGGXxm, le samedy iij jour de juUet, 
fut né en la ville de Bourges Loys, aisné filz du roy, 

1. Il n'y a pas une note discordante dans les auteurs du temps 
sur le compte de Tinfortuné monarque. 

2. L'hiver avait été d'une rigueur exceptionnelle (A. Tuetey, 
Journal (Tun bourgeois de Paris, p. 185). A la date du 19 jan- 
vier 1423, Clément de Fauquembergue note ceci : « Viguit 
« gelidîssimum frîgus » (communication de M. Lacaille. Arch. 
nat., XiA 4793, fol. 248 v«). 



1423] DE PERGEVAL DE CAGNY. 129 

daulphin de Viennois ^ et furent ses parrains le duc 
d'Alençon et l'evesque de Cleremont^, chancelier de 
France. 

En celui an, le dimenche xxix jour du mois d'aoust, 
fut marié le duc d'Âlençon à Marie, fille du duc d'Or- 
leens et de Ysabeau, fille du roy. 

En cel an, oudit mois d'aoust, eut fait une des- 
trousse sur les Englois et Bourguignons ensemble près 
de Bourges^. 

La bataille de la Broussigniere. 

En celui an m gggg xxm, le xxvj jour du mois de 
septembre*, jour du dimenche, [par] le conte d'Au- 

1. Vers trois heures de Taprès-midi. La lettre par laquelle 
Charles VU annonça la naissance de son fils a été publiée dans 
lai Bibliothèque de V École des chartes ^ année 1878^ vol. XXXIX , 
p. 586. 

2. Martin Gouge. 

3. M. G. Lefèvre-Pontalis a bien voulu me signaler dans le 
ms. franc. 11497, fol. 77 r^, de la Bibl. nat., un passage bien 
curieux d'une histoire des archevêques de Bourges. Il est bien 
probable qu'il s'applique à cette a destrousse » : « Devant 
« laquelle ville [de Bourges] leà Angloys baillèrent plusieurs 
« assaulx qui furent vertueusement repuisez par les citoyens de 
« ladicte ville de Bourges, par les sires de Gonssault (Concres- 
« sault ?) (John Stuart de Darnley) et Huttyn, capitaines soubz 
a ledict roy, auquel ilz faisoient compaignye, par quoy brus- 

« lerent plusieurs villes en Berry Lesquelz Angloys mirent 

« semblablement le siège devant la ville et chastel d'Issouldung 
« après avoir esté deschassez et repuisez de devant la ville de 
« Bourges, en laquelle ville d'Issouldun en Berry n'y peurent 
« semblablement entrer et en furent honteusement repuisez. » 

4. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VU, t. I, p. 400. 



130 CHRONIQUES [1423 

malle ^ André, filz de Laval ^, de Teage de xvj ans ou 
environ, fut fait chevaliers. 

Ce jour^, le bastard d'Alençon, messire Jacques de 
Montenay, noiarechal d'AJençon, et autres capitaines en 
leur compaignie et plusieurs chevaliers et escuiers et 
autres gens de guerre nombrez ensemble ij mille et v® 
bassinez, iceulx seigneurs sceurent que les Englo^s 
venoient faire une coursse en la conté du Maine; et 
pour ce se assemblèrent et vindrent au chastel de 
Segray*. 

Le conte d'Aumalle sceut audit lieu que le sire de la 
Poulie^, frère du conte de Suffort^, avecques lui autres 
capitaines et gens de guerre d'Engleterre, ou tenans 
leur parti, jusques au nombre de iij mille ou environ 
estoient logiez en ung lieu nommé, la Gravelle*^. Ce 
jour, ilz se trouvèrent es landes de Broissiniere^ en 

1. Le comte d*Aumale, on Ta dit plus haut, était Jean d'Har- 
court. 

2. André de Laval devînt le maréchal de Lohéac. Cf. les 
Cronicques de Normendie, éd. Hellot, p. 74 et note 211. 

3. Sur cette rencontre, voir une note qui donne tous les 
renseignements nécessaires dans Texcellent travail de M. Ger- 
main Lefèvre-Pontalis, la Guerre de partisans dans la Haute'- 
Normandie [Bibliothèque de VÉcole des chartes^ année 1895, 
t. LVI, p. 434). 

4. Segré, Maine-et-Loire, chef-lieu d'arrondissement. 

5. Jean de la Pôle. Voir S. Luce, Chronique du Mont-Saint'- 
Michely t. I, p. 98, note 1, et p. 126. 

6. Lisez SufiPolk ; c'était William de la Pôle. 

7. La Gravelle, Mayenne, arr. de Laval, cant. de Loiron. 
Cette affaire porte dans la Geste des Nobles de Cousinot (Vallet 
de Viriville, Chronique de la Pucelle, p. 193) le nom de la Gra- 
velle (Ibid., p. 215). 

8. M. Germain Lefèvre-Pontalis (la Guerre de partisans dans 



1424] DE PERCE VAL DE CA6NY. 131 

bataille les ungs contre les autres, chacun d'eulx dési- 
rant assembler à sa partie, et, leurs ordonnances faites 
pour la bataille, ils ferirent ensemble. 

Nostre Seigneur donna par sa grâce la victoire de 
la journée audict conte d'Aumalle, et furent lesdiz 
Ënglois mis à desconfiture et mis à mort passé le 
nombre de M et v^ et de prisonniers prins de iij à 
iiij cens^; desquelz prisonniers ledit la Poulie et ung 
sien frère et autres du pais de Normendie furent prins 
à prisonniers ce jour ; qui fut ung très grant bien pour 
le roy et ceulx tenans son parti^. 

Du siège d^Avrenches. 

En cedit an et en icelui mois, ledit conte d'Aumalle 
mist le siège devant la ville d'Âvrenches, et pou de 
jours après donna ung assault à ladicte ville ; auquel 
assault eut de nos gens mors et bleciez au nombre de 

la Haute" Normandie y Bibliothèque de V École des chartes^ année 
1895, t. LVI, p. 434, note 1) adopte ridentificatîon de la Bros- 
sînière avec la Bressinière (Mayenne, arr. de Laval, cant. de 
Loiron, comm. de Bourgon) proposée par M. Le Fizelier. 
Cf., sur la rencontre elle-même, le récit du ms. franc. 23018 
de la Bibl. nat., fol. 479 v*>. 

1. Gousinot de Montreuil, qui fixe à peu près aux mêmes 
chifires les pertes des Anglais, dit qu'il tenait ces renseigne- 
ments d* (c Alençon le hérault, » qui avait assisté au combat 
(Vallet de Viriville, Chronique de la PucellCy p. 217). 

2. Ceci est bien conforme au sentiment qu^exprime Gousinot 
dans la Geste des Nobles (Vallet de Viriville, Chronique de la 
Pucelle, p. 193), a dont moult' furent Anglois affeibloiez. » 
Cf. l'article de M. Germain Lefèvre-Pontalis, la Guerre de 
partisans dans la Haute^Normandie [Bibliothèque de f École 
des chartes, année 1895, t. LVI, p. 442). 

10 



132 CHRONIQUES [1424 

Ix à iiij". Si fut la ville faillie à prendre et s'en 
revindrent noz gens^ 

La bataille de VemueiL 

En Tan MGGGGXXim^, le jeudi xvij jour du mois 
d'aoust^, le duc d'Alençon, le conte d'Aumalle, le conte 
de Tonnerre, le viconte de Nerbonne, plusieurs barons, 
chevaliers, escuiers de Normendie et autres de ce 
royaume, le conte de Bocquan, conestable de France, 
le conte du Glaz^, ung de ses fîlz^ et une belle compai- 
gnie de seigneurs et de chevaliers et escuiers et autres 
gens de guerre du pais d'Escoce avoient sceu que le 
duc de Bethford®, le conte de Salseberi"^, le conte de 
Suffort^, en leur compaignie pluseurs des grans sei- 
gneurs d'Engleterre et autres chevaliers et escuiers, 

1. Le comte d*Aumale poussa même jusqu'aux faubourgs de 
Saînt-LÔ, où il resta trois ou quatre jours. 

2. La date donnée par Perceval de Gagny est exacte. Gf. G. 
Lefèvre-PontaliSy Bibliothèque de VÉcole des chartes^ t. LVI, 
p. 490, note 2. 

3. Gomme le Vénitien Antonio Morosini (cf. Chronique eT An- 
tonio Morosiniy éd. G. Lefèvre-Pontalis et L. Dorez, t. II, p. 261, 
note 3), Perceval de Gagny ne parle pas de la bataille de Gra- 
vant (31 juillet 1423). A mon sens, cette omission est une bien 
sérieuse confirmation de la réflexion émise dans le commen- 
taire de Morosini, où Ton se demande si le silence du chroni- 
queur italien n'implique pas que cette rencontre a eu moins de 
retentissement que le choc de Baugé par exemple. 

4. Archibald comte de Douglas, récemment fait duc de Tou- 
raine. 

5. Jacques deuxième, fils du précédent. 

6. Duc de Bedford. 

7. Gomte de Salisbury, Thomas Montaigu. 

8. Gomte de Sufi'olk. 



i424J DE PERCE VAL DE CA6NY. 133 

archiers et autres gens de guerre, le tout nombre à 
X mille combatans et pluz^, et nosdiz seigneurs de 
France et d'Ëscoce, nombrez de vij à viij mille com- 
batans^, prindrent leur chemin de Tours à aler com- 
batre ledit de Bethford qui tenoit le siège devant le 
chastel d'Yvry^. 

Audit lieu, nosdiz seigneurs sceurent que ledit de 
Bethford estoit grandement fortifié en son siège 
d'Yvry et avisèrent que la ville de Vernueil et le 
chastel estoient petitement garniz de gens de deffence 
et que, veue leur compaignie, ne leur devroit point 
estre tenue; si laissèrent leur entreprinse d'aler à 
Yvry et vindrent audit lieu de Vernueil, de laquelle les 
bourgeois et gens de la ville firent ouverture de la 
grant ville au duc d'Alençon^, à qui elle estoit ; et les 

1. Le total donné par Perceval de Cagny semble exact. 

2. Le chiffre le plus voisin de révaluatîon de Perceval de 
Cagny est donné par le ms. franc. 23018 de la Bibl. nat., 
fol. 451 r", soit 14,000 hommes. Sur ces chiffres, voir la dis- 
cussion des témoignages qui a été faite d'une manière définitive 
par M. G. Lefèvre-Pontalis dans la Bibliothèque de V École des 
chartes, t. LVI, p. 488-489. 

3. Ivry-la-Bataille, Eure, arr. d'Evreux, cant. de Saint-André. 
M. Germain Lefèvre-Pontalis (la Guerre de partisans dans la 
Hautes-Normandie, Bibliothèque de t École des chartes, année 
1895, t. LVI, p. 465) fixe Tinvestissement de cette place à la 
mi-juin. La capitulation est du 5 juillet. L'évacuation était fixée 
sous condition au 15 août. Sur le siège dlvry, la prise de la 
place et la bataille de Verneuil, voir aussi Histoire dlvry~la'» 
Bataille,,., d après les notes,., recueillies par feu M, F.^J, 
Mauduit, rédigées,,, par un Membre de la Société libre d^agri^ 
culture, sciences, arts et belles^lettres de VEure [M. G. -A. Pré- 
vost]. 

4. La ruse, sans doute plus que leurs sentiments loyalistes, 
amena les habitants de Verneuil à ouvrir leurs portes (Vallet 



i34 CHRONIQUES [1424 

Ënglois, qui estoient en l'autre ville et chastel, les ren- 
dirent par composition. Et, si tost que ce vint à la 
congnoissance dudit de Bethford, il leva son siège ^ et 
s'en vint droit audit lieu de Vernueil. Nosdiz seigneurs 
sceurent sa venue par ij jours avant qu'il venit*. 

Et, ledit xvij jour d'aoust, ledit de Bethford vint en 
bataille près de ladicte ville ; et tant que nosdiz seigneurs 
qui des devant le jour l'avoient attendu en bataille 
dehors ladicte ville jusques à ij heures après midy, 
dont ilz furent moult travailliez; lesquelz avoient 
ordonné et estoient disposez de attendre ledit de Beth- 
ford et sa compaignie en la place qu'ilz avoient eslue 
et ordonnée^; et, quant ilz virent que la bataille des 
Englois ne se bougoit et ne fesoient semblant de venir 
droit à eulx, ils desplacerent et en leur ordonnance 
vindrent jusques à leurs anemis touz à pié et leursdiz 
anemis contre eulx, et se meslerent ensemble, comme 
au cas est acoustumé, environ trois heures après midi. 

Et incontinent, en pou d'espace de temps, Dieu, qui 
est juge et ordonne de toutes choses à son plaisir, 

de Viriville, Histoire de Charles F//, t. I, p. 410), le 15 août, 
aux Français (G. Lefèvre-Pontalis, art, cit., p. 476-477). 

1. Le duc de Bedford ne leva pas du tout le siège, ce qui 
impliquerait qu'il n'eût pas pris Ivry. Tout au contraire, cette 
place lui ouvrit ses portes le 15 août (Vallet de Viri ville, His^ 
toire de Charles VII , t. I, p. 411), d'après un traité de capitu- 
lation conclu le 5 juillet (Germain Lefèvre-Pontalis, art, cit., 
Bibliothèque de f École des chartes, t. LVI, p. 465). 

2. Par un religieux qui, le matin du 15 août, avait chanté la 
messe devant le duc de Bedford (Vallet de Viriville, Histoire de 
Charles VII, t. I, p. 412). 

3. C'est dans la Guerre de partisans dans la Haute-Normandie 
[Bibliothèque de V École des chartes, année 1895, t. LVI, p. 465 
à 497), de M. Germain Lefèvre-Pontalis, qu'il faut chercher 



1424] DE PBRCEVAL DB CAGNY. 135 

souffrit tourner la desconfiture contre les François. 
Et en pou d'espace de temps y out ung très piteux et 
grant meurtre fait en ladite placée en laquelle finirent 
leurs desreniers jours le conte d'Aumalle, le conte de 

Tonnerre, le conte de *, le viconte de Nerbonne 

et presque tous les barons, chevaliers et escuiers de 
Normendie mors ou prins. 

Et y furent mis à mort du pais d'Escoce le conte 
de Bocquan, le conte du Glaz, ung de ses filz^ et autres 
seigneurs du pais et grant compaignie de chevaliers 
et escuiers, archiers et autres gens de guerre du parti 

du roy, jusques au nombre de mille ou plus; et 

du parti des Englois y furent tuez jusques au nombre 
de K 

une relation définitive de la première partie de la bataille de 
Verneuil. 

1. Vallet de Viriville (Histoire de Charles VII, t. I, p. 418) 
s'appuie sur plusieurs témoignages autres que celui de Perce- 
val de Cagny pour afiBrmer que « la journée de Verneuil fut 
« l'une des plus imposantes et des plus meurtrières qui pussent 
a être citées de mémoire d'homme » à cette époque. On voit 
que le récit de Perceval de Cagny confirme absolument cette 
opinion. Cf. G. Lefèvre-Pontalis, art, cit., p. 507, note 3. 

2. C'est le comte de Ventadour. — Le duc d'Alençon fut au 
nombre des prisonniers. Non seulement, comme on le constate, 
Perceval de Cagny ne raconte pas, avec Thomas Basin, que le 
duc d'Alençon fut trouvé après le combat vivant au milieu d'un 
monceau de morts [Histoire des règnes de Charles VII et de 
Louis XI, t. I, p. 51), mais il ne le nomme même pas. 

3. Les généalogies écossaises infirment la mention de cette 
mort, insérée cependant dans plusieurs chroniques. 

4. J'ignore quels chiffres il faudrait placer là, car plus haut 
Perceval de Cagny estimait les troupes françaises à 7 ou 
8,000 combattants. Vallet de Viriville [Histoire de Charles Vil y 
t. I, p. 418) fait monter les pertes françaises à 9,000 hommes 



136 CHBONIQUIS [1425-1427 

Le conte de Richemont fut fait conestaèle. 

En celui an, le conte de Richemont, frère du duc 
de Bretaigne, fut fait conetable de France^. 

Le siège de Montargis. 

En l'an M cccc xxvi, le jour de jullet 2, les contes 

de Suffort et de Salsebery, en leur compaignie de v à 
vj mille Englois, tenoient le siège devant la ville de 
Montargis. Ledit jour, le bastard d'Orleens, le sire de 
Gaucourt^, la Hire et Poton de Sentraille en leur com- 
paignie de ij à iij mille combatans ferirent sur ledit 
siège ; et y furent mis à mort de vij à viij cens Englois 
et prins passé ij"^ prisonniers^. Tout le sourplus tourna 
enfuie. Ainssi fut le siège levé et furent lesdiz Englois 
moult endommagez des abillemens de guerre et autres 
choses dudit siège. 

Le retour de la prison du du^ d'Alençon. 
En Tan m cccg xxvn, le iij jour d'octobre, le duc 

et les pertes anglaises à 4,000 hommes environ. M. de Beau- 
court (Histoire de Charles VII, t. II, p. 16, note 3) cite un bien 
curieux texte établissant que le duc de Bedford estimait les 
pertes françaises à 7,262 hommes. M. de Beaucourt pense que 
les Anglais ne perdirent que 1,600 hommes. 

1. Le 7 mars 1425 (n. st.) à Chinon (Chronique cT Arthur de 
Richemonty par Guillaume Gruel, éd. Le Vavasseur, p. 36). 

2. Lisez le 5 septembre 1427. Le siège avait commencé le 
1" juillet. 

3. Raoul de Gaucourt. 

4. 1,500 Anglais furent blessés ou tués, d'après M. de Beau- 



1427*1429] DE PERGEVAL DE GA6NY. 137 

d'Alençon, qui avoit esté prins des Ënglois à la bataille 
de Vernueil, revint de sa prison^ et arriva œdit jour 
en sa ville de Fougieres. Il fut prisonnier trois ans et 
tant comme il a du xvij jour d'aoust jusques au iij 
jour d'octobre ensuivant^. 

La destrousse des Harens. 

En l'an m cccc xxvm, le jour du mois de mars^, 

les Englois tenans le siège devant la ville d'Orleens^ 
avoient envoyé quérir des vivres de Karesme à Paris, 

court (Histoire de Charles VII, t. II, p. 28 et note 4). Vallet de 
Viriville [Histoire de Charles VII, t. II, p. 20, note 1) adopte 
les chiffres donnés par Perceval de Gagny. Clément de Fau- 
quembergue se borne à écrire, à la date du 5 septembre 1427 : 
(( Ce jour, par puissance d'armes, lez ennemis levèrent le siège 
tt que tenoit le conte de Suffolz devant Montargis » (communi- 
cation de M. Lacaille. Arch. nat., XA^1480, fol. 384). 

1. Il avait été enfermé au Grotoy. 

2. Sa rançon s'éleva à 200,000 saluts (Vallet de Viriville, 
Histoire de Charles Vil, t. I, p. 483) et plus exactement, 
d'après Jean Ghartier, à 120,000 saluts (éd. Vallet de Viriville, 
t. I, p. 57 et 81). En fait, il dut verser 200,000 écus. En 1423, 
le salut d'or d'Henri VI valait 12 francs de notre monnaie, 
valeur intrinsèque, tandis que l'écu à la couronne varia en 
1427 de 7 francs à 12 francs, valeur intrinsèque (N. de Wailly, 
Mémoire sur les variations de la livre tournois, Mémoires de 
V Académie des inscriptions et belles^lettres, t. XXI, 2® partie, 
p. 250). Le change dut être très onéreux pour le prince. 

3. Gette date de mois est encore fausse. La journée des 
Harengs est du 12 février 1429 (n. st.). Gf. le Jouvencel, par 
Jean de Bueil, éd. Favre et Lecestre, t. I, p. xxui, note 3. 

4. Il est bon de remarquer que Perceval de Gagny fait ici 
pour la première fois mention du siège d'Orléans, qui en réa- 
lité avait commencé le 12 octobre 1428. 



138 CHRONIQUES [1429 

lesquieulx conduisoient le sire de Fastoth^ et autres 
capitaines acompaigniez de ij mille combatans Englois 
et plus. Le conte de Glermont^, messire Guillaume 
d'Alebret, seigneur d'OrvaP, le conestable d'Escoce*, 
le seigneur de Touars^, le mareschal de Boussac^, 
acompaigniés de iiij mille combatans et mieulx, parti- 
rent d'Orleens, sceurent la venue dudit Fastoth et des 
vivres qu'il amenoit audictes bastilles et alerent aude- 
vant jusques à ung village nommé Saint Pierre Avy"^. 
Et, entre Yenville et icelui village, en plaine campagne, 
les Englois se mirent à pié et se fortifièrent fort de 
leur charroy qui estoit grant. 

Nos gens descendirent à pié assez près des Englois 
et se mirent en ordonnance comme pour donner 

1. Falstolf amena environ 2^500 hommes. Sur lui, voir 
L. Jarry, le Compte de V armée anglaise au siège cPOrléanSy 
p. 206, note 5. 

2. Charles de Bourbon. 

3. Guillaume d'Albret, seigneur d*Orval, de Bruyères-sur- 
Cher, était le deuxième fils de Charles P' d'Albret, connétable 
de France, mort à Azincourt. 

4. Jean Stuart, comte d*Evreux. 

5. Louis, sire d*Amboise, vicomte de Thouars. 

6. Jean de la Brosse, seigneur de Sainte-Sévère, créé maré- 
chal en 1423. 

7. Les autres chroniqueurs placent le lieu de la rencontre 
près de Rouvray-Saint-Denis (Eure-et-Loir, arr. de Chartres, 
cant. de Janville). Perceval de Cagny précise beaucoup, en indi- 
quant le terrain compris entre Janville et Saint-Péravy-Epreux 
(Loiret, arr. de Pithiviers, cant. d*Outarville). D'après le récit 
de Cousinot de Montreuil [Chronique de la Pucelle, p. 267), la 
bataille fut livrée entre Janville et Rouvray ; il est donc permis 
d'en circonscrire le terrain dans un triangle dont les angles 
sont marqués par Janville, Rouvray-Saint-Denis et Saint- 
Péravy-Épreux. 



1429] DE PERCEVAL DE GA6NY. 139 

bataille ; et, pour ce que les ËDglois ne se bougoient 
de leur fortification, lesdiz d'Allebret, le conestable 
d'Escoce et autres capitaines de la compaignie, à tout 
grant partie de leurs gens, marchèrent droit auxdiz 
Englois, et le conte de Glermont demoura en bataille. 
Les Englois ne saillirent point, ne ne bougoient de leur 
place; nos gens vindrent cuider entrer dedens eulx. 
Les Englois se deffendirent fermement. 

Et à celle entreprinse furent mis à mort lesdiz d'Ale- 
bret et conestable d'Escoce et plusieurs autres de nos 
gens ^ . Le conte de Glermont, voyant la desconfiture 
sur eulx, monta à cheval et revint lui et les autres 
audit lieu d'Orleens. 

La venue de la Pucelle devers le roy. 

En icelui an, le jour dudit mois de mars, une 

pucelle de Teage de xviij ans ou environ, des marches 
de Lorraine et de Barroiz, vint devers le roi* à Ghinon^ ; 
laquelle estoit de gens de simple estât et de labour, 
laquelle disoit de moult merveilleuses choses, tousjours 
en parlant de Dieu et de ses Sains ; et disoit que Dieu 
l'avoit envoyée à l'aide du gentil roy Gharles ou fait de 
sa guerre. De quoy le roy et tous ceulx de son hostel, 
et aultres de quelque estât qu'ilz fussent, fe donnèrent 
de très grans merveilles de ce que elle parloit et 

1. Au nombre « d'environ trois à quatre cent combatans, et 
<i la pluspart hommes d'armes » (Cousinot de Montreuil, Chro^ 
nique de la Pucelle^ éd. .Vallet de Viriville, p. 269). 

2. On s'accorde à admettre que Jeanne d'Arc arriva le 6 mars 
1429 à Ghinon. Voir Chronique tTA. Morosini, éd. G. Lefèvre- 
Pontalis et L. Dorez, t. III, p. 44, note 2. 

3. Ghinon, Indre-et-Loire, chef-lieu d'arrondissement. 



140 CHRONIQUES [1429 

devisoit des ordonnanœs et du fait de la guerre, autant 
et en aussi bonne manière comme eussent peu et sceu 
faire les chevaliers et escuiers estans continuellement 
ou fait de la guerre. 

Et, sur les parolles qu'elle disoit de Dieu et du fait 
de ladite guerre, fut très grandement examinée des 
clercs et theaulqgiens et autres et de chevaliers et 
escuiers; et tousjours elle se tint et fut trouvée en 
ung pourpos. Elle print et se mist en habit d*homme 
et requist au roy qu'il iuy fist faire armures pour soy 
armer, telles comme elle les deviseroit, et Iuy baillast 
chevaux pour elle et ses gens. Et ainsi lui fut fait; et 
la tint le roy devers lui jusques au mois de may sans 
ce qu'elle alast nulle part. Et, avant sa venue, le roy 
ne les seigneurs de son sang ne savoient quel conseil 
prendre. Et depuis, par son aide et conseil, vint tous- 
jours de bien en mieulx. 

Comme la Pticelle commsnça faire guerre aux 

Englois. 

En l'an m CCGC xxix, la Pucelle entreprint à vouloir 
monstrer pourquoy elle estoit venue devers le roy. 
Âpres la journée des Harens, les Englois des bastilles 
devant Orleens gardèrent que nulz vivres ne peussent 
venir à ceulx de dedens, et tant que ils avoient très 
grant deffaulte de pain : et pour y pourvoir envoyèrent 
plusieurs foiz devers le roy, qui assembla ses capi- 
taines pour aviser par quelle manière on leur pourroit 
mener des blés et autres vivres; nul d'iceulx n'osa 
entreprendre la charge pour la doubte des Englois qui 
estoient d'un costé et d'autre à bien grant nombre en 



1429] DE PERCE VAL DE CAGNY. 14! 

leurs bastilles, et avecques ce tenoient les villes et 
places au dessus de la rivière et au dessopbz. 

Ladicte Pucelle voyant que nul n'entreprenoit à 
donner secours à ceste noble place d'Orleens, et 
congnoissant la très grant perte et dommage que ce 
feroit au roy et à son royaulme de perdre ladicte place, 
requist au roy qu'il luy baillast de ses gens d'armes, 
et dist : c Par mon martin^, » ce estoit son serment, 
€ je leur feray mener des vivres, t 

Le roy luy acorda, de quoy elle fut moult joyeuse. 
Elle fist faire ung estendart^, ouquel estoit l'image de 
Nostre Dame, et print ung jour de soy trouver à Biais, 
et dist que ceulx qui devrotent estre en sa compaignie 
y fussent ; et que, à ce jour, les blés et autres vivres 
fussent prestz de partir en charrettes, chevaulx et 
autrement, et ne demandoit point grant compaignie de 
gens, et disoit : c Par mon martin, ilz seront bien 
menez, n'en faictes doubte. » 

Des vivres menez à Orleens. 

Le mareschal de Rais, la Hire, Gaucourt, Poton de 
Sentrailles et d'autres capitaines furent audit jour à 
Blais^ pour la conduite et firent partir grant foison de 
vivres de ladicte ville. La Pucelle les fist passer parde- 
vant les places de Baugency, de Meun et autres places 

1. Sur cette locution de Jeanne d*Arc, voir J. Quicherat, 
Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d!ArCy 
t. IV, p. 4, note 1. 

2. Lisez un pennon, 

3. La Pucelle partit de Blois le 28 avril 1429 et ne fit que 
passer devant les têtes de pont de Beaugency et de Meung. 



142 CHRONIQUES [1429 

garnies d'Englois, sans avoir quelque destourbier en 
ce qu'elle menoit. Et, quant elle vint auprès d'Orleens, 
elle fist avaler^ des bateaux de ladicte ville et fist 
chargier lesdiz vivres elle et ses gens en bateaux ; et 
allèrent à la ville sans destourbier des bastilles du pont 
et de l'autre costé de la rivière^; de quoy ceulx de 
ladicte ville furent très grandement rejouiz, pour la 
grant nécessité qu'ilz avoient des vivres et de la venue 
de la Pucelle et des gens de sa compaignie'. 

Le sire de Gaucourt^ et aucuns autres des capitaines 
demeurèrent avecques elle; le bastard d'Orleens et 
les autres capitaines dessusnommez retournèrent audit 
lieu de Blois^ et remenerent ceulx qui avoient portez 
lesdiz vivres : elle leur avoit dit et asseuré que ilz 

1. Sur ce mot, voir J. Quîcherat (Procès de condamnation et 
de réhabilitation de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 5, note 1). Au con- 
traire , les bateaux remontèrent d'abord, pour redescendre 
ensuite. Jeanne aurait voulu aller à Orléans par la rive droite, 
sans traverser la Loire; on l'obligea au contraire à passer 
par la rive gauche, en laissant la Loire entre les Anglais et sa 
troupe. Seuls, le convoi de vivres et quelques hommes d'armes, 
Jeanne d'Arc à leur tête, parvenus en face d'Orléans sur la 
rive gauche, un peu au-dessus de la ville, furent transportés à 
Orléans par les bateaux qui étaient remontés à leur rencontre. 
Le gros des troupes dut retourner au pont de Blois pour pas- 
ser la Loire et tenter de pénétrer à Orléans par voie de terre. 

2. A la vérité, les Orléanais avaient fait une diversion en 
attaquant la bastille Saint-Loup, la seule des bastilles de la 
rive droite qui pût arrêter le convoi. 

3. 29 avril 1429. 

4. Raoul, sire de Gaucourt, venait d'entrer avec Jeanne 
d'Arc. 

5. Le bâtard d'Orléans, qui défendait la place depuis le com- 
mencement du siège, partit le 1" mai au-devant des troupes de 
secours venant de Blois. 



1429] DE PERCE VAL DE CAGNY. 143 

n'auroient nul destourbier en leur retour et ainssi fut. 
Et avecques ce leur ordonna prendre des autres vivres 
audit lieu de Biais et que ilz venissent audit lieu d'Or- 
leens par l'autre costé de la rivière, devers Paris, et 
que ilz ne feissent nulle doubte des Ënglois. Et ainssi 
Tentreprindrent, comme ordonné leur avoit, et passè- 
rent près des forteresses desdiz Ënglois et près de la 
ville par entre les bastilles, à la veue d'eulx, sans ce 
que nul se bougast de son logis, comme gens qui ne se 
sceussent ou peussent aider ^ • 

Comme la Pucelle print et leva les bastilles £Orleens. 

En celuy an mggggxxix, le jour du mois de 

may^, après disner, la Pucelle appella les capitaines 
et leur ordonna que eulx et leurs gens fussent armez 
et prests à Teure qu'elle ordonna ; à laquelle elle fut 
preste et à cheval plus tost que nul des autres capi- 
taines et fist sonner sa trompille, son estendart après 
elle ala parmy la ville dire que chacun montast, et vint 
faire ouvrir la porte de Bourgoigne et se mist aux 
champs. 

Les gens de la ville, qui estoient en bon abillement 
de guerre, a voient ferme espérance que les Ënglois 
ne leur pourroient mal en sa compaignie, saillirent 
dehors à très grant nombre ; et après se misdrent aux 
champs les mareschaux de Rais et de Boussac, le 
bastard d'Orleens, le sire de Graville et les autres 

1. Il faut ajouter que Jeanne d'Arc était venue au-devant 
d'eux. Ils entrèrent à Orléans le 4 mai, de bon matin. 

2. Lisez 4 mai, c'est-à-dire le jour même de Tarrivée des 
renforts. 



i44 CHRONIQUES [1429 

capitaines. La Pucelle leur ordonna à garder que les 
Englois, qui estoient dedens leurs bastilles en bien 
grant nombre, ne peussent venir après elle et ses gens 
de pié de la ville. Elle print poy des gens d'armes 
avec elle et s'en ala devant la bastille de l'abbaye des 
Dames, nommée Saint Lo, en laquelle estoient envi- 
ron iij^ Englois. 

Si tost comme les gens de la ville d'Orleens y 
furent arrivez, incontinent ilz alerent à l'assault. La 
Pucelle print son estandart et se vint mètre sur le 
bort des fossez. Tentost après, ceulx de la place se 
vouldrent rendre à elle : elle ne les voult recevoir à 
rançon et dist qu'elle les prendroit maulgré eulx, et 
fist renforcier son assault. Et incontinent fut la place 
prinse et presque touz mis à mort. Ce fait, elle 
retourna en la ville d'Orleens et les seigneurs avec- 
ques qui l'avoient attendue, qui touz se donnoient 
merveilles de ses faiz et de ses parolles; ne oncques 
nul des autres Englois ne se misdrent en nulle ordon- 
nance, ne ne firent semblant de saillir hors de leurs 
places, ne émplus que ce ilz n'eussent veu ne ouy 
chose qui leur deust desplaire. 

Tout le jour de l'endemain qui fut jeudi^, la Pucelle 
ne nul des capitaines ne se bougèrent de ladicte ville. 
Le vendredi*, à heure de vespres, elle dist que cha- 
cun fust armé et prest, et en bateaulx vint passer la 
rivière devers la Salloingne : tous ne la suyrent pas, 
comme elle cuidoit; ainssi tost comme elle fut des- 
cendue à terre et pou de gens avecques elle, elle se 

1. Le 5 mai. 

2. Le 6 mai. 



i429] DE PERGEYAL DE CA6NY. 145 

ala mètre devant la bastille des Augustins, son esten- 
dart en sa main, et fist sonner trompilles à l'assault. 

Incontinent, et après ce, ne demoura gaires que la 
place fut prinse, et, ce fait, ceulx de sa compaignie 
cuidoient que elle deust retourner à gésir à la ville; 
elle se logea en ladite bastille, qui estoit moult bien 
garnie de vivres, et dist : c Par mon martin, je auray 
< demain les tours de la bastille du pont, ne n'entre- 
€ ray en Orleens jusques à ce qu'elles soient en la 
c main du bon roy Charles. » Et manda à ceulx qui 
estoient en la ville demourez fussent Tendemain bien 
matin devers elle. 

La mort du conte de Salbery. 

Glacidaz^ demoura capitaine des tours et de la bas- 
tille des pons après la mort du conte de Salsebery, 
qui fut tué dedens d'une pierre de canon ; et ne fut 
oncques sceu qui la jeta, ne dont elle vint^. La place 
sembloit imprenable d'assault à toutes gens de guerre 
et estoit garnie de touz les abillemens qui appar- 
tiennent à la deffence de place assaillie. 

Et si avoit ledit Glacidaz avecques lui en la place 
de vij à viij'' Englois, telz que bon luy avoit semblé 
pour sa seurté, et n'y avoit celui des capitaines à qui 
il ne semblast impossible que ladicte place deust estre 
prinse en ung mois à plus de gens la moitié que ilz 

1. C'est Gaillaume Glasdall. Cf. L. Jarry, le Compte de V ar- 
mée anglaise au siège eT Orléans, p. 206, note 4. 

2. Perceval de Gagny ne fait pas allasion à la tradition qui 
veut qu'un enfant, mettant le feu à un canon abandonné par 
ses servants, ait fait partir le coup mortel. 



146 CHRONIQUES [1429 

n'estoient. La Pqpelle dist à ceulx qui estoient avec- 
ques elle : c Par mon martÎD, je la prendray demain 
c et retourneray en la ville par sus les pons. > 

Le samedi S à vij heures au matin, elle fîst sonner 
ses trompilles et fist sçavoir que chacun fust prest 
d'aler donner l'assault; et, environ vij heures, elle 
print son estendart et s'ala mètre sur le bort des fos- 
sez. Et incontinent commencèrent à geter grant 
nombre de cagnons et de couleuvrines du costé de 
dehors, et ceulx de dedens faisoient tout ce que pos- 
sible leur estoit pour deffence. On entra dedens leur 
fossez maulgré eulx. 

L'assaut fut dur et long et furent plusieurs de ceulx 
de dedens mors et bleciés, et pou des autres. En ce 
jour leur fut donné par iij ou iiij foiz Fassault, et tous- 
jours la Pucelle reconfortoit ses gens en leur disant : 
c Ne vous doubtez, la place est nostre ! > Et, environ 
Teure de vespre, elle se mist ou fonz des fossez et 
incontinent ilz furent aportés plusieurs eschielles et 
renforsa l'assault de couleuvrines et gens de trait. Et 
ne demoura gaires que noz gens entrèrent en la place. 
Ledit Glacidaz et autres des plus grans de la place, 
quant ilz virent que eulx estoient prins, pour eulx 
sauver cuiderent recouvrer une des tours ; mais, pour 
la presse qui fut très grande sur leur pont, le pont 
rompit^ et fut ledit Glacidaz et plusieurs autres noyez 
et presque touz les autres mis à mort. 

Âinssi fut la place gaignée. De quoy touz ceulx qui 
ce virent furent touz esmerveillez ; et n'y moururent 

1. Le 7 mai. 

2. Les Orléanais y avaient mis le feu. 



1429] DE PERGEYAL DE GA6NY. i47 

pas de l'autre costé plus hault de xvj à xx personnes. 
Les pons qui estoient tant dépeciez que ce estoit 
merveille et sembloit impossible que en viij jours on 
eust trouvé manière de y passer nulles gens, en mains 
de iij heures après, la chose fut mise en tel apareil 
que la Pucelle et ceulx qui y vouldrent passer vindrent 
parsus les pons gésir en la ville. Dieu soit (sic) à quel 
joye elle et ses gens y furent receuz ! 

Le département des Englois devant Orleens. 

Ce dimanche jour de may^ les seigneurs de 

Fastath, de Yulbi^, de Scales^ et autres capitaines, qui 
estoient en bien grant nombre en pluseurs autres 
bastilles du costé devers France, avoient veu l'assault 
de loing que la Pucelle avoit donné le mercredi à la 
bastille de Saint Lo et Tavoit prinse d'assault et ceulx 
de la place mis à mort; et de leurs places avoient 
aussi veu les assaults que elle avoit donnez le samedi 
aux tours et bastille du pont, et la place prendre 
d'assault. 

Gedit jour du dimenche, au matin, ilz boutèrent les 
feuz en leurs logis et s'en alerent la plus part d'eulx 
tout de pié es villes et places de Meun et Baugency 
sur Laire. Et par ainssi fut la noble cité d'Orleens 
secourue et mise en franchise par la Pucelle, message 
de Dieu en Taide du roy de France. Et, huit ou dix 

1. Le 8 mai 1429. 

2. J. Qaicherat^ Procès de condamnation et de réhabilitation 
de Jeanne d!Arc^ l'identifie avec Robert Willoughby (t. IV, 
p. 9, note 1). Gela, du reste, ne fait aacun doute. 

3. Thomas de Scales. Cf. L. Jarry, le Compte de V armée 
anglaise au siège d'Orléans y p. 210, note 11. 

11 



148 CHRONIQUES [1429 

jours après les bonnes aventures, elle revînt devers 
le roy à Ghinon^. 

Ou mois de mars précèdent, après ce qu'elle Ait 
arivée devers le roy à Ghinon, entre les autres 
affaires qu'elle disoit avoir de par Jésus, elle disoit 
que le bon duc d'Orleens estoit de sa charge, et, ou 
cas qu'il ne revendroit par deçà, elle arroit moult de 
paines de le aler quérir en Ëngleterre et avoit très 
grant joye de soy employer ou recouvrement de ses 
places ; et, à l'occasion de l'amitié et bon vouloir que 
elle avoit au duc d'Orleens et aussi que ce estoit partie 
de sa charge, elle se fist très acointe du duc d'AIençon 
qui avoit espousé sa fille. 

Et ne fut gaires après sa venue à Ghinon que elle ala 
veoir la duchesse d'AIençon en l'abbaye de Saint Flou- 
rent^ près Saumur, là où elle estoit logiée. Dieu soit 
(sic) ^ la joye que la raere dudit d'AIençon, lui et ladite 
fille d'Orleens, sa femme, lui firent par iij ou iiij jours 
qu'elle fut audit lieu. Et après ce tousjours depuis se 
tint plus prouchaine et acointe du duc d'AIençon que 
de nul autre ; et tousjours en parlant de lui l'appel- 
loit : c Mon bon duc, » et non autrement. 

Ventreprinse du couronnement du roy. 

Apres la prinse des bastilles devant la ville d'Or- 
leens, la Pucelle dist au roy, aux seigneurs et à tout 
son conseil que il estoit temps que il fust prest de soy 

1. Jeanne d'Arc rejoignît Charles Ville 13 mai 1429 à Tours. 

2. Saint-Florent, Maine-et-Loire, arr. et cant. de Saumur, 
comm. de Saint-Hilaire-Saint-Florent. 

3. En marge, Duchesne a écrit : « Dieu sçait , » alors que 

dans le texte il copiait : « Dieu soit » 



1429J DE PERGEVAL DE GA6NY. 149 

mètre au chemin de son couronnement à Raîns. Son 
conseil sembla très fort à exécuter à touz ceulx que 
en ouyrent parler; et disoient que, veue la puissance 
des Englois et Bourguignons ennemis du roy, et con- 
sidéré que le roy n'avoit pas grans finances pour 
souldoyer son armée, il luy estoit impossible de par^ 
faire le chemin. La Pucelle dist : < Par mon martin, 
c je conduiray le gentil roy Charles et sa compaignie 
c jusques audit lieu de Rains seurement et sans des- 
€ tourbier, et là le verre couronner, > 

Apres ces paroUes et ce qu'elle avoit' fait de avi- 
taillier la ville d'Orleens et levé les bastilles de devant, 
nul ne osa contredire ; et mist le roy ung jour auquel 
il seroit à Gien sur Laire. Et ainsi le fîst le roy. 

La Pucelle, qui tousjours avoit Tueil et sa pencée 
aux affaires du duc d'Orleens, parla à son beau duc 
d^AIençon et luy dist que entandiz que le roy se 
apresteroit et que il metroit à faire son chemin à aler 
audit lieu de Gien, elle vouloit aler délivrer la place 
de Gergueau^, qui faisoit et donnoit de grans charges 
à la ville d'Orleens. Incontinent le duc d'Âlençon fist 
sçâvoir aux marechaulx de Boussac et de Rais, au 
bastard d'Orleens, à La Hire et autres capitaines que 
eulx et leurs gens fussent à certain jour à ung village 
près Romorentin en Salloingne ; et ainssi le firent^. 

1. Jargeau^ Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de canton. 

2. D'après un témoignage capital, celui de Gui de Laval, 
Jeanne d'Arc était, dès avant le 6 juin 1429, à Selles-sur-Gher 
(Loir-et-Cher, arr. de Romorantin, chef-lieu de canton), lieu 
auquel fait allusion ici Perceval de Gagny et où les troupes 
devaient se réunir, fille en partit le 6 juin au soir pour Romo- 
rantin. Le même jour, le duc d'Alençon l'avait rejointe; mais 
il resta à Selles, qu'il ne quitta que le 8 avec le bâtard d'Or- 
léans, les maréchaux de Boussac et de Retz et La Hire. 



150 CHRONIQUES [1429 

L'assault de Gergeau. 

• 

ËD celuy an m gggg xxix, le samedi xj jour du mois 
de juing, environ deux heures après disner, le duc 
d'ÂlençoUy la Pucelle, le conte de Yendosme et les 
autres capitaines en leur compaignie de ij à iij mille 
combatans et autant de gens de commun ou plus 
vindrent assiéger la ville de Gergeau, en laquelle 
estoient le conte de Sufford*, ij de ses frères et de vij 
à viij'' Ënglois. 

 l'arriver, les gens de commun à qui il estoit avis 
que à Tentreprinse de la Pucelle riens ne povoit tenir, 
ilz saillirent es fossez sans sa présence et sans les 
gens d'armes qui entendoyent à eulx logiez. Il en y 
ot de bien batuz et s'en re vindrent. La chose demoura 
pour le jour en cest estât. La nuit, la Pucelle parla 
à ceulx de dedens et leur dist : c Rendez la place 
c au Roy du Ciel et au gentilz roy Charles et vous 
c en alez, ou autrement il vous mescherra. > Ils ne 
tindrent compte de choses qu'elle leur dist. 

La nuit, les bombardes et cagnons furent assis, et, 
le dimenche venu^, environ ix heures au matin, la 
Pucelle et le duc d'Alençon firent sonner les trom- 
pilles pour venir à l'assault; la Pucelle print son 
estendart ouquel estoit empainture Dieu en sa ma- 
jesté, et de l'autre costé et ung escu de France 

tenu par ij anges ^. Elle vint sur les fossez et inconti- 

1. Le comte de Suffolk, GaîUaume de la Pôle (L. Jarry, le 
Compte de V armée anglaise au siège dP Orléans, p. 208, note 9). 

2. Le 12 juin. 

3. Perceval de Cagny a dit plas haut que sur V étendard de 
Jeanne d'Arc était figurée « Timage de Nostre Dame. » Il y a 



i429J DE PERGEYAL DE GA6NY. 151 

nent bien grant nombre de gens d'armes et de com- 
mun saillirent dedens, et commença Fassault très dur, 
lequel dura de trois à quatre heures ; et en la parfîn la 
place fut prinse, qui sembloit chose impossible la 
prendre d'un assault, veu les gens de deffence qui 
estoient dedens. Et n'y mourut de nostre costé que xvj 
ou XX personnes. Le conte de Suffbrd fut prins à 
prinsonnier, ung de ses frères et xl ou l autres. Son 
autre frère et le sourplus des Englois furent mis à 
mort*. 

Le lundy ensuivant^, la Pucelle, le duc d'Alençon, 
après ce que ilz eurent ordonné ce que bon leur sem- 
bla de gens pour la garde de la place de Gergueau, 
eulx et le surplus de leur compaignie s'en vindrent 
disner en la ville d'Orleens et es villages d'ung costé 
et d'autre de la rivière, et là séjournèrent celui jour et 
l'endemain, qui fut mardi. 

Ce jour, la Pucelle fut moult grandement festoiée 
de ceulx de la ville : le duc d'Alençon, touz les autres 
capitaines, chevaliers et escuiers, gens de guerre, 
bourgois et toutes gens de commun qui l'avoient veue 
estoient tant contens d'elle que plus ne povoient, 
disant que Dieu l'avoit envoyée pour remetre le roy 
en sa seigneurie. 

Au vespre, elle appella son beau duc d'Alençon, et 

là quelqae chose d'inconciliable avec la description qu41 
donne dans ce passage-ci. J'ajouterai qae c'est cette dernière 
qai est exacte. 

1. Il est singulier que Perceval de Gagny ne signale pas qu'à 
l'assaut Jeanne d'Arc sauva la vie au duc d'Alençon en l'écar- 
tant d'un poste dangereux. Enfin, il ne mentionne pas qu'une 
pierre frappa Jeanne d'Arc et la renversa. 

2. Le 13 juin. 



* 



152 CHRONIQUES [1429 

lui dist : < Je vueil demain après disner aler voir ceulx 
< de Meun^ Faites que la compaignie soit preste de 
c partir à celle heure. > 

Le merquedi ensuivant^, la Pucelle, le duc d*Alen- 
çon, leur compaignie et bien grant nombre de com- 
mun qui se midrent en la compaignie de la Pucelle 
partirent après disner et alerent gésir auprès de Meun, 
et à l'arriver fut donné une escharmouce à ceulx de 
la place, et plus n'en fut fait^. 

Du siège de Baugency. 

Le jeudy ensuivant, xvj jour de juing, la Pucelle, le 
duc d'Âlençon et toute la compaignie, à heure de 
midi, vindrent mettre le siège devant la place de 
Baugency* et furent logiez en la ville et en Tenviron, 
et tout le surplus du jour eut escarmouche devant la 
place, et la nuit furent assises les bombardes et 
cagnons. Messire Richart Guestin^ et Matago^, acom- 

1. Meung-sur-Loire, Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de 
canton. 

2. Le 15 juin. 

3. Les fortifications da pont tombèrent seules, ce jour-là, au 
pouvoir des Français. 

4. Beaugency, Loiret, arr. d'Orléans, chef-lieu de canton. 

5. Richard Guétin. Sur ce personnage, voir Anchiennes 
Cronicques cT Engleterre , par Jehan de Wavrin (éd. de 
M"® Dupont, t. I, p. 279, note 2), et J. Quicherat, Procès de 
condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc (t. IV, p. 14, 
note 1), ainsi que Bibl. nat., Titres scellés de Glairambault, 
vol., 165, fol. 5001. 

6. Mathieu Gough, dit Matago (Ibid.; A. Le Vavasseur, 
Chronique d Arthur de Richemont^ à la table, et infra ad 
annum 1^32, et surtout le Jouvencely par Jean de Bueil (éd. 
Favre et Lecestre, t. I, p. xvm, note ,2). 



1429] DE PERCE VAL DE CAGNY. 153 

paigniez de îiij'' Englois, avoient la garde de la place. 

Le vendredy*, le conte de Richemont, conestable 
de France, vint à la compaignie, ainssi que le duc 
d'Alençon luy aVoit fait à sçavoir des ce qu'il ala 
devant Gergeau, combien que le roy ne vouloit point 
qu'il se meslast de sa guerre, par l'enortement du sire 
de la Triraoille qui le tenoit à son ennemy, et il avoit 
toute la voix du gouvernement du roy. 

Le conestable arrivé, v ou vj° combatans en sa 
compaignie, tout ce jour de vendredy fut jette de bom- 
bardes et cagnons à ceulx de la place et eulx aussi à 
ceulx de dehors et escharmouché, et chacun faire le 
mieulx que ilz povoient. Ceulx de la place aVoient bien 
congnoissance des entreprinses que la Pucelle avoit 
fait de avitailler la ville d'Orleens, de la prinse des bas- 
tilles qui fut grant et merveilleuse et de la prinse de 
Gergueau ; et veoyent que rien ne povoit résister contre 
la Pucelle et qu'elle metoit toute l'ordonnance de sa 
compaignie en telle conduite comme elle vouloit, tout 
ainssi comme devroient et pourroient faire le connes- 
table et les mareschaux d'un ost^, ilz se rendirent 
à la Pucelle et au duc d'Alençon, sauf leurs corps, 
chevaux et bernois. 

La nuit d'entre le vendredi et le samedi vindrent 
nouvelles à la Pucelle et au duc d'Alençon que les sei- 
gneurs de Talebot et Fastoth estoient arrivez à grant 
compaignie d'Ënglois à Yenville en Beausse, qui 
venoient pour les combatre. 

1. Le 17 juin. 

2. Cf. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. II, p. 85. 



156 CHRONIQUES [1429 

que sans elle ne peussent si grans merveilles avoir 
esté faictes. 

Et furent la Pucelle, le duc d'Âlençon et toute la 
compaignie audit lieu d'Orleens et ou pais d'environ 
depuis ledit dimenche jusques au vendredi ensuivant, 
xxiiij jour dudit mois. 

Le commencement du sacre du roy. 

Ce vendredi bien matin, la Pucelle dist au duc 
d'Âlençon : < Faites sonner trompilles et montez à 
c cheval. Il est temps dealer devers le gentil roy 
c Charles pour le mètre à son chemin de son sacre à 
« Rains. » Âinssi fut fait : touz montèrent à cheval en 
la ville et ceulx des champs ; et celui jour furent au 
giste devers le roy en la ville de Gien sur L'aire. Le 
roy fist grant feste et eut grant joye de la venue de 
la Pucelle, du duc d'Alençon et de leur compaignie. 

Et ce jour fut moult parlé par touz les seigneurs, 
les chevaliers, les escuiers, les gens de guerre et toutes 
gens de quelque estât qu'ilz fussent, qui touz tenoient 
à très grant merveille les grans aventures de guerre 
,qui, le samedi devant, estoient avenues par l'entre- 
prinse de la Pucelle à elle et à sa compaignie ; et croy 
que ne vit nul qui ait veu la pareille, telle que mettre 
en l'obéissance du roy et en ung jour trois notables 
places, c'est à sçavoir : la ville et chasteau de Meun 
sur Laire, la ville et chasteau de Baugency et la ville 
et chastel de Yenville en Beausse, et gaigné près le 
village, de Patay une journée sur les Ënglois qui 
estoient en nombre de... mille et noz gens environ...*. 

i. Sur les forces françaises et anglaises engagées à Patay, 



1429] DE PERGEYAL DE GAGNY. 157 

Le roy fut audit lieu de Gien jusques au mecredi, 
xxix jour de juing, et fut la Pucelle moult marrie du 
long séjour qu'il avoit fait audit lieu par aucun des 
gens de son hostel qui luy desconseilloient de entre* 
prendre le chemin d'aler à Rains, disans que il avoit 
plusieurs citez, autres villes fermés, chasteaulx et 
places fortes bien garnies d'Ënglois et Bourguignons 
entre ledit lieu de Gien et Rains. La Pucelle disoit 
qu'elle le sçavoit bien et que de tout ce ne tenoit 
compte, et par despit se deslogea et ala logier aux 
champs deux jours avant le parlement du roy. 

Et combien que le roy n'avoit pas argent pour 
soudoier son armée, tous chevaliers, escuiers, gens 
de guerre et de commun ne refusoient point de aler 
servir le roy pour ce voyage en la compaignie de la 
Pucelle, disans que ilz yroient partout où elle voul- 
droit aler. Et elle disoit : t Par mon martin, je mene- 
€ ray le gentil roy Charles et sa compaignie seure- 
« ment, et sera sacré audit lieu de Rains. > 

Cedit jourS après plusieurs paroles, le roy se par- 
tit et print son chemin à aler droit à la cité de Troye 
en Ghampaigne, et, en faisant son chemin, toutes les 
forteresses d'un costé et d'autre de sa voye se midrent 
en son obéissance^. Le roy arriva devant ledit lieu de 
Troye après disner, le vendredi viij jour de jullet^, et 
luy furent ceulx de la garnison et les bourgois de la 
ville desobeissans. 

voir Chronique d'Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis et 
L. Dorez, t. III, p. 72, note 2, p. 74, note 1. 

1. Le 29 juin 1429. 

2. AJQBrmation exagérée : l'armée royale, notamment, avait 
en vain assiégé Auzerre, qui avait refusé toute soumission. 

3. Jeanne d'Arc était à Troyes depuis le 5 juillet. 



156 CHRONIQUES [1429 

que sans elle ne peussent si grans merveilles avoir 
esté faictes. 

Et furent la Pucelle, le duc d'Alençon et toute la 
compaignie audit lieu d'Orleens et ou pais d'environ 
depuis ledit dimenche jusques au vendredi ensuivant, 
xxiiij jour dudit mois. 

Le commencement du sacre du roy. 

Ce vendredi bien matin, la Pucelle dist au duc 
d'Alençon : < Faites sonner trompilles et montez à 
< cheval. Il est temps d'aler devers le gentil roy 
c Charles pour le mètre à son chemin de son sacre à 
« Rains. » Ainssi fut fait : touz montèrent à cheval en 
la ville et ceulx des champs ; et celui jour furent au 
giste devers le roy en la ville de Gien sur L'aire. Le 
roy fist grant feste et eut grant joye de la venue de 
la Pucelle, du duc d'Alençon et de leur compaignie. 

Et ce jour fut moult parlé par touz les seigneurs, 
les chevaliers, les escuiers, les gens de guerre et toutes 
gens de quelque estât qu'ilz fussent, qui touz tenoient 
à très grant merveille les grans aventures de guerre 
,qui, le samedi devant, estoient avenues par l'entre- 
prinse de la Pucelle à elle et à sa compaignie ; et croy 
que ne vit nul qui ait veu la pareille, telle que mettre 
en l'obéissance du roy et en ung jour trois notables 
places, c'est à sçavoir : la ville et chasteau de Meun 
sur Laire, la ville et chasteau de Baugency et la ville 
et chastel de Yen ville en Beausse, et gaigné près le 
village de Patay une journée sur les Ënglois qui 
estoient en nombre de... mille et noz gens environ...*. 

i. Sur les forces françaises et anglaises engagées à Patay, 



1429] DE PERCBVAL DE CAGNY. 157 

Le roy fut audit lieu de Gien jusques au mecredi, 
xxix jour de juing, et fut la Pucelle moult marrie du 
long séjour qu'il avoit fait audit lieu par aucun des 
gens de son hostel qui luy desconseilloient de entre* 
prendre le chemin d'aler à Rains, disans que il avoit 
plusieurs citez, autres villes fermés, chasteaulx et 
places fortes bien garnies d'Ënglois et Bourguignons 
entre ledit lieu de Gien et Rains. La Pucelle disoit 
qu'elle le sçavoit bien et que de tout ce ne tenoit 
compte, et par despit se deslogea et ala logier aux 
champs deux jours avant le parlement du roy. 

Et combien que le roy n'avoit pas argent pour 
soudoier son armée, tous chevaliers, escuiers, gens 
de guerre et de commun ne refusoient point de aler 
servir le roy pour ce voyage en la compaignie de la 
Pucelle, disans que ilz yroient partout où elle voul- 
droit aler. Et elle disoit : c Par mon martin, je mene- 
€ ray le gentil roy Charles et sa compaignie seure- 
c ment, et sera sacré audit lieu de Rains. > 

Cedit jourS après plusieurs paroles, le roy se par^ 
tit et print son chemin à aler droit à la cité de Troye 
en Ghampaigne, et, en faisant son chemin, toutes les 
forteresses d'un costé et d'autre de sa voye se midrent 
en son obéissance^. Le roy arriva devant ledit lieu de 
Troye après disner, le vendredi viij jour de jullet^, et 
luy furent ceulx de la garnison et les bourgois de la 
ville desobeissans. 

voir Chronique d/ Antonio Morosini, éd. G. Lefèvre-Pontalis et 
L. Dorez, t. III, p. 72, note 2, p. 74, note 1. 

1. Le 29 juin 1429. 

2. AfBrmation exagérée : Tarmée royale, notamment, avait 
en vain assiégé Auxerre, qui avait refusé toute soumission. 

3. Jeanne d'Arc était à Troyes depuis le 5 juillet. 



158 CHRONIQUES [1429 

Ce jour et l'eDdemain y out fait de grans escar^ 
mouches ; et le dimenche x jour se midrent en Tobeis- 
sance du roy, et après disner fut très honnourable- 
ment receu en ladite ville et y séjourna jusques au 
mardy ensuivant. Et partout où la Pucelle venoit, 
elle disoit à ceulx des places : c Rendez [vous] au Roy 
c du Ciel et au gentil roy Charles. > Et estoit tousjours 
devant à venir parler aux barrières. 

Celui mardi, le roy partit dudit lieu de Troye*, et 
le jeudi ensuivant^ fut moult honnourablement receu 
en la cité de Chaalons; et, en faisant son chemin, 
toutes les forteresses du pais se midrent en son obéis- 
sance, parceque la Pucelle envoyet tousjours de ceulx 
qui estoient soubz son estendart dire par chacune des 
forteresses à ceulx de dedens : < Rendez vous au Roy 
c du Ciel et au gentil roy Charles. > 

Et iceulx, ayant congnoissance des grans merveilles 
avenues et faites à la présence de la Pucelle, se 
metoient franchement en Tobeissance du roy les 
aucuns, et ceulx qtii refusoient, elle y aloit en per- 
sonne et touz luy obeissoient. 

Aucune foiz se tenoit en la bataille avecques le roy, 
en alant son chemin ; autresfoiz en l'avant garde, et 
autre en l'arriére garde, ainssi qu'elle [cuidoit] bon 
convenir à son entente^. 

Et le vendredi ensuivant se partit le roy dudit lieu 
de Chaalons. f 

1. 12 juillet 1429. 

2. 14 juillet 1429. 

3. J'ai pensé qu'on devait supposer que Duchesne avait sauté 
un mot dans sa copie. J. Quicherat [Procès de condamnation et 
de réhabilitation de Jeanne d^Arc, t. IV, p. 19) propose de 
lire : « Ainssi qu'elle veoit convenir. . . » 



1429] DE PfiRGEVAL DE CA6NY. 159 

Le jour que le roy arriva à Rains et fut sacré. 

En Tan m gggg xxix, le semedi xvj jour dudit mois 
de juUet, après disner, le roy arriva en la ville de 
Rains et furent en l'encontre de lui à sa venue Tarche- 
vesque^ et tous les collèges de la ville, les bourgois 
et autres bien grant nombre, touz faisant grant joye 
en criant : <i Nouel » pour sa venue. Et tout celui 
jour et la nuit ensuivant par les officiers du roy et 
ceulx de son conseil fut fait de très grandes diligences 
par chacun des offices, en ce que il luy en apartenoit, 
pour le fait et Testât du sacre et couronnement du 
roy qui fut fait Tendemain. 

Le dimenche, xvij jour dudit mois, le roy fut sacré 

et couronné audit lieu de Rains par de Chartres^, 

archevesque dudit lieu., àcompaignié de plusieurs 
evesques, abbez et autres gens d'église, comme au cas 
apartenoit. Ce jour, le duc d'Alençon fist chevalier 
le roy et le servit de per de France ou lieu du duc de 
Bourgoigne, qui pour lors estoit ennemy du roy et 
alié avecques les Ënglois. Ce jour, les contes de Gle- 
remont, de Vendosme et de Laval, qui ce jour fut fait 
conte, servirent le roy au lieu des autres pers de 
France qui n'y estoient mie. 

Le roy fut audit lieu de Rains jusques au jeudi 
ensuivant^; et ce jour ala disner, souper et gésir en 

i. Il va sans dire que le prélat, chancelier de France, avait 
précédé le roi. 

2. Regnault de Ghartres. 

3. 21 juillet 1429. 



160 CHRONIQUES [1429 

Tabbaye de Saint Harcoul ^ : auquel lieu furent apor- 
tées au roy les clefs de la cité de Lan^. 

Comment le roy^ après son sacre^ print son chemin 

à venir devant Paris. 

La Pucelle avoit intencion de remetre le roy en sa 
seigneurie et son royaume en son obéissance ; et pour 
ce lui fist entreprendre, après la délivrance de la conté 
de Ghampaigne, le voyage à venir devant Paris ; et, 
en y venant, fist bien grande conqueste. 

Et, le samedy, xxiij jour dudit mois, le roy vint 
disner, souper et gésir en la cité de Soissons : et là 
fut receu et obey le plus honnourablement que les 
gens d'église, bourgeois et autres gens de la ville 
peurent et sceurent faire; car le tout estoit moult 
povre à cause de la destruction de la ville qui avoit 
esté prinse sur les Bourguignons à la désobéissance 
du roy. 

Le vendredi^, le roy et sa compaignie fut tout le 
jour devant Ghasteau Tierry, ses gens presque tout le 
jour en bataille, espérant que le duc de Bethford les 
deust venir combatre. Au vespre, la place se rendit 
et y fut le roy logié jusques au lundy premier jour 
d'aoust ensuivant. Ge jour, le roy geut à Mommirail 
en Brie^. 

Le mardy, ij jour dudit mois d'aoust, vint à giste 
en la ville de Provins et y fut receu le nogieulx que 

1. A Gorbeny^ Aisne, arr. de Laon^ cant. de Graonne. 

2. Lisez Laon. 

3. 29 juillet 1429. 

4. Montmirail; Marne, arr. d'Epernay^ chef-lieu de canton. 



1429] DE PERGEYAL DE GAGNY. 461 

faire se pout. Et y séjourna jusques au vendredi, 
V jour ensuivant. 

Le dimenche, vij jour, le roy fut à disner, souper 
et giste en la ville de Goulommiers en Brie ^ . 

Le mecredi, x jour dudit mois, le roy et sa compai- 
gnie furent à giste en la ville de la Ferté Milon^. 

Le jeudi ensuivant, le roy fut à giste en la ville de 
Grespien Valoys^. 

Le vendredi ensuivant furent à giste à Laingni 
le Sec*. 

Le samedi ensuivant, le roy tint les champs tout le 
jour près Dammartin en Gouelle^, cuidant que les 
Ënglois les venissent combatre ; mais ils ne vindrent 
point. 

Ou temps que le roy mist à venir son chemin dudit 
lieu de Rains audit lieu de Dammartin en Gouelle, la 
Pucelle fist moult de diligences de réduire et mètre 
plusieurs places en l'obéissance du roy. Et ainssi en 
fut, car plusieurs en furent par elle faictes françoises. 

Le roy et le duc de Bethford furent Vun devant Vautre 

près Sentis. 

Le dimenche, xiiij jour du mois d'aoust ensuivant, 
la Pucelle, le duc d'Âlençon, le conte de Yendosme, 
les mareschaux et autres capitaines, acompaigniez 

1. Seine-et-Marne, chef-lieu d'arrondissement. 

2. Aisne, arr. de Château-Thierry, chef-lieu de canton. 

3. Crépy-en- Valois, Oise, arr. de Senlis, chef-lieu de canton. 

4. Lagny-le-Sec, Oise, arr. de Senlis, cant. de Nanteuil. 

5. Dammartin-en^GoëUe, Seine-et-Marne, arr. de Meaux; 
chef-lieu de canton. C'est le 13 août. 



i 



16^ CHRONIQUES [1429 

de vj à vij°^ combatans, furent à l'eure de vespres 
logiés à une baye aux champs près Montpillour^ 
environ deux lieues près la cité de Senlis. Le duc de 
Bethford, les capitaines englois, acompaigniez de viij 
à ix mille Ënglois, estoient logiés à demye lieue près 
de Senlis, entre noz gens et ladite ville, sur une petite 
rivière^ en ung village nommé de la Victoire'. 

Geluy vespre, nos gens alerent escharmouchier 
avecques les Englois près de leur logis, et à icelle 
escharmouche furent des gens prins d'un costé et 
d'autre et y fut mort du costé des Englois le capitaine 
d'Orbec et x ou xij autres, et des gens bleciez d'un 
costé et d'autre. La nuit vint, cbacun se retrait en 
son logis. 

Le lundy xv jour dudit mois d'aoust m gggg xxix, 
la Pucelle, le duc d'Alençon et la compaignie, cuidant 
ce jour avoir la bataille, touz ceulx de la compaignie, 
chacun endroit soy, se mist ou milleur estât de sa 
conscience que faire le peut, et ouyrent la messe le 
plus matin que faire ce peult, et après ce à cheval; et 
vindrent mètre leur bataille près de la bataille des 

1. Montépilloy, Oise, arr. et cant. de Senlis. Il y a une e^xcel- 
lente description avec figures de la tour de Montépilloy dans 
Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de V architecture fran^ 
çaise, t. IX, p. 131. 

2. La Nonette. 

3. L'abbaye Notre -Dame -de -la -Victoire. Elle avait été 
détruite en février ou mars 1418 (n. st.], lors du siège de Sen- 
lis par le connétable d'Armagnac. Henri VI, constatant ces 
misères et les efforts des moines, qui cherchaient à réédifier 
les bâtiments, leur accorda diverses faveurs par lettres du 
17 avril 1423 (Flammermont, Senlis pendant la seconde partie 
de la guerre de Cent ans, Mémoires de la Société de V Histoire 
de Paris, t. V, p. 278). 



1429] DE PERGEYAL DE GAGNY. 163 

Englois qui ne se estoient bougés de leur logis où ilz 
avoient geu; et toute la nuit se fortiffierent de paux, 
de fossez et de leur charrey audevant d'eulx, et la 
rivière les fortifie t par desriere. 

Tousjours avoil de grans escharmouches entre les 
ungs et les autres. Les Englois ne firent oncques nul 
semblant de vouloir saillir hors de leur place, sinon 
par escharmouche, et quant la Pucelle vit que ilz ne 
venoient point dehors, son estendart en sa main, se 
vint mettre en l'avant garde et vindrent ferir jusques 
à la fortificacion des Englois. Et [à] celle entreprinse 
furent mors des gens de l'un costé et de l'autre. 

Et pour ce que les Englois ne vouldrent faire sem- 
blant de saillir à grant effort, la Pucelle fist tout 
retraire jusques à la bataille et fut mandé aux Englois 
par la Pucelle, le duc d'Âlençon et les capitaines, que 
se ilz vouloient saillir hors de leur place pour donner 
la bataille, noz gens se reculeroient et les lesseroient 
mètre en leur ordonnance. De quoy ilz ne vouldrent 
riens faire et tout le jour se tindrent sans saillir, 
sinon pour escharmoucher. La nuit venue, noz gens 
revindrent en leur logis. 

Et le roy fut tout ce jour à Hontepillour. Le duc de 
Bar, qui estoit venu devers le roy à Provins, estoit en 
sa compaignie, le conte de Gleremont et autres des 
capitaines avecques eulx. Et, quant le roy vit que on 
ne povoit faire saillir les Englois hors de leur place, 
et que la nuit aprochoit, il retourna à giste audit lieu 
de Grespi. La Pucelle, le duc d'Âlençon et leur com- 
paignie se tindrent toute la nuit en leur logis ; et, pour 
sçavoir se les Englois se metroient point après eulx, 
le mardi bien matin se recuUerent jusques à Montes- 



164 CHRONIQUES [1429 

pilloy^ et là furent jusques environ heure de midi que 
nouvelles leur vindrent que les Ënglois retournoient à 
Senlis et droit à Paris. Et nos gens s'en vindrent devers 
le roy audit lieu de Grespi. 

Le mecredi xvij jour dudit mois furent aportés 
devers le roy les clefs de la ville de Gompiegne, et, le 
jeudy ensuivant, le roy et sa compaignie alerent à giste 
audit lieu de Gompiegne. 

Comme le roy vint à Compiegne quant il ot lessé 

le diLC de Bethford. 

Avant ce que le roy partist dudit lieu de Grespi 
(furent ordonnez) le conte de Yendosme, les mares- 
chaux de Boussac et de Rais et autres capitaines en 
leur compaignie furent ordonnez par le roy à aler 
devant la cité de Senlis. Eulx venuz devant la place, 
ceulx de dedens, considerans la grant conqueste que 
le roy avoit faicte en pou de temps par l'aide de Dieu 
et le moien de la Pucelle et que ilz avoient veu la puis- 
sance au duc de Bethford, qui, près leur place, n'avoit 
osé combatre le roy et sa compaignie et se estoient 
reculiez à Paris et ailleurs aux autres places, ilz se 
rendirent au roy et à la Pucelle. Le conte de Yendosme 
demoura gouverneur et garde de la place et y acquist 
honeur et chevance. 

Quant le roy se trouva audit lieu de Gompiegne, la 
Pucelle fut moult marrie du séjour que il luy vouUoit 
faire et sembloit, à sa manière, que il fust content à 
icelle heure de la grâce que Dieu lui avoit faicte, sans 
autre chose entreprendre. Elle apella le duc d'Alençon 

1. Le 16 août. 



1429] DE PERCEVAL DE CAGNY. 165 

et luy dist : c Mon beau duc, faictes apareiller voz gens 
c et des autres capitaines, » et dist : t Par mon mar- 
€ tin, je vueil aler veoir Paris de plus près que ne 
€ Tay veu. i 

Et, le mardy xxiij jour dudit mois d'aoust, la Pucelle 
et le duc d'Alençon partirent dudit lieu de Gompiegne 
de devers le roy à tout belle compaignie de gent; et 
vindrent recouvrer, en faisant leur chemin, partie des 
gens qui avoient esté au recouvrement de ladicte cité 
de Senlis. 

Et, le vendredi ensuivant, xxvj jour dudit mois, 
furent la Pucelle, le duc d'Âlençon et leur com- 
paignie logiez en la ville de Saint Denis. Et, quant le 
roy sceut que ilz estoient ainssi logiez en la ville de 
Saint Denis, il vint à grant regret jusques en la ville 
de Senliz^ Et sembloit que il fust conseillé au contraire 
du vouUoir de la Pucelle, du duc d'Âlençon et de ceulx 
de leur compaignie. 

Comme le duc de Bethford abandonna Paris. 

Quant le duc de Bethford vit que la cité de Senliz 
estoit françoise, il lessa Paris ou gouvernement des 
bourgois, du sire de Tille Adam ^ et des Bourguignons 
de sa compaignie, et n'y demoura gaires d'Englois. Il 
s'en ala à Rouan moult marri et en grant doubte que 
la Pucelle remist le roy en sa seigneurie. 

1. Où il séjourna des derniers jours d'août jusqu'au 7 sep- 
tembre. 

2. Sur ce personnage^ voir dans les Positions des thèses soute- 
nues par les élèves de la promotion de 1883 pour obtenir le 
diplôme d'archiviste paléographe, la thèse de M. Germain 



166 CHRONIQUES [1429 

Depuis qu'elle fut arrivée audit lieu de Saint Denys, 
par chacun jour deux ou trois foiz nos gens estoient à 
l'escharmouche aux portes de Paris une foiz en ung 
lieu, et puis en l'autre et aucunes foiz au moulin à 
vent devers la porte Saint Denys et la Chapelle. Et 
ne passoit jour que la Pucelle ne veist faire les eschar- 
mouches; et moult volentiers avisoit la situation de 
la ville de Paris et, avecques ce, lequel endroit luy 
sembleroit plus convenable à donner ung assault. 

Le duc d'Âlençon estoit le plus souvent avecques 
elle ; mais, pour ce que le roy n'estoit venu audit lieu 
de Saint Denys, pour message que la Pucelle ne le 
duc d'Alençon luy eussent envoyé, ledit d'Âlençon ala 
devers lui le premier jour de septembre ensuivant. 
Et lui fut dit que le ij jour dudit mois le roy partiroit. 
Et le duc d'Âlençon revint à la compaignie ; et, pour 
ce que le roy ne venoit point, le duc d'Âlençon 
retourna devers lui le lundi v jour ensuivant, et fist 
tant, que le roy se mist à chemin et le mecredi fut à 
disner audit lieu de Saint Denys : de quoi la Pucelle et 
toute la compaignie furent moult resjouis. Et n'y avoit 
celui de quelque estât qu'il fust qui ne deist : c Elle 
c metra le roy dedens Paris, se à lui ne tient. » 

Comme la Pucelle donna V assault à la ville de Paris. 

Le jeudi MGGGGXXix, jour de Nostre Dame, viij jour 
du mois de septembre, la Pucelle, le duc d'Âlençon, 
les mareschaux de Boussac et de Rais et autres capi- 

Lefèvre-Pontalis, Jean de Villiers, sire de V Isle^Adam^ maré-^ 
chai de France, 



1429] DE PERCEVAL DE CAGNY. 167 

taines, en grant nombre de gens d'armes et de trait, 
partirent environ viij heures de la Chapelle près Paris, 
en belle ordonnance, les ungs pour estre en bataille, 
les autres pour garder de sourvenue ceulx qui donr- 
roient Tassault. 

La Pucelle, le mareschal de Rais, le sire de Gau- 
court, par Fordonnance d'elle apellé ce qui bon lui 
sembla, alerent donner l'assault à la porte de Saint 
Honnouré. La Pucelle print son estendart en sa main 
et avecques les premiers entra es fossez endroit le 
marché es pourceaulx; l'assault fut dur et long et 
estoit merveille à ouyr le bruit et la noise des cagnons 
et couleuvrines que ceulx de dedens jetoient à ceulx 
de dehors, et de toutes manières de trait à si grant 
planté comme innombrable. 

Et combien que la Pucelle et grant nombre de che- 
valiers et escuiers et autres genz de guerre fussent 
descenduz es fossez et les autres sur le bort et en l'en- 
viron, très pou en furent bleciez et en y out moult à 
pied et à cheval qui furent feruz et portés à terre de 
coup de pierre de cagnon. Mais, par la grâce de Dieu, 
et l'eeur de la Pucelle, oncques home n'en mourut, ne 
ne fut blecié qu'il ne peult revenir à son ayse à son 
logis sans autre aide. 

L'assault dura depuis environ l'eure de midi jusques 
environ l'eure de jour faillant ; et, après soUeil couchant, 
la Pucelle fut férue d'un trait de haussepié d'arbal- 
lestre par une cuisse. Et, depuis qu'elle fut férue, elle 
se effbrçoit plus fort de dire que chacun se approchast 
des murs et que la place seroit prinse. Mais, pour ce 
qu'il estoit nuit et ce qu'elle estoit bleciée et que les 
gens d'armes estoiènt lassez du long assault qu'ilz 



168 CHRONIQUES [1429 

avoient fait, le sire de Gauoourt et autres vindrent 
prendre la Pucelle et, oultre son voulloir, l'en emme- 
nèrent hors des fossez ; et ainssi faillit l'assaull. 

Et avoit très grant regret d'elle ainssi soy départir, 
en disant : c Par mon martin, la place eust esté 
prinse. » Ils la midrent à cheval et la ramenèrent à 
son logis audit lieu de la Chapelle et touz les autres de 
la compaignie, le roy, le duc de Bar, le conte de Gle* 
remont, qui ce jour estoient venuz de Saint Denis.. 

Comme la Pucelle partit de davant Paris outre 

son vouloir. 

Le vendredi ix jour dudit mois, combien que la 
Pucelle eust esté bleciée du jour de devant à l'assault 
devant Paris, elle se leva bien matin et fist venir son 
beau duc d'Alençon par qui elle se conduisoit, et luy 
pria qu'il fist sonner les trompilles et monter à cheval 
pour retourner devant Paris et dist, par son martin, 
que jamais n'en partiroit tant que elle eust la ville. 

Ledit duc d'Alençon et autres des capitaines estoient 
bien de ce vouloir à l'entreprinse d'elle de y retour- 
ner, et aucuns non; et, tantdiz que ilz estoient en ces 
paroUes, le baron de Mommorancy, qui tousjours avoit 
tenu le parti contraire du roy, vint de dedens la ville, 
acompaignié de L ou Ix gentilzhommes, soy rendre 
en la compaignie de la Pucelle, à quoy le cueur et le 
courage fut plus esmeu, à ceulx de bonne volenté, de* 
retourner devant la ville. 

Et, tantdiz que ilz se aprochoient, vindrent le dvc 
de Bar et le conte de Gleremont de par le roy, qui 
estoit à Saint Denys, et prièrent à la Pucelle, que 



1429] DE PERGEYAL DE GAGNY. i69 

sans aler plus avant, elle retournast devers le roy 
audit lieu de Saint Denys; et aussi, de par le roy, 
prièrent audit d'Âlençon et commandèrent à touz 
les autres capitaines que ilz s'en venissent et ame- 
nassent la Pucelle devers lui. La Pucelle et le plus 
de ceulx de la compaignie en furent très marriz et 
neantmoins obéirent à la volenté du roy, espérant aler 
trouver leur entrée à prendre Paris par l'autre costé 
et passer Saine à ung pont que le duc d'Alençon avoit 
fait faire au travers de la rivière, endroit Saint Denis. 
Et ainssi s'en vindrent devers le roy. 

Le samedi ensuivant^ partie de ceulx qui avoient 
esté devant Paris cuiderent bien matin aler passer la 
rivière de Saine audit pont; mais ilz ne pourent, 
parceque le roy, qui avoit sceu l'intencion de la 
Pucelle, du duc d'Alençon et des autres de bon vou- 
loir, toute la nuit fist dépecer ledit pont : et ainssi 
furent demourez de passer. 

Ce jour, le roy tint son conseil ouquel plusieurs 
opinions furent dictes. Et demoura audit lieu jusques 
au mardi xiij jour, tousjours tendant affin de retour- 
ner sur la rivière de Laire, au grant desplaisir de la 
Pucelle. 

Comme le roy partit de Saint Denis. 

Gedit mardi xiij jour dudit mois de septembre, le 
roy, conseillé par aulcuns de ceulx de son conseil et 
de son sang qui estoient inclinez à acomplir son vou- 
loir, partit après disner dudit lieu de Saint Denis; et, 
quant la Pucelle vit que à son partement ne povoit 

1. 10 septembre. 



170 CHRONIQUES [1429 

elle trouver aucun remède, elle donna et lessa tout 
son bernois complect devant l'image de Nostre Dame et 
les relicques de l'abbaye de Saint Denis. Et à très grant 
regret se mist en la compaignie du roy, lequel s'en 
vint le plus tost que faire le peult et aucunes foiz en 
fesant son chemin en manière de desordonnance et 
sans cause. 11 fut, le mecredi xxj jour dudit mois, à 
disner à Gien sur Laire. Et ainssi fut le vouloir de la 
Pucelle et l'armée du roy rompue. 

Comme le duc d'Alençon partit du roy. 

Le duc d'Âlençon qui avoit esté acompaignié avec- 
ques la Pucelle, — et tousjours l'avoit conduite en fai- 
sant le chemin du couronnement du roy à la cité de Rains 
et dudit lieu en venant devant Paris, — quant le roy fut 
venu audit lieu de Gien, ledit d'Âlençon s'en ala devers 
sa femme et en sa viconté de Beaumont, et les autres 
capitaines chacun en sa frontière. Et la Pucelle 
demoura devers le roy moult ennuyée du département 
et par especial du duc d'Âlençon que elle amoit très 
fort : et faisoit pour lui ce que elle n'eust fait pour nul 
autre. 

Poy de temps après, ledit d'Âlençon assembla gens 
pour entrer ou pais de Normendie vers les marches 
de Bretaigne et du Maine^ ; et, pour ce faire, requist et 
fist requerre le roy que il lui pleust lui bailler la Pucelle, 
et que, par le moyen d'elle, plusieurs se metroient en 
sa compaignie qui ne se bougeroient se elle ne faisoit 

1. Voir à cet égard une note de M. S. Luce dans son édition 
de la Chronique du Mont'Saint-'Michel, t. I, p. 268, note 1. 



i429] DE PERGEVAL DE GAGNY. 171 

le chemin. Messire de Chartres^, le seigneur de 

la Trimoille, le sire de Gaucourt, qui lors gouvernoient 
le corps du roy et le fait de sa guerre, ne vouldrent 
oncques consentir, ne faire, ne souffrir que la Pucelle 
et le duc d'Âlençon fussent ensemble, ne depuis ne la 
poeult recouvrer. 

Comme le roy demoura à parsuir sa guerre. 

Quant le roy se trouva audit lieu de Gien, lui et 
ceulx qui le gouvernoient firent semblant que ilz fussent 
comptens du voyage que le roy avoit fait ; et depuis, 
de longtemps après, le roy n'entreprint nulle chose 
à faire sur ses ennemis où il vousist estre en per- 
sonne. 

On pourroit bien dire que c'estoit par son^ conseil, 
se lui et eulx eussent voulu regarder la très grant 
grâce que Dieu avoit fait à lui et à son royaume par 
l'entreprinse de la Pucelle, message de Dieu en ceste 
partie, comme par ses faiz povoit estre aperceu ; elle 
fist choses increables à ceulx qui ne Tavoient veu, et 
peult on dire que encore eust fait, se le roy et son con- 
seil se fussent bien conduiz et maintenuz vers elle. 
Et bien y apert ; car, en moins de iiij mois, elle déli- 
vra et mist en l'obéissance du roy sept citez : savoir 
est Orleens, Troye en Ghampaigne, Ghaalons, Rains, 
Laan, Soissons et Senlis et plusieurs villes et chas- 
teaulx et gaigna la bataille de Patay. Et par son moyen 

1. Suppléez par Regnault. 

2. M. Quicherat, Procès de condamnation et de réhabilitation 
de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 30, propose de remplacer le mot 
son par fol ou sot. 



i72 CHRONIQUES [1429-1430 

fut le roy sacré et couronné audit lieu de Rains fi 
furent touz, chevaliers et escuiers et autres gens de 
guerre, très bien contens de servir le roy en sa com- 
paignie, combien qu'ilz furent petitement souldoyez. 

Depuis ce dessus escript, le roy passa temps es 
pais de Touraine, de Poitou et de Berri. La Pucelle 
fut le plus du temps devers lui, très marrie de ce que 
il n'entreprenoit à conquester de ses places sur ses 
ennemis. 

£t, le roy estant en sa ville de Bourges, elle print 
aucuns des capitaines, et, sur la rivière de Laire envi- 
ron la ville de la Charité qui estoit tenue par les Bour- 
guignons, elle conquesta iij ou iiij places^. 

Et, après ce, le mareschal de Boussac et d'autres 
capitaines se joingnirent avecqueselle, et, tantost après 
ce, elle mist le siège devant ledit lieu de la Gharilé : 
et quant elle y ot esté une espasse de temps, parceque 
le roy ne fist finance de lui envoyer vivres ne argent 
pour entretenir sa compaignie, luy convint lever son 
siège et s'en départir à grant desplaisance ^. 

En Tan mggggxxx, en la fin du mois d'avril, la 
Pucelle, très mal contente des gens du conseil du roy 
sur le fait de la guerre, partit de devers le roy et s'en 
ala en la ville de Gompiegné^ sur la rivière de Oyse. 

Comme la Pucelle se partit du roy. ^ 

En l'an m ggggxxix, le jour du mois de mars, 

1. La campagne débuta en novembre 1429 par la prise de 
Saint-Pierre-le-Moutier. 

2. Fin de novembre ou commencement de décembre. 

3. M. Quicherat [op. cit., t. IV, p. 31) a fait remarquer que ce 



i430] DE PERGEYAL DE GAGNY. 173 

le roy estant en la YÎlle de SuUi sur Laire, la Pucelle, 
qui aYoit veu et entendu tout le fait et la manière que 
le roy et son conseil tenoient pour le recouvrement 
de son royaume, elle, très mal contente de ce, trouva 
manière de soy départir d'avecques eulx*. Et, sans le 
sceu du roy, ne prendre congé de lui, elle fist sem- 
blant d'aler en aucun esbat, et, sans retourner, s'en ala 
à la ville de Laingni sur Marne ^, pour ce que ceulx 
de la place fesoient bonne guerre aux Englois de Paris 
et ailleurs. Et là ne fut gaires que les Englois s'asem- 
blerent pour venir faire une coursse devant ladicte 
place de Laingni. Elle sceut leur venue et fist monter 
sergens à cheval et ala rencontrer lesdiz Engloiz en 
grant nombre, plus qu'elle n'en avoit, entre ladite place 

et et fist ferir ses gens dedens les autres. Hz 

trouvèrent peu de resistence et là furent mis à mort 
de iij à iiij^ Englois. Et de sa venue fut grant voix 
et grant bruit à Paris et autres places contraires 
du roy. 

Âpres ce, la Pucelle passa temps à Senlis, à Grespy 
en Yaloys, à Gompiegne et Soissons, jusques ou mois 
de may ensuivant. 

paragraphe avait l'air d'une interpolation, a car le fait est rap- 
<c porté bien plus exactement et avec tous ses détails dans le 
a chapitre qui suit. » 

1. Entre le 28 mars et le l®"^ avril 1430 (n. st.) puisque Per- 
ceval de Cagny dit positivement que ce fut au mois de mars, et 
que, d'autre part, Jeanne d'Arc était incontestablement le 
28 mars à Sully (J. Quicherat, Procès de condamnation et de 
réhabilitation de Jeanne d^ArCy t. V, p. 381). 

2. Après qu'elle eut atteint Lagny, on retrouve Jeanne à 
Melun la semaine de Pâques, c'est-à-dire entre le 16 et le 
23 avril. 



174 CHRONIQUES [1430 

Comme elle vint à Compiegne et là fut prinse. 

En Tan m gggg xxx, le xxiij jour dudit mois de 
mayS la Pucelle, estant audit lieu de Grespy, seeut 
que le duc de Bourgongne, en grant nombre de gens 
d'armes et autres et le conte d'Arondel, estoit venu 
assiéger ladicte ville de Compiegne. Environ mienuit, 
elle partit dudit lieu de Grespy, en sa compaignie 
de iij à iiij"^ combatans ; et combien que ses gens lui 
deissent qu'elle avoit pou gens pour passer parmi 
Fost des Bourguignons et Englois, elle dist : c Par 
c mon martin, nous suymes assez; je iray voir mes 
c bons amis de Compiegne. » Elle arriva audit lieu 
environ soleil levant et, sans perte ne destourbier à 
elle ne à ses gens, entra dedens ladite ville ^. 

Cedit jour, les Bourguignons et Englois vindrent à 
l'escharmouche en la prarie devant ladicte ville ; là eut 
fait de grans armes d'un costé et d'autre. Lesdiz Bour- 
guignons et Englois, sachans que la Pucelle estoit 
dedens la ville, pencerent bien que ceulx de dedens 
sailleroient dehors à grant effort, et pour ce midrent 
les Bourguignons une grosse embusche de leurs gens 
en la couverture d'une grant montaigne près d'illec, 
nommé le Mont de Claire^. 

Et environ ix heures au matin, la Pucelle ouyt dire 

1. Entendre le 22 mai, dans la soirée. La date du 23, ici 
employée, doit porter sur Feutrée de Jeanne d*Arc à Compiegne, 
entrée indiquée seulement à la fin de cet alinéa. 

2. Le 23 mai 1430, au matin. 

3. Lisez Glairoix, Oise, arr. et cant. de Compiegne. Ce doit 
être la hauteur connue sous le nom de Mont-Ganelon. 



1430] DE PERCEVAL DE CAGNY. 175 

que Tescharmouche estoit grande et forte en la prarie 
devant ladite ville ; elle se arma et fist armer ses gens 
et monter à cheval et se vint mètre en la meslée. Et, 
incontinent elle venue, les ennemis furent reculiez et 
mis en chasse : la Pucelle chargea fort sur le costé 
des Bourguignons. Geulx de l'embusche avisèrent 
leurs gens qui retournoient en grant desroy ; lors des- 
couvrîrent leur embûche et à coyste d*esperons se 
vindrent mètre entre le pont de la ville, la Pucelle et 
sa compaignie ; et une partie d'entr'eulx tournèrent 
droit à la Pucelle^, en si grant nombre que bonnement 
ceulx de sa compaignie ne les peurent soubstenir et 
dirent à la Pucelle : c Metez paine de recouvrer la 
< ville, ou vous et nous suymes perdus. » 

La prinse de la Pucelle^ 

Quant la Pucelle les ouyt ainssi parler^ très marrie 
leur dist : < Taisez vous, il ne tendra que à vous que ilz 
« ne soient desconfiz. Ne pencez que de ferir sur 
c eulx. » Pour chose qu'elle dist, ses gens ne la voul- 
drent croire et à force la firent retourner droit au 
pont. Et quant les Bourguignons et Englois aper- 
ceurent que elle retournoit pour recouvrer la ville, à 
grant effort vindrent au bout du pont. Et là eut de 
grans armes faites. 

Le capitaine de la place voyant la grant multitude 
de Bourguignons et Englois prestz d'entrer sur son 
pont, pour la crainte que il avoit de la perte de sa 
place, fist lever le pont de la ville et fermer la porte* : 

1. Jeanne fut prise à la fin de Taprès-midi. 

2. Guillaume de Flavy. Le témoignage de Perceval de Cagny 
écarte de sa mémoire toute idée de trahison. 



176 CHRONIQUES [1430 

et ainssi demoura la Pucelle enfermée dehors et poy 
de ses gens avecques elle. Quant les ennemis virent 
ce, touz se efforcèrent de la prendre ; elle résista très 
fort contre eulx et en la parfin fut prinse de v ou 
de vj ensemble, les ungs metans la main en elle, les 
autres en son cheval, chacun d'iceulx disans : c Ren- 
€ dez vous à moy et baillez la foy. » Elle respondit : 
< Je ay juré et baillé ma foy à autre que à vous et je 
c luy tendray mon serement; » et en disant ces 
paroles fut menée au logis de messire Jehan de 
Lucembourc. 

Comme la Pucelle fut mise en prison. 

Messire Jehan de Lucembourc la fîst tenir en son 
logis iij ou iiij jours et, après ce, il demoura au siège 
devant ladite ville, et fîst mener la Pucelle en ung 
chastel nommé Beaulieu en Yermendois^ et là fut 
détenue prisonnière par l'espace de iiij mois ou envi- 
ron^. Âpres ce, ledit de Lucembourc, par le moyen 
de l'evesque de Terouenne^, son frère et chancelier de 
France pour le roy englois, la bailla au duc de Beth- 
ford, lieutenant en France pour le roy d'Engleterre, 
son nepveu, pour le prix de xv ou xvj mille saluz^ 
baillez audit de Lucembourc. Et par ainssi la Pucelle 

1. Beaulîeu-les-Fontaines, arr. de Compiègne, cant. de 
Lassîgny. 

2. Ce n'est pas exact. Jeanne d'Arc, dès le mois de juin, 
fut transférée de Bedulieu à Beaurevoir (Aisne, arr. de Saint- 
Quentin, cant. du Gâtelet], autre château appartenant à Jean 
de Luxembourg. 

3. Louis de Luxembourg. 

4. Le chiffre exact est 10,000 francs d'or. 



1430] DB PBRGEVAL DE CAGNY. 177 

fut mise es mains des Ënglois^ et menée ou chastel 
de Rouen^y ouquel ledit de Bethford tenoit pour lors 
son demeure. 

Elle estant en prison oudit chastel de Beaulieu, 
celui qui estoit son maistre d'ostel avant sa prinse ^ et 
qui la servit en sa prinson luy dist : c Geste povre 

< ville de Gompiegne que vous avez moult amée, à 

< ceste foiz sera remise es mains et en la subjection 

< des anemis de France. » Et elle luy respondit : 
€ Non sera, car toutes les places que le Roy du Giel a 
c réduit et remises en la main et obéissance du gentil 
c roy Gharles par mon moyen ne seront point 
c reprinses par ses ennemis, en tant qu'il fera dili- 
c gence de les garder. » 

La journée ou Daulphiné. 

En celui an^, le jour du mois de juing, le sire 

de Gaucourt, gouverneur du Daulphiné, en sa compai- 
gnie le baillif de Lyon^, Rodigues^ et autres capi- 
taines gaignerent une journée "^ contre le prince 
d'Orenge tenant le party des Bourguignons. 

1. A la date du 21 novembre 1430, Jeanne était entre les 
mains des Anglais. 

2. Elle était à Rouen à la date du 28 décembre. 

3. Jean d'Aulon. 

4. Sur les préliminaires de cette affaire et sur l'incident lui- 
même, voir le détail très complet qu'en a donné M. Quicherat 
dans Rodrigue de Villandrandoj p. 40 et suiv. 

5. Imbert de Groslée. 

6. Rodrigue de Villandrando. Sur ces noms, voir Quicherat, 
Rodrigue de Villandrando y p. 45 et note 2, 

7. C'est la bataille d'Anthon, du 11 juin 1430, qui eut un 



178 CHRONIQUES [1430 

Du siège levé devant la ville de Campiegne. 

En Tan M GGGG xxx, le jour du mois d'octobre^ 

ensuivant après la prinse de la Pucelle, les Bourgui- 
gnons et Englois qui avoient longuement tenu le siège 
devant la ville de Gompiegne estoient aprochez de la 
place et donnoient à ceulx de dedens plus à besoingner 
qu'ilz n'avoient acoustumé. 

Le conte de Yendosme^, le mareschal de Boussac 
et autres capitaines estans en la ville de Sanlis firent 
diligence de sçavoir de Testât de ceulx du siège, et 
ung peu devant le jour vindrent ferir dedens ledit siège 
du costé devers la forest, faisant grant bruit et grant 
noise et grant son de trompilles. Les adversaires don- 
nèrent pou de resistence et prindrent à fouyr et pas- 
ser la rivière. Ceulx de dedens saillirent dehors 
avecques la compaignie, qui n'estoient pas venuz en 
grant nombre ; mais, en exécutant leur bon vouloir, 

Dieu leur aida tellement sur les Bourguignons ^ et 

Englois y demeurèrent mors et prisonniers et le 

grand retentissement (J. Quicherat, Rodrigue de Villandrando^ 
p. 44 à 54). 

1. 25 octobre. Sur ce siège et les efforts faits par la ville 
pour se défendre, on consultera avec intérêt Notes extraites 
des archives communales de Compiègne^ de H. de TEpinois 
[Bibliothèque de V École des chartes, année 1862-1863, t. XXIV, 
p. 485 à 489), et des renseignements tirés des archives muni- 
cipales de Senlis par M. Flammermont [Histoire de Senlis pen- 
dant la seconde partie de la guerre de Cent ans, Mémoires de 
la Société de t Histoire de Paris, t. V, p. 246). 

2. Louis de Bourbon. 

3. a Ce lieu est corrompu » [Note de Duchesne). 



1430-1431] DE PERCEVAL DE CAGNY. 179 

sourplus tournèrent en fuite honteusement. Et ainssi 
fut le siège levé * . 

Comme la Pmelle fut jugée à m>ort. 

En Fan m gggg xxxi, le xxiij jour du mois de may ^, 
le duc de Bethford, Tevesque de Terouenne et plu- 
sieurs autres du conseil du roy d'Engleterre, lesquelz 
avoient veu et congneu les très grans merveilles qui 
estoient avenues à Tonneur et prouSit du roy par la 
venue et les entreprinses de la Pucelle, ainssi que des- 
sus ay desclairé, ses paroUes et ses faitz sembloient 
miraculeux à touz ceulz qui avoient esté en sa com- 
paignie ^. 

Âpres ce que ledit de Bethford et les dessuz nom- 
mez la tindrent en leurs prinsons audit lieu de Rouen, 
comme très envieulx de sa vie et de son estât, la 
questionnèrent et firent questionner par toutes les 
manières que ilz peurent et sceurent, desirans, à tous 
leurs povoirs et sçavoirs, de trouver à leur povoir en 
et sur elle aucune manière d'eresie, tant en ce que ilz 
disoient qu'elle se disoit message de Dieu et se tenoit 
en abit desordonné, vestue en habit d'omme, et che- 
vauchoit armée et si se mesloit en faiz et en paroUes 
de touz les faiz d'armes que conestable ou mareschaux 
pourroient et devroient faire en temps de guerre. Et 

1. Cf. Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. II, 
p. 182, notes, et 177. 

2. Date de la conclusion de la cause. Il est curieux de cons- 
tater que Perceval de Gagny ne cite même pas le nom de Tévèque 
de Beauvais. C'est le lendemain qu'eut lieu la scène du cime- 
tière de Saint-Ouen. 

3. La phrase n'est pas complète. 

13 



180 CHRONIQUES [1431 

sur ces cas la prescherent, et en la présence de plu- 
sieurs evesques, abbez et autres clers firent lire plu- 
sieurs articles contre elle. Et à la parfin jetèrent leurs 
sentences et par eulx fut condampnée et jugée à estre 

arsse. 

* 

Quant la Pucelle fut arsse. 

On peult sçavoir que, pour faire Texecution de si 
grant cas, les gens de la justice du roy d'Ëngleterre 
en ladite ville de Rouan firent appareiller lieu conve- 
nable et les abillemens pour exécuter la justice en 
lieu qui peult estre veu de très grant peuple, et ledit 
xxiij jour de may, environ Teure de midy, fut amenée 
du chastel, le visage embronché, audit lieu où le feu 
estoit prest ^ • Et après aucunes choses leues en ladite 
place fut liée à. l'estache et arssez, par le raport de 
ceulx qui disoient ce avoir veu. 

. Du siège de Sainte Susane ^ . 

En celui an, le xx jour du mois d'aoust, le duc 
d'Âlençon, acompaignié.du sire de Loheac, le baron 
de Goulonces^ et autres capitaines, mist le siège 

1. Le 30 mai 1431. 

2. Sainte-Suzanne, Mayenne, arr. de Laval, chef-lieu de 
canton. En 1441, le duc, qui n'avait pas encore pu rentrer en 
possession de cette place, la réclamait au roi en le priant de la 
lui faire rendre par le sire de Bueil (Douët d*Arcq, la ChrO" 
nique cPEnguerran de Monstrelety t. YI, p. 41 et 42). 

3. Jean de la Haye, baron de Goulonces (cf. S. Luce, ChrO'- 
nique du Mont^Saint^Michel, t. II, p. 30, note 3, et, sur son 
père, Ibid., t. I, p. 230, note 1). 



1431J DE PERCEVAL DE CAGNY. 18! 

devant son chastel et ville de Sainte Susenne^-; et y 
fut jusques au mardy iiij jour de septembre ensuivant. 
Et, par deffault de avoir assez pierres prestes pour ses 
bombardes et Gagnons, faillit à son entreprinse; et 
avecques ce le convint desloger, parceque ung des 
gens dudit de Loheac, nommé Olivier de Mais^, 
comme on disoit, bouta le feu es logis, sans le sceu 
de monseigneur d'Alençpn. 

La prinse du chancelier de Bretaigne. 

• 

En celui an,' le penultime jour du mois de sep- 
tembre?, le diiç d*Alençon print messire de Males- 

tret*, évesquë de Nantes et chancelier de Bretaigne, 
à cause et pour ce que, par ce moien, il peust estre 
poyé de grant somme d'or et d'argent que le duc de 
Bretaigne devoit à la mère dudit d'Âlençon, à cause 
et pour raison de son mariage, et yeu que gaires 
n^avoit que il estoit retourné de la prison, des Englois, 
sadite mère et lui avoient bien besoing de retirer 
devers eubc ce qui leur estoit deu^. 

1. Cf. s. Luce^ Chronique dû Mont-'Saint''Michel, t. II, p. 26, 
qui relate une autre tentative du duc d'Alençon en 1433, le 
19 noyembre^, en Normandie, « par devers Sainte Suzanne. * 

2.. C'est sans doute .le même personnage qu'Olivier de Mes 
ou de Meel (A. Le Vavasseur, Chronique cT Arthur de Riche-- 
mont, p. 216)/ compromis dans le meurtre de Gilles de Bre- 
tagne et enlevé par ordre du connétable de Richemont (Beau- 
court, Histoire de Charles VII^ t. V, p. 71). 

3. 29 septembre 1431. 

4. Jean de Malestroit. Voir plus haut, p. 116, note 2. 

5. Monstrelet (t. V, p. 11) prétend que le duc d'Alençon 
reprochait au duc de Bretagne de ne l'avoir a point voulu 
« aidier de finance à son plaisir, pour sa prinse de la bataille 



182 CHRONIQUES [1431 

Et après ladite prinse firent sçavoir audit de Bre- 
taigne que son chancelier n'estoit prins pour autre 
chose et que par autre voye ne sçavoient aviser estre 
poyez, veu que ledit de Bretaigne desavouoit le roy 
de estre son homme ne son subget^ Ledit chancelier 
fut es mains dudit d'Âlençon jusques au mois de jan- 
vier ensuivant*. 

Du siège de Pouancé. 

Durant le temps que ledit chancelier fut devers 
ledit d'Âlençon, plusieurs embassades furent envoies 
d'un costé et d'autre desdiz seigneurs^, et tant fut 
apointié entreulx que ledit de Bretaigne devoit envoyer 
et poyer audit d'Alençon en son chastel de Pouancé ^, 
le jour de dimenche devant le jour de Tan, la somme 
de dix mille livres et bailler bonne seurté du reste 

a de Vemeuil ou Perche, laquelle finance il vouloît avoir et 
ce recouvrer dudit chancelier. » Mais quelques lignes plus loin, 
dans un passage qui fait double emploi avec celui-ci et dont 
Torigine reste à déterminer (p. 12), on trouve exposée à peu 
près la même raison que celle donnée par Perceval de Gagny. 
Jean Chàrtier (Chronique de Charles VII y éd. Vallet de Viri- 
ville, t. I, p. 157) donne la même version que Perceval de 
Cagny. 

1. Sur cette affaire, voir Vallet de Viriville, Histoire de 
Charles VII, t. II, p. 286 à 289. 

2. Capturé à Quarquefou, près de Nantes, Jean de Malestroit 
fut d'abord enfermé à la Flèche, puis à Pouancé. 

3. Jean Ghartier (Chronique de Charles VII, éd. Vallet de 
Viriville, t. I, p. 157) fait également allusion à ces négocia- 
tions. 

4. Pouancé, Maine-et-Loire, arr. de Segré, chef-lieu de 
canton. 



1431-1432] DE PERCEVAL DE CAGNY. 183 

qui demouroit, de le poier par ennée; et, en ce faisant, 
son chancelier s'en aloit quite et délivré. 

Ce dimenehe passa et le jour de Fan ensuivant, sans 
ce que ledit d'Âlençon eust son payement ; mais bien 
avoit ouy dire que ledit de Bretaigne avoit fait venir 
grant nombre d'Englois en sa ville de Rennes et mis 
sus les gens de guerre de son pais. Les gens du con- 
seil dudit d'AlençoD luy dirent par plusieurs foiz : 
€ Vous veez que vostre oncle a grant armée preste et 
€ doubtons que ce soit pour vous aclorre et délivrer 
« le chancelier outre vostre vouloir. » 11 leur respon- 
dit : c N'en parlez plus ; jamais ne le feroit, veu ce 
c que par vous m'a fait sçavoir ; il est mon oncle ^ . » 

Le samedi iiij jour de janvier, l'an m GGGG xxxi, 
veille du jour des Roys^, le sire de Ghasteaubriant, 
mareschal de Bretaigne, ung capitaine englois nommé 
Riguemeht^, acompaigné de plusieurs chevaliers, 
escuiers et autres gens de guerre, environ l'eure de 
menuit arrivèrent es fausbours dudit lieu de Pouencé, 
et entour ladite place chacun des bonnes gens desdiz 

1. D'après Jean Ghartier, le duc de Bretagne, informé de 
l'insuffisance de la garnison de Pouancé, en décida le siège 
[Chronique de Charles VH, éd. Vallet de Viriville, 1. 1, p. 157). 

2. Environ le 6 janvier, dit avec moins de précision Guillaume 
Gruel (A. Le Vavasseur, Chron, d^ Arthur de Richemont, p. 79). 

3. G'est bien ainsi que dans le manuscrit de Duchesne ce 
nom est écrit. Mais il y a, en outre, entre 17; et le t un trait 
horizontal indiquant une abréviation que je n'ose résoudre. 
Guillaume Gruel, dans sa Chronique d'Arthur de Richemont 
(éd. Le Vavasseur, p. 79), cite, parmi les Anglais venus au 
siège de Pouancé, Georges Riqueinan, nom que je propose 
d'écrire Riqueman. G'est sûrement le même personnage nommé 
plus loin par Perceval de Cagny, Georges (voir p. 185, note 3), 
et, ailleurs, Georges Rielquement (voir p. 224, note 3). 



184 CHRONIQUES [1432 

faubours avoieot presque touz leurs biens esdiz faus- 
boursy qui tous furent perdus et aucuns d'euhc pri- 
sonniers, parceque en riens ne se doubtoient de ladite 
venue. 

La mère dudit d'Alençon, lui et sa femme ^ et 
presque touz les gens de leur hostel estoient dedens 
ledit chastel et ville de Pouencé. Et quant vint le 
dimenche^ tnatin que ledit d'Alençon et ses gens avi- 
sèrent la contenance des Bretons et Englois et que ilz 
n'estoient point venuz pour pillier, mais pour mètre 
siège, ledit d^Alençon print le sire d'Ângerville ^ et iiij 
ou V de ses gentilzhommes ; ilz se armèrent et mon- 
tèrent à cheval, et par une faulce poterne saillirent et 
vindrent recouvrer la ville de Craon*. 

Le duc de Bretaigne, son filz ainsné, soii frère, le 
conte de Richemont^, conestaUe de France, le. conte 
de Laval, le conte de Porhouet, presque. tous les 
barons, bacheliers et autres gens de guerre du pais 

1. La duchesse. d'Alençon était enceinte. 

2. 5 janvier 1432 (n. st.). 

3. En 1415,. on relève le nom de Robert d'Angerville faisant 
campagne en Basse-Normandie (Bibl. nat., Titres scellés de 
Glairambault, vol. 5, pièce 175). Sur ce personnage, voir Beau- 
CQurt, Histoire de Charles VII, t. III, p. 239, note 2.* 

4. Graon, Mayenne, arr. de Ghâteau-Gontier, chef-lieu de 
cuiton. Jean Ghartier [Chronique de Charles VU, éd.Vallet de 
Viriville, t. I, p. «159) ne mentionne pas le séjour, du duc à 
Graon. 

5. Perce val de Gagny confirme sur ce point le récit de Guil- 
laume Gruel [Chronique d^ Arthur de Richemonty éd. Le Vavas- 
seur, p. 79), qui attribue à Tinfluence du connétable de Riche- 
mont une part importante dans la négociation du traité qui mit 
fin à ce différend. Jean Ghartier (éd. Vallet.de Viriville, t. I, 
p. 159) appuie cette version de son autorité. 



1432] DE PERCEYAL DE GAGNY. 185 

de Bretaigne, après le partement dudit d'Alençon vin- 
drent tenir le siège devant les dames ^ La place se 

tint contre eulx et leur puissance jusques au jour 

de frevrier* ensuivant, et y moururent et furent tuez 
plusieurs Bretons et Englois, et y furent bleciez lesdiz 
de Ghasteaubriant, Georges^ et plusieurs autres. 

Ledit d'Âlençon assembla plusieurs capitaines et 
grant nombre de gens de guerre en sa ville de Chas- 
teau Gontier, à Segrey, à Graon et la Guierche. Et, 
après ce, le siège se départît et ledit chancelier fut 
renvoyé par appointement fait entre les seigneurs^. 

La destrousse de Vivain. 

En Tan m gggg xxxn, le jour du mois de may^, 

messire Ambrois de Loré, mareschal du duc d'Alen- 
çon et capitaine de Saint Scelerin^, a voit assemblé 

1. « Lesquelles y oultrent maintes paines et douUeurs et 
« maintes neccessitez » (Chronique de Charles VII,., y par Jean 
Ghartier, t. I, p. 158). 

2. Il faut sans doute compléter cette date ainsi : 19 février 
1432, jour où fut signé le traité de paix entre les deux parties. 

3. G'est le prénom du capitaine anglais mentionné p. 183, 
note 3. Voir, ci-après, p. 224, note 3. 

4. Gf. A. Le Vavasseur, Valeur historique de la chronique 
d^ Arthur de Richemont, Bibl, de t École des chartes^ t. XL VII, 
p. 563. Par le traité, le duc d'Alençon s'engagea à livrer la 
Guerche (lUe-et-Vilaine, arr. de Vitré, chef-lieu de canton) au 
duc de Bretagne. 

5. En avril 1432, si Ton en croit Tordre que suit Jean Ghar- 
tier [Chron, de Charles VII ^ éd. Vallet de Viriville, 1. 1, p. 135), 
qui fixe au 1®' mai un second combat devant Saint -Géneri 
(p. 154). Monstrelet (t. V, p. 100) reporte l'événement à 1434. 

6. Il existe bien un village nommé Saint-Gélerin, Sarthe, 
arr. du Mans, cant. de Montfort-le-Rotrou. Mais il est certain 



186 CHRONIQUES [1432 

toutes les garnisons des places apartenantes audit sei- 
gneurs, et le sire de Bueil ceulx des places obéis- 
santes à messires Charles d'Anjou, qui se trouvèrent 
environ de v à vj"" combatans ^ , eulx logiés à Beaumont 
le Vioonte* et au prieuré de Vivain ^ près d'illec pour 
aler ferir sur le siège que les sires de Wilby^ et d'Es- 
cales^ et grant nombre d'Englois et de renduz 
tenoient devant ladite place de Saint Genery®. 

qu^il s'agit ici de la localité que Perceval de Cagny appelle cor- 
rectement plus bas ce Saint-Genery. » 

1. 1^000 ou 1^100 combattants au dire de Jean Ghartier 
{Chronique de Charles VIT, éd. Vallet de Viriville, t. III, p. 136), 
1,400 selon Monstrelet (t. V, p. 101). 

2. Beaumont-sur-Sarthe, Sarthe, arr. de Mamers, chef-lieu 
de canton. 

3. Vivoin, cant. de Beaumont-sur-Sarthe. 

4. Lire Robert Willoughby, comte de Vendôme et de Beau- 
mont-sur-Oise, lieutenant du roi d'Angleterre et du duc de 
Bedford es basses marches de Normandie (S. Luce, Chronique 
du Mont-Saint'-'Michely 1. 1, p. 33, note 3). 

5. Thomas de Scales. 

6. Gomment se fait-il que les chroniques qui mentionnent le 
siège de Saint-Géneri-le-Gérei (Orne, arr. et cant. ouest d'Alen- 
çon) écrivent le nom de cette localité ainsi : Saint -Geleri 
[Chronique du Mont^Saint^Michely t. T, p. 33), ou bien Saint- 
Gelerin [Chronique d'Arthur de Richemonty p. 48, et Chronique 
de Charles VII..., par Jean Ghartier, éd. Vallet de Viriville, 
t. III, p. 118), etc., étant donné que la localité de Saint- 
Gélerîn existe? Gela explique que Ton relève dans V Histoire 
de Charles VII de M. de Beaucourt (t. II, p. 44) le nom de 
Saint-Gélerin, comme dans l'édition du Jouvencel par Jean 
de Bueil (éd. Favre et Lecestre, l. I, p. xxxvm). Monstrelet, 
lui aussi, écrit Saint- Sellerin (t. V, p. 100). Je n'ai trouvé le 
nom orthographié correctement qu'ici et dans une chronique 
alençonnaise (Bibl. nat., coll. Duchesne, vol. 48, fol. 124 r^). 
Voir Saint- Cénery- le- Géré, ses souvenirs, ses monuments, par 
l'abbé P..., le Mans, 1865, in-12. 



i432-1433] DE PERGEYAL DE GAGNY. 187 

Environ le point du jour, ce jour mesmcs, le bas- 
tart de Salseberi, acompaigné de mil ou xi]"" coniba- 
tansS sçachant la compaignie, fut envoyé dudit siège 
pour ferîr sur ung des logis de nos gens et vint ferir 
sur le logis de ceulx dudit priouré ; ilz furent trouvez 
en desaroy et en y out de mors et de prins et le 
sourplus s'enfouyt. Ceulx du logis dudit lieu de Beau- 
mont ouyrent la noise et le cry et hâtivement mon- 
tèrent à cheval et trouvèrent les Englois la plus part 
d'eulx venans les cuider trouver comme les autres ; et 
si tost comme nos gens les aperceurent, sans bargui- 
gner ferirent dedens eulx et en poy de heure les 
mirent en descontîture et en fuite. Et sur la place et 
en la fiiite moururent de v à vj"" Englois^. Matago^ y 
fut prins et d'autres. 

La prinse du sire de la Trimoille. 

En Fan MGGGGXXxm, le jour du mois de juing, 

le sire de la Trimouille, qui avoit seul et pour le tout 
le gouvernement du corps du roy, de toutes ses 
finances et des forteresses de son demaine estans en 
son obéissance, fut prins par nuit ou chastel de 

1. Deux à trois mille hommes d'après Jean Ghartier, qui 
raconte que les AjQglais arrivèrent devant Vivoin « un pou 
« après le point du jour » (Chronique de Charles Vil, 
éd. Vallet de Viriville, t. m, p. 137). Ge chiffre doit être très 
exagéré. 

2. G*est le chiffre donné par Jean Ghartier (Chronique de 
Charles VII, éd. Vallet de Viriville, t. III, p. 139). 

3. Sur ce personnage, voir plus haut, p. 152, note 6, à Tan- 
née 1429. Gf. le Jouvencel, par Jean de Bueil, éd. Favre et 
Lecestre, t. I, p. xlu. 



188 CHRONIQUES [1433-1434 

GhiDonS le roy logié dedens. Et fist ceste prinse le 
sire de Bueil^, coinine on disoit, par Pordonnance de 
la raigne de Sidlle et de Gharlon d'Anjou, son filz, à 
l'aide du sire de Gaucourt et autres^. 

Des grans vent et yver. 

En Fan MGGGGXXXiii^, le jour du mois d'oc- 
tobre, environ Teure de midi, leva ung vent, le plus 
grant et le plus merveilleux qui eust esté veu ne ouy 
passé avoit plus de xl ans, et en la ville d'Angers fist 
de merveilleux dommages es églises et es maisons : 
tant de cheminées en furent abatues et de maisons 
descouvertes que c'estoit pitié à vecrir*. Et, par l'es- 
pace de iiij heures, nul n'osoyt aler par la ville ; et 

1. Vffistoire de Charles VII, par M. de Beau court (t. II, 
p. 297), fixe à la période comprise entre le 26 et le 30 juin 1433 
la capture du sire de la Trémoille. Cf. le Jouvencel, par Jean 
de Bueil, éd. Favre et Lecestre, t. I, p. lvii-lix, et Chron. de 
Charles Vil,,,, pat Jean Ghartier, éd. Vallet de Virîville, t. I, 
p, 170. 

2. Jean, sire de Bueil. 

3. Cf. Histoire de Charles VU, par M. de Béaucourt, t. H, 
p. 299, et le Jouvencel, par Jean de Bueil, éd. Favre et Leçestre, 

t. I, p. LX. 

4. Lire 1434. 

5. On ne peut guère contester que ce témoignage n'émane 
d'un témoin oculaire. Malgré tout, il semble qu'il faille repor- 
ter cette tempête à l'année 1434. Cette année-là, en effet, le 
7 octobre « commença le plus terrible vent dé quoy en eust 
« point veu puis l ans devant, et estoit environ deux heures 
« après disner et dura jusques entre dix et unze de nuit » 
(A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 300 et 301, 
note 1). Ces détails et d'autres encore ont une ressemblance 
assez frappante avec ceux que donne Perceval de Cagny. 



1434-1435] DE PERCEVAL DE GAGNY. 189 

par les villages et forests du pais^ ftit merveille de 
veoir les mesons et arbres abatuz. 

En celui an, Testé avoit esté le plus long et le plus 
chault qui eust esté veu de la congnoissance des hommes 
vivans. En cel an mesmes Tiver fut plus grant que il 
n'avoit esté depuis Tan mf vn, Fanée que monseigneur 
d'Orleens fut tué; et moururent pour la force de 
river les figuiers, les loriers et les romarins et en 
plusieurs lieux les ceps de vingne. Il commença à la 
Saint Ândrieu et dura xj semaines, et l'autre grant 
y ver en dura xiij * . 

La mocion du peuple de Normendie. 

En celui an^, le bon peuple de Normendie environ 
Bayeulx, Gaen, Faloise, le Vau de Vire, Danfront et 
les avirons se mirent sus pour le roy par la monicion 
d'aucuns des chevaliers et escuiers du pais de Nor- 
mendie, et firent leur capitaine principal d'un escuier 

nommé de Gandepie^, du pais d'Auge; et se 

disoient passé xl mille hommes^ assemblez, les ungs en 

1. Il faut saps doute admettre qu'il est question ici de l'hiver 
de 1434 à 1435^ qui, au dire du bourgeois de Paris [Journal* >.y 
éd. Tuetey, p. 302), commença en effet le jour de la Saint- 
André (30 novembre) ; et il gela ce si fort )\ jusqu'après Pâques 
que les figuiers, bien des vignes, ce le bel pin de Sainct Victor, 
a qui estoit le plus bel que on sceust en France, » et la plupart 
des cerisiers périrent. 

2. Année 1434. 

3. Sur Gantepie, voir Histoire de Charles VII, par Vallet de 
Viriville, t. II, p. 335 et note 2. 

4. La Chron. de Charles VIL.. y par Jean Chartier (t. I, p. 172), 
affirme qu'on estimait leur nombre à plus de 60,000 hommes. 



490 CHRONIQUES [1435 

appareil, autres moiennement, le plus en petit appa- 
reil ^ ; mais bon vouloir avoient ledit Gandepie et les 
autres nobles. 

Quant ilz virent ce grant nombre de gens prests de 
mourir en servant le roy, ilz avisèrent que sans capi- 
taine de grant puissance ne povoient conduire tel 
peuple, et envoyèrent devers le duc d'Alençon lui 
faire sçavoir leur bon vouloir ; et si luy plaisoit entre- 
prendre la conduite d'entreulx, il leur sembloit que 
par ce moyen pourroit recouvrer le pais de Normen- 
die pour le roy. 

La prinse des bastilles du Mont Saint Michel. 

Quant le duc d'Alençon sceut ces nouvelles, il en 
fut moult joyeulx et, le plus tost que faire le poult, se 

apresta et ce de gens de quoy il peult finer ^. Et le 

jour du mois de janvier, ledit an^, se mist à chemin 

1. M. Vallet de Viri ville, dans son Histoire de Charles VII 
(t. II, p. 336, note 1), et M. Puiseux, cité par lui, ont été les 
premiers à mettre en lumière ce fait, signalé par la Chronique 
du Mont'Saint'Michel (t. I, p. 36), que les Anglais distribuèrent 
des armes aux paysans normands. Je serais incomplet si je 
n'ajoutais pas que Jean Chartier (t. I, p. 172) avait fait remar- 
quer que les paysans de Basse-Normandie et du pays de Caux 
retournèrent contre les Anglais les armes que ceux-ci leur 
avaient fait distribuer, sur le conseil (Cronicques de Nor mendie y 
p. 82) du duc d'Orléans, encore prisonnier en Angleterre. 
Monstrelet (t. Y, p. 104) avait signalé le même fait, et Thomas 
Basin y avait insisté [Histoire des règnes de Charles VU et de 
Louis XI y éd. Quicherat, t. I, p. 103). 

2. Voir S. Luce, Chronique du Mont-Saint-Michely t. II, p. 59. 

3. Janvier 1435. 



1435] DE PERGEYÀL DE GA6NY. 191 

pour soy aler joindre en Normendie avecques les des- 
susdiz^. 

Quant il vint à l'abbaye de Savigné ^, nouvelles luy 
vindrent que ledit Gandepie, avecques grant nombre 
de gens assemblez, estoient alez devant Gaen^; les 
Englois saillirent audevant d'eulx et à rescarmouche 
qu'ilz firent ledit de Gandepie et de ses gens furent 
mors environ deulx cens^ et autant de prisonniers^. 
Ge fait, toute leur compaignie se trouvèrent moult 
entreprins ; partie retournèrent en leurs maisons, les 
nobles et partie du commun vindrent^ devers monsei- 
gneur d'Alençon, près d'un lieu nommé Saint Ylaire"^. 
Eulx venuz, ledit d'Âlençon print le chemin pour aler 
mètre le siège devant Avrenches®. 

Les Englois qui tenoient les bastilles devant le 
Mont Saint Michel, doubtans que le siège leur 

1. s. Luce, Chronique du Mont^Saint-Michel, t. II, p. 58. 

2. Savigny-le- Vieux, Manche, arr. de Mortain, cant. du Teil- 
leul. Sur ce séjour du duc d'Alençon et sa jonction avec les 
gens du pays, voir S. Luce, Chronique du Mont-Saint^Michely 
t. II, p. 51, 58, 60 et 61. 

3. Selon Monstrelet (t. V, p. 113), les Normands arrivèrent 
devant Caen au nombre d'environ 12,000. Cf. S. Luce, Chro~ 
nique du Mont~Saint~Michel, t. II, p. 50. Thomas Basin parle 
de 30,000 hommes. 

4. Ce chiffre est probablement faux. 

5. Cf. Chronique de Charles VIL.., par Jean Chartîer, éd. Val- 
let de Viriville, t. I, p. 172. 

6. Au nombre d'environ cinq ou six mille hommes (Chro- 
nique de Charles F//..., par Jean Chartier, éd. Vallet de Viri- 
ville, t. I, p. 173). 

7. Saint-Hilaire-du-Harcouêt, Manche, arr. de Mortain, 
chef-lieu de canton. 

8. Cf. le Jouvencel, par Jean de Bueil, éd. Favre et Lecestre, 

t. I, p. LXXI. 



186 CHRONIQUES [4432 

toutes les garnisons des places apartenantes audit sei- 
gneurs, et le sire de Bueil ceulx des places obéis- 
santes à messires Charles d'Anjou, qui se trouvèrent 
environ de v à vj® combatans ^ , eu\x logiés à Beaumont 
le Viconte* et au priouré de Vivain^ près d*illec pour 
aler ferir sur le siège que les sires de Wilby* et d'Es- 
cales^ et grant nombre d'Englois et de renduz 
tenoient devant ladite place de Saint Genery^. 

qu'il s'agit ici de la localité que Perceval de Cagny appelle cor- 
rectement plus bas « Saint-Cenery. » 

1. 1,000 ou lylOO combattants au dire de Jean Chartier 
{Chronique de Charles VH, éd. Vallet de Viriville, t. IH, p. 136), 
1,400 selon Monstrelet (t. V, p. 101). 

2. Beaumont-sur-Sarthe, Sarthe, arr. de Mamers, chef-lieu 
de canton. 

3. Vivoin, cant. de Beaumont-sur-Sarthe. 

4. Lire Robert Willoughby, comte de Vendôme et de Beau- 
mont-sur-Oise, lieutenant du roi d'Angleterre et du duc de 
Bedford es basses marches de Normandie (S. Luce, Chronique 
du Mont-Saint-'Michely t. I, p. 33, note 3). 

5. Thomas de Scales. 

6. Comment se fait-il que les chroniques qui mentionnent le 
siège de Saint-Céneri-le-Gérei (Orne, arr. et cant. ouest d'AJen- 
çon) écrivent le nom de cette localité ainsi : Saint -Céleri 
[Chronique du Mont-Saint^Michel, t. î, p. 33), ou bien Saint- 
Celerin (Chronique d'Arthur de Richemont, p. 48, et Chronique 
de Charles VIL,, y par Jean Chartier, éd. Vallet de Viriville, 
t. III, p. 118), etc., étant donné que la localité de Saint- 
Célerin existe ? Cela explique que Ton relève dans V Histoire 
de Charles VII de M. de Beaucourt (t. II, p. 44) le nom de 
Saint-Célerin, comme dans l'édition du Jouvencel par Jean 
de Bueil (éd. Favre et Lecestre, l. I, p. xxxviii). Monstrelet, 
lui aussi, écrit Saint-Sellerin (t. V, p. 100). Je n'ai trouvé le 
nom orthographié correctement qu'ici et dans une chronique 
alençonnaise (Bibl. nal., coll. Duchesne, vol. 48, fol. 124 r°). 
Voir Saint-Ccncry-le-Géré, ses souvenirs y ses monuments, par 
l'abbé P..., le Mans, 1865, in-12. 



1432-1433] DE PERGEVAL DE CAGNY. 187 

Environ le point du jour, ce jour mesmes, le bas- 
tart de Salseberi, acompaigné de mil ou xij"^ comba- 
tans^, sçachant la compaignie, fut envoyé dudit siège 
pour ferir sur ung des logis de nos gens et vint ferir 
sur le logis de ceulx dudit priouré ; ilz furent trouvez 
en desaroy et en y out de mors et de prins et le 
sourplus s'enfouyt. Geulx du logis dudit lieu de Beau- 
mont ouyrent la noise et le cry et hâtivement mon- 
tèrent à cheval et trouvèrent les Englois la plus part 
d'eulx venans les cuider trouver comme les autres ; et 
si tost comme nos gens les aperceurent, sans bargui- 
gner ferirent dedens eulx et en poy de heure les 
mirent en desconfiture et en fuite. Et sur la place et 
en la fuite moururent de v à vj"" Englois^. Matago^ y 
fut prins et d'autres. 

La prinse du sire de la Trimoille. 

En Tan MGGGGXXxm, le jour du mois dejuing, 

le sire de la Trimouille, qui avoit seul et pour le tout 
le gouvernement du corps du roy, de toutes ses 
finances et des forteresses de son demaine estans en 
son obéissance, fut prins par nuit ou chastel de 

1. Deux à trois mille hommes d'après Jean Ghartier, qui 
raconte que les Anglais arrivèrent devant Vivoin « un pou 
a après le point du jour » (Chronique de Charles VU, 
éd. Vallet de Viriville, t. m, p. 137). Ce chiffre doit être très 
exagéré. 

2. C'est le chiffre donné par Jean Chartier (Chronique de 
Charles VII, éd. Vallet de Viriville, t. III, p. 139). 

3. Sur ce personnage, voir plus haut, p. 152, note 6, à Tan- 
née 1429. Cf. le Jouvencel, par Jean de Bueil, éd. Favre et 
Lecestre, t. I, p. xlu. 



188 CHRONIQUES [4433-1434 

GhinonS le roy logié dedens. Et fîst ceste prinse le 
sire de Bueil^, comme on disoit, par PordonnaDce de 
la raigne de Sidlle et de GharloD d'Anjou, son filz, à 
l'aide du sire de Gaucourt et autres^. 

Des grans vent et yver. 

• 

En l'an MGGGGXXxm^, le jour du mois d'oc- 
tobre, environ Teure de midi, leva ung vent, le plus 
grant et le plus merveilleux qui eust esté veu ne ouy 
passé avoit plus de xl ans, et en la ville d'Angers fist 
de merveilleux dommages es églises et es maisons : 
tant de cheminées en furent abatues et de maisons 
descouvertes que c'estoit pitié à vewr^. Et, par l'es- 
pace de iiij heures, nul n'osoyt aler par la ville ; et 

i. V Histoire de Charles VI I^ par M. de Beaucourt (t. Il, 
p. 297), fixe à la période comprise entre le 26 et le 30 juin 1433 
la capture du sire de la Trcmoille. Cf. le Jouvencel, par Jean 
de Bueil, éd. Favre et Lecestre, t. I, p. lvii-lii, et Chron. de 
Charles VIL,, y paf Jean Chartier, éd. Vallet de Viriville, t. I, 
p, 170. 

2. Jean, sire de Bueil. 

3. Cf. Histoire de Charles VII, par M. de Beaucourt, t. II, 
p. 299, et le Jouvencel, par Jean de Bueil, éd. Favre et Lecestre, 

t. I, p. LX. 

4. Lire 1434. 

5. On ne peut guère contester que ce témoignage n'émane 
d'un témoin oculaire. Malgré tout, il semble qu'il faille repor- 
ter cette tempête à l'année 1434. Cette année-là, en effet, le 
7 octobre a commença le plus terrible vent de quoy en eust 
a point veu puis l ans devant, et estoit environ deux heures 
« après disner et dura jusques entre dix et unze de nuit i» 
(A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 300 et 301, 
note 1). Ces détails et d'autres encore ont une ressemblance 
assez frappante avec ceux que donne Perceval de Cagny. 



1434-1435] DE PERGEVilL DE GAGNY. 189 

par les villages et forests du pais^ fut merveille de 
veoir les mesons et arbres abatuz. 

En celui an, Testé avoit esté le plus long et le plus 
chault qui eust esté veu de la congnoissance des hommes 
vivans. En ce! an mesmes Tiver fut plus grant que il 
n'avoit esté depuis Tan mf vn, Fanée que monseigneur 
d'Orleens fut tué; et moururent pour la force de 
river les figuiers, les loriers et les romarins et en 
plusieurs lieux les ceps devingne. Il commença à la 
Saint Andrieu et dura xj semaines, et Tautre grant 
y ver en dura xiij ^ . 

La modon du peuple de Narmendie. 

En celui an^, le bon peuple de Normendie environ 
Bayeulx, Gaen, Faloise, le Vau de Vire, Danfront et 
les avirons se mirent sus pour le roy par la monicion 
d'aucuns des chevaliers et escuiers du pais de Nor- 
mendie, et firent leur capitaine principal d'un escuier 

nommé de Gandepie^, du pais d'Auge; et se 

disoient passé xl mille hommes^ assemblez, les ungs en 

1. Il faut saps doute admettre qu'il est question ici de Thiver 
de 1434 à 1435^ qui, au dire du bourgeois de Paris (Journal,,., 
éd. Tuetey, p. 302), commença en effet le jour de la Saint- 
André (30 novembre) ; et il gela « si fort » jusqu'après Pâques 
que les figuiers, bien des vignes, « le bel pin de Sainct Victor, 
« -qui estoit le plus bel que on sceust en France, » et la plupart 
des cerisiers périrent. 

2. Année 1434. 

3. Sur Cantepie, voir Histoire de Charles VII ^ par Vallet de 
Viriville, t. II, p. 335 et note 2. 

4. La Chron, de Charles K//..., par Jean Ghartier (t. I, p. 172), 
affirme qu'on estimait leur nombre à plus de 60,000 hommes. 



192 CHRONIQUES [1435 

veinst, désemparèrent par nuit en grant desroy ^ ; le 
Mont Saint Michel fut moult reconforté des biens 
demourez et d'artillerie desdites bastilles et de leur 
département. Ledit. d'Alençon fut devant ledit lieu 
d'Avrehches ^ ; l'iver estoit dur et aspre^, les com- 
munes s'en aloient par chascun jour d'emblée^, le roy 
n'envoya point les gens ne l'argent qu'il devoit 
envoyer, par ce ledit d'Alençon fut contraint à s'en 
venir. 

La prinse du conJte d'Arondel. 

En Tan mggggxxxvi^, en la première semaine de 
juing, fut prins le conte d'Arondel près Gerberoy^ en 
Beauvoisin par ung nommé La Hire et Poton de Sain- 
trailles ; il fut très fort blecié et puis fut mené en la 
ville de Beauvois et là mourut tantost après "^^ A sa 

1. Le 21 janvier 1435, n. st. (S. Luce, Chronique du Mont~ 
Saint-Michel, t. II, p. 35). Il s'agît du démantèlement de la 
bastille d'Ardevon, que les Anglais renoncèrent à défendre 
(Ibid., t. II, p. 62). 

2. Environ dix ou douze jours au dire de Jean Ghartier. 

3. « En celuy an fut le plus grant y ver qui fust de mémoire 
« de homme... » (S. Luçe, Chronique du Mont~Saint~Michel, 
t. II, p. 36). 

4. A la vérité, il semble bien que les assiégeants « s'en 
a estoient hastivement fuyz de devant icelle ville pour le doubte 
« et crainte de niesdiz seigneurs d'Arondel et de Scalles, qui 
a s'estoient traiz auprès dudit lieu... pour ferir sur ledit siège » 
(S. Luce, Chronique du Mont-Saint-Michel, t. II, p. 55 et 56). 

5. Lire 1435. 

6. Gerberoy, Oise, arr. de Beauvais, cant. de Songeons. 

7. Sur Jean Fitzalan- Maltravers, comte d'Arundel, voir 
Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, t. II, p. 336. 
Selon l'article qui lui est consacré, sans doute d'après Mons- 



1435] DE PfiRCfiVAL D£ GA6NY. 193 

; 

prinse furent plusieurs Englois mors et prias ^. Il 
estoit fort entrepreneur ; sa destrousse fut de grant 
prouffit pour le roy. 

La bataille entre le roy d'Arragon et les Gennevois. 

En celui an^, le v jour d'aoust^, fut la bataille sur 
la mer à xx mille de Gaieté* entre le roy d'Arragon*^ 
et les Gennevois, en laquelle bataille furent prins le 
roy d'Arragon, le roy de Navarre^, le maistre de 
Saint Jacque, l'infant d'Arragon'^, le prince de 
Tarente^, le duc de Gesse ^ et son filz, le filz de 

trelet (t. V, p. 118), dans le Dictionary of national biogra- 
phy (t. X, p. 95), il eut la cheville brisée d'un coup de couleu- 
vrine. Pris, il ifiit transporté à Beauvais et là amputé du membre 
blessé. Désespéré de sa défaite, il refusa de se soigner et mou- 
rut le 12 juin; son corps fut déposé dans Téglise des Cordeliers 
de Beauvais, pui^, racheté par un de ses écuyers, il fut encore 
vendu par ses exécuteurs testamentaires à son frère Guillaume. 
Finalement, il fut enterré dans la chapelle collégiale d'Arundel, 
désignée par lui pour sa sépulture. Il est bon de noter que le 
Dictionary of national biography place la capture du comte en 
mai 1435 sans préciser davantage. La date exacte est le 9 mai 
(A. Le Vavasseur, Chronique cP Arthur de Richemont, p. 109). 

1. Monstrelet (t. Y, p. 122) estime les pertes des Anglais à 
240 morts et 120 prisonniers environ. Cf. A. Tuetey, Journal 
d'un bourgeois de Paris, p. 305, note 4. 

2. En 1435. 

3. Le 6 août, d'après Monstrelet (t. Y, p. 148); mais VArt de 
vérifier les dates donne la date exacte du 5 août 1435. Ce com- 
bat porte le nom de bataille de Ponza. 

4. Lire Gaëte. 

5. Alphonse Y. 

6. Jean d'Aragon, mari de Blanche, reine de Navarre. 

7. D. Henri. 

8. Jean Antoine Orsini des Baux. * 

9. Antoine, duc de Sessa. 



494 CHRONIQUES [1435 

mcssire Ghristofle Gaietain^ le conte de Fondes^, le 
régent de Tille de Gecille, Meneuce de TAquilla^ et bien 
iy"" barons et nobles chevaliers et d'autres gens très 
grant nombre : et furent tuez touz ceulx qui tenoient 
le siège par eaue, excepté deux petiz vesseaulx qui 
se sauvèrent ; et touz ceulx qui tenoient le siège par 
terre, par ceulx de dedens la place Furent tuez, mors 
ou prins et demourerent touz leurs abillemens et 
bien vj"" que cagnons que bombardes. 

Le siège de Saint Denys. 

En celui an, ou mois de septembre^, le mareschal 
de Rieux fut assiegié en la ville de Saint Denis en 
France par les Ënglois et Bourguignons ensemble^; 
ceulx de dedens firent plusieurs saillies et endomma- 
gèrent fort leurs ennemis, qui prez d'ung quart d'an 
avoient esté devant eulx; et par deffault de vivres 
s'en alerent par composicion. 

En celui an et mois^, le pont de Meullent*^ fut prins 
d'eschielle par ung capitaine nommé Pierre Jaillet^. Ge 

1. Honoré Gaïetano, comte de Morcone. 

2. Le comte de Fondi. 

3. Minicuccio dell' Aquila. 

4. Il faut consulter la Chronique de Charles VII,.. y par Jean 
Chartier, éd. Vallet de Viriville (1, 179), pour tout cet épisode. 

5. Le siège commença la dernière semaine d'août 1435. 
Saint-Denis était entre les mains des troupes de Charles VII 
depuis le 1®' juin 1435. Cf. A. Le Vavasseur, Chronique d'Ar~ 
thur de Richemont, p. 104, qui, p. 107, a consacré une note au 
maréchal de Rieux. 

6. Le 4 oct. (A. Tuetey, Journ. d!un bourgeois de Paris, p. 308). 

7. Meulan, Seine-et-Oise, arr. de Versailles, chef-lieu de cant. 

8. Et par le sire de Rambouillet (A. Tuetey, Journal cPun 
bourgeois de Paris, p. 308, note 2) dans la nuit du 24 au 



4435] DE PERGEVàL DE GAGNY. i95 

fut grant prouffit pour le party du roy, qui en ce temps 
n'avoit pont pour passer Saine entre Paris et Rouant 

La paix criée à Arras. 

En Tan m GGGG xxxun^, le ' jour du mois de sep- 
tembre, fut la paix criée en la ville d'Ârras^, de 
l'apointement du duc de Bourgoigne qui estoit remis 
en Tobeissance du roy. Audit lieu d' Arras avoit esté 
terme et prins journée par le roy pour apointer et 
trouver paix entre lui, les Englois et le duc de Bour- 
goigne : et assemblèrent les embassadeurs d'un costé 

et d'autre le ^ jour d'aoust précèdent et d'autres 

embassadeurs du pape et du concile^ et d'aultres 
royaumes, desquelz partie des nons ensuivent : 

25 septembre 1435. La nouvelle de la prise du pont deMeulan 
et du premier échec subi par les Anglais, qui du siège de Saint- 
Denis s'étaient retirés à Saint-Ouen, arriva à Arras le 28 sep- 
tembre 1435, (c desquelles nouvelles plusieurs eurent grande 
« joye. » Enfin, le 30 septembre, la nouvelle fut confirmée, et 
on apprit, en outre, que 600 tonneaux de vin destinés à Rouen 
avaient été pris à Meulan par les gens du dauphin (Journal de 
la paix d* Arras,,., par D.-A. de le Taverne, publié par Jean 
CoUart en 1651, p. 106 et 107). 

1. Monstrelet (t. V, p. 137) insiste sur le trouble que cette 
prise causa aux Parisiens, parce que leur ravitaillement par la 
Normandie s'en trouva empêché (A. Tuetey, Journal d'un bour- 
geois de Paris y p, 310). 

2. Lire 1435. 

3. Lire xxj®. 

4. Le texte du traité d' Arras a été publié récemment par 
M. E. Cosneau [les Grands traités de la guerre de Cent ans, 
p. 119), après collation faite par M. Lemonnier sur un original. 
La paix fut lue solennellement à Arras le 21 septembre 1435. 

5. Lire v*. 

6. Le concile de Bàle dura du 15 décembre 1431 au 16 mai 

14 



496 CHRONIQUES [1435 

Les embassadeufs du pape et du concile tenu à Balle. 

Le cardinal de Sainte Croix ^ . 

Le cardinal de Chypre^. 

L'archevesque d*Aux^. 

L'evesque d*Aucerre*. 

L'evesque de Vaison*^. 

L'evesque d'Albinge^. 

L'evesque de Montmorancy'^. 

L'evesque de Nome*. 

L'abbé de Verselay^. 

Le doyen de Douacques*^. 

Le mareschal du roy de Poullaine^^ 

1443. Cf. la liste qui suit avec celle que donnent Yallet deViri- 
ville (Notices et extraits de chartes,,, appartenant au British 
Muséum de Londres^ Bibliothèque de V École des chartes, U VIII, 
p. 119) et Jean Ghartier dans son Histoire de Charles VII 
(p. 185 à 192). Cf. Monstrelet, t. V, p. 129, i32, etc., et la 
Chron, de Jean le Fèvre, seigneur de Saint-Remy, t. II, p. 307. 

1. Nicolas Albergati (A. Tuetey, Journal cTun bourgeois de 
Paris, p. 280, note, et 281, note 2). 

2. Hugues de Lusignan, cardinal du titre de Saint-Adrien. 

3. Philippe de Levis. 

4. Laurent Pinon, de Tordre des Dominicains. 

5. Lire Nicolas, évèque de Yexiô en Suède, en latin a épis- 
a copus Yexionensis. » 

6. Mathieu de Carretto, évèque d'Albenga. 

7. Je n'ai pu déterminer de qui il s*agit ici. 

8. Serait-ce Louis, évèque de Nona en Dalmatie ? ' 

9. Alexandre, abbé de Yézelay. 

10. Est-ce le doyen de Douai ? 

11. On trouve le nom de Nicolas de Pologne, prévôt de Cra- 
covie ; c'est Nicolas Lassessequin, avec onze chevaux, et dont 
le nom doit s'écrire correctement Nicolas Lassoczki (Bibl. nat., 
coll. Moreau, vol. 705, fol. 219 r«). 



1435] DE PERCEVAL DE CAGNY. 197 

Les embassadeurs du roy d'Ârsse^ 

Les embassadeurs de Surie^. 

Les embassadeurs du duc de Milen^. 

Les Horiens^. 

Les Esclavons^. 

Les Guedons^. 

Les EspaingDos'^. 

L'evesque d'Usés^. 

L'evesque de Cambray^ 

L'evesque d'Albic*^. 

Pour le roy. 

L'archevesque de Rains, chancelier de France ^^ 

Le duc de Bourbon**. 

Le conte de Richemont, conestable de France*^. 

1. a Un evesque du royaume de Dace, » dit D.-A. de le 
Taverne dans son Journal de la paix cTArras (publié en 1651 
par Jean CoUart), c'est-à-dire un évêque de Danemark. S'agit- 
il des compagnons de Nicolas, évèque de Wexiô en Suède alors 
unifiée au Danemark ? 

2. Faut-il lire Suecie, c'est-à-dire Suèiie 7 

3. G.-à-d. l'évèque d'Albenga, un chevalier et un docteur. 

4. Peut-on reconnaître sous ce nom les habitants de la Morée, 
c'est-à-dire les Grecs du despotat de Morée, représentés au 
concile de Bâle, qui étudia l'union des deux Eglises ? 

5. C.-à-d. les riverains de la Baltique entre l'Elbe et la Peene. 

6. Ne serait-ce pas le nom des habitants de Dantzig, que l'on 
appelait « Gedanum » ? 

7. C'est-à-dire les Castillans. 

8. Bertrand de Cadoène. 

9. Jean de Gavre. 

10. Est-ce Alby ? 

11. Regnault de Chartres. 

12. Charles, duc de Bourbon. 

13. Arthur, comte de Richemont. 



498 CHRONIQUES [4435 

Le conte de Veodosme ^ . 

Messire Ghristophle de Harecourt^. 

Messire Tiaud de VallepoiogDé^. 

Monsieur de Mouy^. 

Le sire de la Faiete, mareschaP. 

Monsieur de GlusteP. 

Monsieur Paillart d'Ulphé*^. 

Monsieur de Racelic^. 

Monsieur de Longueval^. 

Monsieur de Romant^^. 

Le premier président de Parlement ^^ . 

Le doyen de Paris**. 

Maistre Guillaume Gharretier*^. 

Maistre Jehan Ghastegnier*^. 

Maistre Jehan de Groissi^^. 

1. Louis de Bourbon, comte de Vendôme et de Chartres. 

2. Seigneur d'Avrech. 

3. Théodore de Valperga, bailli de Lyon. 

4. Gilles de Soyecourt, seigneur de Mouy. 

5. Gilbert Motier de la Fayette. 

6. Faut-il lire Gussé pour Thussé, c'est-à-dire Beaudoin de 
Champagne, sgr. deThussé?Monstrelet(t.y, p. 135) écrit CleteL 

7. Paillard d'Urfé portait le prénom de Pierre; il était grand 
maître des arbalétriers. 

8. Monstrelet (t. V, p. 134) cite au congrès d'Arras « le sei- 
« gneur de Raillicq. » 

9. Arthur de Longueval, plus tard bailli d'Amiens. 

10. Monstrelet (t. V, p. 134) cite au congrès d'Arras « le sei- 
« gneur de Roumant. » 

11. Adam de Cambrai. 

12. Jean Tudert, évèque élu de Châlons-sur-Marne. 

13. Guillaume Chartier, plus tard évéque de Paris. 

14. Jean Chastenier. 

15. Sans doute celui dont Monstrelet (t. Y, p. 135) écrit ainsi 
le nom : « Maistre Jean de Thaisy. » 



4435] DE PERCEVAL DE CAGNY. 199 

Monsieur du GhasteP. 
Monsieur de la Motte ^. 

Pour la raigne de Cecille. 

Moreau, trésorier d'Anjou^. 
Maistre Alain Le Queu^. 

Pour monseigneur (TAlençon. 

Messire Guillaume d'Ayneval, seigneur de St Pierre^. 
Maistre Raoul Le Bouvier^, secrétaire. 

Pour le roy (T Engleterre . 



L'archevesque d'Yort"''. 
L'archevesque de Nomeque 
L'evesque de Saint David ^. 
Le conte de Sufifort*^. 
Le sire de Humgefort* 



8 



1 



1. Mentionné aussi par Monstrelet (t. Y, p. 134). 

2. Pépin de la Motte. 

3. Etienne Bernard, dit Moreau, est mentionné par Charles VII 
dans ses lettres du 6 juillet 1425 (Bibl. nat., coll. Moreau, 
vol. 705, fol. 178 r**). Il était, en efiPet, trésorier d'Anjou (Lecoy 
de la Marche, le Roi René y t. II, à la table). 

4. Alain Lequeu, archidiacre d'Angers, président des comptes 
[Ibid.), Monstrelet le nomme Alain Le Roux (t. Y, p. 135). 

5. C'est le seigneur de Saint-Pierre mentionné par Monstre- 
let parmi les ambassadeurs de France à Arras (t. Y, p. 134). 

6. Cf. Beaucourt, Histoire de Charles F//,' t. III, p. 70, note 2, 
et t. Y, p. 236. Il devint chanoine d'Angers. 

7. Jean Kemp, archevêque d'York. 

8. Lire évèque de Norwich : c'était alors Guillaume Alnewick. 

9. Thomas Rodburn. 

10. Guillaume de la Pôle, comte de Suffolk. 

11. Gauthier de Hungerford. 



200 CHRONIQUES [1435 

Hessire Jehan Rateclief^. 
Le garde du pineel (sic) du roy*. 
Messire Robert Crobreux*. 
Messire Jehan Poupain/. 
Messire Jehan Gleton^. 
Messire Jehan Volfch^. 
Le bailli d'Amiens ''. 
Messire Guillaume d'Àraille^. 
Messire Jehan de ReneF. 
L*evesque de Lisieux*®. 

Pour le duc de Bourgoigne. 
Le duc de Guelles*^. 

1. Jean RadclifiP, sénéchal de Guyenne. 

2. Le sauf-conduit délivré par Henri VI nomme le garde du 
sceau privé Guillaume Lindewood (Rymer, Fœdera, t. X, 
p. 611). Il faut lire prwé seeL 

3. Faut-il reconnaître sous cette forme bizarre le nom de 
Jean Shottesbrook ? 

4. Jean Popham. 

5. Je ne trouve pas de nom analogue à celui-ci ni au suivant 
dans le sauf-conduit délivré par Henri VI à ses ambassadeurs 
(Rymer, Fœdera, t. X, p. 611), ni dans la relation du congrès 
d'Arras, due à un Anglais et dont on trouve la copie dans la 
coll. Moreau à la Bibl. nat., vol. 705, fol. 151 v®. Cependant, il 
faut noter que Chartier (Histoire de Charles VII, t. I, p. 188) 
nomme Jean Glifton. 

6. Peut-être le a Jehan Huppe » de la liste de Chartier [Ibid.), 

7. Robert le Jeune, qui a tint, tant qu'il fut bailly d'Amiens, 
a la partie des Anglois. » 

8. Guillaume Erard, docteur en théologie à Paris. 

9. Jean de Rinel. 

10. Pierre Cauchon. Sur le voyage de ces trois derniers per- 
sonnages, voir A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, 
p. 311, note 5. 

11. Adolphe d'Egmont, duc de Gueldres. 



1435] DE PERGEVAL DE CAGNY. 201 

Le conte d'Estampes^. 

Le conte de Cleves*. 

Le conte de Vaulemont^, 

Le conte de Monfort*. 

Le conte de Saint Pol^, 

Le conte de Monts ^. 

Le conte de Naufort'''. 

Le conte de Logeray^. 

Le conte de Blait, aimant^. 

Nambout, alman^^. 

Monsieur d'Anguien". 

Le demoysel de Roseraie^^. 

Le demoysel Voisemalle*^. 

Le filz au prince d'Orenge **. 

Le sire de Fontainechalman^^. 

1. Jean de Bourgogne, fils du comte de Nevers. 

2. Jean, fils du duc de Glèves. Il faut lire le damoiseau de 
Clèves ou le duc de Clèves, 

3. Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont. 

4. François de Bretagne, fils de Jean VI. 

5. Louis de Luxembourg. 

6. Lisez Mœurs. Il s'appelait Frédéric. Son frère, Tarchevêque 
de Cologne, l'accompagnait. 

7. Sans doute Engilbert, comte de Nassau. 

8. Je n'ai pu identifier ce nom. 

9. Je n'ai pu identifier ce nom. 

10. J'ignore de qui il peut s'agir. Il est difficile d'admettre, 
même en supposant qu'une abréviation ait été négligée, qu'on 
puisse reconnaître le burgrave de Nuremberg. 

11. Sans doute Thibaud de Luxembourg, frère du c*^" de St-Pol. 

12. Peut-être le damoiseau de Rousselaer. Pourrait -on 
reconnaître sous cette forme le nom de Rotselaer ? 

13. Probablement le damoiseau de Wesemael. 

14. Guillaume de Ghalon, fils de Louis, le vaincu d'Anthon. 

15. C'est sans doute le sire de Fontaine-Châlon. 



202 CHRONIQUES [1435 

Le gouverneur de Venaye^. 
Le conte de Fauquenberge^. 
Le seneschal de Henaust^. 
Le seneschal de Pontieu^. 
Le souverain de Flandres^. 
Le vidame d'Amiens^. 
Monsieur d'Anthoin"^. 
Monsieur de Croy®. 
Monsieur de Romboys^. 
Monsieur de Ternan^^. 
Le sire de Ghanousses^^ 
Le sire de Dours**. 
Le sire de Heutin^'. 
Le sire de Raynecourt**. 

1. Peut-être celui que D.-A. de le Taverne nomme dans son 
Journal de la paix d^Arras (publié par Jean Gollart en 1651, 
p. 11) « le prevosl de Vunally. » 

2. C*est le comte de Fauquembergue, Jean de Vertain. 

3. Sans doute de la maison de Werchin. 

4. Florimont de Brimeu. 

5. Golard de Commines, souverain bailli de Flandre. 

6. Raoul d'Ailly, baron de Picquigny. 

7. Jean de Melun, seigneur d'Antoing. 

8. Antoine de Groy, premier chambellan du duc. 

9. G'est lui que le Taverne [Journal de la paix d! Arras^ 
p. 32) nomme seigneur de Roubais ou (p. 54) de Robais. 
Lefèvre de Saint-Remy écrit Roubaix. G*est Jean, seigneur de 
Roubaix. 

10. Philippe, seigneur de Ternant et de la Motte de Thoisy. 

11. Je n'ai pu identifier ce nom. 

12. Plus exactement Daours. 

13. Le seigneur de « Henchin » d'après la Chronique de 
Charles VII, par Jean Ghartier, éd. Vallet de Viriville, t. I, 
p. 190. Il faut lire Heuchin. 

14. Lu à tort Ramecourt par Vallet de Viriville (t. I, p. 191). 



1435] DE PERGEVAL DE GAGNY. 203 

Le sire de Fosseux ^ . 
Le sire de Hermès*. 
Le sire de Lalain^. 
Le sire de Crevecueur*. 
Le sire du Celle ^. 
Le sire de Gomines^. 
Le sire de la Vie ville'''. 
Le sire d'Ienchi^. 
Le sire de Maisgremont^. 
Le sire de Hangeart*^. 
Le sire de Mouton villier^*. 
Le sire de Lan* 2. 

Et, la compaignie assemblée, deux chevaliers firent 

1. Ce nom est correct. Jean le Fèvre, seigneur de Saint- 
Remy, cite ce seigneur dans la suite du duc. 

2. Il y avait en Hainaut un sire de Harnes qui portait de 
gueules à un lion d'argent à la queue fourchue (Bibl. nat.^ 
vol. reliés du Cabinet des Titres, n« 927, fol. 108 r*»). 

3. Simon de Lalain. 

4. Jacques, seigneur de Crèvecœur. 

5. Sans doute le même que le sire « de Durselle » mentionné 
en 1430 par Monstrelet (t. IV, p. 395). 

6. Jean, seigneur de Commines. 

7. Jacques de la Vieuville. 

8. Lisez : le sire dlnchy. 

9. Peut-être le seigneur d'Aigremont, qui portait de gueules 
à la fasce d'hermine (Bibl. nat., vol. reliés du Cabinet des Titres, 
n« 927, fol. 102 V>). 

10. Il y avait' dans le bailliage d'Amiens une famille de 
Hangard. 

11. Jean Chartier, dans la Chronique de Charles r//(éd. Val- 
let de Viriville, t. I, p. 192), cite aussi le sire a de Monto- 
villiers. » 

12. Sans doute le sire de Lor, gouverneur du Rethelois. 
Cependant, il y avait à cette époque un certain Jean de Lon 
(Monstrelet, t. Y, p. 282). 



204 CHRONIQUES [1435 

armes l'un contre l'autre^ : l'un nommé messire Jehan 

de Gharny^, du pays de Picardie, l'autre nommé ^, 

du pais d'Espaigne. Et firent leurs armes à pié et à 
cheval. Pour garder le champ messire Jehan de Sarny 
[et] messire Jehan de Malles (sic) : monsieur de Roye, 
monsieur de Saint Simon, monsieur de Ganny, le sire 
d'Austrefort, messire Brunet de Donquerre, le sire du 
Marqués, messire Jehan de Sardenge, messire Jehan 
de Gausebec, le sire d'ÂncoIit, le sire de Humieres, 
le sire de Moiencourt, messire David de Brimeu, 
messire Jacques de Brimeu, messire Florimont de 
Brimeu*. 

Les Englois vindrent les premiers audit lieu ; le jour 
d'après le duc de Bourgoigne ; le ij jour vindrent les 
embassadeurs de France; le duc de Bourgoigne ala 
audevant d'eulx, très grandement acompaignié de 
gens de touz ses pays^. 

1. D.-A. de le Taverne, dans son Journal de la paix d'Ar^- 
ras (publié par Jean CoUart), qui nous apprend que ce a faict 
« d'armes » eut lieu le 11 août à 9 heures du matin, ajoute 
qu'on estima le nombre des assistants à trente ou quarante 
mille (p. 56 et 57). Le 12 août, à 6 heures du matin, ils « se 
« combattirent de haches » (p. 58). Les plus grands détails 
sont donnés par la Chronique de Jean le Fèvre^ seigneur de 
Saint'Remy (éd. Morand, t. II, p. 313 à 320). Monstrelet 
donne aussi de ce fait d'armes une longue relation (t. Y, p. 138 
à 143). 

2. Pierre de Beaufremont, seigneur de Gharny. 

3. Jean de Merlo, de Castille. Dans son Histoire de 
Charles VII (t. II, p. 529, note 4), M. de Beaucourt cite une 
mention de ce personnage dans un compte. 

4. Sur les querelles des membres de cette famille, voir la 
Chronique de Jean le Fèvre, seigneur de Saint^Remyy éd. 
Morand, t. II, p. 323. 

5. Le 25 juillet, arrivée du principal groupe des ambassa- 



1435] DE PfiRCEVAL 0£ CAGNY. 205 

Durant le temps de ladite assemblée fut fait un 
rondel, duquel la teneur commence : c Da pacem, 
c Domine, in diebus nostris. » 

Geste venue soit telle 
Et rassemblée si bonne. 
Que jamais ne soit personne 
Qui face guerre mortelle! 
Paix soit faite universelle, 
Dieu par sa grâce la donne! 
Sans plus tenir la querelle, 
Li uns à Tautre pardonne 
Ainssi que raison l'ordonne 
Et vraye amour naturelle! 

Comme le roy voulut traictier aux Englois 
et au duc de Bourgoigne, 

Depuis que le roy s'en vint de la ville de Saint Denis, 
il monstra si petit vouloir de soy mètre sus pour con- 
quérir son royaume que touz ses subgetz, chevaliers 
et escuiers et les bonnes villes de son obéissance s'en 
donnoient très grant merveille ; et sembloit à la plus 
part que ses prouchains conseilliers fussent assez de 
son vouloir et leur soufisoit de passer temps et vivre, 
et, par especial, depuis la prinse de la Pucelle, par 
laquelle le roy avoit receu et eu de très grans hon- 
neurs et bien dessus desclairés, seulement par son 
moyen et bonne entreprinse. 

deurs d'Angleterre ; le 30 juillet, le duc de Bourgogne entre à 
Arras; le lendemain, le duc de Bourbon fit son entrée. Phi- 
lippe le Bon alla au-devant de lui, en effet, a ad spacium unius 
a miliaris et ultra, non sine admiratîone multorum, attento 
a quod sunt et fuerunt ejus capitales inimici, » raconte la 
relation anglaise du congrès d' Arras (Bibl. nat., coll. Moreau, 
vol. 705, fol. 160 r^) signalée par M. de Beaucourt. 



206 CHRONIQUES [1435 

Le roy et sesdiz conseilliers, depuis ladite prinse, 
se trouvèrent plus abessîez de bon vouloir que par 
avant, et tant que nulz d'entre eulx ne savoient avi- 
ser ne trouver autre manière comment le roy peust 
vivre et demourer en son royaume, sinon parle moyen 
de trouver appointement avecques le roy d'Engleterre 
et le duc de Bourgoigne ^ . 

Pour demourer en paix, le roy monstra bien que 
il en avoit très grant vouloir et ayma mieulx à don- 
ner ses heritaiges de la couronne et de ses meubles 
très largement que soy armer et soustenir le fais de 
la guerre. 

A Tasemblée faite audit lieu d'Arraz fut première- 
ment commencé à parler de traictier avecques les 
Englois, lesquelz se tindrent très arrogans et deman- 
dèrent très grans parties des seigneuries de ce 
royaume, disans que le tout leur devoit apartenir, et 
au temps présent estoient possesseurs de la plus belle 
partie. Ad ce leur fut respondu que nul droit n'avoient 
en la couronne et remonstré les causes pour quoi, et 
le tort que ilz avoient fait et faisoient au roy. El, tout 
debatu d'un costé et d'autre, demourerent en apoin- 
tement que le roy leur bailloit et delessoit tout le duché 
de Normendie, sauf ce que ilz n'auroient point le Mont 
Saint Michel; et, de tout le sourplus du duché de 

1. C'est là un des jugements les plus sévères qui aient été 
portés sur Charles VIL On peut noter aussi quelques lignes 
plus loin le reproche que notre auteur fait au roi de préférer 
ne pas s'armer. Le bourgeois de Paris, dans son Journal (éd. 
Tuetey, p. 327), dit plaisamment, un an plus tard, en 1436 : 
« En celuy temps n'estoit nouvelle du roy nullement, ne que 
a se il fut à Homme ou en Jherusalem. » 



1435] DE PERCE VAL DE CAGNY. 207 

Normendie, le roy d'Engleteire le tendroit et en ferait 
hommage au roy. 

Combien que l'offre que le roy leur faisoit fust très 
grande, neantmoins, les Englois n'en furent point con- 
tens et ne la vouldrent accepter, sinon par condicion, 
que se il plaisoit au roy d'Engleterre et à son conseil 
quant eulx auroient esté devers lui, le jour de l'an 
prochain ensuivant le feroient à sçavoir au duc de 
Bourgoigne, pour reprendre journée à parfaire ledit 
apointement. Et, par ainssi, s'en allèrent les émba&- 
sadeurs d'Engleterre et ne revindrent ne n'envoyèrent 
audit jour; et demoura la guerre comme par avant^. 

U apointement du duc de Bourgoigne. 

Âpres le département des Englois du conseil tenu 
en ladicte ville d'Ârras par les gens du roy et du duc 
de Bourgoigne, fut commencié à parler du traictié 
dudit de Bourgoigne avecques le roy. Chacun sçait le 
tort que Jehan, duc de Bourgoigne, père de cestui, fist 

1. Le 29 août, le bruit commença à se répandre à Arras 
(c que raccord de la paix estoit failly entre les ambassadeurs 
« de France et d'Angleterre. » Le lendemain, cependant, le 
cardinal d'Angleterre reçut la visite du doyen de Paris accom- 
pagné d'un autre clerc. Les pourparlers continuèrent avec des 
vicissitudes diverses jusqu'au 5 septembre, jour où on acquit 
la certitude que tout était rompu avec les Anglais. Enfin, le 
6 septembre, ceux-ci partirent d'Arras (Journal de la paix 
d'Arras,,,, par D.-A. de le Taverne, publié par Jean GoUart 
en 1651, p. 67 à 79). Pour les pouvoirs donnés aux ambassa- 
deurs de Charles VII par leur maître, voir A. Le Vavasseur, 
Valeur historique de la Chronique d'Arthur de Richemont 
[Bibliothèque de tÉcole des chartes, année 1887, t. XLVIII, 
p. 251, notes 5 et 6). 



208 CHRONIQUES [4435 

au roy de venir tuer son frère le duc d'Orleens en sa 
ville de Paris, comme dessus est dit; et par ce à lui 
faire justice et raison avoit forfait, et estoit tout con- 
fisqué à la couronne ce que il tenoit du roy. 

Et cestui duc Phelippe, après le trespassement de 
sondit père, a entresuivi comme son prédécesseur à 
faire mal et deshonneur à la couronne de France; il 
s'est alié des Englois et a tenu leur parti et avecques 
eulx fait guerre au roy, prins ses villes et ses chas- 
teaulx, tins et detenuz prisonniers ceulx de son parti 
et fait et acomply le mariage de la seur du roy au roy 
d'Engleterre. Par quoi se le père du duc Phelippe 
n'eust riens forfait devers le roy, si avoit cestui duc 
confisqué et forfait tout ce qu'il tenoit de la couronne. 

Et, veu Testât et la volenté du roy et de son con- 
seil, il estoit bon de faire traitié et apointement avec- 
ques ledit de Bourgoigne, si droit et raison y eust 
esté gardée ; et sembloit à touz loyaulx François et de 
bon entendement, que quant il eust pieu au roy de lui 
faire sa grâce, qui eust esté très grande, de lui avoir 
pardonné les très grans defaulx et mesprisons que il 
avoit fait envers lui et lui avoir donné les forfaitures 
que par sondit père et lui avoient esté forfaiz et con- 
fisquez et de ce le recevoir à faire hommage, il y 
povoit et devoit très grandement suffire sans autre 
amendement. 

Et se amende en convenoit faire pour les trespas- 
sez, plusieurs eussent dit que ledit de Bourgoigne la 
devoit faire à cause de son père, pour le meurtre fait 
en la personne de feu monseigneur d'Orleens, tant en 
fonder églises et messes que en amende prouffitable 
aux enfans dudit d'Orleens. Mais autrement a esté fait; 



4435] DE PERGEVAL DE CAGNY. 209 

car, pour faire l'apointement dudit de Bourgoigne par 
ceulx qui ont conduit le fait du roy en ceste cause, 
qui vouloient bien estre et demeurer en la grâce 
dudit de Bourgoigne, ont appointé que pour fonder 
églises et chappelles et achater et amortir rentes pour 
gouverner et soustenir ceulx qui, par chacun jour, 
feront et diront les services pour l'ame dudit de 
Bourgoigne, le roy a donné et promis et s'est obligé 
payer audit de Bourgoigne la sonmie de quatre cent 
mille ^. 

Comme le roy se passa ligierement de la guerre. 

Gomme on poeult veoir par ce dessus escript, le roy 
et les prochains de son conseil n'avoient pas grant 
volenté d'eulx armer ne faire guerre en leurs per- 
sonnes; et, par ce, les seigneurs de son sang estans 
par deçà Saine, les ducs d'Alençon, de Bourbon et 
messire Charles d'Anjou s'en sont passez legierement 
et ont touz lessié démener la guerre par delà Saine au 
conte de Richemont, conestable de France, et à 
simples capitaines de très grant courage et bon 
vouloir, nommez la Hire, Poton de Saintrailles et 
autres qui, grandement à leur povoir, ont soustenu le 
faiz et la charge de la guerre du roy. 

1. Le 7 septembre, on disait publiquement à Arras que le 
traité avec le duc de Bourgogne avait été fait à minuit dans la 
nuit du 6 au 7. Enfin, le 10 septembre, à 7 heures du soir, 
D.-A. de le Taverne apprit de l'évéque d'Auxerre que le traité 
était conclu. Il fut publié à Arras le 21 septembre [Journal de 
la paix d*Arra^y publié par Jean Gollart, p. 86 à 101). 
M. de Beaucourt a analysé avec une grande précision toutes 
les phases du congrès d' Arras dans le t. Il de son Histoire de 
Charles VII y chap. xn. 



240 CHRONIQUES [4435 

Comme le duc de Bretaigne 8^ est m^il gouverné 

envers le roy. 

Sans faire guerre au roy, le duc de Bretaigne n'a 
gaires mieulx fait que le duc de Bourgoigne ^ . En Tan 
MGGGGxyn, que le roy d'Engleterre descendit à 
Touque, environ xv jours après, il print d'assauJt la 
ville de Gaan; ce fait, vint devant Ârgenthen et le 
print par composition, et d'ilecques à Âlençon qu'il 
print pareilJement et les autres places du duché. 

Si tost que le duc de Bretaigne sceut la conqueste 
que le roy d'Engleterre avoit faite en poy de temps, 
après Nouel, il vint devers le roy d'Engleterre audit 
lieu d'Âlençon et fist tant qu'il mist son pais en absti- 
nence de guerre, et par ainssi se mist hors de servir 
le roy et de lui aider à sauver son pais. 

Et, environ deux ans après, le roy d'Engleterre fut 
pas content dudit de Bretaigne se il ne lui prestoit le 
serment de tenir son parti ; il ala à Amiens devers ledit 
d'Engleterre qui ne tint grant conte de lui à sa venue 
et le lessoit longuement devant lui à genoulx, com- 
ment il iist un simple baron. Environ deux mois après, 
ledit de Bretaigne lui fist serment que lui, les barons 
de son pais et les chevaliers et escuiers ses hommez et 
subgetz ne lui feroient point de guerre ne à ses gens, 
mais il ne eulx ne se armeroient point contre le roy. 
Et, si tost qu'il fut retourné en son pais, il fist 

1. On voit par ce passage, entre autres, que Perceval de 
Gagny, sévère pour Charles VII, ne Test pas moins pour le duc 
de Bretagne, dont il signale les perfidies à l'égard du duc 
d'Alençon, de même qu'à la page précédente et plus bas^ 
page 253, il gourmande le duc d'Alençon. 



1436] DS PERCE VAL DE CAGNY. 245 

U entrée dedens Paris. 

Le vendredi ensuivant, xiij jour dudit mois d'avril 
M GGGG XXXVI, les bourgois de Paris desirans eulx 
remetre en la grâce et obéissance du roy et voyans les 
grans oppressions que ses gens logiez es places de&- 
susdites prochaines de Paris donnoiént par chacun 
jour à ceulx de la ville, trouvèrent manière comment 
ilz pourroient débouter les Englois et estre hors de 
leur compaignie ; desquelz bourgois en especial pour 
ce entreprendre furent Michault de LalierS Jehan de 

Lalier, son filz *, lesquelz envoierent devers 

monseigneur le conestable lui prier que à la seurté 
d'eulx il vousist entreprendre et faire que cedit jour 
de vendredi, environ ung peu après soleil levant, lui 
et la plus grant partie de ceulx de sa compaignie 
fussent embuchez es faubours de Paris vers Saint 
Marceau, et que par la porte Saint Jacques les 
metroient dedens ladite ville, et que entreulx, de 
dedens, donneroient assez à faire aux Englois de la 
place. 

Comment le conestable entra en Paris. 

Le conestable, sans faire grans difficultés de ce que 
ceulx de Paris lui avoient fait sçavoir de leur volenté, 
chevalereusement entreprint la besoingne et ledit jour, 
très matin, se trouva en ladite embûche'. 

i. Sur ce personnage, voir Histoire de Charles VII y par 
Vallet de Viriville, t. II, p. 354. 

2. Sur les autres conjurés, voir Chronique de Charleè VII y 
par Jean Chartier, éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 224. 

3. On comparera avec profit cette version à celle de Gruel 



212 CHRONIQUES [1435 

aucuns s'en sont plains au roy et aux autres dessuz- 
dizy en volant demonstrer les malfaicteurs qui leur 
avoient osté le leur, poy ou nient leur a esté fait de 
restitucion . 

La prinse de Diepe. 

En celui an m gggg xxxy, environ la Toussains, fut 
la ville de Diepe prinse d'eschielle^ à Tentreprinse 
d'un escuier du pais nommé Ghalot des Maroys^, et 
furent grant nombre d'Englois prins dedens, et très 
grant nombre de finances et de diverses marchandises 
apartenantes aux Englois y furent gaigniez et les gens 
de la ville eurent touz leurs biens ^. 

Ou mois de décembre ensuivant, le peuple de Gaux, 
en nombre bien x ou xij mille, se mirent sus pour le 
roy et firent leur capitaine d'ung homme de bien, 
nommé Gharouer^. Partie d'eulx estoient bien 

1. Le 28 octobre 1435. Cf. Beaucourt, Histoire de Charles VII y 
t. III, p. 5. 

2. Charles des Maretz. M. Hellot, dans son édition des Cro^ 
nicques de Normendie, a consacré une longue note (note 268] 
à ce personnage, qui enleva aussi Fécamp le 24 décembre 
suivant. Thomas Basin dit qu'il était « fossarum faciendarum 
« artifex. » 

3. C'est ce que dit Monstrelet (t. V, p. 201). 

4. Charuyer d'après Thomas Basin [Histoire des règnes de 
Charles VII et de Louis XI, éd. Quicherat, t. I, p. 113), ou 
mieux Le Caruyer (Hellot, les Cronicques de Normendie, 
note 254), que Monstrelet (t. V, p. 201) orthographie Kiere- 
wier. Ce dernier auteur estime le nombre des Cauchois à 4,000 
et plus tard à 6,000 (p. 203). C'est à tort que Vallet de Viri- 
ville, dans son édition de la Chronique de Charles VII,,,, par 
Jean Chartier (t. I, p. 174), a imprimé Le Carnier, qu'il fallait 



1435-1436] DE PfiRCKVAL DE CAGNY. 213 

abillez et les autres moyennement ^ Et oudit mois, 

le jour, prindrent la ville de Harefleu d'assault. 

De là vindrent devant Montiviller : la place leur fut 
rendue et en moins de quinze jours après gaignerent 
yj ou viij autres places^. 

Ce fut très belle conqUêste en pou de temps. Âpres 
ce ne demeura gaires que le mareschal de Rieux et 
d'autres capitaines se alerent bouter es places con- 
questées par les dessusdiz et firent de mauvaises com- 
paignies aux conquesteurs^, ne de grant temps après 
ne conquesterent place. 

La mort des Englois près Saint Denis. 

En Tan mccgcxxxvi, Je x jour d'avril, après Pas- 
ques, qui fut au mardi ^, Je conte de Richement, cones- 
table de France, logié en la ville de Pontaise, vouloit 
aler logier en la ville de Saint Denis. Les Engloiz 
logiez en la ville de Paris sceurent ces nouvelles, et 

lire Le Caruier, Jean Ghartier porte le nombre de ces hommes 
à 20,000. 

1. Sur Téquipement de ces troupes, voir Hellot, les CrO" 
nicques de Normendiey note 260. 

2. En six semaines ou environ a toutes les places du pais de 
« Gaux furent toutes prinses, réservé Gaudebec, à Tenviron de 
« ce Cartier » (Hellot, les Cronicques de Normendie, p. 84). 
Gf. A. Le Vavasseur,. Chronique d^ Arthur dé Richemont, p. 107. 
Fécamp fut pris le 24 décembre. L'édition de Monstrelet a été 
faite., d'une manière si . étrange par Douët d'Arcq qu'il a 
imprimé monsieur Vilers pour Montivilliers, dont le chroni- 
queur fixa la prise au 26 décembre (t. Y, p. 202). 

3. Les Cronicques de Normendie (éd. Hellot, p. 84 et 85) 
montrent que l'entente ne fut pas toujours parfaite entre ces 
communes et les gens d'armes, Gf. Jean Ghartier, I, 174 et 175. 

4. Gette date est bien exacte. 



M CHRONIQUES [4436 

incontinent montèrent à cheval jusques au nombre de 
mil ou xij'^y et prindrent leur diemin droit audit lieu de 
Pontaise pour rompre Tentreprinse dudit conestable. 

Il sceut leur venue et tantost fit toute sa compaignie 
monter à cheval et se mist au chemin pour rencontrer 
lesdiz Englois. Il les rencontra sur un petit ruiseau 
entre lesdiz lieux de Pontaise et de Saint Denis ; sans 
barguigner noz gens se ferirent emmy les Englois et 
ilecques, près dudit poncel, furent mis à mort de iij à 
iiij<^ Englois, le sourplus tourna en fuite et furent 
chassies jusques aux portes de Paris ; et en la fuite en 
out de mors et de prins^. 

Aucuns d'eulx demourerent en une tour' dedens 
ladite ville de Saint Denys jusques au nombre de cent 
ou vj" ; le conestable et sa compaignie vindrent cedit 
jour gésir à Saint Denis; le mercredi , au point du 
jour, iceulx Englois s'en cuiderent aler par emblée. 
Nos gens le sceurent et leur furent au devant : si y 
furent mors de Ix à Ixxx Englois et le sourplus prins. 

1. Le héraut Berry donne sur cette rencontre des détails 
bien précis (Histoire du roy Charles VII, par D. Godefroy, 
p. 393) qui en fixent le lieu à £pinay-sur-Seine (Seine, cant. 
de Saint -Denis). Jean Chartier (Chronique de Charles VII y 
éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 221) parle aussi du « ponceau 
« de pierre lez de ladite rivière de Saine, environ de demye 
« lieue de ladite ville de Saint Denis. » Le cours d'eau qui 
passe sous ce ponceau est aisé à déterminer d'après les rensei- 
gnements que veut bien me donner M. Germain Lefèvre-Pon- 
talis. Sorti de la forêt de Montmorency, ayant formé les étangs 
du château de la Chasse, puis le lac d'Enghîen, il alimente 
l'étang de la Briche et se jette dans la Seine immédiatement 
au-dessous de Saint-Denis. 

2. Sur cette tour voisine de l'abbaye, voir A. Tuetey, Jour^-^ 
nal d'un bourgeois de Paris, p. 314, note 2. 



1436] DE PERCEVAL DE CA6NY. 215 

Ventrée dedans Paris. 

Le vendredi ensuivant, xiij jour dudit mois d'avril 
M GGGG XXXVI, les bourgois de Paris desirans eulx 
remetre en la grâce et obéissance du roy et voyans les 
grans oppressions que ses gens logiez es places des- 
susdites prochaines de Paris donnoiént par chacun 
jour à ceulx de la ville, trouvèrent manière comment 
ilz pourroient débouter les Englois et estre hors de 
leur compaignie ; desquelz bourgois en especial pour 
ce entreprendre furent Michault de Lalier^ Jehan de 

Lalier, son filz ^, lesquelz envoierent devers 

monseigneur le conestable lui prier que à la seurté 
d'eulx il vousist entreprendre et faire que cedit jour 
de vendredi, environ ung peu après soleil levant, lui 
et la plus grant partie de ceulx de sa compaignie 
fussent embuchez es faubours de Paris vers Saint 
Marceau, et que par la porte Saint Jacques les 
metroient dedens ladite ville, et que entreulx, de 
dedens, donneroient assez à faire aux Englois de la 
place. 

Comment le conestable entra en Paris. 

Le conestable, sans faire grans difficultés de ce que 
ceulx de Paris lui avoient fait sçavoir de leur volenté, 
chevalereusement entreprint la besoingne et ledit jour, 
très matin, se trouva en ladite embûche^. 

1. Sur ce personnage^ voir Histoire de Charles VII, par 
Vallet de Viriville, t. II, p. 354. 

2. Sur les autres conjurés, voir Chronique de Charleà VII, 
par Jean Ghartier, éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 224. 

3. On comparera avec profit cette version à celle de Gruel 



216 CHRONIQUES [1436 

Environ vîj heures au matin, lesdiz nommez de 
ladite ville firent publier partout leur bon vouloir et 
dire que touz ceulx qui avoient désir et vouloir que le 
roy retournast à sa seigneurie le monstrassent à celle 
heure et que temps en estoit. Incontinent le cry levé, 
très grant nombre d'entreulx se mirent suz et tous à 
ung cry cryoient : c Vive le roy de France, maudiz 
c soient les Englois. > Quant les Englois ouyrent ce 
cry, se armèrent et montèrent à cheval étalèrent droit 
aux portes, criant qu'ilz estoient Irahiz; les autres qui 
n'estoient gens de guerre s'enfouirent en la bastille 
Saint Anthoine. 

Si tost comme le cry fut levé en la ville, les dessusr 
nommez vindrent et furent les plus fors et firent 
ouvrir ladite porte de Saint Jacque et avaller plusieurs 
eschelles par sur les murs, d'un costé et d'autre de 
ladite porte, afiin que par la porte et les esçhielles le 
conestable et ses gens y peussent entrer plus aisienaent. 

Tandis que noz gens entrèrent comme dit e3t, ledit 
Michau Lallier print et se saisit du bas et du haut de 
la porte Saint Denis, qui est moult forte place, et, quant 
les Englois la cuiderent avoir, il leur fist faire bonne 
guerre de cagnons et de trait et fist ouvrir la porte 
pour entrer noz gens qui estoient venuz de Saint 
Denis. Lors fut crié partout à plaine voix que les 
chaines fussent tendues et tous les Englois mis à mort 
et ceulx qui vouldroient tenir leur parti. 

Quant les Englois virent et sceurent que le cones- 
table et sa compaignie estoient dedens la ville, et que 
ceulx de la place se metoient en paine de les mètre à 

(Chronique d'Arthur de Richemonty éd. Le Vavasseur, p. 116 
et suiv.). 



1436] DE PERGEVAL DE CAGNY. 217 

mort, tous se mirent hâtivement au chemin de venir 
recouvrer ladite bastille et hommes et femmes qui la 
pourent recouvrer; et se trouvèrent bien retraiz en 
ladite place, que ungs que autres jusques au nombre 
de mil ou xij'', et à x heures n'avoit mes Ënglois en la 
ville. Et, si tost comme le conestable les vit ainsi 
retraire, il les fîst asseigier par dedens et par dehors 
la vile, et, deux jours passez, l'evesque de Therouenne, 
chancelier en France pour le roy d'Engleterre, le sire 
dé Vilby et autres capitaines de leur parti firent parler 
d'avoir traitié avecques monseigneur le conestable^. 
De ce furent plusieurs opinions : les ungs disoient 
que Dieu avoit fait une très grant grâce au roy et à 
son royaume et que on ne povoit pas congnoistre le 
vouloir et le eourage de tous ceulx de Paris, qui sont 
ung nombre infiny ; et que se les Englois venoient à 
grant puissance, ung n'estoit point seur quel chemin 
ilz tendroient et que par le moyen de la Bastille pour- 
roit venir très grant inconvénient à la ville, et par 
ainssi estoit bon de les en lessier aler. Les autres 
disoient : c Hz sont grant nombre de gens en petite 

< place. Posé qu'ils eussent de grans vivres, ce que 
c non, si ne pourroient ilz vivre dedens; et si avoient 

< de très grant finances et de bons prisonniers. > 
Tout debatu fut apointié que ilz s'en iroient leurs corps 
et leurs biens saufs, combien que aucuns dirent que 
le traitié leur fut fait trop favourable. 

Ledit an, le jour du mois de may^ ensuivant, 

1. Les Anglais évacuèrent la Bastille le 17 avril 1436 par 
capitulation et s^embarquèrent pour Rouen. 

2. a Environ le premier jour de may » écrit Gruel [Chro^ 
nique d'Arthur de Richemont^ éd. Le Vavasseur, p. 125). 



218 CHRONIQUES [1436 

après ce que le conestable eut communiqué et mons- 
tre son bon vouloir aux bourgois et autres estans à 
Paris, tant à leur requeste que ce qui veoit les grans 
charges et auprecions (sic) que Paris et tout le pais 
jusques en Flandres souffroient et soustenoient par 
chacun jour par les Englois estans es chastel et ville de 
Greilh * sur la rivière de Oyse, il fist aprester environ 
ij"^ combatans et par le bastart d'Orleens, La Hire et 
Poton de Saintrailles fist assiéger ladite place du costé 
devers Picardie, cuidant que ceulx de la place se ren- 
dissent par defifault de vivres, mais non firent; de 
quoy plusieurs dirent que ce fut mal que on n'y ala 
si tost que Paris fut françois et que alors estoit temps 
de Tentreprendre. 

Ceulx de dedens estoient bien garnis de ce que il 
convenoit pour la garde de la place ^, et, quant nos 
gens eurent esté devant de xv jours à trois sep- 
maines^ sans leur porter gaire de domage, ils ouyrent 
dire que le duc d'Yort, acompaigné de viij ou x mille 
Englois, estoit prest de descendre à la coste de Nor- 
mendie ; et sçavoient que le conestable estoit aie en 

1. D' Boursier, Histoire de la ville et châtellenie* de Creil, 
p. 135, d'après Flammermont, Histoire de Senlis pendant la 
seconde partie de la guerre de Cent ans [Mémoires de la 
Société de V Histoire de Paris , t. V, p. 255). Le bourgeois de 
Paris, dans son Journal (éd. Tuetey, p. 323), semble insinuer 
que ce siège ne servit qu'à justifier la mise en souscription 
d'un emprunt sur les habitants de Paris. 

2. Jean Ghartier, dans la Chronique de Charles Vil y insiste 
aussi sur les grands approvisionnements des Anglais (éd. Val- 
let de Viriville, t. I, p. 228). 

3. ce Environ trois sepmaines ou ung mois, » d'après le Jour- 
nal dun bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 324. 



1436] DE PERGEVAL DE GAGNY. 219 

Ghampaigne pour les affaires du roy, sans charge qui 
leur veinst autrement, se départirent et levèrent sim- 
plement et à leur dommage. 

La descente de madame la daulphine à la Rochelle. 

En celui an m gggg xxxyi, le mecredi xx jour du 
mois d'avril, après Pasques, Margarite, ainsnée fille 
du roy d'Escoce, en sa compaignie le conte d'Orque- 
nay^ et grant nombre de chevaliers et escuiers dudit 
pais d'Escoce et très belle compaignie de dames et de 
damoiselles dudit pais, touz les hommes et femmes 
et leurs servans, chacun en son estât en très riche et 
grant appareil. 

Et estoit belle chose de veoir les hacquenées, leurs 
bernais, la litière, les cherioz et chevaulx pour les 
mener, richement parez et couvers, comme à la raigne 
de France pourroit apartenir. Elle arriva cedit jour à 
ung port de mer empres la Rochelle, nommé la Pal- 
lisse^, et le jeudi ensuivant elle et ses gens descen- 
dirent et logèrent oudit village : et là séjourna jusques 
au samedy vij jour de may ensuivant, que elle et sa 
compaignie entrèrent en la ville de la Rochelle ; auquel 
lieu elle fut très notablement receue, comme le cas 

1. Comte d'Orkney. 

2. A cinq kilomètres à Touest de la Rochelle on a creusé 
récemment un nouveau port à la Pallice. La rade de la Pallice 
passe pour présenter des conditions hydrographiques et nau- 
tiques exceptionnellement favorables. Vallet de Viriville (Hist. 
de Charles VII, t. II, p. 372) place la Pallice dans Tîle de Ré. 
Vallet de Viriville [Ihid.y t. II, p. 372) dit que la jeune prin- 
cesse se reposa quelque temps au prieuré de Nieul-sur-Mer 
(Charente-Inférieure, arr. et cant. de la Rochelle) avant d*en- 
trer à la Rochelle. 



220 CHRONIQUES [1436 

le requeroity veu ce qu'elle venoit en France pour 
parfaire et consommer le mariage de monseigneur le 
daulphin et elle. 

Le roy et la raigne envoyèrent audit lieu de la 
Rocelle aler quérir et compaignier à venir devers eux 
à Tours en Touraine ladite dame, et pour Tacompai- 
gnier le conte de Yendosme, le chancelier de France, 
le sire de Graville, maistre des arbalestiers , bien 
acompaigniez de chevaliers et escuiers, la dame de la 
Roche Guyon, autres dames et damoiselles touz ou 
meilleur estât que faire se peult. Eulx arrivez audit 
lieu de la Rochelle, fut avisé par entre eulx et ledit 
conte d'Escoce quel nombre et lesquelz, tant hommes 
que femmes, vendroient devers le roy et le sourplus 
retourner et envoyer en leur pais. 

Et fut la départie d'entreulx très forte à faire et 
touz les gens d'estat, hommes et femmes, chacun en 
droit soy, furent très mal contens du conseil du roy 
et desiroient touz à conduire leurdite dame et mes- 
tresse à leurs despens jusques au lieu où elle devoit 
demeurer. Et ad ce ne pourent estre ouiz, et retour- 
nèrent en leur pais mal contens. 

Le lundy, ix jour dudit mois, partit madame la 
dauphine dudit lieu de la Rochelle et fut à giste à 
Mosé^ et de Mosé vint à Niort, d'illecques à Saint 
Messent^, d'illecques à Lesignen^, et le dimenche, 
xxj jour de may, arriva en la ville de Poitiers, auquel 
lieu elle fut très grandement receue, comme raison 

1. Maozé, Deux-Sèvres, arr. de Niort, chef-lieu de canton. 

2. Saint-Maixent, Deux-Sèvres, arr. de Niort, chef-lieu de 
canton. 

3. Lusiçnan, Vienne, arr. de Poitiers, chef-lieu de canton. 



1436] DE PERGEVAL DE GAGNY. 221 

estoit ; et, avecques ce, luy estoit ordonné par le roy 
et son conseil y séjourner pour soy refreschir et repo- 
ser de la paine et travail qu'elle avoit eu en la mer^ 

Et devez sçavoir que en toutes les places par là où 
elle estoit passée en venant dudit lieu de la Rochelle 
à Poictiers, chacun en droit soy se efforça de lui faire 
touz les honneurs et plaisirs que faire lui pourent et 
sceurent. 

Le jour.de juing, madame la daulphine se partit 

dudit lieu de Poitiers et fut à giste 

Le jour que monseigneur le daulphin espousa Mar gante j 

fille du roy d'Escoce. 

Le dimenche, xxiiij jour de juing, jour Saint Jehan 
Baptiste, Tan M GGGG xxxvi, à quatre heures après 
midi, madame la daulphine arriva en la ville de 
Tours ainssi acompaignée, comme chacun poeult sça- 
voir, et ala descendre devant l'église de Saint Gacien. 
Dieu soit quelle presse il y avoit ! Et, après ses offrendes 
faites en ladite église, fut menée devers la raigne au 
chastel et fut très honnourable chose de la veoir arri- 
ver devant la raigne, laquelle la receut très joieuse- 
ment, ainsi comme elle le sceut bien faire, et touz 
ceulx et celles qui estoient venuz de son pais. 

Le lundi, xxv jour dudit mois, et jour de Saint Eloy , 
fut espousé monseigneur le daulphin en ladite église, 
en la présence du roy, qui ce jour vint d'Amboise et 
fut à Tespouser vestu d'une robe grise, housé et 
esperonné. Le chancelier de France fîst les espousailles, 

1. La traversée avait été en effet terrible. Vallet de Viriville, 
Histoire de Charles Vllf t. Il, p. 371. 



222 CHRONIQUES [1436 

qui lors estoit archevesque de Rains ; et oudit jour 
n'avoit de messeigneurs de France, sinon monsei- 
gneur Charles d'Anjou et le conte de Vendosme. 

Ledit conte de Orquenay, les autres chevaliers et 
escuiers, dames et damoiselles d'Ëscoce furent en 
grant estât celui jour. Et estoit moult noble chose de 
veoir les paremens et abillemens en quoi estoit 
madame la daulphine, lesquelx elle avoit aportez de 
son pais. Et devez sçavoir que le roy, la raigne et 
touz ceulx de son hostel furent touz et chacun d'eulx 
le mieulx apareillez que faire le pourent^. Et fut la 
feste grande et plaine comme le cas le requeroit bien, 
sans y avoir joustes ne faire autres grans choses 
estranges. 

Et, environ xv jours après, ledit conte de Orquenay 
et presque tout le sourplus des chevaliers et escuiers 
qui estoient demourez après ladite descente de la 
Rochelle avecques madame la daulphine furent ren- 
voyez en leur pais et retournèrent mal contens du 
conseil du roy qui avoit petitement ordonné de leur 
retour*. 

La prinse de Chamhrays. 
En celui an^, le jour de juing*, le duc d'Yort, 

1. Il n'est pas inutile de faire remarquer qu'il fallut emprun- 
ter au duc d'Orléans les tapisseries qui décorèrent à Tours les 
appartements royaux (Bibliothèque de l'École des chartes^ 
année 1846, t. VIII, p. 138, Vallet de Viriville, Notices et 
extraits de chartes et de manuscrits appartenant au British 
Muséum de Londres), 

2. Cf. la Chronique de Charles VIL,, y par Jean Chartier, éd. 
Vallet de Viriville, t. I, p. 229 à 232. 

3. 1436. 

4. Il paraît bien qu'il faut combler la lacune laissée dans la 



1436) DE PERGEVAL DE CAGNY. 223 

en sa compaignie vij ou viij mille combatans d'Engle- 
terre, descendirent à ung port nommé Penne de Pie ^ : 
et eulx descenduz ledit d'Yort print son chemin et 
ala à Rouan ; et le conte de Salseberi^ et environ mille 
combatans avecques lui, vindrent mètre le siège devant 
le chastel de Ghambroys^, qui de nagaires avoit esté 
François. 

Le seigneur de Ferieres^, seigneur dudit lieu de 

date, par le chiffre 7. En effet, le 3 novembre 1436, Henri VI 
faisant don à Guillaume, comte de Suffolk, de 5,000 1. t. par 
an outre ses gages, afin de le récompenser de ses services, 
spécifiait qu'ils avaient commencé, pour la campagne de 
débarquement dirigée par le duc d'York, « le septième jour de 
« juing... qu'il arriva... en notredit pais de Normendie... » 
(Bibl. nat., f. fr. 26061, pièce 2977, et vol. 26062, pièce 3006). 
« Decem millia virorum vel amplius » écrit Thomas Basin 
(Histoire des règnes de Charles Vil et de Louis 27, éd. Qui- 
cherat, t. I, p. 131). 

1. Pennedepie, Calvados, arr. de Pont-l'Evêque, cant. 
d'Honfleur. Cf. Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. III, p. 8, 
note 5. 

2. Perceval de Cagny est très exactement renseigné. En 
effet, on sait par une pièce (simplement mentionnée par M. de 
Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. IH, p. 8, note 6) que 
Richard, comte de Salisbury, « lieutenant gênerai sur le fait de 
« la guerre, » dirigea les sièges de Chambrois, de Saint-Ger- 
main-sous-Cailly et de Fécamp (Bibl. nat., fonds franc. 26062, 
pièce 3030). D'après le propre témoignage du comte, le siège 
de Chambrois dura trente-neuf jours, du 11 juin au 20 juillet 
1436 inclusivement. On vient de voir que les Anglais avaient 
débarqué le 7 juin. 

3. Chambrois ou Broglie, Eure, arr. de Bernay, chef-lieu de 
canton. 

4. Le seigneur de a Farrieres, » en Normandie, portait 
« d'ermines à le faisse de gueles fretet d'or » (Bibl. nat., vol. 
reliés du Cabinet des Titres, n<> 927, p. 72). 



224 CHRONIQUES [1436 

Chambrais, avoit presque tout le temps de la guerre 
tenu le parti des Ënglois et demouré audit lieu et 
chevauchié et fait guerre avecques eulx, et par aucun 
temps^ soy tenir en abstinence sans faire guerre et ne 
metoit nulz Ënglois en son cbastel; et, pour le bon 
vouloir qu'il avoit de retourner en Tobeissance du 
service du roy, fist venir avecques lui en sadite place 
les sires de Viépont^, de Yillebon et belle compaignie 
avecques eulx de gentilzhommes et autres pour la 
garde de la place et contre les Ënglois. 

Et, le siège venu devant eulx, ledit de Ferrieres et 
aucuns de ses gens saillirent dehors et s'en alerent à 
Chartres. Sa mère et plusieurs dames et damoiselles 
demourerent dedens avecques lesdiz de Yieuxpont, 
de Yillebon et leurs gens, et firent forte guerre aux 
Ënglois qui estoient devant eulx et tant que ung des 
capitaines, nommé George Rielquement^, lequel avoit 
esté de grant voix du parti de la guerre des Ënglois 

1. Il doit y avoir là une lacune de quelques mots : açoit 
vouluy par exemple. 

2. Le sire de a Viexpont » portait d'argent à dix anneaux de 
gueules à sept quartiers de gueules (Bibl. nat., vol. reliés du 
Cabinet des Titres^ n® 927, p. 4). Il doit s'agir ici de Laurent, 
seigneur de Vieuxpont (G. Demay, Inventaire des sceaux de la 
collection Clairambaulty "t. II, p. 302, n** 9450), et non d'Yves 
de Vieuxpont (Bibl. nat., vol. reliés du Cabinet des Titres, 
n® 154 his, Trésor généalogique de D. Villevieille, p. 118). 

3. Guillaume Gruel, dans sa Chronique d^ Arthur de Riche^ 
mont (éd. Le Vavasseur, p. 79), cite ce nom avec cette ortho- 
graphe : Georges Riqueinan, à Tannée 1432, à propos du siège 
de Pouancé, dont Perce val de Cagny a parlé à cette date. J'ai 
signalé en ce lieu qu'il fallait identifier le personnage au nom 
bizarre, cité alors par Perce val, avec Georges Riqueman ou 
Rîelquement. (Voir p. 183, note 3, et p. 185, note 3.) 



1436] M PERCEVAL DE CAGNY. 225 

et d'autres gens de leur parti furent [tuez] devant 
ladite place. Geulx de ladite place envoyèrent plu- 
sieurs foiz devers le roy et nosseigneurs pour quérir 
et avoir secours, mes ce fut pour noyent. 

Et, à la parfin, les convint mètre à composition ^ 
Les renduz demeurèrent à la volenté, les dames et 
damoiselles s'en alerent avecques ce que pourent 
emporter de leurs biens, et, en tirant le chemin audit 
lieu de Chartres, furent destroucées de ceulx de 
Dreux. Lesdiz de Viépont et de Villebon tindrent 

ladite et s'en alerent ung bâton en leur 

main. 

Du siège mis par le duc de Bourgoigne devant le 

chastel et ville de Calais. 

En celui an, le xxiij jour de juing, le duc de Bour- 
goigne, acompaignié de très grant compaignie de 
chevaliers et escuiers, gens de bonne ville, archiers 
et arbalaistiers et autres gens de guerre des pays de 
Picardie, de Flandres, de Brebant, de Henaust, de 

1. J*ai dit plus haut que le siège dura jusqu^au 20 juillet 
inclusivement. Immédiatement après la prise de Ghambrois, le 
comte de Salisbury^ se rapprochant de Rouen, investit Saint- 
Germain-sous-Gailly et demeura devant la place du 23 juillet 
au 29 août 1436 inclusivement (Bibl. nat., fonds franc. 26062^ 
pièce 3030). Lorsqu*ils se furent emparés de Saint-Germain- 
sous-Cailly, les Anglais en détruisirent les fortifications (Bibl. 
nat., fonds franc. 26061, pièce 2998, et vol. 26062, pièce 3036). 
En outre, ils démantelèrent Fontaine-le-Bourg, Préaux, Pavilly, 
Clères, Rouvray, Saint-Denis-le-Thiboult, Blainville, Fontaine- 
Ghâtel (Bibl. nat., fonds franc. 26062, pièce 3162), places 
situées dans Tarrondissement de Rouen. 



226 CHRONIQUES [1436 

Bourgoigne et d'autres pays, mist le siège devant 
Calais^. 

La coursse que les Englois firent en Flandres. 

En celui an, le jour dejullet ^en 

sa compaignie de iij à iiij mille Englois, entra en la 
conté de Flandres. 

Du siège de Fesquamp. 

En celui an, le vij jour de septembre, le duc d'Yort, 
acompaignié de ij mille Englois et plus, mist le siège 
devant la ville et abbaye de Fesquamp^; ceulx de 
dedens avoient peu vivres et gens pour la garde de 
ladite place; si envoierent hâtivement devers le roy 
pour avoir secours et lui dire Testât de la place. Le 
roy ne leur donna nulle provision. Hz tindrent la 
place en grant povreté de vivres l'espace de iij sep- 
maines^, et très desplaisans, rendirent la place leurs 
vies saufves. 

1. Il dut le lever le 31 juillet 1436^ les Flamands l'ayant 
abandonné dans la nuit du 28 au 29 juillet 1436. 

2. Le duc de Glocester. Cf. les détails donnés par Jean de 
Wavrin [Anchiennes Cronicques cCEngleterrey éd. de M"® Dupont, 
t. I, p. 305 et suiv.), témoin oculaire. 

3. La date donnée ici est bien exacte. Le comte de Salisbury 
parut devant Fécamp le 7 septembre 1436. Le siège dura jus- 
qu'au 25 octobre inclusivement (Bibl. nat., fonds franc. 26062, 
pièce 3030, et vol. 26061, pièce 2999). A ce siège, les Anglais 
firent servir leur artillerie par « trois maistres canonniers, 
a trois leurs aydes, sept varletz canonniers, deux maistres et 
« ung varlet charpentiers, deux maistres et ung varlet maçon 
a et ung charron. » 

4. Exactement quarante-neuf jours. 



1436] DE PERCEVAL DE CAGNY. 227 

De la prime dudit lieu de Fescamp. 

En celui an, le xvj jour du mois d'octobre, messire 
Robert d'Estouteville, en sa compaignie vij ou viij® che- 
valiers et escuiers et autres gens de guerre, la plus 
part du pays et qui avoient esté en garnisons layens, 
recouvrèrent et prindrent ladite place sur les Englois 
par belle et subtille manière : il y a ung petit ruisseau 
qui court par dedens ladite petite place ; et à l'endroit 
où Teaue court par soubs une vaoute dessoubs les 
murs, en laquelle avoit une graille de fer, laquelle les 
gens du roy à très grant paine et diligence trouvèrent 
manière de limer et de rompre, et par soubs icelle 
vaoute entrèrent grant partie d'iceulx, et comme gens 
de grant hardement vindrent à la porte, partie 
d'entreulx, et les autres à la porte de Tabbaye et 
levèrent leur cry en tenant les manières convenables à 
leur entreprinse ; et par ainsi, par grant vaillance et 
bonne entreprinse, fut la place gaignié sur lesdiz 
Englois ^ . 

1. En relatant la reprise de Fécamp, par les Français, Tho- 
mas Basin, dans son Histoire des règnes de Charles VII et de 
Louis XI (t. I, p. 131), en fixe la date à peu de jours après la 
prise qu'en avaient faite les Anglais. Or, j'ai montré plus haut 
que Fécamp était tombé aux mains du comte de Salisbury le 
25 octobre 1436. Donc, Perceval de Cagny se trompe quand il 
date du 16 octobre la surprise dirigée par les Français. 
Peut-on proposer de lire xxvj octobre au lieu de xyj octobre ? 
Monstrelet (éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 297) se borne à écrire : 
a Mais en assés briefz jours ensievans fut reconquise par les 
« François. » 



16 



228 CHRONIQUES [1436 

Du voyage du roy en Languedoc. 

En celui an, le xxviij jour dudit mois d^octobre, 
après ce que une grant embassade de tous les estaz 
de Paris, clers, bourgois et autres furent venuz devers 
le roy à Amboîse pour luy recommander tout le fait 
et Testât de sadite ville de Paris et des places recon- 
questées sur les Englois et remises en son obéissance, 
ilz lui supplièrent que il luy pleust avoir regart à la 
grâce que Dieu lui avoit faicte, et venir en sadicte ville 
de Paris, en luy remonstrant les grans honneurs et 
prouffitz qui lui en pourroient avenir, à nos seigneurs 
de son sang, aux nobles, chevaliers et escuiers et à 
tout le populaire de son royaume. 

Et, ou lieu du voiage de quoy il estoit requis faire 
en France, entreprint par le conseil de monseigneur 
Charles d'Anjou, de messire Christofle de Harecourt, 
les seigneurs de BueP et de Chaumont^, les evesques 
de Cleremont^, de Maguelonne^ et autres à faire ung 
voyage en Languedoc et ou Daulphiné, monseigneur le 
daulphin en sa compaignie, duquel voiage et de la 
longueur du temps de sa demeure, le roy de Gecille, 
les ducs d'Alençon et de Bourbon, tous les chevaliers 
et escuiers, les prelaz des bonnes villes et tous les 
subgiz obeissans au roy ont esté en très grant esmoy : 
et povoit sembler à grant partie d'iceulx que il avoit 

1. Cf. le Jouçencely par Jean de Bueil, éd. Favre et Lecestre, 
t. I, p. Lxxix et note 1. 

2. Le sire de Quitry. 

3. Martin Gouge de Charpaignei 

4. Robert de Rouvres. 



1436-1437] DE PERGEVAL DE CAGNY. 229 

petit regart aux grans meschiefs et guerres de son 
royaume*. 

Des pans de Chasteau Gontier. 

En celui an, le xxvij jour de novembre, les eaues et 
les rivières furent très grandes es pais de Touraine, 
d'Anjou et du Maine et par especial la rivière de 
Maine ; et tant que les plus anciens de la ville de Chas- 
teau Gontier disoient que oncques n'avoit veue ladite 
rivière de Maine si haulte de plus de iiij pies; et tant 
fut grosse hâtivement que plusieurs des meuniers de 
dessus furent soubprins en leurs moulins et demou- 
rerent dedens, les uns par l'espace d'un jour, et puis 
les autres moins, jusques ad ce qui fussent alez quérir 
en bateaulx; et aucuns desdiz moulins et aucunes des 
petites mesons de dessus ladite rivière s'en alerent au 
cours de l'eaue, et tant que par la pesanteure de l'eaue 
et des mesons et mesriens qui descendoient à bas, 
les pons dudit lieu de Chasteau Gontier et d'autres 
s'en alerent aval ladite rivière. 

De la prinse de Pontaise. 

En celui an, le lundi xj jour de frevier, veille de 
karesme prenant^, par nuit, avant le point du jour, 

1 . C'est le même sentiment qu'exprime à cette date le Jour- 
nal (Tun bourgeois de Paris (p. 327) dans ces lignes que j*ai 
déjà citées : « Et en celuy temps n'estoit nouvelle du roy nul- 
a lement, ne que se il fust à Romme ou en Jherusalem. » 

2. « Le jour de caresme prenant, » d'après la Chronique de 
Charles Vlly roi de France^ par Jean Chartier (éd. Vallet de 
Yiriville, 1. 1, p. 233). La « nuyt de karesme prenant, » d'après 



230 CHRONIQUES [1437 

fut prinse par eschielle la ville de Pontoise par les 

Englois, conduiz et menez par ^ Et si estoient 

dedens le sire de L'Ille Adam, capitaine de la place, 
et le sire de Rotelen^, Breton, et de iiij à v° comba- 
tans sans les gens de ladite ville ; et par les dessusdiz 
ne autres ne fut essaie à mètre ne trouver aucun 
remède à résister contre lesdiz Englois, et n'enten- 
dirent à riens sinon de monter à cheval et prendre ce 
que ilz peurent de leurs armures et autres biens et 
s'enfuirent bien en haste à Paris : de quoy moult de 
merveilleuses choses et paroles furent dictes. 

Et icelle nuit et par avant, les neges estoient très 
grandes et avoit moult fort gellé. Et fut dit en voix 
commune que plusieurs d'iceulx Englois, en faisant leur 
eschiellement, estoient vestuz de draps de lit blans^. 

Pourquoy maistre Jehan de Lunel et. autres traîtres 

furent décollés à Paris. 

L'an MGGGG XXXVII, le jour d'apvriH, furent 

prins en la ville de Paris par la justice du roy et atains 

le Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 329). Le 
« mardi gras, » d'après G. Gruel (Chronique d'Arthur de Riche- 
mont, éd. Le Vavasseur, p. 142). Pontoise fut pris dans la nuit 
du mardi gras au mercredi des Cendres, 12-13 février 1437. 

1. Leurs chefs étaient, d'après le héraut Berry (éd. D. Gode- 
froy, p. 394), Talbot et Falconbridge. Jean Chartier, dans sa 
Chronique de Charles F// (éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 235), 
désigne un Anglais, a nommé Sterquin, » comme le « prin- 
« cipal » de r a entreprinse. » 

2. Le seigneur de Rostrenen. 

3. C'est en effet la version que donne Jean Chartier. 

4. Au témoignage du Journal d'un bourgeois de Paris (éd. 
Tuetey, p. 330), l'exécution eut lieu le 26 mars 1437 (n. st.). 



1437] DE PERCE VAL DE GA6NY. 231 

comme traîtres prouvez par leur confession et autre- 
ment, maistre Jehan de Lunel ^, qui a voit esté secrétaire 
du roy englois, maistre Jacques Roussel^, clerc de la 

Chambre des comptes, maistre Jehan le Clerc ^ 

et un poursuivant^ de messire François TAragonnois, 
capitaine de Montargis, tous les iiij natifs du royaume 
de France : desquelx les trois furent condempnez de 
avoir les testes couppées es halles de Paris, par mes7 
sire Âmbrois de Loré, seigneur d'Yvry et prevost de 
Paris ; et ledit le Clerc fut mené en ung tumbereau veoir 
couper les testes aus iij autres, et après ce fut remené 
es prisons de Tevesque de Paris et mis en oubliete. 

Et la cause pour quoy ils furent exécutez fut pour 
ce que aucuns Bourguignons, et gens d*eglise et bour- 
geois de la ville de Meaulx avoient trouvé manière de 
réduire et remetre ladite ville de Meaulx en l'obéis- 
sance du roy ; et tout ce qu*ilz avoient avisé avoient 
fait sçavoir aux gens du conseil du roy estans à Paris, 
à ceulx à qui la cognoissance devoit apartenir selon le 
cas. Et avecques ce ij gentilzhommes d'environ Pon- 
taise, qui tenoient le parti des Englois et estoient de 
la garnison de Yernon, furent prins des François 
estans en la garnison de ladite place de Pontaise. 

Eulx, estans prisonniers, furent enquis d'aucuns de 
leurs amis et tant firent par entreulx que de leur bon 



1. Sur ce personnage, voir Tuetey, Journal Hun bourgeois 
de Paris f p. 330, note 1. 

2. Sur Jacques Roussel, Ihid,y p. 330, note 2. 

3. Sur Jean le Clerc, Ibid.y p. 331, note 1. Il faut sans doute 
remplir la lacune par ces mots : a Avocat au Parlement. » 

4. Il paraît qu'il avait été «c varlet boucher » [Journal dHun 
bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 330). 



232 CHRONIQUES (4437 

vouloir promidrent de trouver manière par laquelle 
ilz remetroient ladite place de Yernon en Tobeissance 
du roy : et montrèrent clerement les voyes et manières 
par quoy ilz le pourroient faire et baillèrent piégez 
de grant finance pour leur rançon ou cas qu'ilz 
n'acompliroient leur finance. 

Et par ainssi s'en alerent audit lieu de Yernon en 
grant volenté d'acomplir leur promesse, comme le fait 
le monstra clerement. Eulx, retournez audit lieu, se 
employèrent et firent grans diligences de paremplir 
leur entreprinse et tant que ilz veoient clerement 
Tacomplissement ; et ce firent sçavoir à ceukc à qui 
ils avoient fait la promesse qui le firent sçavoir à ceulx 
de Paris, comme avoient fait ceulx de Meaulx. 

Les dessusdiz maistre Jehan de Lunel, maistre 
Jacques Roussel et maistre Jehan le Clerc qui estoient 
du conseil du roy à Paris, comme dit est, et fesoient 
semblant de estre bons et loyaulx François et qui 
estoient apellez à touz les coûseulx qui touchoient le 
fait de la guerre du roy et autrement, furent presens 
à toutes les choses que les dessusdiz de Meaulx et de 
Pontaise leur avoient fait à sçavoir touchant le recou- 
vrement desdites places. Et avecques ce furent pre- 
sens à tout ce qui fut déterminé, et les journées prinses 
pour estre la chose mise à exécution. Et ce fait, iceulx 
traitres firent par le dessusdit poursuivant sçavoir 
esdites places à ceulx qui en avoient la garde, tout ce 
que ilz avoient sceu à leur contraire. 

Et, tant en fut, que les deux gentilzhommes dessus- 
diz eurent les testes couppées audit lieu de Yernon et 
ceulx de Meaulx prindrent, tuèrent et rançonnèrent 
ceulx de leur place ; et si dévoient les dessusdiz mètre 



1437] DE PERGEVAL DE GAGNY. 233 

la place du pont de Gherenton^ en la main des Ënglois. 

Comment le roy chassa Rodigues. 

En icelui an MGGGGXXXvn, le viij jour du mois de 
may, le roy et monseigneur le daulphin, acompai- 
gniez de missire Charles d'Anjou, du conte de Per- 
driac et de plusieurs autres chevaliers et escuiers et 
autres gens de guerre, au retour de son voyage de 
Languedoc où il avoit sejorné tout l'iver, pour les 
grans complaintes qui là lui estoient venues d'un 
capitaine de gens d'armes nommé Rodigues, du pais 
d'Ëspaigne, lequel avoit de nouvel espousé la seur 
bastarde de monseigneur de Bourbon, lequel de Bour- 
bon n'estoit pas alors fort en grâce devers le roy, 
pour aucunes aliances de quoy le roy se doubtoit estre 
faites entre le roy de Gecille et le duc de Bourbon 
après le mariage du filz dudit roy de Gecille et de la 
fille dudit de Bourbon, ilz se assemblèrent à Angers, 
et là, à une journée, mandèrent le duc d'Alençon ; et, 
leur conseil passé, tous les trois seigneurs ensemble 
alerent en Bretaigne devers le duc. De quoy le roy fut 
très mal content*. Et, quant ilz furent retournez de Bre- 
taigne, le duc d'Alençon retourna en sa ville de Ghasteau 
Gontier, et lesdiz de Secille et de Bourbon cuiderent 
aler devers le roy en la ville de Bourges, où il estoit du 
retour de sondit voyage : qui leur fist sçavoir qu'il ne 
les vouloit point veoir, et fut plus de deux mois avant 
qu'il vousist veoir le roy de Gecille, lequel mist toutes 

1. Charenton avait été repris par les Français en janvier 
1436 (Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 311, note 1). 

2. A. Lecoy de la Marche, le Roi René, t. I, p. 131. 



234 CHRONIQUES [1437 

les paines qu'il poeult, quant il se trouva devers le roy, 
de y fere venir ledit de Bourbon ; mes ce fut pour néant, 
quar le roy ne le vouloit veoir, ne ouyr parler de lui, 
pour le despit que il avoit des grans plaintes et pille- 
ries que ledit Rodigues^ acompaignié de deux mille 
combatans telz quelz fesoient ou pais du roy par le port 
dudit de Bourbon^. 

Et, ou temps de ce, le roy, accompaignié des sei- 
gneurs comme dessus est dit, et avecques eulx plus de 
v^ chevaliers et escuiers et iiij mille hommes de traict, 
print son chemin^ à passer par le pais de Bourbon- 
nois, ouquel furent faiz moult de dommages et de 
pilleries; puis passa outre et s*en ala droit à Saint- 
Fleur^, cuidant trouver ledit Rodigues pour destrou- 
cer lui et sa compaignie ; et, quant il sceut la venue 
du roy, il se eslongna le plus qu'il poeult. 

Le roy, moult indigné, le poursuit, et ledit 
viij jour de may arriva en la ville de Saint Pour- 
saint^ et d'illecques chassa ledit Rodigues jusques 
à la ville de Rouenne, sur la rivière du Rosne ; auquel 

1. Etabli à la Châtre, en Berry, il menaçait la Touraine 
(M. Boudet, Charles VII à Saint-Flour, Annales du Midi, 
année 1894, p. 314). 

2. Cf. M. Boudet, Villandrando et les écorcheurs à Saint- 
Flour (extrait de la Revue d^ Auvergne y septembre-octobre 
1894, p. 46). 

3. C'est-à-dire à son retour du Languedoc. Sur les motifs 
du retour précipité du roi, voir M. Boudet, Charles VII à 
Saint-Flour [Annales du Midi, année 1894, p. 323). 

4. Charles VII arriva à Saint-Flour le 14 mai 1437 (M. Bou- 
det, Charles VII à Saint-Flour, Annales du Midi, année 1894, 
p. 311) et y séjourna près d'une semaine jusqu'au 28 mai. 

5. Perce val de Cagny se trompe; il faut lire le 24 ou le 
25 mai. 



1437] DE PERCEYAL DE GAGNY. 235 

lieu ledit Rodigues passa ladite rivière et entra en 
l'Empire*. Et le roy retourna à Bourges. 

Comme ceulx de Burges vouldrent tuer leur seigneur. 

En celui an, le jour du mois de juing^, la ville 

de Burges en Flandre de Fait apencé, grans et petiz d'un 
acort, furent en volenté de prendre le duc de Bour- 
goîgne et mètre à mort touz ceulx de sa compaignie 
à sa venue dedens ladite ville. 

Comme le roy fist tout destruire devant Montargis. 

En icelui mois de juing mggggxxxyu, le roy ainssi 
retourné audit lieu de Bourges^, et toute sa compai- 
gnie, comme dit est, combien que depuis Tan de son 
sacre et couronnement à Rains et de son retour de 
devant Paris, il povoit sembler à touz les seigneurs de 
son sang, les chevaliers et escuiers, les bonnes villes 
et gens de plat pais que le roy eust delessié du tout 
de soi entremettre et estre présent en sa personne de 

1. J. Quicherat, Rodrigue de Villandrando, p. 135 à 143; et 
M. Boudet, Charles VII à Saint^Mour [Annales du Midi, 
année 1894, p. 321). 

2. (( Le joeudî de la Trinité, » d'après le Livre des trahisons 
de France envers la maison de Bourgogne ( Chroniques relatives 
à thistoire de la Belgique sous la domination des ducs de 
Bourgogne y textes français... publiés par M. le baron Kervyn 
de I^ttenhove, p. 214). Ce qui correspond pour Tannée 1437 
au 23 mai. 

3. D'après Guillaume Gruel (Chronique d^ Arthur de Riche^ 
mont, éd. Le Vavasseur, p. 132, note 1), le siège de Males- 
herbes avait été commencé par le connétable aux environs du 
!«' mai 1437. 



236 CHRONIQUES [1437 

faire guerre à ses anciens ennemis d'Ëngleterre. Hais, 
la mercy de Nostre Seigneur, il a entreprins le vou- 
loir leur faire plus forte et aspre guerre que oncques 
ne leur fîst, et, quelque conseil qu'il ait eu le temps 
passé, à présent veult faire la guerre la plus part à 
son vouloir. 

Le jour dudit mois de juing, le roy , les seigneurs 

et la compaignie dessusdite partirent dudit lieu de 
Bourges et s'en ala à Gien sur Laire. Et lui, arrivé 

audit lieu, deux jours après envoya courre devant 

Montargis et faire le gast, de couper vuignes et arbres 
et mètre le feu es blés et touz autres labours, pour 
afamer ses ennemis estanz dedens la place ^. 

En icelui an MGGGGXXXvn, le du mois de jullet, 

le roy estant audit lieu de Gien envoya le conte de 
Perdriac, le seigneur d'Âllebret et de iij à iiij mille com- 
batans en leur compaignie courre devant le chastel 
et ville de Montereul Fault lonne^ pour veoir et 
enquérir du gouvernement et estât de la place et du 
pais. 

Et, ce fait, la compaignie s'en ala mètre le siège 
devant la «place de Gharni^, laquelle place fut mise en 
l'obéissance du roy le jour de jullet, par ainssi 

1. La Chronique d'Enguerran de Monstrelet, éd. Douët 
d^Arcq, t. V, p. 291. Perceval de Gagny a omis de dire net- 
tement que Montargis était tombé entre les mains des Anglais ; 
dès 1432, selon le héraut Berry (éd. D. Godefroy, p. 385-386). 

2. Si Ton en croit Guillaume Gruel (Chronique d'Arthur de 
Richemonty éd. Le Vavasseur, p. 133), des pourparlers auraient 
été entamés entre la garnison anglaise de Montereau et le 
chancelier de France. Mais, ajoute Gruel, ce c'estoit une trai- 
« son mauveise. » 

3. Charny, Yonne, arr. de Joigny, chef-lieu de canton. 



1437] DE PERCEVAL DE GAGNY. 237 

que ceulx de dedens, qui aler s'en vouloîent, en 
emportèrent ce qu'ilz peurent de dedens, chevaulx et 
bernais. Et les autres qui vouldrent demourer en 
l'obéissance du roy y furent receuz et les maulx qu'ilz 
avoient faiz abolis. 

Comme le roy de Cecilleprint congié du roy. 

Le roy estant audit lieu de Gien, comme dit est, le 
roi de Cecille vint devers lui pour prendre congié de 
soy en aler en son pais^, ouquel il n'avoit oncques 
esté, et avecques ce pour essaier à remettre le duc de 
Bourbon en la bonne grâce du roy et lui supplier s'en 
vousist servir ou fait de sa guerre et autrement, ainssi 
que il lui plairoit, en lui remonstrant que il avoit belle 
et bonne compaignie de gens de guerre prestz à son 
commandement. A quoi lui fut respondu qu'il se 
deportast de en plus parler et que le roy avoit enten- 
cion, au plaisir de Dieu, de fournir et emplir le fait 
de sa guerre en la fourme et manière que délibéré il 
avoit. Et de fait fist banir sollennellement ledit 
Rodigues et ceulx de sa compaignie. 

La prinse de Chasteau Landon. 

En icelui an, le jour dudit mois de juilet, après 

la prinse de ladite place de Gharni, la compaignie s'en 
ala mètre le siège devant la place de Chasteau Lan- 
don^ : et X ou xij jours après leur venue devant ladite 

1. A. Lecoy de la Marche, le Roi René, t. I^ p. 131. 

2. Le héraut Berry (éd. D. Godefroy, p. 395) place le siège 
de ChAteau-Landon (Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, 
chef-lieu de canton) avant celui de Ghamy. Il parait que le 



238 CHRONIQUES [1437 

place, monseigneur le daulphin, moult grandement et 
bien acompaignié, vint audit siège, et, le iij jour après 
sa venue, il fist donner Tassault, et par la grâce de 
Dieu fut prinse par force, sans perdre que pou de ses 
gens. 

De quoi et de la prinse mondit seigneur le daulphin 
fut tant joyeulx et fist tant bonne chiere à touz, che- 
liers et escuiers, comme seigneur pourroit faire. Et à 
ce bon et beau commencement de guerre que Dieu 
lui envoya, se voult montrer du bon courage qu^il 
avoit à destruire les anciens ennemis de France. Et, 
de fait ne voult ouyr ne entendre conseil que on luy 
vouseist faire au contraire, que touz ceulx qui avoient 
esté prins en ladite place, ou pou s'en faillit, les 
Englois furent penduz et les traistres renduz les testes 
couppées. Et, ce fait, mondit seigneur le daulphin 
retourna vers le roy^. 

La prinse de Nemours. 

En celui an, le jour du mois d'aoust, après la 

prinse de la place de Ghasteau Landon, comme dit 
est, lesdiz conte de Perdriac et seigneur d'AIIebret 
et leur compaignie avecques grans partie des gens 
de monseigneur le daulphin alerent mètre le siège 

siège de Château-Landon ne dura que quatre jours au dire de 
la Chronique éPEnguerran de Monstrelet (éd. Douët d'Arcq, 
t. V, p. 292). Guillaume Gruel [Chronique cC Arthur de Riche- 
mont y éd. Le Vavasseur, p. 133) se borne à dire sans précision : 
« Et ne tint gueres qu'il ne fust prins d'assault. » 
• 1. En e£Pet, à la fin de juillet, on constate la présence de 
Louis à Gien (E. Pilot de Thorey, Catalogue des actes du dau- 
phin Louis II y devenu le roi de France Louis XI y t. II, p. 449). 



1437] DE PERCE VAL DE CAGNY. 239 

devant le chastel et ville de Nemours ^ et là firent moult 
forte guerre, et tant furent ceulx de ladite place pres- 
sez de nozdiz gens par les bombardes, cagnons et 
assault que le jour dudit mois d'aoust ils ren- 
dirent la place au roy, leurs corps et leurs biens saufs; 
et ceulx qui vouldrent demourer furent remis en la 
bonne grâce du roy. 

Le jour dudit mois d'aoust mgccc xxxvn, le roy, 

considérant la grant grâce que Nostre Seigneur lui 
avoit fait de ces iij places dessusdites ainsi prinses et 
mises en son obéissance, en mercia Dieu moult dévote- 
ment et fîst faire des processions et prières par toutes 
les bonnes villes de son obéissance. Et quant il vit et 
apercent ce et la grant compaignie de gens d'armes et 
de trait, lesquelx à son mandement estoient venuz 
devers lui de ses garnisons et bonnes villes, de ses 
pais de Picardie et conté de Ghampaigne et d'ailleurs 
et les offres de finances et de vivres que iceulx pais 
et la ville de Paris lui fesoient, le très bon courage 
qu'il avoit et la grant volenté de recouvrer son royaume 
lui creut de plus de la moitié. 

Et se disposa et ordonna, la plus part par lui et 
l'autre par son conseil, de aler mètre le siège devant 

la ville et chasteau de Montreau Fault Yonne; et le 

jour d'aoust partit de ladite ville de Gien, monsei- 
gneur le daulphin en sa compaignie, et s'en ala loger 
en la ville de Brai sur Saine ^ et tout son ost devant 

1. Nemours « tint environ douze jours » (La Chronique 
cTEnguerran de Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 292). 

2. Bray-sur-Seine, Seine-et-Marne, arr. de Provins, chef- 
lieu de canton. Cf. Guillaume Gruel, Chronique cC Arthur de 
Richemonty éd. Le Vavasseur, p. 135. 



240 CHRONIQUES [1437 

ladite place de Montereau, pour ordonner et tenir 
la manière du siège; et, iiij ou v jours après, le roy 
lessa monseigneur le daulphin audit lieu de Brai et 
s*en ala loger en son logis dudit siège, auquel logis il 
fut jusques à la fin. 

La prinse de la place de Montreau. 

Le roy, estant au siège audit lieu de Montreau, dés- 
olera par effect le très grant vouloir qu'il avoit de 
recouvrer son royaume et grever ses anciens enne- 
mis ; et par chascun jour et nuit aloit parmi son ost en 
abit dissimulé, affin que il ne fust congneu de ceulx de 
la place : et vouloit veoir et sçavoir toutes les manières 
et Tapareil que chacun de ses capitaines qui avoient 
la charge de applicquier les lieux où les bombardes, 
cagnons et autres engins seraient assis pour batre la 
ville ^ . Et tout ce qui ne lui sembloit estre bien aposé 
le fesoit lever et mètre en aultre lieu plus convenable 
à son avis. 

Et, ce faict, fist jetter les bombardes et y estoit le 
plus du temps en personne ; et tant en fesoit, que par 
plusieurs foiz lesdiz conte de Perdriac, seigneur d'Al- 
lebret et autres luy dirent que il s'en peust bien passer 
à mains de diligence s'il lui plaisoit, pour le péril de 
sa personne en alant et venant ausdiz lieux. Et il leur 
respondoit que la guerre estoit à lui et non à autre et 
que il devoit prendre sa part des diligences ; et tant en 
fist, que la ville fut très fort batue et les murs abatuz 
jusques près du bas^. Et de ce fut moult joyeulx, et fist 

1. Sur Texécution des travaux d'approche, voir Gruel, 
Chronique d'Arthur de Richemont, éd. Le Vavasseur, p. 135. 

2. Cela ne se fit pas sans grandes dépenses pour le paiement 



1437] DE PERGEVAL DE GAGNY. 244 

ordonner tous ses capitaines, chascun en son endroit, de 
quoi il serviroit et la fourme de assaillir ladite place. 

Et, le jour du mois d'octobre ensuivant^, fist 

donner l'assault : auquel il fut en personne aussi avant 
que chevalier ou escuier de sa compaignie, et tant que 
il fut aux fons des fossés de la place, en l'eaue jusques 
passé la sainture ; ne oncques, pour chose qui luy en 
feust dicte, ne se voult déporter d'entrer dedens les- 
diz fossés. Et par cest assault fut la ville prinse, dont 
il eut grant honneur et grant joye, Dieu le sçait^. 

Luy dedens la ville, ses ennemis alerent recouvrer 
le chastel et lui mesme en personne recueillit moult 

desquelles Charles VII dut emprunter 12,000 francs au duc de 
Bourgogne [Chronique cT Arthur de Richemont, par Guillaume 
Gruel, éd. Le Vavasseur, p. 261), tandis que Paris versa la 
somme énorme de 36,000 livres tournois [Journal d^un bour^ 
geois de Paris, éd. Tuetey, p. 333 et note 1). Cf. Vallet de 
Viriville, Histoire de Charles Vil, t. II, p. 383, note 2; Beau- 
court, Histoire de Charles VII, t. III, p. 522 et suiv. 

1. Jeudi 10 octobre 1437, vers midi (Beaucourt, His^ 
toire de Charles VII, t. III, p. 11 et 50; et G. Gruel, Chro-" 
nique d^ Arthur de Richemont, p. 260). Le siège avait duré 
« ung mois et six sepmaines » écrit Jean Chartier dans sa 
Chronique de Charles VII (éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 237), 
ce qui est une erreur, car il prit fin au bout de six semaines 
et cinq jours (G. Gruel, op. oit,, p. 260),* ceci reporte le début 
du siège au 24 août, qui est la date précise donnée pai le 
Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 333. 

2. Les détails si précis, donnés par Perceval de Cagny sur la 
valeur déployée parle roi dans cet assaut, concordent curieuse- 
ment avec ceux qu'on relève dans la relation insérée dans un 
registre du Parlement, signalée par M. A. Tuetey [Journal d'un 
bourgeois de Paris, p. 334), publiée par A. Le Vavasseur [Chro^ 
nique d^ Arthur de Richemont.,,, par Guillaume Gruel, p. 260) 
et où Ton lit que Charles VII « se y est exposé en sa propre 
« personne, et vaillaument s'est mis ens les fossés en Teaue 



242 CHRONIQUES [1437 

benignement en sa grâce les abitans en ladite ville et 
les autres ses subgis retraiz en ladite placée 

Ladicte place de Montreau prinse, toute la com- 
paignie du roy fut moult esjouye ; si furent Paris et 
toutes les autres bonnes villes de Tobeissance du roy 
et tout son peuple. Apres icelle prinse, le chastel, qui 
est très fort, comme chacun peult sçavoir, lequel 
estoit très fort garni de vivres, de gens d'armes et 
de tous abillemens de defifence appartenans à telle 
place, se tindrent contre le roy. Si furent appliqués 
de nouvel les logis dedens ladite ville et les bombardes, 
engins, cagnons remuez et applicquez en autres places 
pour jetter ou chastel. 

Et, ce fait, chacun se efforça de faire jetter 
les bombardes et autres choses. Et tant en fut fait par 
les laps de temps que la place fut fort empirée. Et 
quant ceulx de dedens^ virent et apperceurent que 
le roy croissoit et enforçoit tousjours de gens et 
que le temps du secours qui leur avoit esté pro- 
mis estoit passé de plus de xv jours et n*y avoit 
nulle autre espérance, ilz firent parler de composicion 
de eulx en aler. Mais le roy n'y voult entendre et 
disoit que il n'en partiroit tant que il les eust prins par 
force ou que il fust combatu devant la place ^. 

c( jusques au dessus de la cînture, et passé oultre à pié de mur 
a et monté par une eschelle... Tespée au poing... » • 

1. Sur ce siège, voir Beaucourt, Histoire de Charles VII, 
t. m, p. 49-50. 

2. Ils étaient commandés par Thomas Guérard {Chronique 
de Charles F//..., par Jean Ghartier, éd. Vallet de Viriville, 
t. I, p. 237; et Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Riche- 
mont, éd. Le Vavasseur, p. 260). 

3. Il paraît que le dauphin, « pour ce que s'estoit la pre- 



4437] DE PERGEVAL DE GAGNY. $43 

Si lui fut dit et remonstré que les Englois tenoient le 
siège devant la place de Tancarville en Gaux, qui est 
moult belle place et notable, et que en prenant par 
composicion le dessusdit il pourroit envoyer ses gens 
et donner secours aux autres. Et, tout considéré, le roy 
les en lessa aler, leurs corps et leurs biens saufs ^, cui- 
dant secourir sa place ^. 

Le département de Montreau. 

Le jour dudit mois d'octobre MGGGGxxxvn^, la 

place rendue au roy, comme dit est, Dieu scet la joye 
qui fut démenée devers le roy et en son ost, et en 
especial la ville de Paris, pour plusieurs causes ceulx 
de Paris, lesquelx de tout leur povoir l'ont bien 
monstre, de eulx efforcier en toutes manières de faire 
que le roy veint à l'entente de son entreprinse. Et après 
ce ne desiroient riens tant fors de pourchasser que il 
lui pleust aler et entrer en sadite ville de Paris. 

Le roy conseillé sur ce, et avisé la charge de ses 

• 

«c miere armée dont il avoit esté, i> intercéda pour que le roi 
laissât aller les Anglais a atout leurs biens » (G. Gruel, op. 
cit,y p. 261). 

1. Tancarville ne put être secouru. Voir le récit du héraut 
Berry (éd. D. Godefroy, p. 396-397). 

2. Ils se rendirent quinze jours après la prise de la place, 
selon M. de Beaucourt [Histoire de Charles Vlly t. III, p. 11), mais 
plus exactement douze jours, puisqu'un texte contemporain 
donne la date du 22 octobre (G. Gruel, Chronique éP Arthur de 
Richemonty éd. Le Vavasseur, p. 261). La capitulation avait été 
signée le 19 octobre [Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tue- 
tey, p. 335). 

3. Lire 22 octobre. Cf. la note précédente. 

17 



244 CHRONIQUES [1437 

gens de guerre qui avoîent esté moult grevez et tra- 
vaillez audit siège, et veu l'entrée d'iver et que les 
vivres estoient tous retraiz es places fortes, par quoy 
son ost ne pourroit vivre sur les champs, et que pour 
les grans finances que il avoit despendues pour ledit 
siège il ne les pourroit soudoier en manière que ilz en 
peussent vivre; de quoi et pour ce il obtempéra à 
leur requeste et se disposa de y aler. Et, avant son 
partement de ladite place, ordonna comment il iroit 
audit lieu de Paris, et à chacun de ses capitaines bailla 
fourme et manière de vivre en atendant la seson. 

Le conte de Perdriac, qui avoit la plus grant com- 
paignie ou service du roy et la plus grant voix pour 
la guerre, pour ce que le conte d'Armignac, son père, 
qui avoit esté tué en ladite ville de Paris, comme 
devant dit est, retourna lui et ses gens en son pais, 
prometant retourner si tost comme le roy lui feroit 
sçavoir. 

Du tonnerre en novembre. 

En icelui an MGGGGXXXvn, le dimenche x jour de 
novembre, environ iiij heures après midi, auprès 
d'Angers, fist si merveilleux temps de gresles et ton- 
nerres et tant que tel de mémoire de homme ne fut 
veu en celle seson. 

Le tonnerre cheit ou clocher de Tabbaye de Saint 
Aubin d'Angiers par telle manière que le feu print 
oudit clocher : et tellement fut esprins en feu que à 
très grant peine de grant nombre de gens poeult estre 
destaint ; et dommagea moult le tonnerre les vaoutes 
de l'église, et d'illecques incontinent à la veue des 
gens, en ladite ville près les halles, loing à un traict 



1437J DE PERCEVAL DE CAGNY. 245 

d'arbaleste, en la viz de une meson belle et notable 
chaît et y fist merveilleux dommage. 

Ventrée du roy à Paris. 

En icelui an M GGGG xxxvii, le mardi xij jour dudit 
mois, le roy entra en sa ville de Paris, acompaignié 
de monseigneur le daulpbin, de messire Charles d'An- 
jou, le conte de Vendosme, le sire d'Allebret et plu- 
sieurs seigneurs, chevaliers et escuiers et moult 
d'autres. Et Dieu soit ne (sic) noble appareil qui y 
fut fait pour sa venue et la grant pitié que ce fut de 
veoir les gens de tous les estaz de ladite ville : les 
uns se efibrçoient de chanter et crier < Nouel > et les 
autres plouroient et crioient en suppliant le roy que il 
leur vousist pardonner les grans offences que par 
l'espace de près de xx ans ilz avoient commis envers 
lui. Ils donnèrent au roy de grans dons, et à d'autres, 
où ils veoient bon convenir ; et, tant en firent, que le 
roy fut très content de eulx et eulx de lui. 

En la fin dudit mois, le roy considérant la seson 
du fort de l'iver et les grans charges que la ville de 
Paris et de tout le pais à xx lieues près de Montreau 
avoient soustenues pour le fait dudit siège et de son 
entrée oudit lieu de Paris, et que par avant il avoit 
ordonné à touz ses capitaines leur fourme de vivre 
jusques au nouveau temps, par deffaulte d'argent, il 
se détermina de venir passer le sourplus de l'iver en 
la ville de Tours en Touraine et ou pais, pour illecques 
aviser comme il pourroit recouvrer finances, tant 
es pais de Languedoc comme ailleurs, pour soy 
remetre sus. 



246 CHRONIQUES [1437 

Le partement du roy de la ville de Paris. 

Avant le parlement du roy de sadite ville de Paris 
et qu'il n'estoit point sceu qu*il deust départir ses 
gens d'armes, fut assez communément dit que il iroit 
mètre le siège devant la ville et le chasteau de Mon- 
targis et tant, que François TÂragonnois^, quienestoit 
capitaine, en fut aucunement acointié par aucuns des 
capitaines de la compaignie du roy^, faignant à lui 
vouloir son bien, et que considéré le gast qui avoit 
esté fait des biens d'entour sa place et du pais avant 
Taoust, par quoy il ne povoit estre garni de vivres, ne 
sa place, lui conseillèrent qu'il preinst argent du roy et 
s'en alast sauvement. Il respondit moult de choses au 
contraire, et en la parfin se amolia et tant en dist que, 
se le roy se tiroit vers Orleens, il pourroit oflFrir tel 
chose à quoi il entendroit. 

Le jour de décembre ensuivant MGGGGXXXvn, 

le roy arriva en la ville d'Orleens^. Luy estant audit 
lieu, le bastard d'Orleens et Poton de Saintrailles 
envoierent à Montargis devers ledit François luy dire 
que il envoiast une seurté et saufconduit pour ledit 

1. François de Surrienne, dit TAragonais (Chronique de 
Charles VIL.. y par Jean Chartier, t. I, p. 235), neveu par 
alliance de Perrinet Grasset (S. Luce, Chronique du Mont-- 
Saint'Michel, t.-I, p. 39, note 1). Cf. Bibl. nat., franc. 26062, 
pièce 3186. 

2. Notamment par Thibaud de Charmes, capitaine de Chartres 
[Journal cTun bourgeois de Paris, éd. Tuetey, p. 342, note 1). 

3. Charles VU avait quitté Paris le 3 décembre 1437. Le 
Journal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 338) juge 
sévèrement le peu d'avantages que Paris retira de sa visite qui 
a cousta plus de Ix^ frans. » 



4437-1438] DE PERCEVAL DE CAGNY. 247 

Poton et viij ou x autres eu sa compaignie, telz 
connue bon lui sembleroit, affin que ilz peussent parler 
ensemble. Ainssi le fîst ledit l'Ârragonnois. Et, après 
plusieurs paroles entre ledit Poton et lui, furent 
d'acort que, après le jour de Nouel, il envoiroit son 
nepveu devers le roy pour parfaire et aoorder le 
traitié, ainssi que par eulx avoit esté pourparlé. 

Le xxij jour dudit mois, le roy arriva en sa ville de 
Tours et monseigneur le daulphin, où ilz furent très 
joyeusement receuz de la raigne et de madame la 
daulphine qui ne les avoient veuz depuis leur parte- 
ment à aler au siège de Montreau. Apres ce que il fut 
moult parlé entre les dames et autres des grans biens 
et vaillances du corps du roy et du beau commence- 
ment de monseigneur le daulphin, de la bonne fortune 
que Dieu leur envoya, de Tentreprinse et de leur 
entrée à Paris, la feste de Nouel et le jour de Tan 
passé, le roy désirant recouvrer sadite place de Mon- 
targis, dont il avoit très grant désir, fîst par ledit 
Poton envoier seurté et saufconduit au nepveu dudit 
François. 

Le recouvrement de Mont ar gis. 

Le jour de janvier MGGGGXXXVU , nepveu 

dudit François TArragonnois, bien acompaignié, vint 
devers le roy audit lieu de Tours pour entretenir et 
parfaire le traitié de remetre lesdiz chastel et ville de 
Montargis en la main et obéissance du roy, ainssi et 
par la manière que lesdiz bastard d'Orleens et Poton 
Tavoient traitié, qui fut tel : le roy donnoit audit 
François la somme de xij mille royaulx d'or et le 



248 CHRONIQUES [1438 

retenoit à son serviteur, en lui donnant l'office de 
baillif du bailliage de Saint Pierre les Moutiers ou 

pais S à estre poié de ladite somme de xij mille 

royaulx dessusdiz à la Pasque prochain venant. 

Et par ainssi ledit François bailla sondit nepveu et 
iiij autres en ostage devers le roy ; et lui et telz gens 
comme il lui pleut retenir demouroient oudit chastel 
jusques à l'acomplissement dudit paiement, et ladite 
ville estoit commune aux gens du roy quant il leur 
plaisoit passer par là, mais nul ne entroit oudit chas- 
tel ; et avoient ceulx de ladite place des vivres d'Or- 
leens et autres lieux de Tobeissance du roy et se 
tenoient en abstinence de faire guerre : par quoy de 
ce et des places que le roy avoit conquises, vivres, 
marchandises et toutes manières de gens alerent et 
furent menées à Paris plus seurement que par avant. 

Le jour de frevier ensuivant, le roy et mon- 
seigneur le daulphin prindrent leur chemin à aler à 
la Rochelle^ pour illecques et ou pais recouvrer 
finances pour eulx remetre sus à la seson nouvelle, 
dont le roy faisoit grant semblant ; et si y avoit tout 
son peuple grant espérance, veue sa doulce fortune de 
Testé précèdent. 

Il se demeura de son voyage de la Rochelle et 
arresta à Saint Jehan d'Angelli et tint illecques ses 
estaz de tout le pais, et assembla des finances^, non 

1. Nièvre, arr. de Nevers, chef-lieu de canton. 

2. Us étaient sans doute au commencement de février 1438 
à Poitiers (E. Pilot de Thorey, Catalogue des actes du dauphin 
Louis II, devenu le roi de France Louis XI, t. II, p. 449). 

3. Sur la réorganisation des finances en 1438, voir Beau- 
court, Histoire de Charles VII , t. III, p. 466 et suiv. 



1438] DE PERGEVAL DE CAGNY. 249 

pas tant comme il cuidoit. Et environ la mi karesme 
se partit d'illecques et s'en vint en sa ville de Poitiers, 
auquel lieu il fist sa Pasque^ 

Les sollemnitez de la feste de Pasques passées, les 
embassadeurs du Pape et du concilie estans à Balle, 
pour le descord d'entreulx de la venue des Greux, 
vindrent devers le roy*; auxquelz le roy apointa 
retourner devers lui à Bourges la première sepmaine 
de may. 

En icelui an MGGGGXXXvn^, trespassa monseigneur 
Jacques de France en la ville de Tours et fut enterré 
en Teglise de monseigneur Saint Gacien. Tous les 
nobles et le peuple de France en furent moult marriz 
pour ce que il ne demouroit que ung seul filz. 

Uiilée du roy à Bourges. 

. En Tan m gggg xxxvm, le x jour du mois de may, 
le roy arriva en sa ville de Bourges, auquel lieu il 
avoit fait assembler touz les plus notables clercs de 
toutes les Universitez de son royaume et d'autres, et 
avecques ce le mieulx des conseillers de son Parle- 
ment, tant pour ouyr les requestes desdiz embassa- 
deurs et du concilie, que pour soi conseiller que il avoit 
à faire pour les guerres de son royaume^. 

1. En 1438, Pâques tomba le 13 avril. 

2. Beaucourt, Histoire de Charles F//, t. III, p. 352. 

3. Le 2 mars 1438 (n. st.). 

4. D'après M. de Beaucourt [Histoire de Charles Vlly t. III, 
p. 352], « la réunion ne s'ouvrit officiellement que le 5 juin 
« 1438. » Mais « ledit conseil » avait bien été mandé au 
1^' mai (Martène et Durand, Veterum scriptorum,,, amplissima 
collectio, t. VIII, col. 945). 



250 CHRONIQUES [1438 

Pour le Pape ilz vindrent embassadeurs, Tarche- 
vesque de Crète*, l'evesque de Dine en Prouvence*, 
UDg evesque cordelier Espaignol et autres clercs ; pour 
le coDcille, l'evesque de Saint Pons^, Tabbé de Veren- 
celles^, deux grans clers en theaulogie et en décret^. 

Avant le département des clers de TUniversité de 
Paris et de ceulx de Parlement, fut en plusieurs 
manières remonstré au roy la grant grâce que 
Dieu lui avoit faite et Thonneur qu'il avoit acquis de 
prendre et recouvrer sa ville et chasteau de Montereau 
et les places d'environ, et que par les resons et les 
voyes avisées par entreulx, remonstroient au roy et à 
son conseil que il devoit entreprendre et soy exposer 
de faire guerre et soy mètre sus à puissance pour 
débouter les Englois de son royaume. 

Et, combien que le roy leur fist donner responce 
assez agréable à leur donnera entendre, eulx départis, 
il s'emploia à mètre au délivre la ville et chasteau de 
Montargis^ que il avoit lessié à délivrer par deffault 
de paier x mille escus à ceulx de la place. Et, avecques 
ce, fist traitier par son chancelier et le bastard d'Or- 

1. Fantino Valaresso. 

2. Pierre de Versailles. 

3. Gérard de la Briçonnie. 

4. C'est probablement Alexandre, abbé de Vézelay. 

5. Sans doute Hugues, archidiacre de Metz, et Jean de 
Manze, chanoine de Lyon (Beaucourt, Histoire de Charles F//, 
t. III, p. 353). De cette assemblée sortit, le 7 juillet 1438, la 
Pragmatique Sanction [Ibid,, p. 355). 

6. Cf. la simple mention qu'en fait la Chronique d'Enguerran 
de Monstrelet (éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 342). Le bourgeois de 
Paris, dans son Journal (p. 342), raconte que le porteur des 
fonds avait joué la somme et l'avait perdue. 



1438] DE PERGEVAL DE GAGNY. 253 

La nativité de deux de noz dames de France. 

En icelui an MGGGGXXxyin, le dimenche vij jour de 
septembre et veille de Nostre Dame, furent nées envi- 
ron iiij heures après midi madame Jehenne de France^ 
et madame Marie, sa seur^, toutes deulx en celui 
jour. 

Tout le temps de Testé présent, le roy ne s'est 
entremis de faire guerre ; et aussi n*ont fait nos sei- 
gneurs les ducs d*Âlençon ne de Bourbon, monsei- 
gneur Charles d'Anjou ne le conte de Richemont, 
conestable de France, et n'y eut fait guerre que des 
frontières les uns aux autres, en pillant tousjours le 
povre peuple. 

Geulx du costé du roy entendoient plus à ater 
prendre les laboureurs qui pensoient qu'ils peussent 
paier aucune finance, ou pais de Normendie et ail- 
leurs, que ilz ne faisoient à trouver les Englois. Et 
ledit messire Charles d'Anjou seul, sans nos autres 
seigneurs de France, combien qu'il fust moult jeune, 
et bien est apparu, gouvernoit le roy et son hostel : 
de quoy le duc de Bourbon n'estoit pas bien contens, 
et le duc d'Alençon ne desiroit point fort s'en apro- 
cher et y aimoit mieulx à passer temps en querant ses 
plaisances. 

Le conestable se tenoit à Paris et en Champaigne, 
qui metoit paine d'assembler argent et vivre à son 
aise, de quoy les nobles de France de bon vouloir, les 

1. Jeanne de France mourut le 26 décembre 1446. 

2. Marie de France^ sœur jumelle de la précédente, mourut 
le 14 février 1439. 



252 CHRONIQUES [1438 

tous les marchans qui menoient vivres et autres denr- 
rées par le chemin d'Orleeus à Paris. Et souvent fai- 
soient leurs courses jusques aux portes de ladite ville. 

Le temps de la famine. 

En icelui an MGGGGXXXvni, par les mois de mars, 
apvril, may, juing et jullet fut moult grant pitié des 
vivres du povre peuple parce que en Taoust précèdent 
avoit esté cueilli très pou de touz blez^ ; et fut presque 
tout le temps des mois dessusdiz plus en pluie que 
autrement. Et par ce la charge d'un cheval de froument 
estoit bien vendue le prix de viij livres, qui valloient 
près d'un marc d'argent ; et la charge à ung cheval de 
seigle se vendoit de vj à vij livres. Et, si ce n'eust esté 
ce que par deux ou trois des ennées précédentes icelle 
ennée, il avoit esté moult de blés, Dieu mercy! par 
quoy plusieurs bons marchans et autres, chevaliers, 
escuiers et gens d'estat avoient moult de blé en gre- 
niers, tout le peuple de France eust esté presque à 
mourir de faim. 

Et ceulx qui avoient achaté et fait les garnisons 
d'iceulx en icelui temps ne pai[er]ent de la charge de 
cheval que xvij sols vj deniers, xx sols et xxij sols 
vj deniers. Et, avecques la grant famine qui couroit, 
tout le peuple estoit tant tourmenté de paier, à patir 
et soustenir pilleries, que nul de bon entendement ne 
pourroit croire que sans especiale grâce de Dieu ilz 
peussent vivre et soustenir icelles charges. 

1. Outre la famine qui était excessive, il y eut une violente 
épidémie, de petite vérole sans doute [Journal cTun bourgeois 
de Paris, éd. Tuetey, p. 338, 340 et 342, note 3). 



1438] DE PERGEVAL DE GAGNY. 253 

La nativité de deux de noz dames de France. 

En icetui an MGGGGXxxyin, te dimenche vij jour de 
septembre et veille de Nostre Dame, fiirent nées envi- 
ron iiij heures après midi madame Jehenne de France^ 
et madame Marie, sa seur^, toutes deulx en celui 
jour. 

Tout le temps de l'esté présent, le roy ne s'est 
entremis de faire guerre ; et aussi n'ont fait nos sei- 
gneurs les ducs d'Âlençon ne de Bourbon, monsei- 
gneur Charles d'Anjou ne le conte de Richemont, 
conestable de France, et n'y eut fait guerre que des 
frontières les uns aux autres, en pillant tousjours le 
povre peuple. 

Geulx du costé du roy entendoient plus à ater 
prendre les laboureurs qui pensoient qu'ils peussent 
paier aucune finance, ou pais de Normendie et ail- 
leurs, que ilz ne faisoient à trouver les Englois. Et 
ledit messire Charles d'Anjou seul, sans nos autres 
seigneurs de France, combien qu'il fust moult jeune, 
et bien est apparu, gouvernoit le roy et son hostel : 
de quoy le duc de Bourbon n'estoit pas bien contens, 
et le duc d'Alençon ne desiroit point fort s'en apro- 
cher et y aimoit mieulx à passer temps en querant ses 
plaisances. 

Le conestable se tenoit à Paris et en Champaigne, 
qui metoit paine d'assembler argent et vivre à son 
aise, de quoy les nobles de France de bon vouloir, les 

1. Jeanne de France mourut le 26 décembre 1446. 

2. Marie de France^ sœur jumelle de la précédente, mourut 
le 14 février 1439. 



254 CHRONIQUES [1438 

prelaz, les clers, les bonnes villes, ne le peuple qui 
vivoit tant piteusement que plus ne povoit n'en estoîent 
point contens. 

La prinse du sire de Camus. 

En icelui an, le samedi xj jour du mois d'octobre, 
fut prins auprès du Mans ung chevalier Englois nommé 
le sire de Camus ^ . 

Le mariage de madaine Katherine de France. 

En icelui an, le xij jour d'icelui mois d'octobre, en la 
ville de Tours, fut fiancée madame Katherine de France 
pour monsieur Charles, filz du duc de Bourgoigne ; et 

la fiança le seigneur de Crevecueur^ ^, le 

président *de Bourgoigne^ et plusieurs autres en leur 
compaignie^. 

La prinse de Gerberay. 

En celui an, le x jour du mois de novembre, Ait 
prinse par les Englois d'eschielle la ville et le chasteau 
de Gerberoy en Beauvoisis, par le moyen d'un traitre 

1. Lire Gamoys. 

2. Jacques de Grèvecœur. 

3. Probablement Philippe de Nanterre. 

4. Etienne Armenier. 

5. Gatherine de France quitta Paris au mois de juin 1439 
pour joindre son époux le comte de Gharolais. Le contrat avait 
été signé à Blois le 30 septembre 1438; il fut ratifié par la reine 
le 13 octobre à Tours (D. Plancher^ Histoire générale et partie' 
culière de Bourgogne, t. IV, p. 233). 



1438] DE PERCEVAL DE GAGNY. 255 

d'Ëscoce : qui fut moult grant dommage au pays et à 
touz les voisins d'entour ^ • 

Comme Montargis fut réduit en la mmn du roy 

et Dreux pareillemsnt. 

En icelui au m gggg xxxym, le xviij jour dudit mois 
de novembre, le roy fist payer au dessusdit François 
rArragonnois, capitaine pour les Englois du chastel de 
Montargis, par le chancelier de France et le bastart 
d'Orleens qui presta ladite somme de x mille escuz et 
en soy poyant audit François il demouroit capitaine 
desdiz chastel et ville de Montargis ; et combien que 
ledit François eust longtemps fait semblant de soy 
vouUoir rendre du party du roy, si tost comme il fut 
poié de ladite somme, en prenant sauf conduit pour 
lui et pour ses gens et compaignie des gens du roy 
pour le conduire comme promis lui avoit esté, il s'en 
alla ou chastel de Loingni ou Perche^, duquel il estoit 
capitaine par avant, et lui venu audit chastel recom- 
mença à faire guerre au roy comme.il avoit acous- 
tumé. 

En icelle sepmaine ledit missire Guillaume du Brulat, 
traitre et capitaine de Dreux pour les Englois, vint 
audit lieu de Montargis par bonnes seurtez et sauf 
conduit devers lesdiz chancelier et bastart d'Orleens ; 
auquel lieu il repceut la somme à luy promise^ et 

1. Monstrelet (éd. Douôt d'Arcq, t. V, p. 351) ne fait qu'une 
simple mention de T événement. 

2. Longny, Ome^ arr. de Mortagne, chef-lieu de canton. 

3. Estimée par Jean Chartier de 60 à 80,000 écus (Chronique 
de Charles VII, éd. Vallet de Viriville, t. I, p. 236). 



256 CHRONIQUES [1438 

les obligacions et les sermens d*iceulx qui promis luy 
avoient faire et parfaire le mariage de sa fille et du 
seigneur dudit lieu de Ghevreuse eu rendant au roy 
lesdites places : et ainsi en fîit fait^. 

De quoy la ville de Paris et tous les pais entre les 
duchié de Normendie, conté du Maine et jusques à 
Tours et toute la riviere.de Laire jusques en Bourgoigne 
avecques la conqueste que le roy avoit faite en l'ennée 
précédente des chastel et ville de Hontereau et des 
autres places d'entour furent très rejouis et à bonne 
cause : car toutes les marchandises depuis Languedoc 
jusques en Savoye povoient seurement venir jusques 
audit lieu de Paris ; et n'avoient doubte sinon des pil- 
lars du parti du roy dont il y en avoit tant que c'estoit 
pitié ; et, pour rompre sauf conduiz et seurtez et aucunes 
foiz tuer bons marchans et autres, le roy ne nosdiz sei- 
gneurs ne s'employ oient point à en faire justice. 

La prinse de Saint Germain en Laye^. 

En icelui an M CGGG xxxvni, le xviij jour du mois de 
décembre, fut le chasteau de Saint Germain en Laye^, 
à V lieues de Paris, prins par la porte, de viij ou x 
Ënglois par deffault de garde de x ou xij meschans 

1. Cf. plus haut^ page 251 et note 1. 

2. Saint-Germain-en-Laye avait été repris par les Français 
en 1436 (Journal cTun bourgeois de Paris y éd. Tuetey, p. 311, 
note 3). 

3. Le Journal éCun bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 343) 
dit avec moins de précision a ou moys de janvier. » Mais les 
détails qu'il donne sur la trahison qui livra les clefs aux 
Anglais par Tintermédiaire d'un certain Garbonnet, religieux 
de Sainte-Geneviève et prieur de Nanterre, sont bien curieux. 



1438] DB PERCEVAL DE CAGNY. 257 

Bretons que le conestable y tenoît, qui ne povoit avoir 
assez place pour bailler à ses gens ; et ne lui chaloit 
quel tort il feist aux chevaliers et escuiers d'autre 
pais, mais qu'il peust avoir places pour eslever ses 
gens en nom et en estât ^ : et moult de maux en sont 
venuz durant ces présentes guerres. Et de la perte 
d'icelle place et du gouvernement dudit conestable en 
ladite ville de Paris et ailleurs estoient très mal con- 
tens de luy ceulx de Paris. 

1. On ne sera pas surpris que Guillaume Gruel ne rende pas 
son héros, le connétable, responsable de la perte du château 
de Saint-Germain-en-Laye ; du moins, il raconte, à Tannée 
1441, qu'il le reprit. (Chronique cP Arthur de Richemont, éd. 
Lé Vavasseur, p. 161). Mais il est curieux de voir que le Jour- 
nal d'un bourgeois de Paris (éd. Tuetey, p. 340 et 341) n'est 
pas moins sévère pour le connétable que Perceval de Cagny. 
Après s'être fait l'écho d'un bruit qui le donnait comme vendu 
aux Anglais, il ajoute : « Et, pour vray, il se monstroit très 
« mauvais ou très couart en toutes ses besongnes » (cf. Ibid,, 
p. 345, 346, 347). M. A. Le Vavasseur n'a pas déguisé que 
Richemont « n'était pas insensible aux promesses d'argent » 
[Valeur historique de la Chronique d^ Arthur de Richemont^ 
Bibliothèque de f École des chartes, t. XL VIII, année 1887, 
p. 250), et il avoue qu'il le croit capable de « bretonner, » 
suivant la « pittoresque expression des Cronicques de Nor^ 
mendie. » 



.^ 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Abbeville, p. 17 et note 2, p. 97. 

Abzac (Archambaud d'), p. 39 
note. 

Aché (Le Galois d'), p. 111, 112 
note 1. 

Agnès de France. Voy. Bour- 
gogne (Agnès, duchesse de). 

Aigrement (sire d'), p. 203 
note 9. 

Ailljr (Raoul d'), baron de Pic- 
quigny, vidame d'Amiens, 
p. 202 et note 6. 

Aisne (f), p. 62. 

Albenga (Mathieu de Garretto, 



évoque d'), p. 196 et note 6, 

Ê. 197 note 3. 
er^ati (Nicolas). Voy. Sainte- 
Croix (Nicolas Albergati, car- 
dinal de). 

Aibi (évoque d'), p. 197 note 10. 

Albic (évéque d*). p. 197. 

Albret (Bernard d^), p. 61 note 2. 

Albret (Guillaume a'), seigneur 
d'Orval, p. 138 et note 3, 
p. 139. 

Albret (sires d'). Charles W, 
comte de Dreux, connétable 
de France y p. 37, 39 note, 
p. 49, 55 note 2, p. 70, 74, 
91, 95 note 4, p. 98, 99 et 
note 8, p. 138 note 3. 

— Charles H, p. 236, 238, 240, 
245. 

Alençon, p. 111 et note 1, p* 112, 
210. 

— (aides à), p. 43 note 1. 



Alençon (capitaine dM. Voy. 
Aché (Le Galois d'). 

— (château d'), p. 12, 14, 16, 
77, 111 et note 1. 

— (donjon d'), p. 11. 
Alençon (ambassadeurs du duc 

d') Jean V, p. 199. 

Alençon (bâtard d'), p. 119, 
130. 

Alençon (Catherine d*), comtesse 
de Mortain, duchesse en Ba- 
vière, p. 10 et note 3, p. 19. 

Alençon (Charles d'), archevêque 
de Lyon, p. 5, 6, 7 et note 1. 

Alençon (Charles d'), p. 13. 

Alençon (Charlotte d'), p. 20, 
21, 29, 30. 

Alençon (comtes, puis ducs d'), 
p. II, m, VIII, IX, xin. 

— Charles !•'. Voy. Valois 
(Charles I»', comte de). 

— Charles II, p. 5, 6, 13, 24. 

— Jean IV, comte, puis duc 
d' Alençon, p. m, xv, xviii, 10, 
15 et note 1, p. 16, 17 et 
note 2, p. 18 et notes 1 et 3, 
p. 20 et note 3, p. 21, 24, 31, 
38» 42 et note 1, p. 44, 46 et 
note 4, p. 47 note 4, p. 49, 
50 note 2, p. 55 note 2, 
p. 57 note 3, p. 58, 59 et 
note 2, p. 61, 63, 71, 76 
notes 1 et 2, p. 77 et note 4, 
p. 78 à 80, 81 etnotel, p. 84 
note 3, p. 85 note 2, p. 86 
note 2, p. 87 note 3, p. ^0 et 
note 2, p. 91, 92 note 1, p. 93 

18 



260 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



et notes 2 et 3, p. 97 et note 3, 
p. 98, 99 et note 3. 
Alençon(Jean Y, dnc d'), p. ii, m, 
IV et note, p. v, vu, ix a xi, 20 
et note 5, p. 21, 22 et notes 1 
et 5, p. 23, 24 et note 2, p. 25 
et note 1, p. 26 à 29, 31, 107, 
108 note 6, p. 112, 115 et 
notes 1 et 2, p. 116 note 2, 
p. 118 note 4, p. 121 et note 4, 
p. 129, 132, 133, 135 note 2, 
p. 136, 137 et notes 1 et 2, 
p. 148, 149 et note 2, p. 150, 
151 et note 1, p. 152 à 156, 
159, 161 à 163, 165, 166, 168 
à 171, 180 et note 2, p. 181 
et notes 1 et 5, p. 182, 183, 
184 et note 4, p. 185 et note 4, 
p. 186, 190, 191 et note 2, 
p. 192, 209, 210 note 1, p. 228, 
233, 253. 

— Pierre I»*, p. 1. 

— Pierre II, p. m, 5, 9, 10 et 
notes 1 et 3, p. 11 à 14, 15 et 
note 1, p. 18 à 20, 31, 37 et 
note 3, p. 38, 43. 

Alençon (comtesses, puis du- 
chesses d'). 

— Jeanne, comtesse de Joigny, 
p. 5 note 1. 

— Jeanne d'Orléans, et non 
Marie, p. ix, 22, 28 et note 1, 
p. 129, 148, 170, 184 et note 1, 
p. 185. 

— Marie Ghamaillart, p. 10 et 
note 1, p. 12, 15, 19, m 

— Marie de Bretagne, p. ix, 20 
à 22, 23 note 1, p. 27 à 29, 
38, 148, 181, 184, 185. 

— Marie de la Gerda, p. 5 et 
note, p. 6, 9, 10. 

Alençon (comté d'), p. 4 et 

note 1, p. 9. 
Alençon (conseil de Jean Y, 

ducd'),p. 183. 
Alençon (duché d'), p. xni, 21, 

21(1. 
Alençon (héraut), p. vi, 131 

note 1. 
Alençon (hôtel du duc d'), p. rv 

note, p. 31. 

— Personnel de l'hôtel, p. 184. 



Alençon (Isabelle d'), p. 13 

note 4. 
Alençon (Jean d'), p. 15 note 1. 
Alençon (Jean d'), p. 20, 21, 28, 

29 et note 2. 
Alençon (Jeanne d% p. 10 et 

note 3, p. 18. 
Alençon (maison d'), p. m, y, 

VI, IX, 1 et note 1, p. 23, 24, 

111. 
Alençon (maréchal du duc d'|. 

Yoy. Loré (Ambroise de), 

Montenay (Jacques de). 
Alençon (Marguerite d'), p. 10 

et note 3, p. 19. 
Alençon (Marie d'), comtesse 

d'Harcourt, p. 10 et note 3, 

p. 19 et note 1. 
Alençon (Marie d*), p. 20, 29. 



Alençon (Marie d'], p. 10 note 3. 
note 2, p^ 106, 112. 



59 



Alençon ( pays 
note 2, p. lOC, 

Alençon (Philippe d'), arche- 
vêque ae Rouen, p. 5, 7 et 
notes 2 et 3, p. 8, 9. 

Alençon (Pierre d'), p. 10. 

Alençon (Pierre d'J, p. 20. 

Alençon (Robert d'). comte du 
Perche, p. 5, 13, l4 et note 2. 

Alençon [seigneurie d*), p. 12. 

Alençon (trésorier du comte de), 

S. 43 note 1. 
emagne (empereur d'). Yoy. 

Sigismond. 
Allemand (seigneur). Yoy. 

Blait(?) (comte de), Nam- 

bout (?). 
Alnewick (Guillaume). Yoy. 

Norwich (Guillaume Alne- 
wick, évoque de). 
Amboise, p. 221, 228. 
Amboise (Louis, sire d'), vicomte 

de Thouars, p. 138 et note 5. 
Amiens, p. 33. 98, 102, 210. 
Amiens (bailli d'), p. 86 note 1. 

Yoy. Le Jeune (Robert), Lon- 

gueval (Arthur de). 
Amiens (bailliage d'), p. 203 

note 10. 
Amiens (vidame d'). Yoy. Ailly 

(Raoul d'). 
Ancolit(?)(sired'), p. 204. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



261 



Angennes (Jean d'), p. 109 
note 3. 

Angers, p. iv, 188, 233, 244. 

Angers (abbaye de Saint-Aubin 
d^), p. 28, 244. 

Angers (archidiacre d'). Voy. 
Le Queu (Alain). 

Angers (chanoine d'). Voy. Le 
Bouvier (Raoul). 

Angers (traité d'), p. 81 note 1. 

Angerville (Robert d'), p. 184 
note 3. 

Angerville (sire d'), p. 184. 

Angoulôme (comte d'). Voy. 
Orléans (Jean d*). 

Anguien (sire d'). Voy. Luxem- 
bourg (Thibaud de). 

Anseau (Guillaume), bailli de 
Rouen, p. 8 note. 

Ànthon, p. 201 note 14. 

Anthon (bataille d'), p. 177 
note 7. 

Antoing (sire d'). Voy. Melun 
(Jean de). 

Anglais (capitaines), p. 162. 
Voy. Branch (Philippe). 

Anglais (chevalier). Voy. Ga- 
moys (sire de). 

Anglais (gens d'armes), p. 58 
note 1, p. 65 et note 2, p. 67 
note 6, p. 72 note 1, p. 76 et 
note 1, p. 77 notes 2 et 3, 
p. 78 notes 2 et 4, p. 94 
note 3, p. 95 et note 4, p. 98, 
102 à 104, 109, 110 notes 1 
et 8, p. 112 note 2, p. 119, 
120, 123 note 3, p. 125 et 
note 2, p. 129 et note 3, 
p. 130, 131 et notes 1 et 2. 

S. 134, 135 et note 4, p. 136 
140, 142 et note 1, p. 143 à 
145, 149, 151, 153, 154 et 
notes 3 et 5, p. 155 et note 2, 
. 156 et note 1, p. 157, 159, 
61 à 165, 173 à 175, 177 et 
note 1, p. 178, 183 et note 3, 
p. 184 i 186, 187 et note 1, 
p. 191, 192 et note 1, p. 193 
et note 1, p. 194 et note 8, 
p. 212 à 216, 217 note 1. 
p. 218, 223 et note 2, p. 226 
et note 3. 



l 



Anglais (les), p. vi, 13, 21, 22, 
24. 26, 35, 39 note, p. 181, 
190 note 1, p. 205 à 208, 
p. 211, 218 et note 2, p. 212, 
216, 217, 224. 227 note 1, 
p. 228, 230, 236 et notes 1 
et 2, p. 238, 242 note 3, 

S. 243, 250, 251, 253 à 255, 
36 et note 3, p. 257 note 3. 
Anglais (parti), p. 224, 225, 

231. 
Anfflais (un), p. 200 note 5. 

voy. Sterquin. 
Angleterre ( ambassadeurs 

d^Henri VI, roi d'), p. 195, 

199, 200, 204 et note 5, p. 207 

et note 1. 
Angleterre (conseil du roi d'), 

p. 179. 
Angleterre (garde du sceau privé 

d ). Voy. Lindewood (Guil- 
laume). 
Angleterre (gens de justice du 

roi d'), p. 180. 
Angleterre (gentilshommes d'), 

p. 132. 
Angleterre (héraut d'). Voy. 

Derby (Jean). 
Angleterre (P), p. 33, 35, 50 

note 1, p. 71 note 5, p. 72 

note 1, p. 78 note 4. 
Angleterre (maréchal d'). Voy. 

Rooss (lord). 
Angleterre (reines d'). 

— Isabelle, p. 3. 

— Marguerite, p. 2 et note 8. 
Angleterre (rois d'). 

— Edouard I«', p. 2 note 8. 

— Edouard II, p. 3 et note 6. 

— Edouard lU, p. 5, 33, 35. 

— Henri IV, p. 72 note 1. 

— Henri V, p. 17 et note 1, 
p. 18 et notes 1 et 3, p. 94, 
95, 97 et note 1, p. 98 a 101, 
102 note 3, p. 105, 109, 110, 
111 et note 1, p. 114 et note 3, 
p. 119 note 4, p. 126 et note 1, 
p. 208, 210, 211. 

— Henri VI, p. 129 note 3, 
p. 137 note 2, p. 162 note 3, 

). 176, 200 note 5, p. 206, 
J07, 217, 222 note 4, p. 231, 



i( 



262 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Angleterre (royaume d'), p. 89 

note 3, p. 102 note 3, p. 126, 

148. 
Anjou (V)y p. 28, 59 note 2, 

p. 83 note 1, p. 111, 229. 
Anjou (Charles d'), p. 188, 209, 

222, 228, 233, 245, 253. 
Anjou (ducs d'). Voy. Sicile 

(Xiouis U, roi de), Sicile 

(Louis III, roi de). 
Anjou (duché d'), p. 119. 
Anjou (hôtel d'j, p. 47. 
Anjou (Jean d ), duc de Gala- 

bre, p. 233. 
Anjou ( Marie d' ) , reine de 

France. Voy. France (Marie 

d'Anjou, reine de). 
Anjou (trésorier d'). Voy. Ber- 
nard (Etienne). 
Aquila(Minicuccio dell*), p. 194. 
Aquilée (patriarche d'). Voy. 

Alençon (Philippe d'j. 
Aquitaine (grand maître d'). 

Voy. Naillac (Philibert de). 
Aragon (D. Henri, infant d'), 

p. 193. 
Aragon (Isabelle d'). Voy. Isa- 
belle d'Aragon. 
Aragon (Jean d'), époux de la 

reme de Navarre, p. 193 et 

note 6. 
Aragon (rois d'). 

— Alphonse V, p. 193. 

— Jacques I«', p. 2 et note 4, 
p. 4. 

Arc (Jeanne d'), p. i, vi, iz, x, 
XI et note, p. xii et note, p. xiu, 
25, 139 et note 2, p. 140, 141 
et notes 1, 2 et 3, p. 142 et 
notes 1 et 4, p. 143 et note, 
p. 144, 146 à 148, 149 et 
note 2, p. 150 et note 3, 
p. 151 et note 1, p. 152 à 156, 
157 et note 3, p. 158 à 163, 
165 à 172, 173 et notes 1 
et 2, p. 174 et note 1, p. 175 
et note 1, p. 176 et note 2, 
p. 177 et notes 1 et 2, p. 178 
a 180, 205. 

Arc (étendart de Jeanne d'j, 
p. 144, 146, 150 et note 3, 
p. 158, 167. 



Arc (maître d'hôtel de Jeanne 
d'). Voir Aulon (Jean d'). 

Arc (pennon de Jeanne d'), 
p. 141 et note 2. 

Ardevon (bastille d'), p. 192 
note 1. 

Argentan, p. iv, 11, 20, 37 et 
note 3, p. 57 note 3, p. 79, 
107, 109, 110 et notes 4 et 8, 
p. 111 note 1, p. 210. 

— (bourgeois d'), p. 110, 111. 

— (château d'), p. 12, 13, 18 à 
20 29. 

— (Hôtei-Dieu d'), n. 19, 20. 

Armasnac (Bernara VII, con- 
nétable de France, comte d'), 
p. 49, 50, 51, 53, 54 note 1, 
p. 55 note 2, p. 62, 74, 81 
note 3, p. 91, 102 et note 2, 
p. 103, 104 et note 7, p. 106, 
112 et note 3, p. 115, 162 
note 3, p. 244. 

Armagnac (Bernard d'), comte 
de Pardiac, p. 25 note 1, 
p. 233, 236, 238, 240, 244. 

Armagnac (parti d'), p. 56 
note 2. 

Armenier (Etienne), président 
de Bourgogne, p. 254. 

Arras, p. 44 note 1, p. 60, 61 
et note 4, p. 63 et note 1, 
p. 85, 90 et note 4, p. 194 
note 8, p. 195 et note 5, p. 204 
note 5, p. 207 et note 1, p. 209 
note 1. 

— (congrès d'), p. 42 note 1, 
p. 198 notes 8 et 10, p. 199 
note 5, p. 200 note 5, p. 204 
note 5, p. 205, 206, 207 et 
note 1, p. 209 note 1. 

•— (le Temple à), p. 90 note 4. 

— (traité d'), p. 92, 93 note 1, 
p. 195 et note 4. 

Arras (abbaye de Saint- Vaast 

d^), p. 42 note 1. 
Arsse (ambassadeurs du roi d'), 

p. 197. 
Artois (r), p. 84 note 5. 
Artois (Charles d'), comte d'Eu, 

p. 100 et note 2. 
Arundel (comte d'). Voy. Fitz- 

alan Maltravers (Jean), 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



263 



Arundel (Thomas, comte d'), 

p. 65 note 2, p. 67 note 6, p. 72 

note 1. 
Ârundel (collégiale d*), p. 192 

note 7. 
Assainviller, p. xv. 
Attichyj p. 62. 
Aubervilliers, p. 62. 
Aubriot ( Hugues ) , prévôt de 

Paris, ç. 37 et note 2. 
Auch (Philippe de Lévis, évéque 

d'), p. 196 et note 3. 
Auge (pays d*J, p. 189. 
Augustin ( Moine ). Voy. Le 

Grand (Jacaues). 
Au Ion (Jean a'), maître d'hôtel 

de Jeanne d'Arc, p. 177 et 

note 3. 
Aumale (Jean d'Harcourt, comte 

d'), p. 121, 124 et note 4, 

p. 125, 129, 130 et note 1, 

p. 131, 132 et note 1, p. 135. 
AunoU'le-Faucon, p. 11. 
Auray (bataille a), p. 35 et 

note 3. 
Aurichier (Nicolas), p. 8 note. 
Austrefort (sire d'), p. 204. 
Autriche (Rodolphe, duc d'), 

p. 2. 
Autriche (Blanche, duchesse 

d'), p. 2 et note 9. 
Auvergne (marchands d'), p. 55 

note 2. 
Auviliars (sire dM. Voy. Tour- 

nebu (Richard de). 
Auxerre, p. 70 note 2, p. 71 et 

notes 1 et 4, p. 74 et notes 3 

et 4, p. 75 note 1, p. 76 

note 1, p. 157 note 2. 
Auxerre (comte d'|, Philippe !•' 

des Essarts, p. 90 note 2. 
Auxerre (Laurent Pinon, évéque 

d'), p. 196 et note 4, p. 209. 
Avranches, p. 131, 191, 192. 
Avrech (seigneur d'). Voy. Har- 

court (Christophe d'). 
Avrilly-aU' Perche y p. 81 note 3. 
Ayencourt, p. xv. 
Ayneval (Guillaume d'), sei- 
gneur de Saint- Pierre, p. 199 

et note 5. 
Azincourt, p. 18, 20 note 5, 



l 



. 21, 24, 69 note 8, p. 97, 
9 et note 2, p. 138 note 3. 



B 



Bâle (concile de), p. 195 note 6, 
p. 197 note 4. 

— (ambassadeurs du concile de) , 
p. 195 à 197, 249, 250. 

Baltique (mer), p. 197 note 5. 
Bapaume, p. 61 note 4, p. 84 

note 5, p. 86 note 1, p. 90 et 

note 1. 
Bar (ducs de). 

— Edouard III, p. 70 note 3, 
p. 74 et note 2, p. 91, 98, 99 
et note 5. 

— René d'Anjou, p. 163, 168. 
Bar (Jean de), p. 99 et note 12. 
Bar (Louis de), dit le cardinal 

de Bar, p. 56 et note 2. 
Bar (Robert de), comte de Marie, 

p. 99 et note 7. 
Barbazan (Arnauld Guilhem, 

seigneur de), p. 69 et note 5, 

p. 72 note 1. 
Barrault ( Guillaume ) , p. 89 

note 2. 
Barrois (marches de), p. 139. 
Baugé, p. 118, 119. 
Baugé-le- Vieil, p. 120. 
Baugé (bataille de), p. 118, 120 

et note 2, p. 121 et note 2, 

p. 132 note 3. 
Bavière (duchesse en]. Voy. 

Alençon (Catherine d^). 
Bavière ( Isabeau de ). Voy. 

France (Isabeau de Bavière, 

reine de). 
Bavière (Louis, duc en), p. 10 

note 3, p. 19, 52 note 2. 
Bayeux, p. 189. 
Beaufort (comte de). Voy. Bou- 

cicaut (Jean le Meingre II, 

dit). 
Beaujfort'en^Vallée, p. 119. 

— (château de), p. 119. 
Beaufremont (Pierre de), sire de 

Gharny, p. 204 et note 2. 
Beaugency, p. 26 et note 4, 
p. 141, 147, 152, 154, 156. 

— (château de), p. 156. 



264 



TABLB ALPHABÉTIQUE. 



Beaugency (pont de), p. 141 

note 3. 
Beaulieu-les-Fontaines (château 

de), p. 176 et note 2, p. 177. 
Beaumont (Marie Ghamaillart, 

vicomtesse de). Voy. Alençon 

(Marie Ghamaillart, comtesse 

d'). 
Beaumont (vicomte de), p. 21, 

170. 
Beaumont^le-Ghartif, p. 121 et 

note 6. 
Beaumont'le- Vicomte, p. 10. 
Beaumontsur-Oise, p. 63, 81 

note 3. 

— (pont de), p. 64 et note 1. 
Beaumont-sur-Oise (comte de). 

Voy. Willoughby (Robert). 
Beaumont "Sur^Sarthe, p. 186, 

187. 
Beaurevoir, p. 176 note 2. 
Beauvais, p. 63 note 1, p. 192 

et note 7. 

— (CJordeliers de), p. 192 note 7. 

Beauvais (évéques de). 

— Philippe d 'Alençon. Voy. 
Alençon (Philippe d*). 

— Pierre Gauchon , p. 179 
note 2. 

— Pierre de Savoisy, p. 52 
note 1. 

Beauvaisis (le), p. m, 31, 34, 

60, 192. 
Bedford (Jean, duc de), p. 22 et 

note 3, p. 23, 132 et note 6, 

p. 133, 134 et notes 1 et 2, 

p. 135 note 4, p. 155 note 1, 

p. 160 à 162, 164, 165, 176, 

177, 179. 
Bègue de Villaines (Pierre, dit 

le), p. 36. 
Bellay (Jean, sire du), p. 119 et 

note 3. 
Bellême, p. 11, 77 et note 4, 

p. 112. 
Belleville ( seigneur de ). Voy. 

Harpedanne TJean). 
Belloy (Marie de), p. 88 note 1. 
Belloy (Robert de), p. 106 et 

note 1. 
Bernard (Etienne), dit Moreau, 



trésorier d'Anjon, p. 199 et 
note 3. 

Bemay, p. 124. 

Berry (Jean, duc de), p. 36, 37, 
40, 44, 46, 47 note 4, p. 48, 
49, 50 note 2, p. 51 note 2, 
p. 52, 54 et note 1, p. 55 
notes 1 et 2, p. 56 notes 1 



et 2, p. 57 note 3, p. 59, 70, 
"", 72 note 1, p. 74, 81 
note 3, p. 82 note 2, p. 83 et 



note 1, p. 84 et note 4, p. 85, 
98 et note 5, p. 101, 106 
note 3. 

Berry (le), p. 70 note 2, p. 123 
note 3, p. 129 note 3, p. 172, 
234 note 1. 

Béthencourt, p. 18 note 1. 

Béthencourt (Morelet de), p. 52 
et note 2. 

Bicêtre,p. 53, 54 et note 1, p. 55 
note 2. 

Biscaye (comté de), p. 5. 

Blainville, p. 225 note 1. 

Blaisois (le), p. 28. 

Blait (?) (comte de), p. 201. 

Blanchetaque (gué de), p. 97. 

Blaye, p. 39 note. 

Blogier (Antoine), p. 95 note 4. 

Blois, p. 57 note 3, p. 77 et 
note 3, p. 81 note 2, p. 83 
note 1, p. 84 note 3, p. 141, 
142 et note 5, p. 143, 254 
note 5. 

— (pont de), p. 142 note 1. 

Blois (Charles de), p. 35. 

Blois (Olivier de), comte de 
Penthièvre, p. 44 et note 2, 
p. 47, 51 note 1, p. 116 note 2, 
p. 117 et note 2, p. 118. 

Bologne (Robert de), dit le Ti- 
rant, p. XV note 2. 

Bondy (forêt de), p. 84 et note 5. 

Bonneval, p. 53 et note 1. 

Bordelais (le), p. 78 et note 4. 

Bosredon (Louis de), p. 53 et 
note 3, p. 65 note z, p. 68 
note 1. 

Boudart (Mathieu), p. 59 note 2. 

Boucicaut (Jean le Meîngre II, 
dit)^ comte de Beaufort, mare- 



TABLB ALPHABÉTIQUE. 



265 



chai de France, p. 95 note 4, 

p. 100 et note 4. 
Boufflers, p. ni. 

Bùulognesur-Mer, p. 50 note 1. 
Boarbon (duchesse de), p. 81 

note 3. 
Boarbon (ducs de). 

— Charles !•', comte de Cler- 
mont, p. vu, 25 et note 1, 
p. 44 à 46, 138 et note 2, 
p. 139, 159, 163, 168, 197 et 
note 12, p. 204 note 5, p. 209, 
228, 233, 234, 237, 253. 

— Jean I«', p. 48 note 2, p. 49, 
55 note 2, p. 57 note 3, p. 70, 
74, 84 note 3, p. 90 et notes 2 
et 4, p. 91, 98, 100. 

— Louis n, p, 37, 44 à 46, 47 
note 4. 

Bourbon (Jacques II de|, comte 

de la Marche, p. 68, o9. 
Bourbon (Louis de), comte de 

Vendôme, p. 25, 100 et note 3, 

p. 150, 155, 159, 164, 178 et 

note 2, p. 198 et note 1, 

p. 220, 245. 
Bourbon ( Louis de ) , sire de 

Préaux, p. 99 et note 11. 
Bourbon ( Marguerite de),bâtarde 

du duc Jean, p. 233. 
Bourbon (Marie de), p. 233. 
Bourbon (Pierre de), sire de 

Préaux, p. 124 et note 1. 
Bourbonnais (le), p. 57 note 3, 

p. 234. 
Bourdon. Yoy. Bosredon (Louis 

de). 
Bourg-la-Reine (hôtel de la Rose 

à), p. 54 note 1. 
Bourgeois (Olivier), p. 40 note 1. 
Bourges^ p. 25, 56 note 3, p. 57 

note 3, p. 70 et notes 2 et 3, 

p. 71 et notes 1 et 4, p. 72 

note 1, p. 74, 76 note 1, p. 78 

note 1, p. 129 et note 3, p. 172, 

233, 235, 236, 249. 
Bourges (archevêques de), p. 129 

note 3. 
Bourg ' sur ' Gironde , p. 38 et 

note 3. 
Bourgogne ( ambassadeurs du 

duc de), p. 195, 200 à 203. 



Bourgogne (Antoine de), duc de 
Brabant, comte de Hethel, 
p. 56, 91 note 1, p. 92, 93 
note 3, p. 99 et notes 4 et 12. 

Bourgogne (Catherine de), p. 47 
et notes 1 et 3. 

Bourgogne (chambellan de Phi- 
lippe le Bon, duc de). Yoy. 
Croy (Antoine de). 

Bourgogne (Charles de), p. 254 
et note 5. 

Bourgogne (cour de), p. 116 
note 2. 

Bourgogne (duchesse de). 

— Agnes, p. 2. 
Bourgogne (ducs de). 

— Jean Sans-Peur, p. xv, xvi, 
16, 17, 27, 39 note, p. 40, 42 
et note 1, p. 44 et notes 1 et 2, 
p. 45 et note 3, p. 46, 47 
note 3, p. 50 et note 1, p. 51 
et note 2, p. 52 et notes 2 et 3, 
p. 55 note 1, p. 56 et note 3, 
p. 57 et note 3, p. 58, 59 
note 1, p. 60 et note 2, p. 61 
et note 4, p. 63 et notes 1 et 4, 
p. 64 et notes 3 et 4, p. 65 et 
note 2, p. 66 et notes 1 et 2, 
p. 67 notes 3 et 6, p. 68 et 
note 2, p. 70 et note 2, p. 71 
et notes 2 et 4, p. 72 note 1, 
p. 73, 74 et note 4, p. 75, 77, 
»0 et note 3, p. 82 et note 3, 

84 et notes 4 et 5, p. 85, 
16 notes 1 et 3, p. 88 et 
notes 1 et 3, p. 91 a 93, 100 
note 6, p. 107 note 1, p. 114 
et note 1, p. 115 et note 2, 
p. 118 et notes 2 et 4, p. 207 
a 209. 

— Sa fille, ç. 105. 

— Son petit sceau , p. 107 
note 2. 

— Philippe le Bon, p. 42 note 1, 
p. 121 note 5, p. 126, 159, 
174, 195, 200, 202 note 8, 
p. 203 note 1, p. 204 et note 5, 
p. 205 à 208, 209 et note 1, 
p. 210, 211, 225, 235, 240 
note 2, p. 254. 

— Philippe le Hardi, p. 16, 34, 
36. 



ïi 



266 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Bourgogne (Robert II, duc de), 

p. 2 note 2. 
Bourgogne (Isabelle de), p. 44 

et note 2. 
Bourgogne (Jean de), comte de 

Nevers, p. 201 note 1. 
Bourgogne ( Jean de ) , comte 

d'Ëtampes, p. 201 et note 1. 
Bourgogne (la), p. 59 note 2, 

p. 226, 256. 
Bourgogne ( Marguerite de ), 

comtesse de Hainaut et de 

Hollande, p. 91 note 1, p. 92. 
Bourgogne (marchands de), p. 55 

note z. 
Bourgogne (Philippe de), comte 

de Nevers, p. 74, 99 et note 6. 
Bourgogne (président de). Yoy. 

Armenier (Etienne). 
Bourgueil (abbaye de), p. 29. 
Bourguignons (gens d'armes), 

p. 52, 53, 63, 80, 85, 87, 91 
' note 2, p. 116, 122, 129, 149, 

157, lèO, 165, 172, 174, 175, 

178, 194. 
Bourguignon (parti), p. xv, xvi, 

68, 70, 77, 81, 89, 107, 113, 

177,231. 
Bournonville (Enguerrand dej, 

p. 62 note 2, p. 88 et note d, 

p. 89 et note 1. 
Boussac (maréchal de). Yoy. La 

Brosse (Jean de). 
Brabant ( Glignet de ) , p. 81 

notes 2 et 3, p. 82 note 2. 
Brabant (duchesse de). 

— Marguerite, p. 2. 
Brabant (ducs ae). 

— Antoine de Bourgogne. Voy. 
Bourgogne (Antoine de). 

— Henri UI, p. 2 et note 7. 

— Jean I", p. 2 note 1. 
Brabant (Marie de). Voy. Marie 

de Brabant. 
Brabant (le), p. 225. 
Bracquemont (Lionnetde),p. 69 

et note 7, p. 95. 
Braine (comte de). Voy. Roucy 

(Jean VI, comte de). 
Branch ( Philippe ) , capitaine 

anglais, p. 124, 125. 



Bray'tuT'Sti'M. p. 239 et note 2, 

p. 240. 
Bretagne (Arthur de), comte de 

Richement. Voy. Richement 

(Arthur de Bretagne, comte 

de). 
Bretagne (bonnes villes de), 

p. 211. 
Bretagne (chancelier de). Yoy. 

Malestroit (Jean de). 
Bretagne (duché de), p. 35,211. 
Bretagne (duchesses de). 

— Jeanne de France, p. 29. 

— Jeanne de Navarre, p. 14. 
Bretagne (ducs de). 

— Jean V, p. 20 note 3, p. 23 
et note 1, p. 38 et note 2, 
p. 44, 47 et note 2. 

— Jean YI, p. v, vn, 49, 50, 51 
et note 1, p. 53, 54, 100 
note 6, p. 101 et note 1, 
p. 102 note 1, p. 115 et no- 
tes 1 et 2, p. 116 note 2, 
p. 117 et note 3, p. 118, 126, 
136, 181 et note 5, p. 182, 
183 et noté 1, p. 184, 201 
note 4, p. 210 et note 1, p. 211, 
233. 

Bretagne (États de), p. 211. 
Bretagne (François de), comte 

de Montfort, p. 184, 201 et 

note 4. 
Bretagne (Gilles de), p. 71 et 

note 1, p. 74. 
Bretagne (Gilles de), p. 181 

note 2. 
Bretagne (joutes en), n. 14. 
Bretagne (la), p. 59 note 2, 

p. 111, 233. 
Bretagne (marches de), p. 170. 
Bretagne (maréchal de). Yoy. 

Ghâteaubriant jsire de). 
Bretagne (Marie de). Yoy. Alen- 

çon (M. de B., comtesse d'). 
Bretagne (Richard de), comte 

d'Élampes, p.vn, H 7 et note 3. 
Breteuih p* 63 note 1. 
Breton (un). Yoy. Rostrenen 

(sire dej. 
Bretons (gens d'armes), p. 56 

note 1, p. 79, 184, 185, 257. 
Brie'Comte-Robert, p. 115 note 2. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



267 



Brimeu (David de), p. 204. 

Brimeu (Florimont de), séné- 
chal de Ponthieu, p. 202 et 
note 4, p. 204. 

Brimeu (Jacques de), p. 204. 

Brouliart (Guillaume du), capi- 
taine de Dreux, p. 251 et 
note 1, p. 255. 

Bruges, p. 235. 

Bruyères-sur-Cher (seigneur de). 
Voy. Albret (Guillaume d'). 

Buchan (Jean Stuart, comte de), 
connétable de France, p. 118 
et note 6, p. 121, 132, 135. 

Bueil (Jean, sire de), p. 180, 
188, 228. 

Buzançais ( traité de ) , p. 78 
note 4. 



G 



Gabochienne (faction), p. xvi, 

122 note 2. 
Cadoène (Bertrand de). Voy. 

Uzès (Bertrand de Gadoène, 

évéque d'). 
Caen, p. 109 et note 4, p. 110 et 

notes 1 et 2, p. 189, 191 

note 3, p. 210. 

— (château de), p. 87, 110 et 
notes 1 et 2. 

Gaen (bailli de), p. 71 note 5. 

— (capitaine de). Voy. Monte- 
nay (Guillaume, sire de). 

Gagny (bois de), p. m, iv note. 

Gagny (Robert, dit Perceval de), 
p. I, II, III, IV et note, p. v et 
note, p. VI, VII et note, p. viii, 
IX, XI et note, p. xii et note, 
p. xin, XV et note 2, p. xvi, 
XVII, xviii et note 2, p. 31. 

Calais, p. 17, 18, 50 note 1, 
p. 97, 99, 101, 225, 226. 

— (château de), p. 225. 
Gambrai (Adam de], premier 

président du Parlement de 
Faris, p. 198 et note 11. 

Gambrai (Jean de Gavre, évoque 
de), p. 197 et note 9. 

Gamoys (sire de), p. 254. 

Ganny ou Gauny (M. de), p. 204. 



Gantepie, p. 189 et note 3, 

p. 190, 191. 
Garbonnet, prieur de Nanterre, 

p. 256 note 3. 
Carentan, p. 79 note 4. 
Carlux, p. 39 note. 
Carretto (Mathieu de). Voy. Al- 

benga (Mathieu de Garretto, 

évoque d'). 
Carthage^ p. 1 et note 3. 
Gastille (ambassadeurs du roi 

de), p. 197 note 7. 
Gastille (Blanche, infante de), 

p. 1 et note 6. 
Gastille (Ferdinand de la Gerda, 

infant de), p. 1 note 6. 
Gastille (la), p. 204 et note 3. 
Gastille (rois de). 

— Henri de Trastamare, p. 35 
et note 4, p. 36. 

— Pierre le Gruel , p. 35 et 
note 4, p. 36. 

Catenoy, p. 63. 

Gauchois (les), p. 212 et note 4. 

Gauchon (Pierre). Voy. Beauvais 

(Pierre Gauchon, évoque de), 

et Lisieux (Pierre Gauchon, 

évéque de). 
Caudebec, p. 213 note 2. 
Gausebec (Jean de), p. 204. 
Gaux (pays de), p. 100, 213 

note 2. 

— (paysans de), p. 190 note 1. 
Gelle(?) ou Huxelles (sire du), 

p. 203. 

Ghalon (Guillaume de), fils du 
prince d'Orange, p. 201 et 
note 14. 

Ghalon (Jean de), prince d'O- 
range, p. 62 et note 3. 

Ghalon (Louis de), prince d'O- 
range, p. 177, 201 note 14. 

Chdlons'Sur'Marne, p. 158,171. 

Chambrais ou Broglie, p. 222, 
223 et notes 2 et 3, p. 225 
note 1. 

Ghambrois (seigneur de). Voy. 
Ferières (sire de). 

Ghampagne (Beaudoin de), sire 
de Thussé, p. 198 note 6. 

Ghampagne (comté de), p. 160. 



268 



TABLB ALPHABÉTIQUE. 



Champagne (la), p. 219, 239, 

253. 
Champagne (maréchal de), p. 35. 
Champtoceaux, p. 117. 
Ghanousses (?) (sire de), p. 202. 
Chanteloup, p. 53 et note 5. 
Charente (la), p. 72 note 1. 
Charenton, p. z33 note 1. 

— (pont de), p. 115 note 2, 
p. 233. 

Charles lY le Bel, roi de France, 
p. 3 et note 5, p. 4. 

Charles Y, p. 6, 7 et note 3, 
p. 8, 13, 35, 36 note 3. 

Charles Yl, p. iv, xvi, xvii, 
xvui, 16, 17, 22, 33, 34, 
36 et notes 2 et 3, p. 37 et 
note 3, p. 38, 39 note, p. 40, 
41, 42 et notes 1 et 2, p. 43 
à 49, 50 et note 1, p. 51 et 
note 2, p. 52 et note 2, p. 56 
à 58, 59 notes 1 et 2, p. 64, 
65 note 2, p. 67 note 6, 
p. 69 note 8, p. 70 et note 2, 
p. 71 et notes 2 et 4, p. 72 
note i, p. 74 et note 3, p. 75 
et note 1, p. 76 note 1, p. 77 
notes 2 et 4, p. 80, 81 et 
note 2. p. 83 et note 1, p. 84 
notes 3, 4 et 5, p. 85, 86 et 
noté 1, p. 87 et notes 2 et 3, 
p. 88 et notes 1 et 3, p. 89 et 
notes 2 et 3, p. 90 et notes 1 
à 4, p. 91 , 92 et note 2, p. 93 
et notes 2 et 3, p. 95 note 4, 
p. 97 et note 4, p. 98 et note 5, 
p. 99 à 101, 102 et note 3, 
p. 103, 105, 106, 107 et note 2, 
p. 113, 115,121,126,127,208. 

— Bannière à ses armes, p. 95 
note 4. 

Charles YII, comte de Ponthien, 
dac de Touraine, dauphin, 
régent, roi de France, p. i, v, 
IX, X, XI, XII, 24 et notes, p. 25 
et note 1, p. 26, 27 et note 1, 
K 108 et notes 5 et 6, p^ 109, 
13 et note 2, p. 115 et note 4, 
p. 116 et notes 1 et 2, p. 118 
et note 4. p. 121, 122 et 
notes 1 et 3, p. 123 et note 3, 
p. 128, 129 et note 1, p. 131, 



\\ 



139 à 141, 145, 147, 148 et 
note 1, p. 149 à 151, 153, 155 à 
161, 163 à 166, 168 à 173, 177, 
179, 182, 187 à 190, 192, 193, 
195. 205, 206 et note 1, p. 207 
à 209, 210 et note 1, p. 211, 
212,215,216,219 à 222, 224 
à 228, 229 note 1, p. 230 à 233, 
234 et notes 3 et 4, p. 235 
à 239, 240 et note 2, p. 241 
et note 2, p. 242 et hôte 3, 
p. 243 à 245, 246 et note 3, 
p. 247 à 251, 253, 255, 256. 

— Ses ambassadeurs, p. 197, 
198, 199 note 5, p. 204, 207 et 
note 1. 

— Son conseil, p. 169, 172, 205, 
206, 220 à 222, 225, 231, 232. 

Charmes (Thibaud de), capitaine 
de Chartres, p. 246 note 2. 

Gharny, p. 236, 237 et note 2. 

Charny (sire de). Yoy. Beaufre- 
mont (Pierre de). 

Charolais (comte de). Yoy. Bour- 
gogne (Charles de). 

Charouer. Yoy. Le Garuyer. 

Chartier (Guillaume), évéque de 
Paris. Yoy. Paris (Guillaume 
Chartier, évoque de). 

Chartres, p. 45 et note 3, p. 52, 
53 et note 4, p. 83, 122 
note 3, p. 224, 225. 

— (capitaine de). Yoy. Charmes 
(Thibaud de). 

— (cathédrale de), p. 46. 
Chartres (comte de). Yoy. Bour- 
bon (Louis de). 

Chartres (Régnant de), arche- 
vêque de Reims. Yoy. Reims 
(Régnant de Chartres, arche- 
vêque de). 

Charuyer. Voy. Le Garuyer. 

Chaste! (Monsieur du), p. 199. 

Ghastenier (Jean), p. 198 et 
note 14. 

Ghâteaubriant (sire de), maré- 
chal de Bretagne, p. 183, 185. 

Ghâteaugiron (Jean de), p. 56 
note 1. 

Chdteau-Gontier, p. iv, 185, 229, 
233. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



269 ' 



ChâteaU'Landon, p. 237 et note 2, 

p. 238. 
Ghâteauneuf (capitaine de) . Voy. 

Hayes (Jean aes). 
ChâteaU'Thierry, p. 160. 
Châtel (Tanneguy du), prévôt 

de Paris, p. 105, 113 et note 2. 
Châtellerault (Cordelière de), 

p. 19. 
Ghaumont - Quitry (sire de), 

p. 228 note 2. 
Chauny, p. 60, 61. 
Chef-de-Caux (le), p. 94. 
Chevreuse, p. 251 et note 1, 

p. 256. 

— (château de), p. 251. 
Chinon, p. 28, 116 note 2, 

p. 126 note 1, p. 139 et no- 
tes 2 et 3, p. 148. 

— (château de), p. 188. 
Chomery (Jean), p. 57 note 3. 
Chypre (Hugues de Lusignan, 

cardinal de), p. 196 et note 2. 

Clairoix, p. 174 et note 3. 

Clarence (Thomas de), duc de 
Lancastre, p. 71, 76 et note 1, 
p. 77 et note 4, p. 78 et no- 
tes 1 et 4, p. 109, 119 et 
note 4, p. 120. 

Clères, p. 225 note 1. 

Glermont (comte de). Voy. Bour- 
bon (Charles, duc de). 

— Pierre, p. 1. 

Clermont'de-l'Oise, p. 81 note 3. 
Clermont (Martin Gouge de 

Gharpaigne, évoque de), p. 116 

note 2, p. 129 et note 2, 

p. 228 et note 3. 
Clermont (maréchal de), p. 35. 
Clèves (comte de). Voy. Glèves 

(Jean, fils du duc de). 
Clèves (Jean, fils du duc de), 

p. 201 et note 2. 
Clmbrd (sire de), jp. 65 note 2. 
Clifton (Jean), p. 200 et note 5. 
Clignancourt, p. 62. 
Cliquet (Guillaume), p. 69 

note 8. 
Clisson (Marguerite de), p. 117 

et note 4. 
Clisson (Olivier I" de), p. 33 et 

note 1. 



Clustel (Monsieur de), p. 198. 

Coinces, p. 154 note 4. 

Cologne (archevêque de), p. 201 
note 6. 

Comarque, p. 39 note. 

Commines (Colard de), souve- 
rain bailli de Flandre, p. 202 
et note 5. 

Commines (Jean, seigneur de), 
p. 203 et note 6. 

Compiègne, p. x, xi, 87 et note 3, 
p. 88 note 1, p. 107 et note 1, 
p. 164, 165, 172, 173, 174 et 
note 1, p. 177, 178 et note 1. 

— (pont de), p. 175. 
Compiègne (capitaine de). Voy. 

Flavy (Guillaume de). 
Goncressault (sire de), p. 129 

note 3. 
Conflans, p. 115 note 2. 
Constantinople (empereur de). 

Voy. Jean III Ducas Vatace. 
Corbeil, p. 67, 115 et note 2, 

p. 155 note 1. 
Corbeny, p. 160 note 1. 
Corbie, p. 98. 
Cornouaille (Jean). Voy. Corn- 

wall (Jean). 
Cornwall (Jean), p. 109. 
6oucy''le''Château, p. 61. 

— (château de), p. 59 note 1. 

Coulommiers, p. 161. 
Goulonces (baron de). Voy. 

La Haye (Jean de). 
Courcelles, p. 81 note 2. 
Gousinot de Montreuil, p. vi. 
Coutances (Jean de Marie, évé- 

que de), p. 112 et note 5. 
Cracovie (prévôt de). Voy. Las- 

soczki (Nicolas). 
Craon, p. 184 et note 4, p. 185. 
Gravant (bataille de), p. 132. 
Crécy (bataille de), p. 4, 6, 24, 

33. 
Creil, p. 218. 

— (château de), p. 218. 
Cràpy-en-Valois, p. 161, 163, 

164, 173, 174. 

Crète (Fantino Valaresso, ar- 
chevêque de), p. 250 et note 1. 

Crôvecœur (Jacques, sire de). 



270 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



p. 203 et note 4, p. 254 et 

note 2. 
Grillon, p. m, iv note. 
Grobreux (?) (Robert), d. 200. 
Groifisi (Jean de), p. 198. 
Groy (Antoine de), p. 202 et 

note 8. 
Cuigny, p. il. 



D 



Dace (époque du royaume de), 

p. 197 note 1. 
Dalmatie. Voy. Nona (Louis, 

évéque de). 
Dammartin - en - Goëlle , p. 86 

note 4, p.' 161. 
Danemark (évoque de), p. 197 

note 1. 
Danemark (royaume de), p. 197 

note 1. 
Dantzig, p. 197 note 6. 
Daour8(sirede),p.202etnote 12. 

Dauphins de France. Voy. Gu- 
yenne (Louis, duc de). 

— Louis^ p. 128, 129, 220,221, 
228, 233, 238 et note 2, p. 239, 
240, 242 note 3, p. 245, 247, 
248. 

— Voy. Touraine (Jean, ducde). 

— Voy. Charles VII, roi de 
France. 

Dauphine de France (la). Voy. 

Ecosse (Marguerite d'). 
Dauphine (gouverneur du). Voy. 

Gaucourt (Raoul, sire de). 
Dauphine (le), p. 177, 228. 
Defoy, p. XV et note 2, p. xvi. 
Derby (Jean), p. 50 note 1. 
Dieppe, p. 212. 
Digne (Pierre de Versailles, 

évéque de), p. 250 et note 2. 
Domfront, p. 77 note 4, p. 112 

et note 2, p. 189. 
Dominicain (évoque). Voy. Au- 

xerre (Laurent Pinon, évé- 
que d'). 
Donquerre (Brunet de), p. 204. 
Donzy, p. 70 note 2. 
Dorset (Thomas, comte de), 

p. 72 note 1, p. 104 note 1. 



Douacques (doyen de). Voy. 

Douai (doyen de). 
Douai, p. 85 note 1. 
Douai (doyen de), p. 196 et 

note 10. 
Douglas (Archibald), comte de 

Wigton, p. 119 et note i, 

p. 121. 
Douglas (Archibald, comte de), 

duc de Touraine, p. 119 et 

note 1, p. 132 et note 4, 

p. 135. 
Douglas (Jacmies), p. 132 et 

note 5, p. 1^5 et note 3. 
Dourdan, p. 57, note 3. 
— (ch&teau de), p. 65 note 2. 
Dreux, p. 84, 251 et note 1. 
Dreux (capitaine de). Voy. 

Broullart (Guillaume du). 
Dreux (comte de). Voy. Albret 

(Gharles d'). 
Dreux (garnison de), p. 225. 
Druyes - les - Belles - Fontaines» 

p. 70 note 2. 
Du Guesclin (Bertrand), p. 13, 

36. 
Dun'U'Roi, p. 70 note 2. 
Dunois (Jean, comte de), bâ- 
tard d'Orléans, p. 25, 136, 

142 note 5, p. 143, 149 et 

note 2, p. 218, 246, 247, 250, 

*'55. 
Durselle(?) (sire de), p. 203 

note 5. 



E 



Écossais (un), p. 255. 

Ecosse (comte d'). Voy. Orkney 
(comte d'). 

Ecosse (connétable d'). Voy. 
Btuart (Jean). 

Ecosse (dames d'), p. 219, 220, 
222. 

Ecosse (!'), p. 119; 132. 

Ecosse (Marguerite d'), dau- 
phine de France, p. 219 à 222, 

Ecosse (seigneurs d'), p. 22, 

133, 135. 219, 220, 222. 
Secloo, p. 47 note 3. 
Église romaine (F), p. 103. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



271 



Egmont (Adolphe d'), duc de 
Gueldres^ p. 200 et note ii. 

Elbe (\\ p. 197 note 5. 

Empire (!'), p. 235. 

Enghien (lac d'), p. 214 note 1. 

Épinay-sur-Seine, p. 214 note 1. 

Erard (Guillaume), p. 200 et 
note 8. 

Esclavons (les), p. 197. 

Espagne (bataille en ). Voy. 
Montiel (bataille de). 

Espagne (1'), p. 233. Voy. Cas- 
tille (la). 

Espagne (Marie d'). Voy. La 
Ôerda (Marie de). 

Espagnol (évoque cordelier), 
p. 250. 

Espagnols (les), p. 197. 

Essai, p. 11, 12, 15. 

— (château d% p. 18 à 20. 
Ëslouteville (Jean, sire d'), 

p. 95. 
Estouteville (Robert d'), p. 227. 
Étampes, p. 53 note 4, p. 57 

note 3, p. 67 et note 6, 

p. 68 notes 1 et 2. 

— (château d'), p. 65 note 2, 
p. 68 note 2. 

Étampes (comte d*). Voy. Bour- 
gogne (Jean de). — Bretagne 
(Richard de). 

Étampes (comté d'), p. 67. 

Eu (comte d'). Voy. Artois 
(Charles d'). 

Eu (Philippe d'Artois, comte 
d'), p. 3/. 

Eugène IV (ambassadeurs dM, 
pape, p. 195 à 197, 249, 250. 

Évreuw, p. 34, 55 note 2. 

Évreux (aides à), p. 55 note 2. 

Ëvreux (comtes d'). Jean Stuart. 
Voy. Stuart (Jean). 

— Louis, p. 2. 

Évreux (recette d'), p. 51 note 1. 
Exmes, p. 11. 



F 



Falaise, p. 79, 101, 189. 
Falconbridge, p. 230 note 1. 
Falstolf (Jean), p. 138 et note 1^ 
p. 147, 153, 154, 155 note 1. 



Farrières (sire de), p. 223 

note 4. 
Fauquembergue(com te de). Voy. 

Vertain (Jean de). 
Fécamp, p. 212 note 2, p. 213 

note 2, p. 223 note 2, p. 226 

et note 3, p. 227 et note 1. 
Fécamp (abbaye de), p. 226, 

227. 
Ferrières (sire de), p. 223, 224. 
* Fitzalan Maltravers (Guillau- 
me), p. 192 note 7. 
Fitzalan Maltravers (^Jean ), 

comte d*Arundel, p. 174, 192 

et notes 4 et 7. 
Flamands (gens d'armes), p. 61 

note 4, p. 86. 
Flamands (les), p. 32, 34, 226 

note 1. 
Flandre (Gui, comte de), p. 32. 
Flandre (comté de), p. 91, 226. 
Flandre (la), p. 32, 33, 59 

note 2, p. 64, 82, 84 note 5, 

p. 218, 225, 235. 
Flandre (les trois États de), 

p. 91 note 1. 
Flandre (souverain bailli de). 

Voy. Commines (Coiard de). 
Flavy (Guillaume de), capitaine 

deCîompiègne, p. 175 etnote2. 
Fondi (comte de), p. 194. 
Fontaine (Guérin,sirede), p. 1 19 

et note 2. 
FcntainebUau, p. 2. 
Fontaine-Ch&lon(sirede), p. 201 

et note 15. 
Fontaine-Chdtel, p. 225 note 1. 
Fontaine-le- Bourg ^ p. 225 note 1. 
Fontaines (Jean, seigneur de), 

p. 54 note 1. 
Fore... (sire de). Voy. Sorel 

(Pierre de). 
Fosseux (sire de), p. 203 et 

note 1. 
Fougères, p. 11, 38, 58, 59, 76, 

137. 
— (château de), p. 16. 
Fougères (seisneur de). Voy. 

Alençon (Charles II, comte 

d'). 
Fougères (seigneurie de), p. 4. 

9, 21, 23. 



Î72 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Français (bons), ç. 74, 208, 232. 

Français (capitaines), p. 161, 
163à 166, 168, 172, 178. 

Français (gens d'armes), p. 104 
note 7, p. 135, 156 note 1. 

Français (les), p. 120, 126, 227 
note 1, p. 233 note 1, p. 249, 
251 note I. p. 252. 

France (Agnès de). Voy. Bour- 
gogne (Agnès, duchesse de). 

France (ambassadeurs de), p.l97, 
198, 199 note 5, p. 204, 207 
et note 1. 

France (armes de), p. 150. 

France (Blanche deî. Voy. Au- 
triche (Blanche, duchesse d'). 

France (Blanche de). Voy. Cas- 
tille (Blanche, inrante de). 

France (bonnes villes de), p. 36. 

France (Catherine de), p. 254 
et note 5. 

France (chanceliers de). 

— pour Charles VI et Charles VII : 
voy. Chartres (Régnant de). 
Gouge (Martin), Marie (Henri 
de), Montaigu (Jean de), ar- 
chevêque de Sens. 

— pour Henri VI : voy. Luxem- 
Imurg (Louis de), évoque de 
Thérouanne. 

France (Charles de). Voy. Va- 
lois (Charles, comte de). 

France (connétables de) . Voy .Al- 
bret (Charles, sire d'), Arma- 
gnac (Bernard VU, comte d'), 
Buchan (Jean Stuart, comte 
de). Du Guesclin (Bertrand), 
Eu (Philippe d'Artois, comte 
d'), Luxembourg (Waleran 
de). 

France (couronne de), p. 4, 31, 
101 note 1, p. 208, 211. 

France (dauphins de). Voy. Dau- 
phins de France. 

France (gentilshommes de ), 
p. 33, 133, 253. 

France (Grand Conseil de), 
p. xvm note 2« 

France (Ile de), p. 147, 228, 251 
note 1. 

France (Isabeau de). Voy. Or- 



léans (Isabeau de France, du- 
chesse d'). 

France (Jacques de), p. 249. 

France (Jean de), comte de Ne- 
vers, p. 1. 

France (J^i^i^o ^^h P* ^^^ ^^ 
note 1. 

France (Louis de). Voy. Louis 
de France. 

France (maître des arbalétriers 
de). Voy. Malet (Jean), sire 
de Graville, Urfé (Pierre, dit 
Paillard d'). 

France (maréchaux de). Voy. 
Boacicaut (Jean le Meingre U, 
dit), La Brosse (Jean de) dit 
le maréchal de Éoussac, La- 
val (André de) sire de Lonéac, 
Laval (Gilles de) sire de Retz, 
Loigny (Jjouis de), Motier de 
la Fayette (Gilbert), Rienx 
(Pierre de). 

France (Marie de), p. 253 et 
note 2. 

France (pairs de), p. 159. 

France ÎPierre de) . Voy. Alen- 
çon (Pierre !•', comte d'). 

France (Pierre de). Voy. Gler- 
mont (Pierre, comte de). 

France (reines de), p. 219. 

— Isabeau de Bavière, p. 10 
note 3, p. 19, 43, 45, 52 
note 2, p. 53 note 5, p. 87 
note 3. 

— Jeanne de Navarre, p. 3. 

— Marie d'Anjou, p. 220 à 222, 
247, 254 note 5. 

— Marie de Brabant, p. 2. 

France (régent de). Voy. Char- 
les VII, comte de Ponthieu, 
duc de Touraine, dauphin, 
roi de France. 

France (Robert de). Voy. Ro- 
bert de France. 

France (rois de) p. 35. Voy. 
Charles IV, Charles V, Char- 
les VL Charles VII, Jean I", 
Jean II, Louis IX, Louis X, 
Philippe m. Philippe IV, 
Philippe V, Philippe VI. 

France (royaume de), p. vu, 
xr, 3, 16, 31, 32, 35, 36, 41, 



TABLB ALPHÀBÉTIQinS. 



273 



44, 83 note 1, p. 94, 141, 
177, 205, 206, 211, 220, 229, 
231, 249, 250. 

France (seigneurs de), p. 18, 22. 

France (universités de), p. 249. 

François (Guillaume), p. 97 

note 3. 
Freneuse (seigenterie de), p. 59 

note 2. 



G 



Gaëte, p. 193. 

Gaîetano (Christophe), p. 194. 

Gaïetano (Honoré), comte de 
Morcone, p. 194 et note 1. 

Gallardon, p. 59 note 2, p. 67, 
84, 121, 122 et notes 1 et 3. 

Gand, p. 88 note 1. 

Gara (Nîcholaus de), comte pa- 
latin de Hongrie, p. 102, 103 
et note 1. 

Gâtinais (le), p. 81 note 3, 
p. 82 note 2. 

Gaucourt (Raoul, sire de), hailli 
de Rouen, gouverneur du 
Dauphiné, p. 65 note 1, 
p. 69 et note 6, p. 95, 107. 
108 notes 1 et 3. p. 109, 136 
et note 3, p. 141, 142 et 
note 4, p. 167, 168, 171, 177, 
188. 

Gaules (Pierre de Momay, dit 
Gauluet, sire de), p. 81 note 2. 

G&vre (château de), p. 29. 

Gàvre (Jean de). Yoy. Cambrai 
(Jean de Gàvre, évoque de). 

Gedanum, p. 197 note 6. 

Génois (les), p. 193. 

Gentilly, p. 54 note 1. 

Georges. Voy. Riqueman (Geor- 
ges). 

Gerberoy, p. 192, 254. 

— (château de), p. 254. 

Gien, p. z, 26, 27 note 1, p. 43, 
46, 47 note 1, p. 48 et note 2, 
p. 49, 52 note 1, p. 149, 156, 
157, 170, 171, 236, 237, 238 
note 1, p. 239. 

Gisors, p. 63 note 1. 



Glasdall (Guillaume), p. 145 et 

note 1, p. 146. 
Glocester (Humfrey, duc de), 

p. 109, 226 note 2. 
Gloton, p. 59 et note 2. 
Grouge (Martin). Yoy. Clermont 

(évoque de). 
Gough (Mathieu), dit Matago, 

p. 152 et note 6, p. 187 et 

note 3. 
Goulet, p. 11. 

Goupil (Amaury), p. 59 note 2. 
Granviliier (Nicole de), p. 60 

note 2. 
Grasset (Perrinet), p. 246 note 1. 
Graville (sire de). Yoy. Malet 

(Jean), sire de Graville. 
Gray (Jean de], comte de Tan- 

carville, p. o7 note 6, p. 120 

et notes 2 et 4. 
Grégoire XI, pape, p. 8 et 

note, p. 9. 
Grecs (les), p. 197 note 4, p. 249. 
Grignaux (François de), p. 83 

note 1. 
Grimbosc (seigneur de). Voy. 

Tournebu (Richard de). 

Groslée (Imbert de), bailli de 
Lyon, p. 177 et note 5. 

Guedons (les), p. 197. 

Gueldres(ducde). Voy. Egmont 
(Adolphe d'). 

Gnérard (Thomas), p. 242 
note 2. 

Guétin (Richard), p. 152 et 
note 5. 

Guyenne (duc de), p. 105. 

Guyenne (Louis, duc de), p. 42, 
43, 45 note 1, p. 65 note 2, 
p. 67, 68 note 2, p. 72 note 1, 



. 74, 81, 83 et note 1, p. 84, 

e 1, p. ^ 
tes 2 et 3, p. 91 à 93, 95 



85, 



86 note 1, p. 87 et no- 



note 4, p. 98 et note 5, p. 100 

et note 5, p. 101, 102 note 2. 
Guyenne (la), p. 72 note 1. 
Guyenne (maréchal de). Yoy. 

Heilly (sire de). 
Guyenne (sénéchal de). Voy. 

Kadcliff (Jean). 



274 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



H 



Hainaut (Guillaume IV, comte 

de), p. 45 note 3, p, 107 

note 1 . 
Hainaut (comtesse de). Yoy. 

Bourgogne (Marguerite de). 
Hainaut (Jacqueline de), p. 107 

note 1. 
Hainaut (le), p. 107, 203 note 2, 

Ç. 225, 
Hainaut (sénéchal de), p. 202. 
Ham, p. 60 note 2, p. 61 et 

notes 1, 2 et 4. 
Hangard (famille de), p. 203 

note 10. 
Hangeart (sire de), p. 203. 
Hangest (Jean, sire de), p. 63 

et note 5. 
Hangest (Jean de), sire de Gen- 

lis, p. XV et note 1 ; p. xvi, 

xvn, xvm. 
Harcourt (Christophe d'), sei- 
gneur d'Avrech, p. 198 et 

note 2, p. 228. 
Harcourt (comtesse d'). Voy. 

Alençon (Marie d'). 
Harcourt (Jean VU, comte d'), 

p. 10 note 3, p. 19, 81 

note 1. 
Harcourt (Jean d'). Voy. Au- 

male (Jean d'Harcourt, comte 

d'). 
Harengs (bataille des), p. 137 

et note 3, p. 138 note 7, 

p. 140. 
Harfleur, p. 17 et note 1, p. 94 

et note 3, p. 95 et notes 1, 3 

et 4. p. 97 et notes 1 et 3, 

p. 100, 101, 104, 213. 

— (garnison d'), p. 103. 
Harnes (sire de), p. 203 note 2. 
Harpedanne (Jean), seigneur de 

Belleville, p. 72 note 1. 
Hayes (Jean des), p. 72 note 1. 
Heilly (sire de), p. 72 note i. 
Hollande (Robert de), bailli de 

Rouen, p. 95 note 4. 
Hennebont (siège d'), p. 13 et 

note 2, p. 24. 
Hermès (?) (sire de), p. 203. 



Heuchin (sire de), p. 202 et 

note 13. 
' Hollande (Guillaume, comte de), 

p. 42 note 1. 
Hollande (comtesse de). Yoy. 

Bourgogne (Marguerite de). 
Hongrie (comte palatin de). 

Voy. Gara (Nicholaus de). 
Honfleur, p. 95 note 4. 
Houdan, p. 67. 
Humfreyville (comte d'). Voy. 

Humphreville (Gilbert). 
Humières (sire d'), p. 204. 
Humphreville (Gilbert), comte 

de Kyme, p. 120 note 2. 
Hungerford (Gauthierde), p. 199 

et note 11. 
Huppe (Jean), p. 200 note 6. 
Huttyn, p. 129 note 3. 



Inchy (sire d'), p. 203 et note 8. 

Isabeau de Bavière. Voy. France 
(Isabeau de Bavière, reine 
de). 

Isabeau de France. Voy. Or- 
léans (Isabeau de France, du- 
chesse ô!\. 

Isabelle d Aragon, reine de 
France, p. 2, 4. 

Isabelle de France. Voy. An- 
gleterre (Isabelle, reine d'). 

Isabelle de France. Voy. Na- 
varre (Isabelle, reine de). 

Issoudun, p. 129 note 3. 

Issy, p. 55 note 2. 

Ivry, p. 80, 84 note 3, p. 133 
et note 3, p. 134 note 1. 

Ivry (Charles, baron d'), p. 87 
et note 1. 



Jacqueville (Hélion de), p. 82 
note 2. 



Jaillet (Pierre), p. 194. 

uin, p. 121 note 5. 
Janvilie, p. 26 et note 5, p. 68, 



Jannequin, 



138etnote7,p. 153,154, 156. 
— (château de), p. 156. 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



275 



Jan^ille (capitaine de). Voy. 
Brac({uemont (Lionaet de). 

Jaquerie (la), p. 34. 

Jargeau, p. 26, 59 note 1, 
p. 149 à 151, 153. 

Jars (Laurens du), p. 81 note 3. 

Jean I«', roi de France, p. 2, 3 
et note 2. 

Jean II, roi de France^ p. 6, 
33, 34. 

Jean III Ducas Vatace, empe- 
reur de Gonstantinople, p. ô2, 

Jean de France. Voy. Nevers 
(Jean, comte de). 

Jeanne de Navarre. Voy. France 
(Jeanne de Navarre, reine de). 

Jérusalem, p. 206 note 1, p. 229 
note 1. 

Jérusalem (patriarche de). Voy. 
Alençon (Philippe d*). 

Joigny, p. 70 note 2. 

Joigny (Jeanne, comtesse de). 
Voy. Alençon (Jeanne, com- 
tesse d'). 



K 



Kemp (Jean). Voy. York (Jean 
Kemp, archevêque d'). 

Kiérewier. Voy. Le Caruyer. 

Kyme (comte de). Voy. Hum- 
phreville (Gilbert), comte de 
Kyme. 



Labbé (Charles), p. 116 et note 1 . 

La Bressinière, p. 129, 130 et 
note 8, p. 131 et note 1. 

— (bataille de), p. vi. 

La Briche (étang de), p. 214 
note i. 

La Briçonnie (Gérard de). Voy. 
Saint-Pons (Gérard de la Bri- 
çonnie, évéque de). 

La Brosse (Jean de), dit le ma- 
réchal de Boussac, p. 138 et 
note 6, p. 143, 149 et note 2, 
p. 161, 164, 166, 172, 178. 

LaGerda (Marie de). Voy. Alen- 
çon (Marie, comtesse d'). 



La Chapelle, près Paris, p. 62, 

166 à 168. 
La Charité-sur- Loire, p. xi, 70 

note 2, p. 172. 
La Chasse (château de), p. 214 

note 1. 
La Châtre, p. 234 note 1. 
La Fayette (maréchal de|. Voy. 

Motier de la Fayette (Gilbert). 
La Ferté'Hubert, p. 81 note 2. 
La Flèche, p. 182 note 2. 
La Ferté^Milon, p. 161. 
Lagny-'le-Sec, p. 161. 
Lagny- sur- Marne, p. 173 et 

note 2. 
La Gravelle, p. 130 et note 7. 
La Guerche, p. 185 et note 4. 
La Guerre ( Raymonet de), p. 112 

et note 6. 
La Guette (Jean), dit Lescot, 

p. 95 note 4. 
La Haye (Jean de], baron de 

Goulonces, p. 180 et note 3. 
La Heuse (Robert, dit le Bor- 
gne de), p. 79 et notes 3 et 4. 
La Hire (Etienne de Vignolles, 

dit), Voy. Vignolles (Etienne 

de). 
La Hougue, p. 76 note 1. 
Laigle, p. 79. 

Laitre (Eustàche de), p. xvu. 
Lalain (Simon, sire de), p. 203 

et note 3. 
L*Alemant (Jean), p. 43 note 1 . 
Lalier (Jean de), p. 215. 
Lalier (Michaut de), p. 215, 216. 

La Marche (comtes de). Voy. 

Bourbon ( Jacques II de ), 

Charles IV. roi de France. 
Lamhalle, p. 30. 

— (Église Notre-Dame à), p. 30. 
La Motte (Aleaume de), p. 81 

note 3. 
La Motte (Pépin de), p. 199 et 

note 2. 
La Motte de Thoisy (sire de). 

Voy. Ternant (Philippe, sire 

de). 
Lan (?) (sire de), p. 203. 
Lancaster (Thomas de). Voy. 

Clarence (duc de). 

19 



276 



TABLE ALPHABÉfTIQUE. 



Langlois (Raonlin), p. 95 note 4. 
Languedoc (le), p. 228, 233, 
234 note 3, p. 245, 256. 

— (marchands de), p. 55 note 2. 
Lannoy (Hue de), p. 88 et note 2. 
Laon, p. 89 et note 3, p. 160, 

171. 
La Pallice, p. 219 et note 2. 
La Pôle (Alexandre de), p. 26 

note 2. 
La Pôle (Guillaume de). Yoy. 

Suffolk (Guillaume de la Poie, 

comte de). 
La Pôle (Jean de), p. 26 note 2, 

p. 130 et note 5, p. 131. 
L'Aragonnais (François). Voy. 

Surienne (François de). 
L'Arçonneur (Guillaume), page 

11(J. 
La Roche-Guyon (dame de), 

p. 220. 
La Rochelle, p. 123 et note 3, 

p. 128, 219 et note 2, p. 220, 

221, 222, 248. 

— (hôtel de l'évoque de Maille- 
zais à), p. 123 et note 2. 

La Rochelle (gouverneur de). 
Voy. Heilly (sire de). 

Lassessequin (Nicolas). Yoy. 
Lassoczki (Nicolas). 

Lassoczki (Nicolas), p. 196 no- 
te 11. 

La Tour (Poinçon de), p. 69 et 
note 8. 

La Trémoiile (Georges, sire de), 
p. 26, 116 note 2, p. 153, 171, 
187, 188 et note 1. 

Laval ( Andréde), sire de Lohéac, 
maréchal de France, p. 130 
et note 2, p. 180, 181. 

Laval (Gilles de), sire de Retz, 
maréchal de France, p. 25 et 
note 3, p. 141, 143, 149 et 
note 2, p. 161, 164, 166, 167. 

Laval (Gui XIII, comte de), 
p. 149 note 2, p. 159, 184. 

La Yieuville( Jacques de), p. 203 
et note 7. 

La Yieuville (Jean de), p. 69 et 
note 2. 

La Yictoire (abbaye N.-D. de), 
p. 162 et note 3. 



Le Bègue (Jean). Yoy. Jean m 

Ducas Vatace. 
Le Bouvier (Raoul), p. 199 et 

note 6. 
Lebret (Charles, sire de). Yoy. 

Albret (Charles, sire d'). 
Le Caruyer, p. 212 et note 4. 
Le Clerc (Jean), p. 231 et note 3, 

p. 232. 
Le Crotoy, p. 22, 137 note 1. 
Le Dur (Nicolas), p. 57 note 3. 
Léger (Jean), lieutenant du 

bailli de Rouen, p. 108 et 

notes 1 et 3. 
Le Goix (Guillaume), p. 69 et 

note 4. 
Le Goix (Guiot). Yoy. Le Goix 

(Guillaume). 
Le Goix (Thomas), p. 69 note 4. 
Le Grand (Jacques), p. 71 note 5. 
Le Jeune (Robert), bailli d'A- 
miens, p. 200 et note 7. 
Le Koux (Alain). Yoy. Le Queu 

(Alain). 
Le Mans, p. 77, 254. 
Le Meingre (Jean). Yoy. Bou- 

cicaut (Jean le Meingre U, 

dit). 
Le Peletier (Etienne), p. 59 

note 2. 
Le Puiset, p. 68 et note 2. 
Le Queu (Alain], archidiacre 

d'Angers, p. 199 et note 4. 
Le Roule, près Paris, p. 86 

note 3. 
Lescot. Yoy. La Guette (Jean). 
Lévis (Philippe de). Yoy. Auch 

(Philippe de Lévis, archevê- 
que d^). 
Liège, p. 42 note 1. 
Liégeois (les), p. 42 et note 1. 
L'Ile-Adam sire de). Yoy. Yil- 

liers de l'Ile- Adam (Jean de). 
Lille, p. 85 note 1. 
Limousin (le), p. 83 note 1. 
— (marchands du), p. 55 note 2. 
Lindewood (Guillaume), garde 

du sceau privé, p. 20Ô note 2. 
Lisieux (Pierre Gauchon, évo- 
que de), p. 200 et note 10. 
Logeray (?) (comte de), p. 201. 



TABLS ALPHABÉTIQUE. 



277 



Lohéac (maréchal de). Yoy. La- 
val (André de). 

Lohéac (sire de). Voy. Laval 

(André de). 
Loigny (Louis de), maréchal de 

France, p. 103 et noté 3, 

p. 104. 
Loire (la), p. xi, 78, 128, 142 

note 1, p. 169, 172, 256. 
Lon (Jean de), p. 203 note 12. 
Longny, p. 255. 
— (château de), p. 255. 
Longny (capitaine de). Yoy. 

Surienne (François de), dit 

TAragonnais. 
Longueval (Arthur de); p. 198 

et note 9. 
Lonjumeau, p. 84. 
Lor (sire de), p. 203 note 12. 
Loré (Ambroise de), seigneur 

d'Ivry, maréchal du duc d'A- 

lençon, p. 185, 231. 
Lorraine (Antoine de), comte 

de Yaudemont, p. 201 et 

note 3. 
Lorraine (Ferry de), comte de 

Yaudemont, seigneur de Ru- 

migny, p. 99 et note 9. 

Lorraine (marches de), p. 139. 
Louis IX (saint), roi de France, 

p. 1, 2, 4, 32. 
Louis X Hutin, roi de France, 

p. 2 et note 5, p. 3 et note 1, 

p. 4. 
Louis, duc de Guyenne. Yoy. 

Guyenne (Louis, duc de). 
Louis de France, duc de Gu- 
yenne. Yoy. Guyenne (Louis, 

duc de). 
Louis de France, p. 1 et note 4. 
Louis de France, dauphin. Yoy. 

Dauphin (Louis). 
Louis de France. Yoy. Évreux 

(Louis, comte d'). 
Lucques (marchand de). Yoy. 

Trente (Gauvain). 
Lunel (Jean de), p. 230 à 232. 
Lusiçnan, p. 2z0. 
Lusignan (Hugues de). Yoy. 

Chypre (Hugues de Lusignan, 

cardinal de). 



Luxembourg (Jean de), p. 176 
et note 2. 

Luxembourg (Louis de), comte 
de Baint-Pol, p. 201 et note 5. 

Luxembourg (Louis de). Yoy. 
Thérouanne (Louis de Luxem< 
bourg, évoque de). 

Luxembourg ( Thibaud de ), 
p. 201 note 11. 

Luxembourg (Waleran de), con- 
nétable de France, p. xvn, 
17 note 2. 

Lyon, p. 7 et note 1 . 

Lyon (bailli de). Yoy. Groslée 
(Imbert de), Valperga (Théo- 
dore de). 

Lyon ( chanoine de ). Yoy. 
Manze (Jean de). 



M 



Maguelonne (Robert de Rou- 
vres, évéque de), p. 228 et 
note 4. 

Maigremont (sire de), p. 203. 

Maillet (Regnault), p. 105 et 

note 4. 
Maillets (les). Yoy. Paris (les 

Maillets à). 
Maillezais ( hôtel de Tévêque 

de), à la Rochelle. Yoy. La 

Rochelle. 
Maine (comté du), p. 119, 130, 

256. 
Maine (le), p. iv, 59 note 2, 

p. 77.111,229. 
Maine (le), rivière, p. 229. 
Maine' (Marches du), p. 170. 
Mais (Olivier de), p. 181 et 

note 2. 
MaJssherbes, p. 235 note 3. 

Malestroit (Jean de), évalue de 
Saint-Brieuc, chancelier de 
Bretagne, p. 116 et note 2, 
p. 181 et note 4, p. 182 et 
note 2, p. 183, 185. 

Malet (Jean), sire de Graville, 
maître des arbalétriers de 
France, p. 123 note 3, p. 143, 
220. 

Manceaux (gens d'armes), p. 69. 



278 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Manze (Jean de), chanoine de 
Lyon, p. 250 note 5. 

Marcoussts, p. 53 note 5. 

Maretz (Charles des), p. 212 et 
note 2. 

Mareuil (Guillaume de), p. 83 
note 1. 

Marguerite de France. Voy . An- 
gleterre (Marguerite, reine d'). 

Marguerite de France. Voy. 
Brabant ( Marguerite, du- 
chesse de). 

Marie (comte de). Voy. Bar 
(Robert de). 

Marie (Henri de), chancelier de 
France, p. 109 note 1, p. 112 
et note 4, p. 115. 

Marie (Jean de), évêque de 
Goutances. Voy. Goutances 
(Jean de Marie, évoque de). 

Marqués (sire du), p. 204. 

Marquez (Robert des), p. 95 
note 4. 

Matago. Voy. Gough (Mathieu). 

Mauloue (Henri), le jeune, p. 89 
note 3. 

Mauzé, p. 220 et note 1. 

Meaux, p. 57 note 3. 

— (habitants de), p. 231, 232. 
Meel (Olivier de), p. 181 note 2. 
Mehun, p. 48 note 2. 

Melun, p. 43 note 2, p. 70 note 2, 

p. 113 et note 2, p. 173 note 2. 
Melun (Jean de), seigneur d'Ân- 

toing, p. 202 et note 7. 
Merlo (Jean de), p. 204 et note 3. 
Mes (Olivier de), p. 181 note 2. 
Mesnil- Guillaume (seigneur 

du ). Voy. Trousseau ville 

(Guillaume de). 
Metz (Hugues, archidiacre de), 

p. 2o0 note 5. 
Meulan, p. 64 note 4, p. 194 

note 8. 

— (pont de), p. 64, 123 note 3, 
p. 194 et note 8. 

Meung, p. 26 et note 3, p. 106 
note 2, p. 141, 147, 152, 154, 
156. 

— (garnison de), p. 152, 154. 

— (pont de), p. 141 note 3. 



Milan (ambassadeurs du duc 

de), p. 197. 
Miraumont, p. 90 note 1. 
Mœurs (Frédéric, comte de), 

p. 201 et note 6. 
Moiencourt (sire de), p. 204. 
Moncel (Léger du), p. 40 note 1. 
Mons-en-Pevèle (bataille de), 

p. 32 et note 4. 
Montagu (Gérard de), évêque 

de Paris. Voy. Paris (Gérard 

de Montagu, évoque de). 
Montagu (Jean de), p. 47 et 

note 4. 
Montagu (Jean de), archevêque 

de Sens. Voy. Sens (Jean de 

Montaigu, archevêque de). 
Montaiffu (Thomas), comte de 

Salisbury. Voy. Salisbury 

i Thomas Montaigu, comte 
e). 
Montargis, p. 136 et notes 2 et 4, 

p. 235, 236 et note 1, p. 246, 

247, 250, 255. 
Montargis (capitaine de). Voy. 

Surienne (François ae), dit 

TÂragonnais. 
Montargis (château de), p. 246 

à 248, 250, 255. 
Mont-de-Ciaire, Voy. Mont-Ga^ 

nelon. 
Montdidier, p. xv, 61 note 4, 

p. 64 et note 3. 
Montdidier (prévôt de), p. xvi, 

xvn. 
Montenay (Guillaume, sire de), 

p. 110. 
Montenay (Jacques de], maré- 
chal d'Alençon, p. 130. 
Montendre, p. 72 note 1 . 
Montépilloy, p. 162 et note 1, 

p. 163. 
Montereau, p. xii, p. 82 note 2, 

p. 118 et note 2, p. 236 et 

note 2, p. 239 à 243,. 245, 

247, 256. 
^ (château de), p. 236, 239 à 

242, 256. 
— (garnison anglaise de), p. 236. 
Montfort (comtes de). Voy. Bre- 
tagne (François de), Jean^ 

p. 35. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



279 



Mont''Ganelon, p. 174 note 3. 
MoQtiel(bataiilede),p.35iiote4. 
Montivilliers, p. 213 et note 2. 

Montivilliers(capitaiiiede).Voy. 

Villequier (Colart, sire de). 
Montjean (Jean, sire de), p. 69 

et note 3. 
Montlhéry, p. 114 note 1. 
Montmartre, p. 62. 
Montmartre, p. 86 note 3. 
Montmirail, p. 121 et note 5, 

p. 122 note 1. p. 160. 
Montmorancy (?) (évêque de), 

p. 196. 
Montmorency (forôt de), p. 214 

note 1. 
Montmorency (sire de), p. 168. 
Montovilliers (sire de), p. 203 

note 11. 
Mont-Saint-Michel (abbaye du), 

p. 27, 37. 
Mont- Saint- Michel ( bastilles 

devant le), p. 190 à 192. 
Mont'Saint'Michel (le), p. 192, 

206. 
Morcone (comte de). Voy. Gaïe- 

tano (Honoré). 
Moreau. Voy. Êernard (Etien- 
ne). 
Morée (despotat de), p. 197 

note 4. 
Moret (châtellenie de), p. 27 

note 4. 
Moriens (lesj, i). 197. 
Mort (châtellenie de). Voy. Mor- 

tain (châtellenie de). 
Mortagne, p. 124, 125. 
Mortain (châtellenie de), p. 27. 
Mortain (comtesse de). Voy. 

Alençon (Catherine d'). 
Mortain (comte de). Voy. Na- 
varre (Pierre de). 
Motier de la Fayette (Gilbert), 

maréchal de France, p. 198 

et note 5. 
MoulinS'la^Marche, p. 125 et 

note 1. 
Moutonvillier (sire de), p. 203. 

Mouy (sire de). Voy. Soyecourt 

(Gilles de). 
MuidS'Sur-Seine, p. 59 note 2. 



N 



Naillac (Philibert de), grand 
maître de Rhodes, p. 56 et 
note 3, p. 124 et note 2. 

Nambout (?), p. 201. 

Nanterre (Philippe de), p. 254 
note 3. 

Nanterre (prieur de). Voy. Car- 
bonnet. 

Nantes, p. 116 note 2, p. 182 
note 2. 

Nantes (évoque de). Voy. Ma- 
lestroit (Jean de). 

Narbonne (Guillaume, vicomte 
de), p. 124 et note 5, p. 125 
notes, p. 132, 135. 

Nassau (Ëngilbert, comte de), 
p. 201 note 7. 

Naufort (?) (comte de), p. 201. 

Navarre (Jeanne de), p. 14 et 
note 1. 

Navarre (Jeanne de). Voy. Bre- 
tagne (J. de N., duchesse de). 

Navarre ( Jeanne de ). Voy. 
France (Jeanne de Navarre, 
reine de). 

Navarre (Pierre de), comte de 
Mortain, p. 10 note 3, p. 19 
et notes 3 et 4, p. 37, 71 et 
note 1, p. 74. 

Navarre (reines de). 

— Blanche, p. 193 note 6; son 
époux, ibid. 

— Isabelle, p. 1. 
Navarre (rois de). 

— Charles le Mauvais, p. 34. 

— Charles III le Noble, p. 44 
à 46. 

— Thibaud II, p. 1 note 5. 
Nemours, p. 238, 239 et note 1. 

— (château de), p. 239. 
Nesle, p. 60, 61 et note 4. 
Nevers, p. 71 note 1. 

Nevers (comte de). Voy. Bour- 
gogne (Jean de), Bourgogne 
[Philippe de), France (Jean 
le). 

Nieul-sur-Mer ( prieuré de ), 
p. 219 note 2. 

Niort, p. 220. 

Nogent'le-Roif p. 122 note 3. 



280 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Noisy^U^Sec, p. 84 note 5. 
Nome (?) (évoque de), p. 196. 
Nona (Louis, évoque de), p. 196 

note 8. 
Nonette (la), p. 162 note 2. 
Normandie (Basse), p. 79 note 4, 

p. 184 note 3. 

— (capitaine général de). Voy. 
La Heuse (Robert, dit le Bor- 
gne de). 

— (paysans de), p. 190 note 1. 
Normandie (duc de), p. 105. 
Normandie (duché de), p. 13, 

34, 206, 207. 
Normandie (gens d*armes de), 
p. 69. 

— (gentilshommes de), p. 132, 
135, 189 à 191. 

Normandie (gouverneur de). 
Voy. Alençon (Jean IV, comte 
puis duc d'). 

Normandie (la), p. 22, 59, 84 
note 3, p. 94, 118 note 4, 
p. 121, 131, 170, 181 note 1, 
p. 190, 191, 195 note 1, p. 222 
note 4, p. 223 note 4, p. 253, 
256. 

— (côtes de), p. 218. 

— (population de), p. 189 et 
note 4, p. 190 note 1, p. 191 
et notes 2 et 3, p. 192. 

— (soulèvement de), p. 189. 
Normandie (lieutenant du roi 

d'Angleterre es basses mar- 
ches de). Voy, Willoughby 
(Robert). 

Norwich (Guillaume Alnewick, 
évoque de), p. 199 et note 8. 

Nuremberg (burgrave de), p. 201 
note 10. 







Oeteville (sic) (Richart de), p. 89 

note 3. 
Oise (F), p. 63 et note 2, p. 64, 

172, 173, 218. 
Orange (princes d'). Voy. Ghâ- 

loQ (Guillauyie de), Ghàlon 

(Jean de), Ghâlon (Louis de). 
Orbec (capitaine d'), 162. 



Orgemont (Nicolas, dit le Boi- 
teux d'), p. 105 et note 1, 
p. 106 et note 2. 

Orléanais (!'), p. 59 note 2, 
p. 123 note 3. 

Orléanais (parti), p. 62 note 6, 
p. 72 note 1, p. 78 et note 4, 
p. 80, 86 et note 1, p. 93 
note 3. 

Orléans, p. x, 43 note 2, p. 67, 
83 note 1, p. 137 et note 4, 
p. 140, 141, 142 et note 1, 
p. 143 et note 1, p. 144 à 147, 
149, 151, 153, 155, 156, 171, 
246, 248, 252. 

— (abbaye des Dames à), p. 144. 

— (bastilles devant), p. 140, 141, 
142 et note 2, p. 143, 148, 
149, 153. 

— (bastille des Augustins de- 
vant), p. 145. 

— (bastille du pont d'), p. 142, 
145 à 147. 

— (bastille Saint-Loup devant), 
p. 142 note 2, p. 144, 147. 

Orléans (garnison d*), p. 142 
note 2,p. 143, 144, 146 note 2. 

— (pont d'), p. 146, 147. 

— (porte de Bourgogne à), 
p. 143. 

— (prison de Tévôque d'), p. 106 
note 2. 

Orléans (bâtard d'). Voy. Du- 

nois (Jean, comte de). 
Orléans (duchesse d'). 

— Isabeau de France, p. 22, 129. 
Orléans (ducs d*). 

— Charles, p. 16, 17, 22, 44, 
45 et note 3, p. 46, 47, 48 et 
note 2, p. 49, 54 note 1, p. 55 
note 2, p. 57 note 3, p. 58, 
59 note 1, p. 60 note 2, p. 62 
et note 4, p. 65 note 2, p. 69 
et note 7, p. 70, 71 et note 5, 
p. 72 note 1, p. 74 et note 3, 
p. 76, 77, 78 note 4, p. 80 
note 2, p. 81 notes 1 et 3, 
p. 83 note 1, p. 84 notes 3 
et 4, p. 86, 88 note 3, p. 89 
note 3, p. 91, 100, 148, 190 
note 1, p. 222 note 1. 

— Louis I«, p. 16, 17, 37, 38 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



281 



et note 3, p. 40, 41, 75, 115. 
189, 208. Ses enfants, p. 44 
à 47. Voy. ci-dessus Charles. 
Orléans (Jean d'), Orléans 
(Philippe d'), comte d'Ângoa- 
léme. 

Orléans (Jean d'), comte d'Ân- 
gouléme, p. 74. 78 et note 4. 

Orléans (Jeanne d ). Voy. Alen- 
çon (Jeanne d'Orléans, du- 
chesse d'). 

Orléans (Marie d'), duchesse 
d'Âlençon, lire Orléans (Jean- 
ne d'). 

Orléans (Philippe d'), comte de 
Vertus, p. 44, 45 et note 3, 
p. 46, 47, 59 note 1, p. 60, 
61, 74, 81 note 2, p. 89 note 2, 
p. 91. 

Orsini des Baux (Antoine), 
prince de Tarente, p. 193 et 
note 8. 

Orval (seigneur d'). Voy. Albret 
(Guillaume d'). 

Orkney (comte d'), p. 219 et 
note 1, p. 220, 222. 



Pape (le). 

— Voy. Grégoire XI. 

— ( ambassadeurs du ). Vov. 
Eugène IV (ambassadeurs d:). 

Pardiac (comte de). Voy. Arma- 
gnac (Bernard d*), comte de 
Pardiac. 

Parthenay, p. 155. 

Patay, p. 154 à 156. 

— (bataille de), p. x, 26 et no- 
tes 5 et 6, p. 154, 156 et 
note 1, p. 171. 

Pavilly, p. 225 note 1. 

Paris, p. X, xvi, 6, 17. 27, 34, 
36, 37, 38 et note 3, p. 40, 
41, 43 et note 2, p. 44 note 1, 
p. 53, 54 note 1, p. 55 et 
note 2, p. 56, 57 note 3, p. 58, 
59 note 1, p. 62, 63, 64 et 
note 4, p. 66, 67 note 6, p. 68, 
77 note 4, p. 80 note 3, p. 82 
et note 2, p. 83 et note 1, 
p. 84 note 5, p. 85, 86 et no- 



tes 2 et 3, p. 87 et note 2, 
p. 93 et note 3, p. 95 note 4, 
p. 102 et note 3, p. 106, 113, 
114 note 3, p. 115 note 3, 
p. 120 note 5, p. 123 note 3. 
p. 127, 128, 137, 143, 160, 
164 à 170, 173, 195, 208, 213, 
215,218, 228,230,231, 235, 
240 note 2, p. 242 à 245, 246 
et note 3, p. 248, 251 à 253, 
255 note 5, p. 256, 257. 

Paris (faubourgs de), p. 215. 

Paris (archers et arnalétriers 
de), p. 122. 

Paris (la Bastille à), p. 80 note3, 
p. 105, 106 et note 2, p. 113 
et note 2, p. 216, 217 et note 1 . 

Paris (boucher de). Voy. Le 
Goix (Guillaume). 

Paris (bourgeois de), p. 55 
note 2, p. 105etnote2, p. 106, 
112, 113, 114 note 1, p. 215 
à 217, 218 et note 1, p. 228. 

Paris (clerc à la Chambre des 
comptes de). Voy. Roussel 
(Jacques). 

Paris (cordeliers de), p. 1 note 7. 

Paris (Couture Saint-Martin à), 
p. 113 note 1. 

Paris (doyen de). Voy. Tudert 
(Jean). 

Paris (environs de), p. 57 note 3. 

Paris (évéques de), p. 54 note 1. 

— Gérard de Montagu, p. 49 et 
note 1. 

— Guillaume Chartier, p. 198 
note 13. 

— (prisons des), p. 231. 
Pans (garnison anglaise de), 

p. 173. 
Paris (gens d'armes de), p. 82 

note z. 
Paris (habitants de), p. 65, 195 

note 1, p. 232, 239, 243, 245, 

257. 
Paris (halles de), p. 33, 34, 105, 

106, 231. 
Paris (hôtel de Bohême à), p. 86. 

— (hôtel Saint-Pol à), p. 71 
note 5, p. 93 note 3. 

Paris (hôtellerie de TOnrs à), 
p. 106. 



282 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Paris (Jacobins à), p. 6 note 1. 
Paris (la Louvière à), p. 113 

note 1. 
Paris (Maillets à), p. 36. 
Paris (marché aux Pourceaux 

à), p. 86 et note 3, p. 113, 

167. 
Paris (mesure de), p. 32. 
Paris (Notre-Dame de), p. 100 

note 5. 
Paris (Palais à), p. 32, 34, 113. 

— (Sainte-Chapelle du Palais 
à), p. 32. 

Paris (Parlement de), p. xvi, 75 
note 1, p. 87 note 2, p. 88 
note 3, p. 93 note 1, p. 107 
note 2, p. 249. 

— (avocat au Parlement de), 
p. 231 note 3. 

— (gens du Parlement de), 
p. 114. 

— (premier président au Par- 
lement de). Voy. Cambrai 
(Adam de). 

Paris (pin de l'abbaye de Saint- 
Victor à), p. 189 note 1. 

Paris (portes de), p. 55 note 2, 
p. 166, 214. 

— porte Saint-Denis, p. 166, 
216. 

— porte Saint-Honoré, p. x, 
167. 

— porte Saint-Jacques, p. 102 
note 3, p. 215, 216. 

Paris (prévôt de). Voy. Aubriot 
(Hugues), Ghatel (Tannecuy 
du), Loré (Âmbroise de), 
Samt-Cler (Bruneau de), Ti- 
gnonville (Guillaume de). 

Paris (Sainte-Geneviève à), p. 69 
note 4. 

— (religieux de Sainte - Gene- 
viève à). Voy. Carbonnet. 

Paris (Saint-Marcel prè8),p. 215. 
Paris (Université de), p. 40, 126. 

— (docteur en théologie de 
l'Université de). Voy. Erard 
(Guillaume). 

Paris (vicomte de), p. 8. 
Parthenay, p. 26, 72 note 1. 
Peene (la), p. 197 note 5. 



Pennedepie, p. 223 et note 1. 

Penthièvre (comte de). Voy. 
Blois (Olivier de). 

Perche (comte du). Voy. Alen- 
çon (Charles U, comte d'), 
Àlencon (Jean IV, comte puû 
duc a'), Alençon (Robert d'). 

Perche (comté du), p. 4 et no- 
te 1, 9, 21, 22. 

Perche (le), p. i, xm, 255. 

Péronne, p. 61 note 4, p. 63 
note 1, p. 84 note 5, p. 89 et 
note 3, p. 90 note 1, p. 92, 98. 

Perpignan, p. 2 et note 3. 

Perseigne (abbaye de), p. 14 et 
note 4. 

Pesas (Fouquet), p. 121 note 5. 

Philippe III le Hardi, roi de 
France, p. 1, 2, 4. 

Philippe IV le Bel, roi de Fran- 
ce, n. 2 et notes 5 et 6, p. 3, 
4, 32. 

Philippe V le Long, roi de 
France, p. 2 et note 5, p. 3 
et note 3, p.. 4. 

Philippe VI dé Valois, roi de 
France, p. 1, 4 et note 1, 
p. 5, 33. 

Picardie (la), p. xv, p. 39 note, 
p. 60, 82, 204, 218, 225, 239. 

— (marches de), p. 123 note 3. 
Picardie (gens d'armes de), 

p. 86. 

— (gentilshommes de), p. 88 
note 1. 

Picquigny (baron de). Voy. 
Ailly (Raoul d\. 

Pinon (Laurent). Voy. Auxerre 
(Laurent Pinon, évéque d'). 

Poitiers, p. 39 note, p. 49, 50 et 
note 2, p. 220, 221, 248 no- 
te 2, p. 249. 

Poitiers (bataille de), p. 33. 

Poitiers (comte de). Voy. Phi- 
lippe V le Long. 

Poitou (le), p. 59 note 2, p. 72 
note 1, p. 172. 

Pologne (maréchal du roi de), 
p. 196. 

Pologne (Nicolas de). Voy. Las- 
soczki (Nicolas). 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



283 



Pont de l'Arche, p. 108 note 5. 

— (château de), p. 59 note 2. 

— (sergenterie de), p. 59 note 2. 

— (vicomte de), p. 59 note 2. 
Ponthieu (sénéchal de). Voy. 

Brimeu (Florimont de). 

Pantoise, p. 63 note 1, p. 64 
note 4, p. 82 note 2, p. 213, 
214, 229 et note 2, p. 230, 
231. 

Pon toise (capitaine de). Voy. 
Villiers de llle-Adam (Jean 
de). 

Pontoise (garnison de), p. 231. 

Pont'Sainte~Maxence, p. 84 no- 
te 5. 

Popham (Jean), p. 200 et note 4. 

Porhoët (comte de), p. 184. 

Pouancé, p. iv note, p. 11, p. 182 
à 184. 

— (château de), p. 182 et no- 
tes 2 et 4, p. 183 et notes 1 
et 3, p. 184. 

— (faubourgs de), p. 183, 184. 

— (siège de), p. 224 note 3. 

Pouille (sire de), p. 110. 

Poupart (Charles), p. 65 note 2. 

Préaux, p. 225 note 1. 

Préaux (sire de). Voy. Bour- 
bon (Louis de), Bourbon 
(Pierre de). 

Provins, p. 160, 163. 

Pucelle (la). Voy. Arc (Jean- 
ne d'). 

Puiseux (Golinet de), p. 65 no- 
te 1. 

Puivinant (Guillaume de), p. 83 
note 1. 



Q 



Quarquefou, p. 116 note 2, 

p. 182 note 2. 
Quié de Gaux. Voy. Chef de 

Gaux (le). 



R 



Racelic (Monsieur de), p. 198. 
Radcliff (Jean), sénéchal de 

Guyenne, p. 200 et note 1. 
Raillicq (sire de), p. 198 note 8. 



Rais (le maréchal de). Voy. La- 
val (Gilles de), sire de Retz. 

Rambouillet (sire de), p. 194 
note 8. 

Raynecourt (sire de), p. 202 et 
note 14. 

Ré (ile de), p. 219 note 2. 

Reims, p. x, 25, 27 et note 1, 
p. 35, 36 et note 2, p. 149, 
156 à 158, 170 à 172, 235. 

Reims (Regnaut de Chartres, 
archevêque de), chancelier de 
France, p. 159, 171, 197 et 
note 11, p. 220, 221, 236 no- 
te 2, D. 250, 255. 

Reims (oourjgeois de), p. 159. 

Reliques (saintes), p. 32. 

Remy (seigneurie de), p. 88 
note 1. 

Rethelois (gouverneur du). Voy. 
Lor (sire de). 

Retz (Gilles de Laval, sire de). 
Voy. Laval (Gilles de). 

Rhodes (grand maître de). Voy. 
Naillac (Philibert de). 

Rhône (le), p. 234. 

Ribemont, p. 89 et note 3. 

Richement (Arthur de Breta- 

fne, comte de), connétable 
e France, p. v, 26, 55 et 
note 1, p. 74 note 3, p. 76 
notes 1 et 2, p. 77 note 1, 
p. 79, 91, 100, 116 note 2, 
p. 136, 153, 155, 181 note 2, 
p. 184 et note 5, p. 197 et 
note 13, p. 209, 213 à 218, 
235 note 3, p. 253, 257 et 
note 1. 

Rielquement (Georges). Voy. 
Riqueman (Georges). 

Rieux (Pierre de), maréchal de 
France, p. 194 et note 5, 
p. 213. 

Riguement, capitaine anglais. 
Voy. Riqueman (Georges). 

Rinel (Jean de), p. 200 et note 9. 

Riqueinan (Georges). Voy. Ri- 
queman (Georges). 

Riqueman (Georges), capitaine 
anglais, p. 183 et note 3, 
p. 185, 224 et note 3. 

Roanne, p. 234. 



284 



TABLE ALPHABETIQUE. 



Robert (Robin), p. 50 note i. 

Robert de France, p. 3 et no- 
te 4, p. 4. 

Roche (Jean), p. 106 note 5. 

Rodbum (Thomas). Yoy. Saint- 
David (Thomas Rodburn, 
évéque de). 

Rodrigues. Voy. Villandrando 
(Rodriffues de). 

Rohan (Jean !•', vicomte de), 
p. 13, 14 et note 1. 

Rohan (Jeanne de), p. 13 et 
note 3. 

Romant (Monsieur de), p. 198. 

Rome, p. 9, 206 note 1, p. 229 
note 1. 

— (Sainte-Marie in Trastevere 
à), p. 7, 9. 

Romorantin, p. 149 et note 2. 

Roosebeke (bataille de), p. 33, 
34 et note 1. 

Rooss (iord), maréchal d'Angle- 
terre, p. 120 et note 3. 

Roseraie (?) (damoiseau de), 
p. 201. 

Rostrenen (sire de), p. 230 et 
note 2. 

Rotselaer (damoiseau de), p. 201 
note 12. 

Roubaix (Jean, sire de), p. 202 
et note 9. 

Roucy (Jean VI, comte de) et 
de Braine. p. 99 et note 10. 

Rouen, p. 59 note 2, p. 95 no- 
te 4, p. 97 et note 4, p. 98 et 
note 5, p. 101, 107 et note 2, 
p. 108 et note 6, p. 109, 114 
et notes 2 et 3, p. 126, 165, 
177 note 2, p. 179, 180, 194 
note 8, p. 195, 217 note 1, 
p. 223, 225 note 1. 

— (château de), p. 108 note 6, 
p. 177, 180. 

— (cimetière Saint -Ouen à), 
p. 179 note 2. 

— (église de), p. 7, 8. 

— (prébende ae Notre-Dame 
de), p. 7. 

— (Sainte-Catherine les), p. 108 
et note 5. 

Rouen (archevêque de). Voy. 
Alençon (Charles d'). 



Rouen (bailli de). Voy. Anseau 
(Guillaume), Gaucourt (Raoul 
de). Hollande (Robert deL 

— (lieutenant du bailli de). Voy. 
Léger (Jean). 

Rouen (bourgeois de), p. 108 et 
note 3. 

Rouen (habitants de), p. 114 et 
note 3. 

Rouen (receveur des aides à). 
Voy. Marguez (Robert des). 

Roumant (sire de), p. 198 no- 
te 10. 

Roussel (Andry), p. 122 et 
note 2. 

Roussel (Jacaues), p. 231 et 
note 2, p. 232. 

Rousselaer ( damoiseau de ), 
p. 201 note 12. 

Rousselet. Voy. Roussel (An- 
dry). 

Rouvray, p. 225 note 1. 

Rouvray' Saint' Denis, p. 138 
note 7. 

Rouvres (Michel de), p. 43 
note 1. 

Rouvres (Robert de). Voy. Ma- 
guelonne (évéque de). 

Raye, p. 61 note 4, p. 63 note 1, 
p. 84 note 5. 

Roye (Monsieur de), p. 204. 

Rumigny (seigneur de). Voy. 
Lorraine (Ferry de). 



S 



Sablé, p. 80 note 2. 

Saillant (Pierre du), p. 83 note 1. 

Saint- Adrien ( caniinal de). 

Voy. Chypre (cardinal de). 
Saint- Antoine (bastille). Voy. 

Paris (la Bastille à). 
8aint-Aubin-du-Cormier (châ- 
teau de), p. 38 et note 2. 
Saint-Brieuc (évéque de). Voy. 

Malestroit (Jean de). 
Saint'Cékrin, p. 185 et note 6, 

p. 186 note 6. 
Saint' Céneri' le -Gérei, p. 185 

notes 5 et 6, p. 186 et note 6. 
Saint- Céneri (capitaine de). 

Voy. Loré (Ambroise de). 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



285 



Saint ' Christophe" sur - le -Nais, 
p. 16. 

— (seigneurie de), p. 16. 
Saint-Gler (Bruneau de), pré- 
vôt de Paris, p. 64 note 1. 

Saint' Cloud, p. 64. 

— (pont de), p. 56 note 4 , p. 65 
et note 1, p. 66 et note 2, 
p. 67. 

— (capitaine du pont de). Voy. 
Puiseux (Golinet de). 

Sainte -Croix (Nicolas Alber- 
gah, cardinsu de), p. 196 et 
note 1. 

Saint-David (Thomas Rodburn, 
évoque de), p. 199 et note 9. 

Saint-'Denis, p. x, 2, 3, 50 note 1, 
p. 62 et note 6, p. 64, 66 et 
note 4, p. 67, 81 note 3, p. 86 
et notes 3 et 4, p. 92 note 2, 
p. 102 note 3, p. 127, 165, 
166, 168, 169, 194 et notes 5 
et 8, p. 205, 213, 214 et note 1, 
p. 216. 

— (faubourgs de), p. 62. 

— (hôtel de rËpée à), p. 86 
note 3. 

Saint-Denis (abbaye de), p. 170, 

214 note 2. 
Saint'Denù'le-Thiboult, p. 225 

note 1. 
Saint-Florent (abbaye de), p. 148 

et note 2. 
Saint'Flour, p. 234 et note 4. 
Saint' Germain-en-Laye, p. 256 

et note 2. 

— (château de), p. 256, 257 
note 1. 

Saint^ermain-sotts-Cailly, 1^,22^ 
note 2, p. 225 note 1 . 

Saint - Hilaire - du - Harcouët, 
p. 191. 

Saint- Jacques (grand maître de 
l'ordre de), p. 193. 

Saint- Jean^d'Angeli, p. 248. 

Saint'Lo, p. 132 note 1. 

Saint'Loyer-des'Champs, p. 11. 

Saint'Malo, p. 401. 

Saint-Malo (Habitants de), p. 101 
note 1. 

Saint-Malo (Robert de la Mot- 
te, évoque de), p. 101 notel. 



Saint'Maixent, p. 220. 
Saint-Marcoul (abbaye de), à 

Gorbeny, p. 160. 
Saint' Maur-deS' Fossés , p . 115 

note 3. 
Saint'Ouen, p. 62, 194 note 8. 
Saint'Péravy^Épreux, p. 138 et 

note 7. 
Saint-Pierre (seigneur de|. Voy. 

Ayneval (Guillaume d ). 
Saint' Pierre-le^Moutier, p. 172 

note 1. 
Saint-Pierre-le-Moutier (bail- 
liage de), p. 248. 
Saint- Pons (Gérard de la Bri- 

çonnie, évéque de), p. 250 et 

note 3. 
Saint-Pourçain, p. 234. 
Saint-Quentin, p. 18 et note 1, 

p. 89 et note 3, p. 98. 
Saint ' Rémy • du - Plain, p. 77 

note 4, p. 79 et notes 1, 2 

et 3. 
Sainte -Sévère (seigneur de). 

Voy. La Brosse (Jean de). 
Saint-Simon (Monsieur de), 

p. 204. 
Sainte-Suzanne, p. 180 et note 2, 

181 et note 1. 
Saintes (prieur de). Voy. Vil- 

lars (Louis de). 
Saintrailles (Poton de), p. 436, 

141, 192, 209, 218, 246, 247. 
Saisseval, p. m. 

Salisbury (bâtard de), p. 187. 

Salisbury (comtes de). 

— Richard, p. 223 et note 2, 
p. 225 note 1, p. 226 note 3, 
p. 227 note 1. 

— Thomas Montaigu, p. 132 et 
note 7, p. 136, 145. 

Sanguin (Guillemin), p. 105 et 

note 2. 
Sardenge (Jean de), p. 204. 
Saumur, p. 148. 
Sauvage (Pierre), p. 89 note 3. 
Sa vigny-le- Vieux (abbaye de), 

p. 191 et note 2. 
Savoie (la), p. 256. 
Savoie (Amédée VIII, comte 

de), p. 56 note 2. 



286 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Scales (Thomas, sire de), p. 147 
et note 3, p. 154, 155, 186 et 
note 5, p. 192 note 4. 

Séez (Saint-Martin de), p. 18. 

Segré, p. 185. 

— (château de), p. 130. 

Seine (la), p. x, o8, 59 et note 2, 
p. 64, 67 et note 2, p. 82, 
126, 169, 195, 209, 214. 

Selles'sur-Cher, p. 149 note 2. 

Semblançay, p. 16. 

— (seignearie de), p. 21. 
Senlis, p. x, 62, 87 note 2, p. 88 

noie 2, p. 162 et note 3, 
p. 164, 165, 171, 178 et note 1. 
Senlis (bailli de), p. xvi, xvn. 

— (capitaine de). Voy. Bour- 
nonville (Ënguerrand de). 

Sens (Jean de Montagu, arche- 
vêque de), chancelier de 
France, p. 43 note 2, p. 49 et 
note 1. 

Sicile (reine de). 

— Yolande, p. 188. 

— ses ambassadeurs, p. 199. 
Sicile (rois de]. 

— Louis II d'Anjou, p. 17, 44 
à 46, 47 et note 3, p. 74 et 
note 1, p. 77 et note 4, p. 80, 
81 note 1, p. 82 note 1, p. 83 
note 1, p. 84 notes 3 et 4, 
p. 106. 

— Louis III d'Anjou, p. 46, 
115 note 2, p. 228, 233, 234, 
237. 

Sigismond, empereur, p. 102 

note 3. 
Sillé-le-Guillaume,ip. 77 et note 1 . 
Silli-en-Gouffern (abbaye No* 

tre-Dame de), p. 20, 29. 
Soissons, p. 87, 88 et note 3, 

p. 89 et notes 1 et 2, p. 160, 

171, 173. 
Soissons (bourgeois de), p. 160. 
Soissons (comte de), voy. Bar 

(Robert de). 
Sologne (la), p. 144. 
Somme (la), p. 17, 18 et note 1, 

p. 61,97. 
Sorel (Guillaume de). Voy. So- 

rel (Pierre de). 
Sorel (Pierre de), p. 88 et note 1 . 



Sovecourt (Gilles de), seigneur 
de Mouy, p. 198 et note 4. 

Sterquin, p. 230 note 1. 

Stuart (Jean), connétable d'E- 
cosse, comte d'Évreux, p. 129, 
138 et note 4, p. 139. 

Suède (la), p. 197 note 1. 

Suède (Vexiô en). Voy. Vexiô 
(Nicolas, évoque de). 

Suffolk (Guillaume de la Pôle, 
comte de), p. 26 et note 2, 
p. 130 et note 6, p. 131, 132 
et note 8, p. 136 et note 4, 
p. 150 et note 1, p. 151, 199 
et note 10, p. 222 note 4. 

Sully, p. 116 note 2, p. 173 et 
note 1. 

Surie (?) ou Syrie (?) (ambassa- 
deurs de), p. 197. 

Surienne (François de), dit VA' 
ragonnais, p. 231, 246 et 
note 1, p. 247, 248, 255. 

— son neveu, p. 247, 248. 



Talbot (Jean), p. 153, 154 et 
note 2, p. 155, 230 note 1. 

Tancarville, p. 243 et note i. 

Tancarville (comte de). Voy. 
Gray (Jean). 

Tarente (prince de). Voy. Or- 
sini des Baux (Antoine). 

Ternant (Philippe, sire de), 
p. 202 et note 10. 

Thaisy (Jean de), p. 198 note 15. 

Thérouanne (Louis de Luxem« 
bourg, évoque de), chancelier 
de France pour Henri VI, 
p. 176, 179, 217. 

Thouars ( vicomte de ). Voy. 
Amboise (Louis, sire d'). 

Thussé (sire de). Voy. Cham- 
pagne (Beaudoin de). 

Tignonville ( Guillaume de ), 
p. 40. 

Tonnerre (Louis II de Chaion, 
comte de), p. 132, 135. 

Torsay (Jean de), p. 72 note 1. 

Touraine (la), p. 28, 172, 229, 
234 note 1.